L E T T R E S - P A T R I M O I N E - E N V I R O N N E M E N T - S O C I É T E S ( R T - L P...

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L E T T R E S - P A T R I M O I N E - E N V I R O N N E M E N T - S O C I É T E S ( R T - L P E S )
R E V U E T O G U N A


U N I V E R S I T E D E S S C I E N C E S S O C I A L E S E T D E G E S T I O N D E
B A M A K O ( U S S G B )


S o u s l e T o g u n a , s e u l e s l e s p a r o l e s a r g u m e n t é e s e t s o u r c é e s s o n t a c c e p t é e s !


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F A C U L T É D ’ H I S T O I R E E T D E G É O G R A P H I E ( F H G )


I S S N : 1 9 8 7 - 1 8 0 5




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TOGUNA :


Lettres, Patrimoine, Environnement et Société (LPES)


ISSN : 1987 - 1805


E-mail : revuetoguna.24@gmail.com


Website : http://portail.ussgb.online


Directeur de Publication


Issa FOFANA, Maitre de Conférences, Spécialité Géographie Urbaine, Université


des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako (USSGB), Mali – Tél : 60165968 – E-


mail : selinkegny1@gamil.com


Adjoint au Directeur de Publication


Moussa dit Martin TESSOUGUE, Maitre de Conférences du CAMES, spécialité


Géographie Economique / Tourisme, Université des Sciences Sociales et de Gestion


de Bamako, Mali, Tél : 79081720 Email : mmtessougue@gmail.com


Rédacteur en Chef


Bourahima OUEDRAOGO, Maitre-Assistant Spécialité Archéologie, Université des


Sciences Sociales et de Gestion de Bamako (USSGB), Mali) -Tel : 76101203-


E-mail : elvisbibi2000@yahoo.fr


Adjoint au Rédacteur en Chef


Dansiné DIARRA, Maitre-Assistant spécialité Géomatique SIG, Université des


Sciences Sociales et de Gestion de Bamako (USSGB), Mali -Tel : 66926743-


E-mail : dansined@gmail.com


Comité Scientifique et de Lecture


• Pr. Abdou BALLO


Professeur titulaire des Universités, Université des Sciences Sociales et de Gestion de


Bamako, Mali


• Pr. Siaka BALLO


Professeur titulaire des Universités, Université des Sciences Sociales et de Gestion de


Bamako, Mali


• Pr. Siaka FANE


Professeur titulaire des Universités, Université des Sciences Sociales et de Gestion de


Bamako, Mali


• Pr. Mamy SOUMARE


Professeur titulaire des Universités, Institut d’Économie Rurale, Bamako, Mali


• Pr Aboubacar BENGALY




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Professeur titulaire des Universités, Institut Polytechnique Rural de Formation et de


Recherche Appliquée (IPR-IFRA)


• Pr Balla DIARRA


Professeur titulaire des Universités, Ecole Nationale d’Administration du Mali (ENA)


• Pr. Famagan Oulé KONATE


Professeur titulaire des Universités


• Pr. Koudzo SOKEMAWU


Professeur titulaire des Universités, Université de Lomé, Togo


Professeur Titulaire Cheikh Samba WADE, spécialité Géographie humaine


économique et régionale appliquée, Université Gaston Berger de Saint Louis au Sénégal


• Dr. Baba COULIBALY


Maître de Recherche, Institut des Sciences Humaines, Bamako, Mali


• Dr. Daouda KEITA


Maître de Conférences, Musée National du Mali, Bamako, Mali


• Dr. Hamadoun TRAORE


Maître de Conférences, Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako, Mali


• Dr. Hamidou DIAWARA


Maître de Conférences, Hydrométéorologue, Expert Formateur au Centre Régional


Agrhymet (CRA), Niamey, Niger


• Dr. Moussa dit Martin TESSOUGUE


Maître de Conférences, Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako, Mali


• Dr Fatoumata MAIGA


Maître de Conférences, Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako, Mali


• Dr. Kadiatou COULIBALY


Maître de Conférences, Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako, Mali


Dr. Youssouf CISSE


Maître de Conférences, Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako, Mali


• Dr. El Haj Ousmane BORE


Maître de Conférences, Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako, Mali


• Dr. Fatoumata COULIBALY


Maître de Conférences, Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako, Mali


• Dr. Mamadou KOUMARE




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Maître de Conférences Rectorat, Université des Sciences Sociales et de Gestion de


Bamako, Mali


• Dr. Abdoulkadri O. TOURE


Maître de Conférences, Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako, Mali


• Dr. Amidou TOUNGARA


Maître de Conférences, Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako, Mali


• Dr. Souleymane BENGALY


Maître de Conférences, Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako, Mali


• Dr. Sidi DEMBELE


Maître de Conférences, Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako, Mali


• Dr Marguerite KASSOGUE


Maître-Assistant, Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako, Mali


• Dr. Bruno SANOGO


Cellule de Planification et de statistiques du secteur, Industrie, Commerce, Artisanat,


Emploi et Promotion de l’investissement Privé (CPS/SICAEPIP)


SECRETARIAT DE REDACTION


Dr. Issa FOFANA, DER Géographie, FHG/USSGB


Dr. Bourahima OUEDRAOGO, DER Géographie, FHG/USSGB


Contact : revuetoguna.24@gmail.com




Contexte Général


La Revue Toguna : Lettres, Patrimoine, Environnement et Société est une revue scientifique


en copie physique et en ligne du Décanat de la Faculté d’Histoire et de Géographie de


l’Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako. Elle est une revue


semestrielle qui parait en juin et décembre. La Revue Toguna : Lettres, Patrimoine,


Environnement et Société est née de la volonté des enseignants-chercheurs de la Faculté


d’Histoire et de Géographie. Les universités et les autres Instituts de l’Enseignement


Supérieur (IES) du Mali et de la sous-région, regorgent de plus en plus de jeunes


enseignants-chercheurs, soucieux de mener de recherches et engagés à faire des


publications pour accroitre leurs notoriétés scientifiques. Cependant, les revues


spécialisées pouvant accueillir des manuscrits en Lettres, Patrimoine, Environnement et


Société, sont en nombre limité. La Revue Toguna : Lettres, Patrimoine, Environnement


et Société entend ouvrir ses pages en résorbant, le manque des revues destinées aux


recherches et aux publications provenant des disciplines suivantes de façon non


exhaustive. Il s’agit notamment : des Lettres, de l’Histoire – Archéologie, de la


Géographie, de la Sociologie, de l’Anthropologie, etc. La Revue Toguna : Lettres,




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Patrimoine, Environnement et Société avec ses deux parutions annuelles, entend


répondre aux sollicitations des enseignants chercheurs et des chercheurs des Universités


et des autres Instituts de l’Enseignement Supérieur du Mali et de la sous-région. La


création de cette revue, améliore non seulement l’image de marque de la Faculté


d’Histoire et de Géographie (FHG) mais aussi celle de l’Université des Sciences


Sociales et de Gestion de Bamako (USSGB). La Revue Toguna : Lettres, Patrimoine,


Environnement et Société reçoit les textes en Français ou en Anglais.


Pour sa crédibilité, la Revue Toguna : Lettres, Patrimoine, Environnement et Société ne publie


que des manuscrits originaux et de qualité. Ceux n’ayant pas fait l’objet de publication et ni


soumis en publication à d’autres revues. Chaque article est soumis à une double évaluation en


aveugle. La qualité et l’originalité des articles sont les seuls critères de publication.


Champs disciplinaires :


Littérature, Civilisation, Linguistique, Didactique, Méthodologie d’Enseignement des Langues,


Communication, Histoire – Archéologie, Géographie, Anthropologie, Philosophie,


Psychologie, Sciences de l’éducation, Sociologie, Arts, droit, Sociologie politique, etc.




Dates de réception des articles (y compris le retour des instructions) :


− Du 1er janvier à mi-juin ;


− Du 1er juillet à mi-décembre ;
Modalité de paiement des frais d’instruction et de publication :


Les paiements des frais d’instruction et de publication peuvent être envoyés via


money gram ou Western Union au destinataire suivant : Bourahima OUEDRAOGO


Tel : +223 76101203


Ou par orange money aux numéros orange suivants : (+223) 76101203


50.000fcfa : frais d’instruction, de publication en ligne et de tiré à part pour chaque


auteur après acceptation et corrections.


Nb : La preuve de paiement de chaque article doit être envoyée à l’adresse e-mail


suivante : revuetoguna.24@gmail.com


NORMES ÉDITORIALES et CONSIGNES AUX AUTEURS (Norme CAMES)




Les normes rédactionnelles de la Revue Toguna : Lettres, Patrimoine, Environnement et


Société, sont exclusivement celles du CAMES connues sous l'appellation de NORMES


CAMES. Tout article pour la Revue Toguna : Lettres, Patrimoine, Environnement et Société


doit comporter un titre, un résumé (environ 250 mots) et 5 mots-clés organisés par ordre


alphabétique et le texte de l’article. Le(s) nom(s) et le(s) prénom(s) de(s) (l’) auteur(s), ainsi


que l’affiliation institutionnelle doivent apparaitre sous le titre de l’article.


Structuration de l’article :


La structure d’un article scientifique en lettres et sciences humaines doit se présenter de la


façon suivante :


− Pour un article qui est une contribution théorique et fondamentale, la structuration


suivante est préconisée : Titre, Prénom et Nom de l’auteur, Institution d’attache,




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adresse électronique, Résumé en Français, Mots clés, Abstract, Key words,


Introduction (justification du thème, problématique, hypothèses/objectifs


scientifiques, approche), Développement articulé, Conclusion, Bibliographie.


− Par contre pour un article qui résulte d’une recherche de terrain, la structuration


suivante est préconisée : Titre, Prénom et Nom de l’auteur, Institution d’attache,


adresse électronique, Résumé en Français, Mots clés, Abstract, Key words,


Introduction, Méthodologie, Résultats et Discussion, Conclusion, Bibliographie.


Corps de l’article : Les articulations d’un article, à l’exception de l’introduction, de la


conclusion, de la bibliographie, doivent être titrées, et numérotées par des chiffres (exemples :


1. ; 1.1. ; 1.2 ; 2. ; 2.2. ; 2.2.1 ; 2.2.2. ; 3. ; etc.). Les passages cités sont présentés en romain et


entre guillemets. Lorsque la phrase citant et la citation dépassent trois lignes, il faut aller à


la ligne, pour présenter la citation (interligne 1) en romain et en retrait, en diminuant la


taille de police d’un point. Les références de citation sont intégrées au texte citant, selon les


cas, des façons suivantes : (Initiale (s) du Prénom ou des Prénoms et de l’Auteur, année de


publication, pages citées) ; Initiale (s) du Prénom ou des Prénoms et de l’Auteur (année de


publication, pages citées).


Exemples de citation :


1. Exemple de Citation courte en Anglais :


Donkor (2021) explained: « the completion of senior secondary school by students is not


necessarily a guarantee of their acquisition of adequate environmental knowledge as envisaged


by the syllabus of ES » (p.80).


2. Exemple de citation longue en Anglais :


Keita (2020) in talking about environmental studies rightly explains as follows:


It is possible that environmental study is regarded as a second –class


subject. Under such circumstances, both teachers and students may


devote less time and effort to it resulting in less effective teaching and


learning. Also, the subject is not independently assessed in the final


examination of students. As a result, students may specialize in the


Agricultural Science component at the expense of Environmental


Studies and yet may obtain an overall pass in Agricultural Science and


Environmental Studies. Thus, students’ effort may have been affected


by the lack of a separate grade for their performance in Environmental


Studies (p.9).






3. Exemple de citation courte en français :


En réalité, l’objective recherché par M. Coulibaly (2020, p. 211), est « d’élargir le champ des


sciences sociales et humaines aux formes d’expression littéraire, particulièrement les


littératures car la littérature est à l’origine une science sociale et humaine contrairement à ce


que certains pensent ou prétendent. »




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4. Exemple de citation longue en français :


En parlant du processus du sous-développement, un chercheur africain écrit :


Le processus du sous-développement résultant du choc des cultures est


vécu tristement par les populations africaines comme une crise


d’ensemble : crise socio-économique, mais aussi crise socio-culturelle


et de civilisation révélant une impréparation socio-historique et une


inadaptation des cultures africaines aux formes de vie imposées par les


réalités de la mondialisation. (Koné, 2019, p.86).


NB : Les sources historiques, les références d’informations orales et les notes explicatives sont


numérotées en série continue et présentées en bas de page.




Concernant la bibliographie : Les divers éléments d’une référence bibliographique sont


présentés comme suit :




NOM et Prénom (s) de l’auteur, Année de publication, Zone titre, Lieu de publication, Zone


Éditeur, les pages (pp.) des articles pour une revue. Dans la zone titre, le titre d’un article est


présenté en romain et entre guillemets, celui d’un ouvrage, d’un mémoire ou d’une thèse, d’un


rapport, d’une revue ou d’un journal est présenté en italique. Dans la zone Éditeur, on indique


la Maison d’édition (pour un ouvrage), le Nom et le numéro/volume de la revue (pour un


article). Au cas où un ouvrage est une traduction et/ou une réédition, il faut préciser après le


titre le nom du traducteur et/ou l’édition (ex : 2nde éd.). Les références bibliographiques sont


présentées par ordre alphabétique des noms d’auteur. Par exemple :




Bibliographie ou références :


Les ouvrages ou livres :


− Coulibaly, Aboubacar Sidiki. (2019). Defining African Literature in the Era of
Globalization,
Germany: Lambert Academic Publishing.


− Coulibaly, Aboubacar Sidiki. (2021). Le monde africain doit se réveiller, Moldavie :
Les Editions Européennes.


Les articles publiés dans les revues scientifiques :


− Ofori, Kwaku. (2009). “A Preliminary Phonology of Anum”, in Gumaga International
Journal of Language and Literature,
N°3, Ghana: Yamens Publishing House.pp.51-78.


− Minkailou, Mohamed. (2016). “Exploring Euphemism in Standard Songhai, in
Recherches Africaines, N°16, Bamako : ULSHB.pp.31-39.














Les auteurs sont les seuls responsables des contenus de leur article.




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SOMMAIRE




LES PHASES DE TRANSITION ET D’INSTABILITÉ DANS L'HISTOIRE DE


L'ÉGYPTE PHARAONIQUE Assa Dramane Traoré ............................................................ 8


ARCHÉOMÉTALLURGIE DU FER DANS LE MANDÉ (MALI) Bourahima Ouédraogo


.................................................................................................................................................. 26


PROBLÉMATIQUE DE LA RÉHABILITATION DES SOLS POST-MINE AU MALI :


CAS DE LA COMMUNE RURALE DE MORILA Moussa Bocoum, Hamadoun Traoré,


Bouramadiè Coulibaly .............................................................................................................. 46


DYNAMIQUE DE LA PRODUCTION AGRICOLE FACE À LA SÉCURITÉ


ALIMENTAIRE À TOUFINKO DANS LE CERCLE DE KITA AU MALI Kamba Koné,


Tinzanga Sanogo, Aboubacrine Dembélé, Emmanuel Sagara, Oumar Traoré, Ousmane Koita,


Marjorie Le Bars ...................................................................................................................... 66


CONTRIBUTION DU MARAICHAGE À LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ ET


L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE EN ZONE RURALE : CAS DE LA COMMUNE


RURALE DE KAMBILA Lansine Kalifa Keita, Odiouma Doumbia ................................... 82









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LES PHASES DE TRANSITION ET D’INSTABILITÉ DANS L'HISTOIRE DE


L'ÉGYPTE PHARAONIQUE


Dr. Assa Dramane Traoré


Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako/Mali


assatra84@gmail.com


Résumé


Aux alentours de -3200, le roi Narmer réussit à unifier la Haute et la Basse-Égypte sous une


autorité centralisée unique, marquant ainsi les débuts de l’État pharaonique. L'histoire du


nouvel État est ponctuée de périodes de prospérité, désignées sous le terme d'empires : l'Ancien


Empire, le Moyen Empire et le Nouvel Empire. Toutefois, entre ces grandes phases de stabilité,


l'Égypte connaît des périodes intermédiaires qui se caractérisent par un affaiblissement du


pouvoir central, des troubles politiques, des invasions étrangères et des crises économiques. Ces


périodes de transition sont déterminantes dans l'évolution du pays, car elles permettent d'opérer


des réajustements politiques et sociaux qui redéfinissent l'organisation du pouvoir et préparent


le terrain pour les dynasties ultérieures.


Mots clés : Égypte pharaonique, Empire, Instabilité, Période Intermédiaire, transition.


Abstarct


Around 3200 BC, King Narmer succeeded in unifying Upper and Lower Egypt under a single


centralized authority, marking the beginnings of the pharaonic state. The history of this new


state is punctuated by periods of prosperity, referred to as empires : the Old Kingdom, the


Middle Kingdom, and the New Kingdom. However, between these major phases of stability,


Egypt experiences intermediate periods characterized by a weakening of central power,


political unrest, foreign invasions, and economic crises. These transitional periods are crucial


in the evolution of the country, as they allow for political and social readjustments that redefine


the organization of power and lay the groundwork for subsequent dynasties.


Keywords : Pharaonic Egypt, Empire, Instability, Intermediate Period, transition.





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INTRODUCTION


L’Égypte semble être l’un des pays dont les frontières sont particulièrement marquées par des


éléments naturels : au nord, la Méditerranée ; à l’est et à l’ouest ; les déserts arabique et


libyque ; au sud, les cataractes du Nil (A. Moret, 1926, p.29). L’histoire de la civilisation qui


est apparue voici plus de cinq mille ans sur les rives du Nil a été largement déterminée par les


conditions géographiques bien particulières qui font de la vallée du fleuve une immense oasis,


refuge naturel des populations contraintes d’abandonner les régions de savanes du « Sahara vert


» progressivement affectées par la désertification.


Au cœur d’une région aride, dans une vallée de dix à trente kilomètres de large s’étendant sur


près de mille kilomètres depuis la première cataracte, l’eau, la terre arable et le travail humain


ont permis l’émergence d’une grande culture agricole et urbaine, comme en Mésopotamie ou


sur les rives de l’Indus. Un pouvoir politique centralisé, nécessaire à la gestion de l’eau, ainsi


que l’usage de l’écriture, font entrer cette civilisation dans l’histoire dès le IIIᵉ millénaire avant


J.-C. Le sujet de réflexion de la présente étude est ainsi libellé : « Les phases de transition et


d'instabilité dans l'histoire de l'Égypte pharaonique ». Dans le contexte de l'histoire égyptienne,


ces époques sont désignées sous le terme de « Périodes Intermédiaires ».


De nombreux auteurs abordent les Périodes Intermédiaires dans leurs ouvrages. Parmi eux, on


peut citer les références suivantes :


Dans Histoire de l'Égypte ancienne (1988), Nicolas Grimal propose une analyse de l'évolution


historique de l'Égypte, des origines à la conquête d'Alexandre le Grand. Il examine les


dimensions politiques, sociales, culturelles et religieuses de cette civilisation en structurant son


récit autour des grandes périodes historiques. Les Périodes Intermédiaires y sont décrites


comme des phases de crise où l’unité du royaume est fragilisée.


Histoire de l’État pharaonique (1998) de Dominique Valbelle se concentre sur l’organisation


politique et administrative de l’Égypte ancienne, mettant en lumière les grandes dynasties et les


événements majeurs. L’auteure analyse les Périodes Intermédiaires comme des moments de


profondes crises pour l’État égyptien, suivis de restaurations du pouvoir pharaonique.


Dans Romans et Contes des Égyptiens de l’Époque Pharaonique (1982), Gustave Lefebvre


explore la littérature égyptienne antique à travers une sélection de récits, contes et légendes.


Ces textes, abordant des thèmes variés tels que la religion, la morale et la sagesse, font


également écho aux périodes de troubles, notamment à travers La querelle d’Apopi et de


Séqénerê-Taa, qui illustre les tensions de la Deuxième Période Intermédiaire.




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Claire Lalouette, dans Textes Sacrés et Textes Profanes de l’Égypte ancienne I (1984), présente


un ensemble de textes royaux et administratifs, ainsi que des écrits de sagesse et des instructions


sur la vie et la mort. Ces textes témoignent d’une société fortement structurée et imprégnée de


croyances profondes, tout en révélant les bouleversements politiques et sociaux de la Deuxième


Périodes Intermédiaires, notamment à travers Les Lamentations d’Ipou-Our.


Enfin, L’État et les Institutions en Égypte : des premiers pharaons aux empereurs romains


(1992) de Geneviève Husson et Dominique Valbelle retrace l’évolution de l’organisation


politique et administrative de l’Égypte à travers les siècles. L’ouvrage met en évidence les


transformations provoquées par l’influence de puissances étrangères tout en identifiant les


constantes liées au cadre naturel du Nil, aux traditions pharaoniques et aux adaptations aux


modèles extérieurs.


À la différence des ouvrages précédemment cités, cette étude se concentre principalement sur


l’analyse des causes et des conséquences des trois Périodes Intermédiaires, en s’appuyant sur


une relecture des sources égyptiennes.


Le choix de cette thématique s’explique par l’importance des périodes intermédiaires dans la


compréhension des causes de l’effondrement du pouvoir centralisé et des processus ayant


permis son rétablissement. Ces phases de transition jouent un rôle clé dans l’analyse des


dynamiques politiques et sociales de l’Égypte ancienne. La question principale de cette étude


peut être formulée de la manière suivante : Quels facteurs ont conduit à l’émergence des


Périodes Intermédiaires dans l’histoire de l’Égypte pharaonique ? L’objectif central de cette


thématique consiste à réaliser une analyse approfondie des documents historiques afin de


répondre à cette problématique.


I. METHODOLOGIE


À la différence de ses collègues spécialistes du monde classique, médiévistes, modernistes ou


contemporanéistes, l’historien de l’Égypte ancienne est encore contraint de reproduire des


vérités d’hier, constamment susceptibles d’être infirmées ou enrichies par de nouvelles


découvertes. Le recours indispensable aux sources l’oblige à se rendre compétent dans des


domaines très éloignés les uns des autres. Qu’il s’agisse de textes ou de données archéologiques,


un regard critique est la première clé de leur utilisation (D. Valbelle,1998, p.1).


Afin d’atteindre l’objectif fixé, la méthodologie adoptée repose sur l’exploitation combinée des


sources textuelles et iconographiques. L’analyse critique de divers documents, tels que les


inscriptions sur papyrus, les enseignements à portée politique, les récits littéraires et les




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ouvrages historiques sur l’Égypte ancienne, permet d’identifier et de classifier les thématiques


pertinentes. Cette approche structure l’étude autour de deux axes : les causes des crises et les


mesures mises en place pour y remédier, puis les conséquences qui en ont découlé.


II. LES CAUSES DES PERIODES INTERMEDIAIRES


1. La Première Période Intermédiaire (2263 à 2065 avant J.-C.)


Il convient de souligner que l'Ancien Empire, qui a précédé la Première Période Intermédiaire,


marque l'apogée de la civilisation pharaonique. Sous la IIIe dynastie, les progrès de cette


civilisation se renforcent. Les IVe, Ve et VIe dynasties apportent un nouvel essor, suivi d'un


épanouissement puis d'une décadence. Des expéditions sont menées vers le Sinaï pour y


rapporter du cuivre et de la turquoise. Les Libyens, instables et hostiles, furent à plusieurs


reprises repoussés par des raids dirigés vers leur territoire à l'ouest. Les campagnes contre les


Soudanais rapportèrent à maintes reprises de précieux butins, notamment des captifs, du bétail


et des richesses mobilières (J. Leclant et les autres, 1998, pp.184-185).


Les causes de la Première Période Intermédiaire peuvent être classées en trois catégories qui


sont :


▪ L’effondrement de la monarchie pharaonique à la fin de l’Ancien Empire


▪ La montée en puissance des nomarques ou gouverneurs de provinces


▪ Le faible niveau du Nil


1.1 L’effondrement de la monarchie pharaonique


Cet empire, autrefois centralisé, puissant et développé, s'effondra en partie pour plusieurs


raisons. Une des principales causes fut le règne exceptionnellement long de Pepi II, dernier


grand souverain de la VIe dynastie, dont l'âge avancé (plus de 65-70 ans) joua un rôle


déterminant. En outre, des problèmes de succession contribuèrent à l'émergence de la Première


Période Intermédiaire. La succession au trône devint incertaine, avec des conflits entre divers


prétendants, ce qui fragilisa l'unité du royaume. Dans le même temps, le pharaon perdit


progressivement son autorité et son rôle central.


En ce qui concerne la succession royale, il est légitime de se demander comment le personnage


choisi pour devenir roi est reconnu par les Égyptiens, et comment son avènement donne lieu à


une série de cérémonies d'inauguration, incluant la remise des insignes royaux au nouveau


souverain. Cet aspect de la légitimité du pouvoir mérite qu'on s'y attarde davantage.


Les listes des fils royaux, représentés et nommés sur les parois des temples ou sur un ostracon,


fournissent des indications sur le successeur du roi. L’héritier présomptif n’est pas


nécessairement le premier-né du roi régnant. Dans la procession des fils de Ramsès II, gravée




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au soubassement d’un mur de la salle hypostyle du Ramesseum1, son successeur sur le trône, le


futur roi Merenptah, est le 13e des fils royaux (M-A Bonhême et A. Forgeau, 1988, p.255).


Les liens de sang ne sont pas les seuls à pourvoir le trône d’un occupant. Pendant la Première


Intermédiaire, un roi2 confie à son fils Mérikarê : « C’est une belle et bonne fonction que la


royauté ; elle n’a ni fils ni frère qui fasse durer ses monuments. C’est un seul homme qui rend


efficace un autre homme » (C. Lalouette, op.cit, p.55).


Le texte met en évidence à la fois l’importance et la fragilité de la royauté. Tout d’abord, il


présente la royauté comme une fonction noble et précieuse, symbole de prestige et de grande


responsabilité dans la gestion du royaume. Le souverain y est décrit comme une figure centrale,


dont l’autorité et la sagesse sont indispensables à la stabilité du pays. Toutefois, cette fonction,


bien qu’essentielle, repose sur un individu unique, et sa continuité n’est pas garantie.


L’expression « Elle n’a ni fils ni frère qui fasse durer ses monuments » évoque cette fragilité,


soulignant que la royauté ne bénéficie pas toujours d’une succession directe forte, comme un


héritier naturel, ce qui rend incertaine la pérennité des réalisations du roi. En d’autres termes,


l’œuvre du souverain, qu’il s’agisse de ses monuments, de son héritage ou de ses réalisations,


dépend de la stabilité de la succession.


Ensuite, le texte affirme que le bon fonctionnement du royaume repose sur un seul homme, le


roi, qui garantit l’efficacité de l’État : « C’est un seul homme qui rend efficace un autre


homme». Le souverain, par son pouvoir et son influence, permet aux autres membres de la


société, qu’il s’agisse de conseillers, de fonctionnaires ou de soldats, d’accomplir leurs tâches.


Cela montre que l’efficacité de l’administration et de l’ordre dans le royaume dépend de la


compétence du roi, perçu comme la pierre angulaire de l’harmonie et du bon fonctionnement


du royaume.


La lutte pour le pouvoir a toujours existé et, quand les désignations n’aboutissent pas, il y a là


un facteur fondamental de la chute des empires. Les différentes formes de légitimité dynastique


visaient à éviter la vacance du pouvoir. Cela explique la combinaison du droit divin et de la


succession héréditaire, l'intégration des dignitaires non issus de la lignée royale, ainsi que le


rôle régulateur joué par certains conquérants. Ces mécanismes permettaient d'assurer la


continuité de l'institution pharaonique et de prévenir toute interruption du gouvernement (M-A


Bonhême et A. Forgeau, 1988, p.266).



1Nom donné au temple funéraire de Ramsès II, dont les vestiges se trouvent à Thèbes Ouest, ils sont appelés


« tombeau d’Osymandias » par Diodore de Sicile, corruption grecque d’Ousermâtrê, partie du nom de Ramsèes II


(Voir M-Damiano Appia, 1999, p.220).
2 Il s’agit du pharaon Kéty III, l’un des derniers rois de la Xe dynastie.




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1.2. La montée en puissance des nomarques


Avec les problèmes de succession, le pouvoir se décentralise, permettant aux nomarques3, de


prendre progressivement le contrôle de leurs régions et de défier l'autorité centrale. Cette


situation conduit à une fragmentation du pays et contribue à l’effondrement de l'Ancien Empire.


Un autre facteur important des crises de la Première Période Intermédiaire fut l'ascension des


nomarques provinciaux, ces gouverneurs régionaux qui, à la fin de l'Ancien Empire, sont


devenus de plus en plus puissants. Ces nomarques érigèrent leurs propres tombes sur leurs


terres, affirmant ainsi leur autonomie, et levèrent souvent des armées, s’engageant dans des


rivalités locales qui affaiblirent encore davantage le pouvoir central.


À la fin de la Ve dynastie, on a l’impression d’un équilibre. Sans doute, déjà les grands du


royaume ont pris une importance considérable, mais jamais ils ne paraissent disposer de moyens


comparables à ceux de leur souverain. Au contraire, on est frappé, dès le début de la VIe


dynastie, de voir un vizir comme Mererouka se faire construire, près de la pyramide de son


maître, le roi Téti, un mastaba énorme. Alors que celui de Ti sous la dynastie précédente,


possédait deux chambres, un corridor et une grande cour, celui de Mererouka comprenait vingt


et une chambres, sans compter celles des deux membres de sa famille, logés dans la même


enceinte. Le pouvoir du roi diminue tandis que celui des grands ou des administrateurs


provinciaux augmente (J. Leclant et les autres, 1998, p. 185).


Ajoutons à cela une politique d’alliance matrimoniale du roi avec ses grands vassaux : Pépi Ier


épouse deux filles d’un noble du nome thinite4. Plus encore, il donne une de ses filles en mariage


à un beau –frère. Si c’est un moyen de contrôler et de fidéliser, sur le long terme, c’est l’inverse


qui se produit : le renforcement des familles provinciales, l’hérédité des fonctions et des titres,


particulièrement le poste de nomarque (gouverneur) qui va devenir une affaire de famille dans


de nombreuses provinces. Ces dynastes locaux deviendront les « concurrents » du pharaon. Une


véritable féodalité se développe, dont la puissance s’accroît du fait de la faiblesse du pouvoir


royal (F. Tonic, 2024, p.19).


1.3. Le faible niveau du Nil


Un changement climatique et un Nil irrégulier font partie des raisons ayant conduit à la


dissolution de la royauté centralisée et de l’avènement de la Première Période Intermédiaire.


Que savons-nous réellement du climat à la fin de la VIe et durant la Première Période


Intermédiaire ? Il est désormais acquis qu’un changement climatique intervient durant cette



3Gouverneurs locaux
4Lieu d’origine des deux premières dynasties royales.




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période. Un des éléments clés est une modification du niveau du Nil et une fluctuation de


l’inondation annuelle, a minima, sur plusieurs année (F. Tonic, 2024, p.23).


Des famines sont évoquées dans plusieurs documents5. Une baisse de l’inondation enclenche


un effet domino : un niveau d’eau moindre, moins de limon, des sols moins fertiles, des récoltes


plus faibles, moins de nourritures pour le bétail, etc. Cela induit une baisse des stocks de grains


dans les greniers, donc moins de nourritures pour la population provoquant des crises


frumentaires, voire des famines, une malnutrition et surmortalité, doublée d’une baisse de la


natalité.


La baisse de l’inondation impacte directement les Égyptiens et provoquent des crises internes


au royaume. La capitale ne peut résoudre ces problèmes et l’échec du pouvoir central va


favoriser les pouvoirs locaux. Les nomarques n’hésitent pas à proclamer qu’ils ont nourri la


population et mettent en avant l’inaction du pharaon. Celui-ci perd ainsi son caractère de grand


garant de l’ordre.


Pour le pouvoir central, un autre facteur affaiblit le pharaon : une situation économique


mauvaise, des impôts plus faibles ; moins d’expéditions dans les mines et carrières. Cela


explique aussi des complexes funéraires de plus en plus petits. Les dimensions sont divisées par


2 ou 3 par rapport au complexe pyramidal de Pépi II.


1.4. L’état de l’Égypte pendant la Première Intermédiaire et la fin de la crise


La principale difficulté pour comprendre la Première Période Intermédiaire réside dans la rareté


et l’état fragmentaire des documents historiques. Contrairement à l’Ancien Empire, où l’histoire


était gravée dans la pierre à travers la construction de pyramides et de complexes mortuaires


servant de témoignages durables, cette période ne bénéficia pas d’une telle centralisation du


pouvoir. En l’absence d’un gouvernement centralisé, chaque district administra ses propres


affaires, accordant une attention variable à la préservation des archives historiques.


La Première Période Intermédiaire a duré environ un siècle et a englobé la VIIe, la fausse VIIIe


dynastie (On parle de fausse VIIIe dynastie car d'après Manéthon, elle comprend « soixante-dix


rois de Memphis6 qui régnèrent pendant soixante-dix jours »), IXe, Xe dynasties ainsi qu’une


partie de la XIe dynastie.


Cette période de crise apparaît dans plusieurs ouvrages du Moyen Empire, toujours en termes


négatifs, comme une période de troubles. Le plus célèbre de ces ouvrages est le papyrus d'Ipou-



5Stèle de Djari, tombe de Ankhtifi.
6Avant This, Thèbes et Pi-Ramsès, des décennies de recherches archéologiques ont révélé que Memphis avait été


la première capitale de la monarchie. Au IIIe millénaire av. J.-C., cette cité s’est ainsi imposée comme un centre


politique majeur, servant de nécropole aux élites et au pouvoir royal.




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Our (connu sous le nom de Lamentations d'Ipou-Our ou les Admonitions d'Ipou-Our), dans


lequel un scribe du Moyen Empire se lamente sur l'abîme dans lequel le pays était tombé.


Voici que des évènements se sont produits, qui n’avaient jamais existé depuis la nuit des temps


: le roi a été renversé par la populace ! Oui, celui qui avait été enterré en tant que Faucon, on


l’a arraché de son sarcophage ! Le caveau de la pyramide a été violé ! Voici qu’on est arrivé à


ce point qu’une poignée d’individus qui n’entendaient rien au gouvernement a dépouillé le pays


de sa royauté (N. Grimal, op.cit, p.185).


Le passage décrit un événement extrêmement perturbateur et choquant dans l'histoire de la


civilisation pharaonique : le renversement du roi par la populace. La phrase « le roi a été


renversé par la populace » suggère une révolte ou un soulèvement populaire, où les masses,


généralement sans pouvoir ou sans influence, prennent le contrôle et renversent l'ordre établi.


Le fait que « celui qui avait été enterré en tant que Faucon » fasse référence au roi, possiblement


sous la forme d'un dieu, montre que ce dernier était vénéré comme une figure sacrée.


Les passages suivants soulignent le caractère sacrilège de cet événement : « on l’a arraché de


son sarcophage » et « le caveau de la pyramide a été violé », ce qui implique que non seulement


le roi a été déposé de son trône, mais aussi que sa sépulture a été profanée, ce qui était un acte


d’une grande gravité dans l’Égypte pharaonique, où les tombes royales étaient considérées


comme des lieux sacrés.


Le texte décrit un renversement de l'ordre naturel et social, où « une poignée d’individus qui


n’entendaient rien au gouvernement » ont pris le pouvoir et « dépouillé le pays de sa royauté ».


Cela suggère que ces individus, probablement des membres de la classe inférieure ou des


rebelles, ont pris le pouvoir sans aucune légitimité, ce qui a entraîné une crise politique


profonde. Cela représente une rupture violente avec l'ordre monarchique et sacré qui régissait


la société égyptienne, où le roi était perçu comme une autorité divine.


Outre les Lamentations d'Ipour, un autre texte du Moyen Empire évoque les bouleversements


de la Première Période Intermédiaire : La Prophétie de Néferty. En voici un extrait :


Assurément ces bonnes choses d’autrefois ont péri, ces étangs poissonneux qui étaient le théâtre


de massacres et qui resplendissaient des poissons et oiseaux qu’ils portaient. Le palais sera dans


la détresse ; aucun protecteur n’entendra. Les animaux du désert boiront aux fleuves d’Égypte


; ils prendront le frais sur leurs rives, en absence de quelqu’un qui les fasse fuir. Ce pays sera


dans l’agitation. Je te montre le pays sens dessus dessous : ce qui ne s’était pas produit


précédemment se produit maintenant (G. Lefebre, 1982, pp.100-101).


Cet extrait, tiré de la Prophétie de Neferty, offre une vision poignante et symbolique de l'Égypte


en proie à des bouleversements sociaux et politiques majeurs. À travers des métaphores et des




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images fortes, le texte décrit la transition d'une époque de prospérité à une période marquée par


le chaos et l'effondrement des structures établies. L'extrait semble faire écho aux troubles de la


Première Période Intermédiaire, lorsque l'Égypte, unifiée et florissante sous l'Ancien Empire,


connaît une décentralisation du pouvoir, des conflits internes et une instabilité générale.


Dès le début, le texte fait référence à la perte des « bonnes choses d’autrefois », suggérant que


la stabilité, la prospérité et l'harmonie qui caractérisaient le passé ont disparu. Cette phrase


marque un contraste avec le présent tumultueux, où l'Égypte, autrefois en paix et riche de ses


ressources, se trouve désormais en crise. L'évocation des « étangs poissonneux », symboles de


la richesse naturelle du pays, souligne cette perte, tout en introduisant une image de violence et


de destruction avec l'idée de massacres. Ces étangs, qui étaient autrefois des lieux de vie et de


prospérité, sont désormais perçus comme des espaces où la violence a pris le dessus.


La phrase « Le palais sera dans la détresse ; aucun protecteur n’entendra » renforce cette idée


de déclin en mettant en lumière l'effondrement de l'autorité royale. Le « palais », symbole du


pouvoir central, est décrit comme étant en détresse, un lieu où le pouvoir n'est plus capable de


défendre le royaume. L’absence de « protecteur » souligne la vulnérabilité de l’État et


l’incapacité du souverain à maintenir l'ordre. Cette image renvoie à la décentralisation du


pouvoir et à l'ascension des nomarques qui, en l'absence de véritable autorité centrale, prennent


le contrôle de leurs régions et défient le pouvoir du pharaon.


L'extension de cette crise est marquée par l'image des animaux du désert qui « boiront aux


fleuves d’Égypte », une métaphore puissante de l'anarchie qui s’installe dans le pays. Les


animaux, normalement étrangers aux rives fertiles du Nil, s'aventurent dans les terres cultivées


sans crainte, symbolisant ainsi l’effritement de l’ordre naturel et social. L'expression « Ce pays


sera dans l’agitation » résume l'atmosphère de perturbation qui envahit l’Égypte. Elle n’est plus


la terre stable et prospère qu'elle était autrefois ; elle est désormais plongée dans un état de


confusion et de chaos, où les repères sont brouillés et où règne l'incertitude.


Enfin, la phrase « Je te montre le pays sens dessus dessous : ce qui ne s’était pas produit


précédemment se produit maintenant » souligne l'inversion des valeurs et des structures. Ce qui


était inconcevable dans le passé, c'est-à-dire une telle agitation et un tel renversement de l’ordre


établi, se produit désormais, accentuant ainsi l'idée de déstabilisation totale.


Ces troubles ont conduit à la division du pouvoir en Égypte entre deux centres rivaux :


Héracléopolis (IXe et Xe dynasties) en Basse-Égypte et Thèbes (XIe dynastie) en Haute-Égypte.


Ce conflit militaire s’est conclu par la victoire des rois thébains, qui ont conquis le nord et


réunifié l’Égypte sous une seule autorité durant la seconde moitié de la XIe dynastie. Cette


unification est attribuée à Montouhotep II, Nebhépetrê, un monarque thébain qui se considérait,




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ainsi que ses ancêtres, comme les souverains légitimes d’Égypte (J. Leclant et les autres, op.cit,


p. 187).


Il est le fondateur du Moyen Empire. La civilisation égyptienne, durant plus de deux siècles,


connut un épanouissement merveilleux. Une organisation sociale et un droit renouvelé


permettent à une société solide de s’établir. Le roi règne de nouveau sur le Double Pays. Pendant


la XIIe dynastie, des fonctionnaires investis directement par le roi sous l’autorité immédiate


d’un vizir ont peu à peu remplacés les nomarques soumis depuis la dynastie précédente (J.


Leclant et les autres, op.cit, p. 187). Pendant le Moyen Empire, les grandes caravanes vers les


mines voisines de la vallée reprennent, après avoir été abandonnées durant la Première Période


Intermédiaire. Comment cette remarquable civilisation a-t-elle sombré à la fin du Moyen


Empire ?


2. La Deuxième Période Intermédiaire (1758-1580)


Elle comprend la XIIIe, XIVe, XVe, XVIe et XVIIe dynastie. Tout comme la Première Période


Intermédiaire, c’est une phase d’instabilité de l’histoire de l’Égypte antique, qui se situe entre


le Moyen Empire et le Nouvel Empire. Elle est marquée par la domination des Hyksos sur une


grande partie du pays. Cette période commença lorsque la XIIIe dynastie déplaça la capitale


d’Itj-taouy à Thèbes, l’ancienne capitale, relâchant ainsi son control sur le Nord.


De plus, au cours de la XIIIe dynastie, le succès du commerce et de l’immigration entraîna un


afflux des peuples sémites à Avaris, qui finirent qui finirent par acquérir suffisamment de


richesse et de pouvoir pour exercer une influence politique dans le pays. Ces Hyksos qui sont-


ils ? Ces peuples étaient connus des Égyptiens (et d’eux-mêmes) sous le nom de Heka Khasout


(princes des terres étrangères), mais les auteurs grecs les appelèrent « Hyksos ».


Avant la XIIIe dynastie, les bédouins nomades s'approchaient des terres cultivées de la vallée


du Nil pour y abreuver leurs troupeaux. Ils convoitaient ces richesses campagnes, et seule une


organisation efficace pouvait les empêcher de s'introduire en Égypte et de s'y installer. La


décomposition du pouvoir central et l'incapacité des nomarques locaux ont facilité leur


pénétration dans le pays durant la Première Période Intermédiaire.


La XIVe dynastie révèle un pouvoir morcelé, avec des royautés ou principautés multiples,


comme à la fin de l’Ancien Empire. Vers 1720 av. J.-C., une invasion étrangère accentue


l’affaiblissement politique déjà en cours. La prise du pouvoir sur le Nord par les Hyksos se fait


progressivement. Depuis Avaris, ils avancent vers Memphis en suivant la bordure orientale du


Delta.


Selon Nicolas Grimal, si la dernière étape de leur prise de pouvoir est violente, leur implantation


semble avoir été mieux acceptée par la population que ne le suggèrent les textes du Nouvel




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Empire, souvent marqués par une inspiration nationaliste. Il s’appuie notamment sur la liste de


fonctionnaires de Brooklyn, qui atteste d’une cohabitation pacifique entre Égyptiens et «


Asiatiques ». Les Hyksos adoptent le modèle politique égyptien plutôt que d’imposer leurs


propres structures de gouvernement, une stratégie qui réussira par la suite à d’autres


envahisseurs.


Égyptiens et Hyksos ont cohabité pacifiquement pendant un temps. Cependant, face à la XVIe


dynastie Hyksos, une nouvelle dynastie naît à Thèbes7 d’une branche locale de la XIIIe dynastie


(Le papyrus de Turin accorde quinze rois à cette dynastie, la table des Ancêtres de Karnak


neuf). Pendant environ soixante-quinze ans, ces rois régnèrent sur les huit premiers nomes de


Haute-Égypte, d’Eléphantine à Abydos.)


C’est avec les rois thébains que commence la lutte ouverte contre Avaris, après s’être déclarés


seuls pharaons légitimes. Séqénenrê Taâ II, le Brave, fut le précurseur de cette lutte de


libération. Un conte égyptien intitulé La querelle d’Apophis et de Séqénenrê nous donne des


informations sur les débuts de ce premier affrontement entre Hyksôs et Égyptiens :


Le roi Apophi envoya un messager au prince du sud avec la communication que lui avaient


suggérée ses scribes et ses savants. Et le messager du roi arriva chez le prince de la ville du sud.


Alors on dit au messager du roi Apophis : « Pourquoi as-tu été envoyé à la ville du sud ? Et


pourquoi as-tu entrepris ce voyage à la ville du sud ? Et le messager lui répondit : « C’est le roi


Apophis qui m’envoie vers toi pour dire : Fais qu’on abandonne l’étang des hippopotames, qui


est à l’est de la ville, car ils empêchent que le sommeil me vienne de jour et de nuit.


G.Lefebre,op.cit, p.135).


Il semble que cette plainte étrange fasse allusion au sacrifice rituel de l’hippopotame dans le


culte égyptien. Or, l’hippopotame est une des hypostases du dieu Seth, et Apophis, fidèle de ce


dieu, entendait sans doute faire cesser les sacrifices. Séqénenrê rejeta la requête d’Aphopis et


les hostilités commencèrent aussitôt.


La lutte fut acharnée, et Séqénenrê II trouva probablement la mort au cours des combats, son


crâne présentant de graves fractures. Il mena l'affrontement jusqu'aux environs de Cusae, mais


son destin tragique marqua un tournant dans la résistance contre les Hyksos.


À sa mort, son fils Kamosé monta sur le trône et poursuivit la guerre. Il lança une offensive


déterminée, atteignant Avaris, la capitale hyksos, où il mena des raids dévastateurs. Son habileté


stratégique lui permit d’intercepter les messagers ennemis transitant par les oasis de l’Ouest et


de contrer efficacement la coordination entre les Hyksos et leurs alliés.



7Capitale de la Haute-Égypte, résidence de Séqénenrê Taa I




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Kamosé affronta également un roi de Kouch, qui avait établi une alliance avec le souverain du


Nord. Grâce à ses victoires successives, il parvint à reprendre le contrôle d’une grande partie


de l’Égypte, ouvrant ainsi la voie à la libération complète du pays sous le règne de son


successeur, Ahmôsis Ier.


La domination des Hyksos sur l'Égypte durant la Deuxième Période Intermédiaire fut une


épreuve traumatisante, dont les répercussions marquèrent durablement la politique étrangère


des souverains du Nouvel Empire. Animés par une volonté expansionniste, ces rois s'attachèrent


à renforcer le commerce et à multiplier les conquêtes militaires, propulsant l'Égypte à son


apogée en termes de puissance et de rayonnement. Dans l'espace de quelques décennies, le pays


s'impose comme la nation dominante du Proche-Orient, jouant un rôle majeur sur la scène


internationale, tant sur le plan diplomatique et commercial.


3. La Troisième Période Intermédiaire (1085-332)


Le Nouvel Empire, qui précède cette période de crise, est l'une des époques les plus populaires


de l'histoire de l'Égypte ancienne, avec les pharaons les plus connus de la XVIIIe dynastie, tels


que Hatchepsout, Thoutmosis III, Amenhotep III, Akhenaton et sa femme Néfertiti, ainsi que


Toutânkhamon ; ceux de la XIXe dynastie, comme Séthi Ier, Ramsès II (Ramsès le Grand) et


Mérenptah ; et ceux de la XXe dynastie, comme Ramsès III.


C'est au cours du Nouvel Empire que les souverains égyptiens sont désignés sous le nom de «


pharaon », qui signifie « Grande Maison », terme grec dérivé de « Per-a-a » en égyptien,


désignant la résidence royale. Avant le Nouvel Empire, les monarques égyptiens étaient


simplement appelés « rois », et on s'adressait à eux en utilisant l'expression « Votre Majesté ».


Le fait que le terme « pharaon » soit désormais couramment utilisé pour désigner n'importe quel


souverain égyptien, quelle que soit l'époque, témoigne de l'impact du Nouvel Empire sur la


compréhension moderne de l’histoire égyptienne.


La troisième période intermédiaire débuta avec la fin du règne de Ramsès XI, le dernier pharaon


du Nouvel Empire. Le pouvoir des grands pharaons du Nouvel Empire s'était affaibli tout au


long de la XXe dynastie. Tandis que celui des grands prêtres d'Amon s'était accru.


Avec la fin du Nouvel Empire l’Égypte entre dans une période de fragilité et de morcellement


de l’autorité royale au profit de castes de prêtres ou de militaires qui prendront tour à tour le


pouvoir, initiant de brèves périodes de prospérité comme au début de la XXIe dynastie ou de la


XXIIe dynastie. Si Thèbes parvient à garder le contrôle d’une bonne partie du territoire de la


Haute-Égypte, le pouvoir royal se déplace définitivement dans le delta du Nil et de nouvelles


cités sont l’objet de l’attention des pharaons.




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Tanis, Bubastis et Saïs deviennent les nouveaux centres de la civilisation égyptienne et


maintiennent les arts et la littérature au niveau atteint à la période précédente. Cependant des


sécessions régulières de dynastes locaux ou de grands prêtres d’Amon8 qui prennent une


titulature royale, et datent les inscriptions et les monuments à partir de leur propre règne,


compliquent beaucoup l’étude et l’attribution des œuvres de cette période.


Le pays en est affaibli économiquement et ne peut plus garder le contrôle d’un vaste empire,


perdant définitivement ses prétentions asiatiques et même ses possessions nubiennes. Malgré


une volonté affichée de conserver l’héritage des Ramsès, les souverains de cette période ne


pourront endiguer le déclin ni éloigner le spectre de l’invasion.


C’est la période de la réunification du pays par Piânkhy9, qui inaugure la période nubienne. Elle


perdra le contrôle du pays après l’invasion assyrienne qui laissera de profondes blessures dans


l’esprit des égyptiens : les troupes d’Assarhaddon et d’Assurbanipal pilleront en effet les


temples et brûleront des villes. Cependant, ne pouvant gérer le pays à cause de la fragilité de


leur empire, ils favoriseront la dynastie saïte d’origine libyenne.


En somme, la Basse époque se caractérise par des prises de pouvoir successives par des


souverains étrangers, entrecoupées de courtes périodes d’indépendance. Ces souverains, bien


que de cultures très différentes, adopteront tous le modèle égyptien et sa culture. Ils se feront


en effet proclamer pharaons, sauf durant la période perse, et choisiront une titulature royale,


calquée sur celles des anciens rois, certains cherchant même à retrouver la gloire passée en se


tournant vers un archaïsme architectural et lyrique tout droit issu de l’Ancien et du Moyen


Empire.


Par la suite, l’Égypte deviendra une province, d’abord de l’empire perse puis de l'Empire


d’Alexandre en -332. Enfin à l’issue des trois cents ans de la dynastie des Ptolémée10, l’Égypte


deviendra une province de l’empire romain 30 av. J.-C. Pourtant ces deux dates, 332 et 30, qui


marquent la fin de l’Égypte nationale, puis l’Égypte ptolémaïque, ne sont pas celles du terme


de la civilisation égyptienne. La vielle Égypte recopiait au IIe siècle des sagesses admirables et


continuait sûrement à exercer sur la pensée hellénistique et romaine une influence qui explique


en partie l’engouement dont elle faisait l’objet. Philon, l’un des plus fermes soutiens de la


colonie juive au temps même du Christ, a dû jouer un rôle considérable au confluent du



8Dieu égyptien
9Pharaon de la XXVe dynastie
10Général d'Alexandre le Grand, satrape puis roi d’Égypte, Ptolémée Ier Sôter, fils de Lagos, est le fondateur de


la dynastie macédonienne des Ptolémées, ou Lagides, qui gouverne l'Égypte jusqu'à la conquête romaine (août -


30).




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judaïsme, de la philosophie grecque et de la sagesse égyptienne. Mais l’histoire politique est


désormais étrangère à ce rayonnement (J. Leclant et les autres, op.cit, p.198).


III. LES CONSEQUENCES DES PERIODES INTERMEDIAIRES


1. Au plan politique et social


Les périodes intermédiaires en Égypte ancienne ont eu un impact significatif sur l'histoire de


l'Égypte pharaonique, entraînant des conséquences profondes à la fois sur la politique, la société


et la culture. Ces périodes étaient caractérisées par des troubles internes, des luttes de pouvoir,


des invasions étrangères et une instabilité générale. Cependant, elles ont également été des


moments de transformation et de renouveau pour le pays.


Sur le plan politique, à la monarchie puissante et quasi despotique de l’Ancien Empire, succède


alors une monarchie nouvelle, qui a dû tirer la leçon d’évènements révolutionnaires survenus à


l’intérieur du pays, et qui cherche à affirmer un pouvoir royal, prudent et plus préoccupé des


besoins du peuple. Désormais le roi œuvre plus pour le maintien de la justice et de la cohésion


sociale.


Par ailleurs, elles redéfinissent les structures sociales et politiques, renforcent l’identité


régionale et préparent le terrain pour une réunification ainsi qu’une restauration du pouvoir


central, en particulier sous Montouhotep II. On aurait pu s’entendre à ce que la Première Période


Intermédiaire soit une époque d’obscurantisme et de recul intellectuel.


Il n’en a rien été. Ces troubles ont au contraire stimulé la réflexion des Égyptiens : face à


l’effondrement de certaines valeurs de la société, ils ont cherché à redéfinir leur place dans


l’univers. La carence du pouvoir royal et les affrontements autour du trône ont encore affaibli


l’image de la royauté.


L’état a cessé d’être un cadre rigide et sécurisant, et l’individu s’est privé de sa protection, livré


à la violence de la loi du plus fort. L’angoisse née de cette situation nouvelle s’est exprimée


dans des œuvres littéraires. L’Enseignement pour Mérikarê fait partie de ces œuvres. Ces


conseils royaux du roi Keti III à son fils Merikare s'inscrit dans la longue tradition de la sagesse


égyptienne et reflète les principes fondamentaux de gouvernance et de morale qui devaient


guider un pharaon. À travers ces recommandations, Keti III cherche à transmettre des valeurs


éthiques, sociales et politiques essentielles pour un bon souverain.


« Rends ta voix juste auprès du dieu, ne soit pas méchant. Bonne est la bienveillance. Rends


durables tes monuments grâce à l’amour que tu suscite. Respecte les hauts dignitaires, préserve


tes hommes. Renforce tes frontières et tes marches. Il est bien d’agir pour l’avenir. Mets en




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œuvre la Maât et tu dureras sur terre. Apaise celui se lamente. N’opprime pas la veuve. Ne prive


pas un homme du bien de son père. Garde-toi de punir à tort » (P. Vernus, 2010, pp.184-186).


L'idée centrale qui traverse ce passage est celle de la justice et de la bienveillance. En conseillant


à son fils de « rendre sa voix juste auprès du dieu » et de ne pas être méchant, le roi souligne


l'importance de la moralité dans le rôle royal. La justice, dans l’Égypte ancienne, n'était pas


simplement une question humaine mais aussi divine, liée à la Maât, l'ordre cosmique qui régit


l’univers. Le pharaon, en tant que gardien de cet ordre, devait agir avec équité et éviter la


cruauté, car la bienveillance est considérée comme une vertu centrale du bon gouvernant.


L'application de la Maât, qui incarne l'ordre, la justice et la vérité, est présentée comme la voie


vers la pérennité du règne. Pour un pharaon, suivre la Maât était synonyme d'agir selon les


principes divins et d’assurer l’équilibre nécessaire à la stabilité du pays. Ce n'est qu'en


respectant ce principe que le roi pourra perdurer sur terre, et que son royaume connaîtra


prospérité et paix.


Le principe de justice est l’un des aspects importants que comprend le concept de Maât. Dès le


milieu de la Ve dynastie, le titre de prophète de Maât par portée par les directeurs de la Grande


Cour, ce qui implique une association matérielle de la déesse à l’exercice de la justice. La prise


en compte des qualités humaines de l’individu, homme ou roi, à la Première Période


Intermédiaire, ne pouvait contribuer à renforcer le rôle de caution divine de l’impartialité des


tribunaux, déjà conféré à Maât (G.Husson et D.Valbelle, 1992, p.131).


Keti III insiste également sur la durabilité des monuments, qui ne se mesurent pas seulement à


leur taille ou leur richesse, mais à l'amour et au respect que le souverain inspire. Les


monuments, souvent des témoignages de la grandeur du pharaon, avaient une valeur


symbolique très forte, représentant non seulement la puissance du roi, mais aussi son héritage.


L'idée ici est que la véritable immortalité d'un roi réside dans le respect et l'affection que lui


porte son peuple, et non uniquement dans la construction de grandes œuvres.


Le respect des dignitaires et la préservation des hommes sont des conseils importants pour


maintenir la cohésion sociale et l’ordre dans le royaume. En soulignant qu’un roi doit prendre


soin de ses fonctionnaires, soldats et travailleurs, Keti III rappelle que l’efficience du


gouvernement repose sur l’implication et la protection des sujets, qui, à leur tour, servent le roi.


Il s'agit d'une gestion pragmatique du royaume, où l'autorité du roi ne doit pas être fondée


uniquement sur la force, mais aussi sur la confiance et le respect mutuel.


La sécurité du royaume, à travers le renforcement des frontières, est également abordée par Keti


III. Dans un contexte où l’Égypte faisait face à des invasions régulières, la protection du


territoire était une priorité. Ce conseil met en évidence la nécessité pour le souverain d'assurer




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non seulement la stabilité intérieure, mais aussi la sécurité contre les menaces extérieures, ce


qui reflète la dimension militaire de la gouvernance.


L'idée d’agir pour l’avenir est une autre réflexion clé dans cet enseignement. En invitant son


fils à ne pas se concentrer sur les gains immédiats, Keti III l'incite à prendre des décisions qui


assureront la prospérité à long terme du royaume. Ce conseil met l’accent sur la vision


stratégique, sur l’importance de préparer l’avenir tout en prenant soin de la situation actuelle


du pays.


Enfin, Keti III met en garde contre l'injustice et l’oppression des plus vulnérables, tels que les


veuves et les orphelins. Ce conseil reflète une éthique sociale fondamentale : protéger les plus


faibles est une marque de sagesse et de justice. Le souverain ne doit jamais punir à tort, car une


justice mal rendue peut détruire l'ordre social et ruiner la réputation du roi.


Les périodes intermédiaires sont des périodes d’invasion. Ces invasions ont mis en évidence


l'introduction de nouvelles technologies militaires, comme les chars et l'arc composite, qui


seront exploités par l'Égypte lors de la réunification.


Les invasions étrangères, comme celle des Hyksôs, ont entraîné une militarisation accrue du


royaume égyptien. Les souverains de la XVIIIe dynastie, après avoir chassé les Hyksôs, ont


développé un appareil militaire puissant, qui a permis à l'Égypte de mener des campagnes de


conquête au Levant et en Nubie, consolidant ainsi son influence et son contrôle sur des


territoires extérieurs.


Ce renforcement de la puissance militaire a eu un impact durable, car il a contribué à


l'établissement de l'Égypte comme une grande puissance militaire pendant le Nouvel Empire.


2. Au plan religieux


Au plan religieux, on assiste à une démocratisation des rites funéraires. Le pharaon n’est plus


le seul à accéder à la vie éternelle. Les textes des pyramides réservés jusque-là au seul pharaon


sont accessibles au reste de la population sous la forme des textes des sarcophages du Moyen


empire et du Livre des Morts du Nouvel Empire.


Le culte d'Amon, basé dans son grand temple de Karnak à Thèbes, qui ne cessa de s'agrandir,


possédait plus de terres et de richesses que la couronne et son influence devint considérable.


Au lieu du pharaon comme interprète de la volonté des dieux, les prêtres consultaient Amon en


personne et le dieu leur répondait. Les affaires civiles et criminelles, les questions de politique,


les problèmes domestiques étaient tous tranchés par le dieu. Il faut également évoquer


l’introduction de nouvelle divinité comme Baal, Astarte, Serapis, etc.







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CONCLUSION


Les Périodes Intermédiaires dans l’histoire de l’Égypte ancienne, bien que marquées par des


périodes d’instabilité, de division et de fragilité, ont également été des moments déterminants


dans la construction de l’identité égyptienne. Elles témoignent des défis rencontrés par les


pharaons et leur peuple face aux invasions, aux guerres civiles et à la décentralisation du


pouvoir, mais elles ont aussi été des périodes de résilience, de réajustement et de renouveau.


Ces transitions difficiles ont été l’occasion pour l’Égypte de se réinventer, de développer de


nouvelles dynamiques sociales, politiques et culturelles, et de renforcer l’unité nationale lorsque


la stabilité a été restaurée.


Ainsi, les Périodes Intermédiaires ne doivent pas être perçues uniquement comme des temps de


chaos, mais aussi comme des moments où les fondations de la grandeur future de l’Égypte ont


été consolidées. Chaque phase de crise a permis à l’Égypte de se reconstruire sur de nouvelles


bases, que ce soit au niveau de la gouvernance, de l’organisation de la société ou de l’expression


culturelle.


Ces périodes ont forgé la résilience du pays et, par la suite, permis la montée en puissance de


l’Égypte sous des dynasties emblématiques comme le Nouvel Empire. Elles rappellent que


même dans les moments de déclin, l’Égypte ancienne a su puiser dans ses ressources et ses


traditions pour se relever, assurant ainsi la pérennité de l'une des civilisations les plus durables


et les plus influentes de l’histoire humaine.




REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES


• Bonheme, Marie-Ange et Forgeau, Annie. (1988). Pharaon : Les secrets du pouvoir,


Paris, Armand Colin. 349 p.


• Damiano-Appia, Maurizio. (1999). L’Égypte : Dictionnaire Encyclopédique de


l’Égypte ancienne et des Civilisations Nubiennes, Paris, Gründ. 296 p.


• Grimal, Nicolas. (1988). Histoire de l’Égypte ancienne, Paris, Fayard. 602 p


• Husson, Geneviève Et Valbelle, Dominique (1992). L’Etat et les Institutions en Égypte


: des premiers pharaons aux empereurs romains, Paris : Armand Colin. 367 p.


• Lalouette, Claire. (1987). Textes sacrés et Textes Profane de l’Ancienne Égypte I, Paris,


Gallimard. 352 p.


• Leclant Jean et al. (1998). Dictionnaire de l’Égypte ancienne. 2e édition, Paris, Albin


Michel. 469 p.




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• Lefebre, Gustave. (1982). Romans et Contes Égyptien De L’Époque Pharaonique, Paris,


Librairie d'Amérique et d'Orient Adrien. 232 p.


• Moret, Alexandre. (1926). Le Nil et la Civilisation Égyptienne, Paris, La Renaissance


du livre. 575 p.


• Tonic, François. (2024). « Aux origines du Moyen Empire : de Pépi II à Montouhotep


II », in Pharaon Magazine, NO 56, pp.18-30.


• Valbelle, Dominique. (1998). Histoire de l’État pharaonique, Paris, PUF. 464 p.


• Vernus Pascal. (2010). Sagesses de l’Égypte pharaonique, Arles, Actes Sud. 528 p.







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ARCHÉOMÉTALLURGIE DU FER DANS LE MANDÉ (MALI)


Dr Bourahima Ouédraogo


Faculté d’Histoire et de Géographie (Université des Sciences Sociales de Gestion de Bamako)


Mali. E-mail : elvisbibi2000@yahoo.fr


Résumé


La zone du Mandé s’étendant du sud de Bamako aux frontières guinéennes occupe une place de choix dans


l’histoire de l’Empire du Mali. Les traditionnistes et historiens entretiennent l’idée selon laquelle cette formation


politique s’est développée en s’appuyant sur une production importante de fer ; le fer étant nécessaire à la


production des armes indispensables aux conquêtes territoriales et à la fabrication des outils agraires. Cette région


abrite de nombreux vestiges témoignant d'activités sidérurgiques anciennes importantes. Malgré cela, cette


thématique de production sidérurgique ancienne a suscité peu d'intérêt parmi les archéologues travaillant dans


cette zone du Mandé. Avant le début du 21e siècle, les connaissances sur la question du fer dans le Mandé


reposaient principalement sur des sources orales. De cette période à 2022 des campagnes de prospection ont été


réalisées par différentes équipes dans la zone. Une réduction expérimentale et une campagne de fouilles


archéologiques ont été effectuées aussi dans la zone. Ces différentes recherches ont mis en lumière la grande


richesse du Mandé en vestiges archéométallurgiques. Non seulement, ces vestiges ont une large distribution


spatiale mais, ils attestent aussi d’une grande variété morphologique des fourneaux. Par ailleurs, les résultats


croisés d’une expérimentation de réduction du minerai de fer et des fouilles archéologiques permettent


d’appréhender différentes phases d’un processus technique de la réduction du minerai de fer. Ce processus


technique est sans doute antérieur au 19e siècle.


Mots clés : Archéométallurgie du fer, fourneaux, Mandé, réduction, vestiges sidérurgiques


Summary


The Mandé area, stretching from south of Bamako to the Guinean borders, occupies a special place in the history


of the Mali Empire. Traditionalists and historians maintain that this political formation developed on the basis of


a high level of iron production, iron being necessary for the production of the weapons required for territorial


conquests and for the manufacture of farming tools. The region is home to numerous remains that bear witness to


major iron and steel production in the past. Despite this, archaeologists working in the Mandé region have shown


little interest in the subject of ancient iron production. Before the beginning of the 21st century, knowledge of iron


in the Mandé was based mainly on oral sources. From then until 2022, various teams carried out prospecting


campaigns in the area. An experimental reduction and an archaeological excavation campaign were also carried


out in the area. This research has highlighted the Mandé's wealth of archaeometallurgical remains. Not only do


these remains have a wide spatial distribution, but they also attest to the great morphological variety of the


furnaces. In addition, the combined results of an iron ore reduction experiment and archaeological excavations


reveal the different phases in the technical process of iron ore reduction. This technical process undoubtedly


predates the 19th century.


Key words : Iron archaeometallurgy, furnaces, Mandé, reduction, siderurgical remains




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INTRODUCTION


La région s'étendant du sud de Bamako aux frontières guinéennes occupe une place historique


significative dans l'histoire du Mandé et potentiellement de l'empire du Mali (D Diakité, 2017 ;


YT Cissé, W Kamissoko, 1988). Elle abrite de nombreux vestiges témoignant d'activités


sidérurgiques anciennes importantes. Malgré cela, cette thématique de production ancienne du


fer a suscité peu d'intérêt parmi les archéologues travaillant dans cette zone du Mandé. Avant


le début du 21e siècle, les connaissances sur la question du fer dans le Mandé reposaient


principalement sur des sources orales (N Kanté, 1993, 269 p ; S Camara 1992, 1992, pp. 5-33).


La littérature produite à partir de cette période mentionne principalement l'inventaire de


quelques sites, notamment métallurgiques, autour du village de Siby (MF Ould Issa, 2003, 108


p), le long du fleuve Niger entre les latitudes 11°45' et 12°20' (M Cissé, S Takezawa, D Koné,


2016, pp. 165-224), ainsi que dans le Baoulé (AC Heringa, M Raimbault, 1986, 109 p).


Récemment, Ouédraogo et ses collègues ont apporté des éclairages initiaux sur le processus de


réduction du minerai de fer en comparant les résultats d'une expérimentation avec ceux des


fouilles de vestiges de deux fourneaux (B Ouédraogo, BD Traoré, N Coulibaly, 2023, pp. 60-


74). Les recherches de l'Institut des Sciences Humaines (ISH) dans le Mandé pendant cette


période restent jusqu'à présent inédites (ISH, 2011, 2019, 2020, 2021, 2022) 11. Les données


archéologiques concernant la production ancienne du fer dans le Mandé sont donc


fragmentaires et dispersées.


L'objectif de cet article est de synthétiser les connaissances actuelles, incluant les informations


inédites, sur la production ancienne du fer dans la région du Mandé. Cette analyse permettra


d'enrichir les réflexions sur l'organisation socio-politique et économique de la région du Mandé


à travers le temps. Après une analyse de la distribution des sites et des vestiges enregistrés, une


tentative de reconstitution du processus de production ancienne du fer dans le Mandé est


proposée. Les données disponibles révèlent une certaine variabilité des vestiges et des processus


techniques.


I. METHODOLOGIE


La recherche des sites s’est appuyée sur les communautés locales. En effet, après de brefs


entretiens oraux avec les notabilités des villages, les chercheurs, accompagnés d’au moins une


personne de la communauté locale partaient à la reconnaissance des sites existant sur le terroir.



11 L’auteur de l’article a participé à la plupart de ces recherches de l’Institut des Sciences Humaines du Mali.




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Ainsi, chaque site découvert a été prospecté et enregistré. L’enregistrement d’un site consistait


essentiellement à renseigner la fiche de site préconçue à cet effet. Si les informations


intrinsèques d’un site sont enregistrées à partir du site lui-même, les informations extrinsèques


sont fournies par les communautés locales. Cette méthode de prospection repose sur le fait que


selon laquelle les communautés connaissent bien leur terroir. Néanmoins, elle ne garantit pas


toujours un recensement exhaustif des sites pour différentes raisons. Pour essayer de corriger


ces lacunes, il a été procédé à un examen des images satellitaires de la zone, via google earth.


Cet exercice ne fut pas concluant car aucune anomalie susceptible d’indiquer de nouveaux sites


n’a été identifiée. La zone est accidentée, boisée et exploitée pour les travaux agricoles, les


activités d’orpaillage.


Outre ces campagnes de prospection, l’article s’appuie également sur la littérature


archéologique. Celle-ci fait état d’inventaire dans la zone, des fouilles des vestiges de deux


fourneaux de réduction du minerai de fer. Elle documente aussi sur une réduction de minerai


de fer expérimentale dans le village de Niouma-Makana par des métallurgistes du village de


Nonkon. A ce jour, aucune expertise archéométrique n’a été réalisée sur les vestiges


sidérurgiques du Mandé.


II. RESULTATS-DISCUSSION


1. Nature et localisation des sites liés à la métallurgie du fer dans le Mandé


En l’état actuel des recherches archéologiques dans le Mandé, il a été enregistré des vestiges


liés à la réduction du minerai de fer, au concassage du minerai de fer et au raffinage de l’éponge


de fer issue de la réduction. Ces différents vestiges ont été identifiés quasiment dans le même


espace, les uns à proximité des autres. Ces espaces sont appelés ici sites de réduction du minerai


de fer, en raison des informations très limitées relatives aux aires de concassage et de


raffinage12. Au total une soixantaine (60) de sites de métallurgie du fer ont été inventoriés dans


le Mandé (figure n°1), si l’on ajoute la vingtaine (20) de sites documentés par Héringa et


Raimbault dans le Baoulé. Leur état de conservation est très variable en raison des intempéries


mais aussi des actions anthropiques (notamment les travaux champêtres). La distribution


spatiale de ces sites ne semble pas être une exclusivité d’une morphologie paysagère (MF Ould


Issa, 2003, 108 p ; M Cissé, S Takezawa, D Koné, 2016, pp. 165-187 ; AC Héringa, M


Raimbault, 1986, 109 p). Les sites de réduction se rencontrent, comme l’a noté M.F. Ould Issa,



12 Les vestiges relatifs au raffinage et au concassage sont évoqués exclusivement dans le rapport de mission de


l’ISH de 2019, dans la commune rurale de Narena.




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(2023, p. 54), « aussi bien sur le plateau qu’aux pieds des monts, en vallée ou en plaine ». La


seule constance dans les données disponibles est l’installation systématique de ces sites aux


abords d’une source d’eau (ruisseau, mare, rivière). Ceci est tout à fait cohérent dans la mesure


où l’eau est à la fois l’élément le plus difficile à gérer et est nécessaire à toutes les étapes de


l’opération de réduction (confection de la superstructure, des tuyères, éventuelle humidification


de la base du fourneau pendant la réduction, refroidissements en fin de réduction, etc.).


Dans le Mandé, les sites de réduction enregistrés sont très généralement en dehors des sites


d’habitats anciens (villages), à des distances variables (S Camara, 1992, p. 23 ; L Archinard,


1885, p. 251 ; DC Ardouin, 1978, p 8). Une double lecture peut être faite d’un tel constat.


Premièrement, installer les aires de réduction à des distances respectables des villages permet


d’éviter les risques d’accident, d’incendies des habitations. Faut-il le rappeler, dans le Mandé,


la plupart des maisons étaient construites en matériaux périssables (G Brasseur, 1968, pp. 214-


242). Deuxièmement, l’activité métallurgique est caractérisée par de nombreux mystères,


tabous, interdits (S Camara, 1992, p. 5-33). Ces considérations culturelles peuvent donc motiver


l’implantation de la réduction du minerai de fer hors du village, de la vue de tous. Selon


certaines traditions malinkés, rapportées par S Camara, (1992, p. 24) :


« la construction d’un four…nécessite un choix judicieux du lieu d’implantation et du jour pour


le début des travaux. En effet l’emplacement n’est choisi par le chef des forgerons qui est chargé


d’assumer la direction des cérémonies rituelles et des opérations qu’après une consultation


préalable des devins ».


Néanmoins, d’autres raisons peuvent intervenir dans le choix de l’aire de réduction, la proximité


de la source du minerai par exemple. Dans le Mandé, les monts sont systématiquement désignés


comme lieu de provenance du minerai. Ceci expliquerait, au moins en partie, pourquoi les sites


de réduction de la zone ne sont presque jamais très éloignés des hauteurs (MF Ould Issa, 2003,


108 p).


Ainsi, le choix des espaces de réduction semble avoir été dicté par différents paramètres


environnementaux, notamment la source d’eau, la proximité des matières premières (minerai,


combustible), adossés à des considérations culturelles. Les métallurgistes ont probablement


tenu compte également de la gestion difficile des déchets issus de l’opération de réduction.


Les sites de Nafadji et de Fasorola, respectivement à 5 km au nord de l’actuel village de


Kéniéma et 500 m de l’actuel village de Dogoro, sont deux exemples exceptionnels de présence


de fourneau de réduction sur un ancien site d’habitat. La tendance générale observée dans le


rapport spatial entre site d’habitat et site de réduction peut inciter à voir en ce constat une




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réutilisation d’un ancien site d’habitat pour des fins de réduction. Cependant, des examens


approfondis du site sont nécessaires pour déterminer les relations chronologiques entre cette


association de site d'habitat ancien et de site de réduction sur les sites de Nafadji et de Fasorola.


A ce jour, aucun site de concassage isolé n’a été identifié dans le Mandé. Les espaces de


concassage de minerai de fer enregistrés se localisent sur les sites de réduction, notamment les


sites de Morila Kuru à 500 m du village de Balancoumana et Nafadji à 5 km au nord du village


de Kéniéma (figure n°2). Les trois ateliers caractéristiques du site de Morila Kuru comportent


chacun deux ou trois espaces de concassage en face des fourneaux dont les portes sont orientées


nord-est. Sur le site de Nafadji, un seul espace de concassage a été reconnu sur un des deux


ateliers de réduction du minerai de fer. Ces exemples des sites de Nafadji et de Morila Kuru


semblent exceptionnels car selon la tradition orale, rapportée par S Camara, 1992, p. 23,


« Quelque soit son origine, le minerai est d’abord concassé avant d’être transporté sur les lieux


de la fonte ». Les espaces de concassage identifiés dans le Mandé correspondent à des petits


amas constitués de terre et de rebuts de minerai de fer. Ces amas sont de forme subcirculaire ou


allongée et ne dépassent pas 4 m de longueur avec moins de 50 cm de haut. Ils s’accompagnent


parfois de quelques scories éparses. Ils se situent à moins de 10 m des fourneaux.


Dans le Mandé, la plupart des sites de réduction sont accompagnés d’espace de raffinage.


L’atelier de raffinage partage tantôt le même espace avec l’aire de réduction, tantôt il la jouxte.


Ces espaces d’épuration de l’éponge de fer, à étendue variable, sont reconnaissables aux scories


caractéristiques, poreuses, sans coulures et généralement en forme de calotte hémisphérique ou


plano- convexe (figure n°3). Ces scories attestent du premier stade d’épuration. Une épuration


plus poussée a toujours lieu plus tard, généralement au niveau de la forge.





















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Figure n°1 : Localisation des sites sidérurgiques inventoriés dans le Mandé




2. Nature et organisation des vestiges


Dans le Mandé, les témoins caractéristiques des sites de production traditionnelle du fer se


composent principalement de fourneaux (ou restes de fourneaux), de fragments de tuyères et de


scories. Comme susmentionné, ces vestiges sont perturbés. C’est pourquoi le chercheur peut


aussi bien avoir à faire à des structures complètes présentant seulement quelques fissures


comme il peut avoir à faire à des décombres de fourneau associés parfois à des scories.


Néanmoins, quelques constats d’ordre général se dégagent.


2.1. Les vestiges de fourneaux de réduction


Les fourneaux du Mandé sont construits en règle générale avec de l’argile soit ordinaire


associée aux gravillons de latérites, soit prélevée dans une termitière (S Camara, 1992, p. 24 ;


MF Ould Issa, 2003, p. 59). Sur le site de Nafadji, à 5 km au nord du village de Kéniéma, les


parois d’un fourneau sont incrustées de scories. Les fourneaux les mieux conservés présentent


une morphologie générale tronconique ou à tendance cylindro- ogivale (figures n° 5 à 7). Seuls


les trois fourneaux du site de Kotèma (12°29,018’ N ; 08°44,772’ W), à proximité du village




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de Sandama, présentent une forme bi-tronconique avec un évasement de la partie supérieure


(figure n°4).


Les dimensions des fourneaux varient d’un site à l’autre et à l’échelle d’un même site. La


hauteur moyenne des fourneaux les mieux préservés se situe autour de 1,90 m, le diamètre


moyen de 1 m et l’épaisseur moyenne autour de 0,20 m. Ces structures sont munies d’un


ensemble de neuf ouvertures. Au sommet du fourneau se trouve un gueulard destiné au


chargement en minerai et combustible. A la base des fourneaux sont aménagées sept embrasures


(les réceptacles des tuyères) et une ouverture plus large (la porte) pour l’extraction de l’éponge


de fer. Cette porte est presque toujours orientée vers l’est. Sur le site de Morila Kuru, à 500 m


au nord- est du village de Balancoumana, les portes des fourneaux apparaissent orientées vers


le nord- est. Selon L Archinard (1885, p. 250), dans la zone de Kita vers la fin du 19e siècle,


« les portes des fourneaux s’ouvrent au hasard dans une direction quelconque ». Sur un des trois


ateliers du site de Morila Kuru, les huit fourneaux enregistrés portent un ensemble de dix


ouvertures dont huit pour les embrasures. Seydou Camara évoque des fourneaux de six


embrasures, plus la porte et le gueulard, dans le Mandé, sans toutefois préciser la zone


concernée (S Camara, 1992, p. 24).


Les sites de réduction du Mandé présentent un nombre de fourneaux variable. Ils comportent


rarement plus de dix fourneaux. Seuls les sites d’Ouorona (village d’Ouorona), Nafadji (village


de Kéniéma) et Togolo (village de Narena) ont livré respectivement douze, vingt et un et


cinquante fourneaux. La question du nombre de fourneaux est à prendre avec précaution compte


tenu des perturbations subies par les vestiges des différents sites. D’ailleurs, certains sites de


réduction ont été identifiés sur la base de la présence de scories associées à des fragments de


tuyères et de fourneaux comme ce fut le cas sur le site de Sibi kôrô, à environ 2 km au nord-


ouest/ ouest de l’actuel village de Siby.


La distribution spatiale des fourneaux à l’échelle des sites est très hétérogène. Les fourneaux


sont tantôt alignés, tantôt groupés. Ils sont rarement distants les uns des autres de plus de 5 m.


Sur certains sites, les fourneaux semblent s’organiser en atelier comme c’est le cas sur les sites


de Nafadji, Koungourou, Morila Kuru, Sibi kôrô, Kalassa, Bondanko. Ces ateliers peuvent être


distants les uns des autres de 100 m à près de 1000 m.







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Figure n°2 : Espace de concassage au premier plan Figure n°3 : Exemple d’espace d’épuration




(Source, ISH 2019) (Source, ISH 2019)


Figure n°4 à 6 : Exemples de fourneaux du Mandé




(Source, B. Ouédraogo, 2006 pour n°4 et 2022 pour n°5 à 7)


2.2. Les scories


Les scories constituent assurément le type de vestiges le plus récurent sur les sites de réduction


du Mandé. Les scories observées lors des prospections sont assez diversifiées et peuvent être


classées en trois catégories : les scories massives (culots), les scories de petites tailles et les


scories sablo- argileuses. Les scories massives résultent de l’écoulement et de l’accumulation


des déchets de la réduction, moulant une portion ou la totalité du fond du fourneau. Les


exemplaires de scories moulées observés sur le terrain du Mandé sont de morphologie


globalement circulaire à tronconique (figure n°8). Elles apparaissent assez souvent


déchiquetées avec une coloration grisâtre à gris- claire. Elles présentent à leur surface des traits


alignés, interprétés comme le signe d’un bourrage végétal du fond du fourneau (MF Ould Issa,


2003, p. 51).


(Site de Morila Kuru à Balancoumana) (Site de Morila Kuru à Balancoumana)


n°4 n°5 n°6 n°7




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Les scories de petites tailles disséminées sur les sites sont symptomatiques d’un écoulement


tantôt à l’intérieur du fourneau, tantôt à l’extérieur du fourneau. Comme le dit D Guemona


(2020, p. 109), « Les scories coulées internes sont de petites coulures qui semblent s’être


formées à la verticale à l’intérieur du fourneau ». Ces coulures de petites tailles ne semblent pas


avoir été au contact du sol à l’état liquide. Elles ont une morphologie de bâtonnet aux contours


arrondis. Elles sont homogènes, denses, de coloration à tendance grisâtre. Sur les sites du


Mandé, d’autres coulures de petite taille témoignent d’un écoulement de scories liquides à


l’extérieur du fourneau. La partie supérieure de ces scories se caractérise par des coulures en


cordons ou des accumulations de coulures superposées ou des écoulements en forme de plaques


(D Guemona, 2020, p. 107). Leur partie inférieure, ayant été moulée par les irrégularités du sol


lors de l’écoulement et de la solidification, présente des aspérités.


Sur les sites, ces scories apparaissent sous forme d’amas circulaires ou d’amoncellements


allongés. Elles apparaissent le plus souvent non loin des fourneaux (moins de 10 m),


généralement vers le côté ouest. Elles sont disposées de manière à préserver un espace de


travail, de circulation autour des fourneaux. Les scories peuvent apparaitre également sous


forme d’épandage, tout autour des fourneaux. Ces zones de scories varient de quelques mètres


à plusieurs dizaines de mètres de diamètre avec une hauteur inférieure à 1,5 m.


Outre la gangue du minerai fondu, les ferriers comprennent aussi des matières sablo- argileuses


formées lors de la solidification du fond du fourneau. Ces types de scories présentent un aspect


plus terreux avec une surface irrégulière, poreuse. Ces différentes scories sont souvent associées


à des fragments de fourneau et/ou de tuyères.


2.3. Les restes de tuyères


Les sites de réduction du Mandé se caractérisent aussi par la présence récurrente de restes de


tuyères. Ces tuyères sont des tubes en argile, de forme globalement tronconique. Sur les sites,


elles apparaissent sous forme d’embouts ou de fragments de corps. Les embouts sont


reconnaissables à leur forme conique et à leur surface externe scoriacée. Les fragments de corps


sont reconnaissables aux morceaux d’argile présentant des canalicules. Le diamètre maximum


externe de ces tuyères se situe autour de 0,7 m pour une épaisseur moyenne de 0,2 m. Ces


vestiges sont tantôt associés aux ferriers, tantôt dispersés sur le site. Des restes de fourneau


attestent de l’usage de plusieurs tuyères dans une même embrasure (figure n°9).





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(Source, B. Ouédraogo, 2022) (Source, B. Ouédraogo, 2022)


3. Eléments de reconstitution du processus de production ancienne du fer dans le Mandé


3.1. Recherche et traitement des matières premières


3.1.1. Le minerai de fer


Le Mandé a la réputation d’être une zone très riche en minerai de fer (MF Ould Issa, 2003, p.


55-57 ; S Camara, 1992, p. 19-23 ; L Archinard, 1885, p. 250- 251 ; J Riser, 1999, 160 p).


Certes il y a du minerai de fer partout dans le Mandé, mais, d’après les informations orales,


certains villages occupaient des terroirs sans bons gisements de minerai de fer. Dans ce cas de


figure, les métallurgistes de ces villages procédaient à leur réduction en louant des espaces sur


le terroir de leurs voisins et non loin d’un gisement de minerai de fer et d’un point d’eau13. En


fin de campagne, ces métallurgistes remettent une partie de leur production de fer à leurs hôtes


(Ja tigi), comptabilisée en fers de houe. Dans le passé, cette procédure a permis de gérer


harmonieusement l’exploitation des bons gisements de minerai. Les fourneaux, ainsi devenus


sans titulaires, sont redistribués par le chef de village.


En prélude aux activités de recherche et d’exploitation des minerais de fer, selon S. Camara,


(1992, p. 20) « les mineurs mandenka doivent apaiser par des offrandes les esprits maîtres du


lieu » car les divinités du terroir sont censées intervenir. Elles veillent sur les mines et minerais


et les offrent à ceux cherchant leur faveur. Dans le Mandé, le minerai semble avoir été obtenu


essentiellement par ramassage de surface sur les monts avoisinant les villages (MF Ould Issa,


2003, p. 55 ; S Camara, 1992, p. 22 ; L Archinard, 1885, p. 251). De telles pratiques ne laissent


presque pas de traces reconnaissables sur le terrain par les archéologues. Seuls les témoignages


oraux évoquent l’exploitation d’anciens gisements de minerai de fer sous forme d’excavation.



13 Le métallurgiste prend pension aussi chez la personne (Ja tigi) lui ayant cédé l’espace.


Figure n°9 : restes de fourneau


présentant 3 tuyères en place (site de


Togolo)


Figure n°8 : Exemple de culot


(site de Togolo)




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Dans la zone de Narena, les métallurgistes citent les collines Dagnégué, entre Narena et


Kéniéro ; Bété vers Sobranina ; Sonta Kuru, vers le nord Kéniéma ; Kuma kuru vers Wurala


kuru ; Kongo Kuru vers Kéniéba Coungo ; Kuruni blen et Son kuru vers Simba. A ce jour,


aucun gisement souterrain n’a été mis en évidence, ni sous forme de puits ni sous forme de


tranchées14.


Quelle que soit la méthode d’acquisition employée, selon la tradition orale le minerai de fer


faisait généralement l’objet d’un traitement de concassage sur place, avant son transport vers le


site de réduction (S Camara, 1992, p. 23 ; MF Ould Issa, 2003, p. 57). Lors de son séjour dans


le village de Kamalé à la fin du 18e siècle, M Park (1799, p. 41) a noté : « ces morceaux [de


minerai] sont gros à peu près comme un œuf de poule ». Selon Archinard, les morceaux de


minerai de fer ont la grosseur d’une noix (L Archinard, 1885, p. 251).


Cette étape de concassage-calibrage est nécessaire dans la mesure où elle conditionnera le bon


déroulement de la réduction en évitant le tassement du minerai à l’intérieur du fourneau et en


favorisant la bonne circulation de l’oxygène et la diffusion cohérente d’autres éléments gazeux.


Le transport de ce minerai traité pouvait mobiliser des gens non métallurgistes, extérieurs


parfois aux familles des métallurgistes. Selon les informations orales de NMD Kanté15 (2020)


de Narena, le Mansa pouvait dépêcher les sofas et les bras valides pour le transport du minerai


jusqu’à son lieu de réduction. Des femmes, des enfants, des captifs intervenaient aussi à cette


étape du processus (L Archinard, 1885, p. 251). A cette étape, le rôle des Numu, spécialistes de


la roche- matière première, était d’assurer la direction de la collecte des minerais utiles.


Les gisements de minerai de fer dans le Mandé sont de qualité variable (L Archinard, 1885, p.


251 ; J Riser J, 1999, 160 p. Selon L Archinard, les métallurgistes auraient préférentiellement


exploité un minerai oligiste ayant une teneur en fer de 70 %. Si la valeur d’un minerai est


prioritairement fonction de sa teneur en oxydes de fer, elle dépend aussi et surtout de la nature


et de la concentration d’autres éléments auxquels le fer est associé (P Fluzin, 2002, pp. 60-61 ;


E Coulibaly, 2006, p. 263). Par exemple, un minerai peut être d’excellente qualité pour la


réduction s’il est associé à une proportion suffisante de dioxyde de silicium (SiO2), d’oxyde de


manganèse (MnO), d’oxyde de magnésium (MgO). Ces éléments chimiques sont utiles dans la


mesure où ils sont susceptibles d’abaisser le point de fusion, de favoriser la production d’acier,



14 Toutefois, le gisement de Kuma kuru vers Wurala kuru (commune de Narena) semble avoir été exploité par


excavations (N.M.D.) Kanté, griot, Narena, 17/11/2020 à 10h 45. Seydou Camara (1992, p. 22) entretient aussi


l’idée d’excavation, parfois à plus de deux (02) mètres de profondeur, comme une des méthodes employées pour


se procurer du minerai
15 (NMD) Kanté, griot, Narena, 17/11/2020, 9h 41.




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d’atténuer les effets de corrosion du métal. Ils peuvent favoriser aussi l’opération elle-même en


jouant le rôle de fondant (JB Kiethéga, 2009, pp. 219-220 ; E Coulibaly, 2006, pp. 245-266 ; V


Chièze, 1991, pp.457-462). Ces composés chimiques peuvent justifier le choix des mines à


exploiter par les métallurgistes (JB Kiethéga, 2009, pp. 221-222). En revanche, des minerais


contenant de forte teneur en fer mais comportant une teneur en soufre supérieure à 1% sont peu


propices à la réduction. Il est donc clair que le meilleur minerai de fer n’est pas nécessairement


déterminé par sa seule forte teneur en fer (E Coulibaly, 2006, p. 264). A cet égard, la question


de la qualité du minerai exploité par les anciens métallurgistes dans le Mandé reste posée dans


la mesure où les renseignements disponibles sont vagues. Selon les acteurs de l’expérimentation


à Niouma-Makana en 2004, le bon minerai se reconnait à sa densité et à sa brillance lorsqu’il


est cassé (Yelenmu). Le minerai exploité sur le gisement de Dagnégué, entre Narena et Kéniéro,


est de couleur noire. Lors de son passage à Kamalé à la fin du 18e siècle, le minerai de fer


observé par M Park (1799, p. 41) était « pesant, d’un rouge obscur, avec des taches grisâtres ».


Aussi les terminologies vernaculaires employées pour désigner le minerai de fer renvoient


essentiellement à la pierre contenant du fer. Dans le Mandé, les populations locales nomment


le minerai de fer par kabani fedelin, nson kaba, nege bele ou encore nson bele.


3.1.2 Les combustibles


Selon les différentes sources, les métallurgistes du Mandé font usage de deux sortes de


combustible : le charbon de bois et le combustible non carbonisé. Le combustible non carbonisé


peut être constitué de pailles16 ou de fagots de bois sec (M Park, 1799, p. 41). Ce combustible


est exclusivement déposé à la base du fourneau, en remplissant le creuset le cas échéant. Il sert


à la mise à feu du fourneau et ce feu embrasera progressivement les couches de combustible


supérieures. Les cendres résultant de la combustion de ce premier dépôt de combustible


tapisseront la fosse (creuset) aménagée à l’intérieur du fourneau. Cette couche de cendres


constitue une sorte de tampon entre la paroi naturelle de la fosse et les résidus de la réduction.


Ainsi, elle évite l’adhésion de l’éponge de fer au sol de la fosse et facilite son extraction


(Kiethéga JB, 2009, p. 245). Selon JB Kiethéga « dans certains cas [au Burkina Faso], les


métallurgistes n’hésitaient pas apporter eux-mêmes la cendre indispensable pour cet usage ».


Dans le Mandé, la littérature et les données ethnographiques attestent d’un usage du charbon


de bois comme combustible de réduction proprement dite et de forge, à l’exclusion du bois (M



16 Lors de l’expérimentation à Niouma-Makana Marie France Ould Issa a constaté l’usage d’Andropogonées


(Yayalé en langue malinké) pour cette mise à feu. Voir aussi Seydou Camara, 1992, p. 27.




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Park, 1799, p. 41 ; L Archinard, 1885, p. 251 ; MF Ould Issa, 2003, p. 51 ; N Kanté, 1993, p.


41). Ce charbon est obtenu en brulant à l’air libre des meules, réduites au préalable en rondins


dans certains cas. Le feu est arrêté au bon moment, avant ignition complète en jetant de l’eau.


Le charbon ainsi obtenu est trié et débarrassé des fumerons. Il peut provenir d’une seule espèce


végétale ou de plusieurs essences ligneuses différentes. Lorsque les métallurgistes utilisaient


plusieurs espèces végétales, le charbon de bois faisait alors l’objet de dosages précis dans ses


différents composants. Le mélange de combustible ainsi obtenu doit offrir une bonne résistance


afin d’éviter le tassement. Il ne doit pas s’écraser également sous le poids des charges de minerai


et des couches supérieures. Parmi les essences ligneuses les plus exploitées dans le cadre de la


réduction du minerai de fer dans le Mandé figurent Burkea Africana (Sirin), Prosopis Africana


(Gwelen), Terminalia sp. (Wolen), Pericopsis laxiflora (Kolokolo), Vitellaria paradoxa


(Shi)17. Le choix de ces différentes espèces végétales était sans doute dicté par les multiples


propriétés de ces charbons. Les espèces végétales exploitées pour la production du charbon de


réduction sont considérées comme puissantes. Elles sont choisies à cause de la combustion lente


de leur charbon. Ces charbons produisent de très fortes températures et peu ou presque pas de


cendres. Selon Philipe Fluzin le carbone contenu dans le charbon est un agent triple. Il est


thermique, réducteur et en se combinant avec le fer pendant la réduction, il permet d’atteindre


les différents stades du fer (fonte, fer et acier) (P Fluzin, 2002, p. 61).


3.1.3. La nécessité permanente de l’eau


La présence de l'eau est un impératif pour toute opération de réduction du minerai de fer. L’eau


intervient dans le malaxage de l’argile de termitière utilisée pour l’édification de la structure de


réduction, la confection des tuyères, le refroidissement des éponges de fer. Dans le cadre de la


réduction expérimentale à Niouma-Makana, Marie France Ould Issa a constaté le recours


récurrent à l’eau pour asperger la base du fourneau afin d’atténuer les effets de chaleur. Les


sorties latérales et périodiques de scories ont toujours fait l’objet de refroidissement à l’eau


avant leur évacuation définitive hors de la fosse adjacente. Ce besoin quasi permanent de l’eau


durant tout le processus de la réduction explique sans doute pourquoi les sites de réduction se


localisent systématiquement à proximité d’un cours d’eau (M Cissé, S Takezawa, D Koné,


2016, p. 170 ; MF Ould Issa, 2003, pp. 51-54.).



17 Les mots entre parenthèses correspondent à l’appellation vernaculaire malinké des différentes espèces végétales.


Selon les enquêtes ethnologiques de Marie France Ould Issa le charbon de bois du Prosopis Africana était


préférentiellement utilisé dans la forge. Ceux de Heeria Insignis, Boscia Salicifolia ou encore de Dichrostachys


Cinerea servaient à confectionner, avec du salpêtre, de la poudre à fusils.




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3. 2. Techniques d’édification de la structure de combustion


Dans le Mandé, les fourneaux de réduction sont édifiés globalement suivant le même procédé,


un procédé analogue à ceux mis au jour sur le site de Togola et à celui observé dans le cadre de


la réduction expérimentale (B Ouédraogo, BD Traoré, N Coulibaly, 2023, pp. 60-74; S Camara,


1992, pp. 23-25 ; L Archinard, 1885, pp. 249-250 ; M Park, 1799, pp. 40-41.). Les différences


résident fondamentalement dans les dimensions et les formes. Dans le Mandé, la construction


d’un fourneau est entourée de mystères et exige toujours des consultations divinatoires


accompagnées de sacrifices purgatoires. Il en résulte le choix du lieu d’implantation du


fourneau et du jour18 du démarrage des travaux. Pour les travaux proprement dits, une fosse est


aménagée au préalable à l’emplacement choisi. La profondeur de celle- ci varie et peut aller


jusqu’à 1, 20 m comme ce fut le cas lors de l’expérimentation à Niouma-Makana. Cette fosse


sera le réceptacle des résidus de la réduction. Au-dessus de ce creuset, la cheminée est érigée


par superposition successive des plaques d’argile. Selon Seydou Camara la construction d’un


fourneau d’environ 2 m doit durer sept jours (S Camara, 1992, p. 23-24). Dans le cadre de la


réduction expérimentale à Niouma-Makana, quinze jours ont été nécessaires pour les quinze


assises d’un fourneau haut de 1,85 m.


Dans la partie inférieure du fourneau sont aménagées des embrasures pour l’installation des


tuyères. Comme précédemment dit, le nombre d’embrasures par fourneau est variable.


Contrairement aux impressions livrées par les vestiges avant fouilles, les embrasures et


particulièrement les tuyères sont à distance du sol et bien inclinées (environ 45 à 50°). Cela a


été signalé aussi par Louis Archinard (1885, p. 249) et constaté lors des fouilles sur le site de


Togolo et lors de l’expérimentation à Niouma- Makana. Outre les embrasures et les tuyères, les


fourneaux du Mandé sont munis d’un exutoire19 pour les scories liquides. Celui- ci est


systématiquement aménagé dans la partie ouest de la cheminée, à partir du creuset, donc sous


les embrasures (S Camara, 1992, p. 24 ; L Archinard, 1885, p. 250). L’exutoire fait face à la


porte destinée à l’extraction de l’éponge de fer. Aussi, est-il toujours aménagé au-dessus d’une


fosse, à partir de laquelle les scories coulées externes vont être évacuées. Les fouilles sur le site


de Togolo tout comme la réduction expérimentale de Niouma- Makana sont parfaitement


cohérentes avec ces données de la littérature. La description donnée par Mungo Park au sujet


du fourneau et de l’opération de réduction observée lors de son séjour dans le village de Kamalé



18 Dans le Mandé, les jours fastes sont le lundi, le jeudi et le vendredi.
19 Cet exutoire est appelé par les métallurgistes malinké gwan bo da. L’expression peut être traduite littéralement


par la porte des déchets de fer. Cet exutoire fut appelé par Archinard porte de coulées des scories.




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ne fait ni cas de cet exutoire ni d’un autre système d’évacuation des scories liquides en cours


ou en fin de réduction (M Park, 1799, pp. 41-42). Selon Louis Archinard et Mungo Park, des


dispositifs de soutènement étaient aménagés autour des fourneaux (M Park, 1799, pp. 41-42 ;


L Archinard, 1885, p. 250). Ce dispositif pouvait prendre la forme de lianes attachées autour


du fourneau en deux endroits comme Mungo Park l’a observé dans le village de Kamalé à la


fin du 18e siècle. Archinard évoque plutôt « un nombre variable de contreforts, généralement


cinq, mais quelquefois un seul » autour du fourneau non seulement pour le consolider mais


aussi pour permettre aux métallurgistes de verser depuis le gueulard les charges de charbon et


de minerai. Lors de la réduction expérimentale à Niouma-Makana, le fourneau a été flanqué


d’un escalier en argile pour faciliter son chargement depuis l’orifice sommital. Dans ce cas,


pour parer à l’explosion du fourneau, les métallurgistes colmataient avec de l’argile les lézardes


qui apparaissaient sur le fourneau. Archinard signale les mêmes pratiques sans toutefois


indiquer si cela concerne une localité précise ou toute la zone parcourue allant de Niakaléciréa


à Kita et de Kita-Médine à Bamako (L Archinard, 1885, p. 249-252). Ces aménagements,


destinés à la consolidation ou au chargement du fourneau, sont très rarement reconnaissables


sur le terrain archéologique. Ils disparaissent plus rapidement sous les effets de l’érosion car ils


sont construits en argile et ne subissent pas le contact du feu de la réduction.


Par ailleurs, Louis Archinard évoque l’aménagement d’un trou à proximité de la structure de


combustion mais indépendamment de celle-ci. Cette fosse, remplie d’eau, accueille la masse de


fer extraite du fourneau en fin de réduction pour son refroidissement rapide. L’auteur ne donne


pas plus de détails au sujet de cette fosse tout comme il ne précise pas si la pratique était isolée


ou si elle s’étendait à toute la zone parcourue. L’argile utilisée pour l’édification des fourneaux


est malaxée avec de la paille pour lui donner de la viscosité et plus de compacité. L’intérieur


du fourneau est régulièrement badigeonné avec une argile de termitières. Celle-ci est


préférentiellement utilisée par les métallurgistes notamment pour ses propriétés réfractaires.


3.3. Acteurs et déroulement de la réduction


Dans le Mandé, le procédé de réduction du minerai de fer identifié est globalement homogène,


en tenant compte, comme le dit B. Martinelli (2002, p. 180) « d’une marge de liberté et de


décision dès la conception du four ». Ce procédé dit direct a lieu dans un bas fourneau et aboutit


à l’obtention d’un métal forgeable. Dans ce procédé, la température de réduction est inférieure


à la température de fusion située autour de 1500°C (S Camara, 1992, pp. 25-29 ; MF Ould Issa,




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2003, pp. 60-61 ; M Park, 1799, pp. 41-42 ; L Archinard, 1885, pp. 249-252 ; P Fluzin, 2002,


pp. 59-65).


Les opérations de réduction ont lieu généralement une fois par an, avant la saison des pluies.


Elles mobilisent plusieurs acteurs. Selon Seydou Camara, seuls les gwandonnumu interviennent


dans ces opérations, à l’exclusion des autres Numu20. Lors de l’expérimentation à Niouma-


Makana, l’aire de réduction a été interdite aux griots, aux imams, aux peuls ; mais les forgerons


du village ont pris part aux travaux de réduction avec le statut d’« apprentis ».


Au Mandé, si chaque métallurgiste possède son fourneau, les campagnes de réduction sont


conduites sous la prééminence des « gérontes » (S Camara, 1992, p. 27 ; L Archinard, 1885,


pp. 251-252). Les rituels de divination et de sacrifice sont officiés par le patriarche des


métallurgistes. A Niouma-Makana, ces préliminaires aux opérations de réduction proprement


dites ont été exécutés par un chasseur Keita, non métallurgiste. Il n’a pas pris part au reste des


opérations. Pour exorciser les « esprits maléfiques » et favoriser le bon déroulement des


opérations, les acteurs doivent être sains, exempts de toute souillure (S Camara, 1992, p. 26 ; N


Kanté, 1993, p. 41). La réussite des travaux exige assez souvent l’immolation d’animaux (chien,


chèvre, poulet). Ce mets sacrificiel est consommé exclusivement par les acteurs de la


réduction21. A titre de rappel, les rituels caractérisant la réduction comportent aussi des jets de


morceau de minerai et de charbon dans les directions sud, est et nord22, juste avant le versement


des premières charges de charbon.


Les travaux démarrent par le rassemblement de tous les éléments nécessaires (combustible,


minerai traité, eau, glaise, etc.) sur l’aire de réduction, autour du fourneau prêt. Sous la direction


du doyen, les métallurgistes introduisent par le gueulard le combustible (morceaux de bois,


brindilles, pailles) nécessaire à la mise à feu et à la production du tampon de cendres entre la


paroi naturelle et les résidus de la réduction. Par-dessus ce premier combustible non carbonisé


sont versées alternativement des charges de charbon de bois et de minerai, en commençant par


le charbon. La première charge de charbon est généralement plus importante. Chaque charge


versée est horizontalement repartie dans le fourneau. Le fourneau peut recevoir un fondant


pendant ou en fin de chargement. A Niouma-Makana le fondant, associé à la première charge


de minerai, était la poudre de l’écorce d'Anogeissus Leiocarpus (Kerekete). Seydou Camara



20 Ce terme désigne les métallurgistes pratiquant la réduction du minerai de fer, à l’exclusion des acteurs travaillant


exclusivement dans la forge. Voir à ce sujet (S Camara, 1992, p. 25 ; N Kanté, 1993, p. 36 et 41).
21 Dans un récent article, il est donné plus de détails sur les acteurs de la réduction du minerai de fer dans le Mandé


(B Ouédraogo, et al, 2023, pp. 60-72).
22 Dans le cadre d’une réduction expérimentale au pays Dogon, ce jet est effectué vers les quatre points cardinaux


(Huysecom E, 1996).




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signale plutôt de la poudre de graviers au sommet de la charge du fourneau (S Camara, 1992,


p. 27).


Le fourneau est allumé à l’issue du remplissage effectif du fourneau. L’allumage est effectué


par l’intermédiaire d’une tuyère et à l’aide de tige en bois. Le feu initial est activé avec des


soufflets pendants quelques instants seulement. Les évents assurent le reste du tirage sans autre


intervention humaine MF Ould Issa, 2003, p. 60 ; (M) Park, 1799, p. 41 ; Camara, 1992, p. 27).


A Niouma-Makana, il n’y a eu aucun recours aux soufflets. Une fois la combustion bien activée,


le fourneau est placé sous vigilance pour colmater les éventuelles brèches, la base du fourneau


et peut faire l’objet d’arrosage ponctuel. En fonction de la production désirée, le fourneau reçoit


des charges supplémentaires de charbon et de minerai. Outre la quantité des matières premières,


leur qualité intervient également dans la durée de la réduction tout comme le recours à un


fondant. Ainsi, une réduction peut durer trois, quatre jours. Louis Archinard a rapporté 15


heures pour la réduction réalisée à Kamalé en sa présence (S Camara, 1992, p. 27 ; M Park,


1799, pp. 41-42 ; L Archinard, 1885, p. 252).


En fin de réduction, les scories liquides sont évacuées par l’intermédiaire d’un exutoire dans


une fosse adjacente à l’ouest du fourneau (S Camara, 1992, p. 27 ; L Archinard, 1885, p. 252).


Ce trou de drainage des scories liquides peut être ouvert une ou deux fois pendant la réduction


comme ce fut le cas à Niouma-Makana. Dans certains cas, l’éponge de fer reste dans le fourneau


pour le refroidissement complet pendant plusieurs jours (S Camara, 1992, p. 28 ; M Park, 1799,


p. 42). Il y a aussi des cas où certains des évents y compris la porte sont ouverts pour amorcer


le processus de refroidissement. A Niouma-Makana, les métallurgistes ont utilisé 20 litres d’eau


pour accélérer le refroidissement des résidus à l’intérieur du fourneau. La loupe agglomérée


d’impuretés est extraite, généralement en morceaux, soit par la porte située à l’est, soit en


abattant une partie du fourneau. Il a été constaté au niveau du fourneau expérimental et des


deux fourneaux sur le site de Togolo (Narena), l’aménagement d’une pente descendante à


l’intérieur, sous la porte, sur 0,60 m de longueur et environ 0,60 m de largeur. Ce dénivelé varie


de 0,10 m à 0, 20 m. Cet aménagement a sans doute servi à faciliter l’extraction des résidus de


la réduction, en permettant de faire levier avec une barre (en fer) comme ce fut le cas lors de la


réduction expérimentale.









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CONCLUSION


Cette synthèse offre un aperçu général des données relatives à la production ancienne du fer


dans le Mandé. Les informations ci-dessus présentées indiquent la présence de divers vestiges


archéométallurgiques dans la région du Mandé, sans être l’exclusivité d’une forme de paysage.


Les archéologues ont identifié des espaces de concassage, de réduction du minerai et de


dégrossissage de l'éponge de fer, la plupart du temps non éloignés les uns des autres. Selon les


sources orales, les minerais sont principalement collectés en surface. Le seul procédé de


réduction reconstitué est direct et à tirage naturel.


Certes, les origines de ce procédé sont incertaines, les enquêtes de Louis Archinard permettent


de les dater, au moins, du 19e siècle et très probablement antérieurement à cette période. Si


toute personne peut être mobilisée dans le processus, selon les sources orales, l’étape de la


réduction est strictement réservée aux gwandonnumu. Contrairement à la pensée populaire, en


se référant à la réduction expérimentale, cette corporation n’est pas l’exclusivité d’un


patronyme.


En définitive, les apports de la méthode archéologiques à la connaissance de la production


ancienne du fer dans le Mandé sont limités. Au regard de l’absence totale d’informations issues


techniques archéométriques, de l’espace restreint fouillé autour des deux fourneaux de Togolo,


de la perturbation même de la plupart des sites, de nouvelles recherches s’imposent à tous points


de vue pour mieux caractériser la production ancienne du fer dans le Mandé et appréhender


précisément les implications historiques, économiques et socio-culturelles.




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PROBLÉMATIQUE DE LA RÉHABILITATION DES SOLS POST-MINE AU MALI :


CAS DE LA COMMUNE RURALE DE MORILA


Moussa Bocoum, Doctorant, Institut de Pédagogie Universitaire de Bamako (Mali).


Hamadoun Traoré, Bouramadiè Coulibaly


Résumé


le Mali possède d’abondantes ressources minérales. Depuis 1992, il connaît une forte


progréssion de l’exploitation d’or de type industriel qui le classe au 3e rang producteur


africain après l’Afrique du Sud et le Ghana, avec une production estimée en 2023 à 67,7 tonnes.


La Commune rurale de Morila est située à 310 km de Bamako avec une population estimée à


26100 habitants en 2022 et abrite une des plus grandes mines industrielles du pays à savoir


Firefinch Limited. La présente étude a pour objectif d'analyser les implications


environnementales (sol) et sociales associées à la cessation des activités minières aurifères au


Mali en vue de formuler des approches de gestion durable après la fermeture, favorisant un


développement local inclusif et respectueux de l'environnement. La méthodologie repose


sur des enquêtes qualitatives et quantitatives menées auprès des représentants de la


population, des élus locaux, des chefs de villages, des travailleurs de la mine et autres


acteurs de la société civile aussi les analyses d’échantillons de sol et des cartographies de


la dynamique d’occupation des sols ont été élaborées. Les résultats obtenus nous ont permis


de savoir que d’importantes actions sont menées dans le cadre de la restauration des sols.


Le choix des plantes a porté sur des espèces locales. Les griefs enregistrés sont entre autres


une faible implication des populations locales dans le but de pérenniser les actions initiées.


Mots clés : Morila, or, pollutions Réhabilitation, sols


Abstract:


Mali has abundant mineral resources. Since 1992, the country has seen strong growth in


industrial gold mining, making it Africa's 3rd largest producer after South Africa and Ghana,


with production estimated at 67.7 tonnes in 2023. The rural municipality of Morila is located


310 km from Bamako, with an estimated population of 26,100 in 2022, and is home to one of


the country's largest industrial mines, Firefinch Limited. The purpose of this study is to analyse


the environmental (soil) and social implications associated with the cessation of gold mining


activities in Mali, with a view to formulating sustainable post-closure management approaches


that promote inclusive, environmentally-friendly local development. The methodology is based


on qualitative and quantitative surveys of representatives of the population, local elected


representatives, village chiefs, mine workers and other civil society players, as well as analyses


of soil samples and maps of land use dynamics. The results show that significant action is being




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taken to restore the soil. The choice of plants was based on local species. One of the complaints


was that local people were not sufficiently involved to ensure the sustainability of the measures


taken.


Keywords : gold, Morila, pollution, rehabilitation, soil.





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INTRODUCTION


L'exploitation aurifère est une activité économiquement lucrative qui, malheureusement est


associée à plusieurs défis environnementaux et sociaux à relever. Au Mali, un État situé au


cœur de l’Afrique de l'Ouest dispose d'importantes réserves aurifères dont l'exploitation joue


un rôle crucial dans l'économie. L’environnement en général et les sols en particulier sont


toujours fortement endommagés à cause de cette exploitation minière. Les activités minières,


bien que vitales pour l’économie malienne, entraînent souvent une dégradation des paysages,


un affaiblissement des écosystèmes et des risques environnementaux persistants. L’élaboration


de plans de relance post-extraction aurifère efficaces et appropriés est donc essentielle pour


réhabiliter les sites miniers abandonnés, minimiser les impacts négatifs sur l’environnement et


faciliter la transition vers une utilisation durable des terres.


L’or est le premier produit d’exportation du Mali depuis 1999, date à laquelle il a dépassé le


coton.


En 2021, on comptait 339 titres de recherche en cours de validité dans le pays, 14 autorisations


d’exploration ont été approuvées, mais aucun de ces permis n’est accompagné


d’investissements ou d’activités significatives sur le terrain. Si la production d’or représentait


moins de 10% du produit intérieur brut en 2021, elle compte pour presque un quart du revenu


de l’État (564,5 milliards de francs CFA) soit en environ 920 millions de dollars et 70% des


exportations du pays (Rapport annuel sur la production aurifère 2022). En matière de politique


aurifère, le Gouvernement du Mali se concentre essentiellement sur l’activité industrielle, qui


représente une partie importante de ses revenus, et vise essentiellement à attirer les investisseurs


internationaux.


Plusieurs pays, surtout situés en Afrique ont reçu comme héritage de fermetures non planifiées,


des travaux non sécuritaires et des sites non remis en état. Cette situation se produit dans les


pays en développement surtout lorsqu’il y a un manque de financement disponible au moment


de la fermeture (Banque mondiale et Société financière internationale, 2002).


Dans plusieurs cas, où les mines sont situées dans les régions éloignées des centres urbains,


l’entreprise minière est le principal fournisseur économique de la région en procurant de


l’emploi, des revenus et des services aux habitants locaux. Lorsqu’une mine est appelée à


fermer ses portes, les impacts sur le bien-être des communautés situées aux proximités sont


encore plus significatifs. Ses impacts sont d’ailleurs visibles dans les pays en développement


où il y a peu ou pas d’économie alternative et où les gouvernements et les communautés


manquent de ressources afin de les mettre en place.




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La restauration et la fermeture responsable d’un site minier impliquent le retrait de tous les


équipements et produits dangereux, le nivellement des terres et les mesures nécessaires pour


éviter toutes sources de pollution possibles.


Au cœur de la problématique de cet article est d’analyser les pratiques mises en place par les


sociétés minières pour restaurer les sols après la phase d’exploitation aurifère. Il s’agit pour


nous de contribuer à l’amélioration des choix opérés après avoir clairement identifier des


difficultés.


I. MATERIELS ET METHODES


La conduite d'une recherche sur les pratiques de restauration des sols des sites miniers aurifères


après la clôture au Mali nécessite une méthodologie rigoureuse et des outils appropriés pour


garantir une collecte de données précises et fiables. Dans le sous-titre dédié aux "Matériels et


méthodes", une description exhaustive des différentes approches et techniques utilisées pour


mener à bien cette étude est fournie. En effet, il a été mené une analyse documentaire


approfondie dans un premier temps. Des visites de terrain, des entretiens, des analyses


d’échantillons au laboratoire et le traitement des images satellitaires ont été réalisés. Dans ce


cadre des entretiens semi-directifs ont été menés avec une diversité d'acteurs engagés dans les


activités minières au Mali, notamment la direction environnementale de la mine (1), les ONG,


les communautés locales (50) et les autres agents (40) de la mine de Morila.


Pour la population locale estimée en 2022 à 26100 habitants à Sanso, nous avons appliqué la


formule n = (z^2 * p * (1-p)) / (e^2) pour les plus 18 ans à l’implantation de la mine en 2000


soit plus de 42 ans à nos jours n = (1.96^2 * 0.3 * (1-0.3)) / (0.05^2) ≈ 176


n est la taille de l'échantillon


z est le niveau de confiance (exprimé en écart-type)


p est la proportion de la population cible estimée possédant les caractéristiques


recherchées


(1-p) est la proportion de la population cible estimée ne possédant pas les


caractéristiques recherchées


e est la marge d'erreur maximale souhaitée


Nous avons eu un total 176 locaux dans les résultats pour l’enquête, mais en tenant compte des


décès, migrations et autres nous sommes allés sur la base des (63) enquêtés sur le terrain seul


(51) personnes ont bien voulu répondre à notre questionnaire


Ces entretiens ont permis de recueillir des données quantitatives sur les pratiques habituelles de


clôture et de restauration, ainsi que sur les différents enjeux sociaux et environnementaux qui




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y sont liés. En complément des entretiens, il sera envisageable de mener des enquêtes


structurées auprès des populations locales vivant à proximité des sites miniers concernés.


Les données quantitatives collectées sont utilisées pour approfondir l'analyse des implications


sociales liées à la cessation des opérations minières d'or. En plus des entretiens et des enquêtes,


des observations directes sur le terrain ont été réalisées pour évaluer la situation actuelle des


sites miniers, les pratiques de réhabilitation en cours et les impacts environnementaux des


activités minières. Souvent les populations enquêtées sont dans la passion ce qui nous a poussés


à procéder à des analyses d’échantillons de sol et de cartographies dynamique qui suit


La collecte et l'analyse de données spatiales sont essentielles pour la cartographie de la


dynamique d’occupation des sols, ainsi que pour l'évaluation des impacts de l’activité minière


sur les écosystèmes locaux, notamment en ce qui concerne des problématiques telles que la


déforestation, la perte de biodiversité et la fragmentation des habitats. Plusieurs sources de


données ont été mises à profit dans le cadre de cet article. Il s’agit des données satellitaires de


Landsat collectées via Earth explorer (https://earthexplorer.usgs.gov/) sur le site web de United


States Geological Survey. Pour les besoins de l’étude, des images de 1990, 2000, 2010 et 2020


ont été utilisées dans la perspective de mieux appréhender les changements intervenus dans le


temps et dans l’espace. Elles ont été choisies en tenant compte de leur qualité et de leur période


d’acquisition. La résolution spatiale de ces images est de 30 m pour les images de Landsat. Les


scènes retenues ont été prises entre le mois de d’octobre, période correspondante à un faible


taux de couverture nuageuse et avec une bonne expression de la végétation liée à la fin récente


de la saison pluvieuse (Y.Y. Karembé, 2018). Les données de Landsat utilisées dans le cadre


de cette étude sont présentées dans le tableau de la figure n°1.


Figure n°1 : Tableau des caractéristiques des images Landsat utilisées


Types Format Résolution Date d'acquisition Source


Landsat 4-5 (TM) TIFF 30 m 11/10/1990 GLCF


Landsat 7 (ETM+) TIFF 30 m 11/10/2000 GLCF


Landsat 5 (TM) TIFF 30 m 11/10/2010 GLCF


Landsat 8 (OLI) TIFF 30 m 11/10/2020 GLCF


Source : B. Coulibaly, 2024


La réalisation de cette étude a nécessité l’utilisation d’un certain nombre de matériels parmi


lesquels :


- L’ordinateur PC, est utilisé durant toutes les étapes de l’élaboration de ce travail,


notamment pour le traitement des données satellitaires.




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- GPS Garmin 64 a été utilisé dans cadre de la validation des images classifiées. Ce GPS


a permis de faire le repérage des coordonnées de points d’échantillon.


Le travail a été concrétisé avec utilisation de logiciels de traitement d’image satellitaire, de


cartographie et de Système d’Information Géographique (SIG) :


- ENVI


ENVI (Environnent for Visualizing Images) est un logiciel professionnel de la société «


EXELIS » permettant la visualisation, le traitement, l’analyse, et la présentation de nombreux


types d’images numériques, dont les images satellitaires. Pour ce travail, il été utilisé pour


traiter et classifier les images Landsat de 1990, 2000, 2010 et 2020.


- ArcGIS


ArcGIS est une suite de logiciels d'information géographique (ou logiciels SIG) développés par


la société américaine Esri (Environmental Systems Research Institute). Il a été utilisé dans le


cadre de ce travail pour la mise en page de la carte thématique.


La classification de l’occupation des sols à l’aide d’images satellites peut être considérée


comme une combinaison entre le traitement d’image numérique et les techniques de


classification pour analyser l’occupation des sols (B.A. Dembélé, 2019). Le traitement des


images est réalisé pour l’amélioration de la qualité de celle-ci, tandis que la classification est


un processus d’attribution des pixels d’une image à des classes d’occupation des sols (R.G.


Pontius, 2000).


Cependant, de nombreuses méthodes sont proposées et certaines telles que l’analyse des images


et la reconnaissance des échantillonnages sont appliquées. En effet, il y a deux méthodes de


classification couramment utilisées : la classification non supervisée et la classification


supervisée. Dans ce travail, la classification supervisée a été utilisée.


Les images à l’état brut ont d’abord été importées dans le logiciel ENVI version 5.3 pour faire


la composition colorée RVB (rouge, vert, bleu) avec trois (3) canaux différents. Pour les


Landsat TM 1990, ETM+ 2000 et TM 2010, les canaux 4-3-2 ont été choisis. Par contre, les


bandes 5-4-3 ont été retenues pour la composition colorée de Landsat OLI (2020).


Au niveau de chaque image, le choix a toujours porté sur la composition jugée fiable,


susceptible de comporter distinctement les classes d’occupation des sols. Les objets, en fonction


de la différence qui existe entre leurs réflectances. Par conséquent, ils apparaissent


différemment sur la composition colorée. Le traitement et l’analyse de la composition colorée


pour cartographier et suivre des objets géographiques requièrent l’emploi de techniques de


traitement d’image. Plus particulièrement, on passe des données brutes ensembles de pixels à


des données plus structurées appelées objets ou régions (B. Coulibaly, 2021). Ces régions sont




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définies comme l’ensemble de pixels voisins formant des ensembles homogènes au sens d’un


certain critère (même couleur, réponse spectrale, type d’occupation du sol, etc.).


Après la classification des images, viennent d’autres opérations qui rendent la classification


beaucoup plus lisse. Il est important de noter, que la méthode supervisée a été utilisée lors de


ce travail. Cette méthode permet au logiciel de rassembler tous les pixels qui ont les mêmes


réflectances à travers un échantillonnage déterminé par l’utilisateur.


La méthode de classification superposée est la procédure la plus couramment utilisée pour


l’analyse quantitative des données de télédétection. On identifie sur l’image des surfaces assez


homogènes représentatives des thèmes qu’on souhaite discriminer. Les signatures spectrales de


ces surfaces serviront comme références pour classer l’ensemble de l’image en utilisant des


algorithmes de classification appropriés (P. G. Gbetkom, 2020). La classification supervisée est


basée sur l’idée que l’utilisateur peut définir les pixels d’échantillon de chaque catégorie sur


une image. Ces échantillons sont considérés comme les pixels de références pour la


classification de tous les autres pixels de l’image (J. Oloukoi, 2012). L’avantage de cette


méthode repose sur sa capacité à utiliser les connaissances de l’homme dans le processus de


classification, ce qui laisse plus de souplesse pour l’amélioration des résultats. Cependant, elle


a quelques inconvénients : un besoin humain important, et la précision du résultat dépend de la


connaissance des personnes qui effectuent la classification ainsi que la vérité terrain.


Dans la méthode de classification supervisée, la précision des résultats obtenus dépend de


l’algorithme de classification, car plusieurs algorithmes ont été développés et les données


finales peuvent différer. Ainsi, le choix de l’algorithme dépend de chaque classification ou d’un


domaine spécifique. Pour bien choisir un algorithme de classification, il est important d’évaluer


la performance des différents algorithmes de classification. Pour ce travail, l’algorithme du


maximum de vraisemblance est mis en évidence.


L’algorithme maximum de vraisemblance (MV) est basé sur la théorie des probabilités


bayésiennes. Il est l’un des algorithmes les plus utilisés pour la classification supervisée (D.


Traoré, 2019). Il utilise des échantillons pour déterminer les caractéristiques des classes


d’occupation des sols, qui deviennent des centres dans l’espace multispectral. Autrement dit,


au lieu d’affecter un vecteur spectral à la catégorie dont le centre de gravité est le plus proche,


elle se base sur une analyse statistique de la distribution des vecteurs spectraux de l’échantillon


pour définir des zones de probabilité équivalente autour de ces centres. La probabilité


d’appartenance à chaque classe est calculée pour chaque vecteur spectral et le vecteur est affecté


à la classe sur laquelle la probabilité est la plus élevée. Un avantage considérable de cette




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méthode est qu’elle fournit pour chaque pixel, en plus de la classe à laquelle il a été affecté, un


indice de certitude lié à ce choix.


L’opération de vectorisation de la classification permet une manipulation plus facile de la


couche d’occupation des sols. En effet, suite à cette opération, le raster est converti en vecteur


et exporté vers le logiciel SIG les opérations de post-traitement (correction des débordements


entre les objets, calcul des superficies des classes d’occupation etc.)


Toute classification d’images satellitaires, sans une réelle vérification sur le terrain, manque de


véracité (R.G. Pontius, 2000). Ainsi, en plus de la matrice de confusion qu’offre le logiciel


ENVI, une phase de vérité terrain a été faite. Lors de l’enquête sur le terrain, un échantillon de


10 points de chaque classe d’occupation est calculé et intégrer dans le GPS de type Garmin 64


pour la vérification. Pour ce faire, l’image de référence a été celle de 2020.


II. RESULTATS


1. Présentation de la zone d’étude


Sanso est située à 310 kilomètres au sud-est de la capitale malienne, latitude (11°43’00’’N) et


longitude (-6°51’00’’W), Bamako, avec une population estimée à 22.284 habitants lors du


recensement officiel de 2009. En 2022 elle est d’environ 26.100 habitants. Elle dépend


administrativement de la région de Bougouni. Elle est constituée de 16 villages : Falani, Fadia,


Finkoa, Komogola, Zambougou, Sinsin 1, Sinsin 2, Finkola, N’tjila, Koroferela, Fadia, Sokela,


Silamana, Sounbounkoro, Oualassebougou et Morila (figure n°2). Sanso, le chef-lieu de la


commune, est le point d’ancrage de cette tradition orale. Selon les entretiens menés auprès des


vieux du village sur le terrain, la fondation de Sanso est à rattacher à Samou Bagayoko, un


dioula (commerçant) originaire du Kéléyadougou (à 60 km d’Ouéléssébougou actuel, au sud


de Bamako). Marchand ambulant, du groupe ethnique bambara, de bétail et de noix de kola,


Samou s’arrêtait régulièrement à l’endroit de l’actuel quartier de Nérila. Un jour, les esprits lui


conseillèrent d’y fonder un village, promis à un bel avenir. La famille des Mariko reste encore


aujourd’hui détentrice de ces pouvoirs traditionnels. Le nom du premier quartier fut Nérila,


faisant référence à Néribacoro. Et en reconnaissance pour son ami Samou, Néribacoro décida


de nommer le village Sanso, raccourci du vocable bambara Sakahousseraso (les moutons sont


arrivés à la maison). Ce récit est typique des histoires de fondation des villages ; on trouve ce


genre de récits souvent dans les traditions orales au sahel (Amselle 1999, Hagberg 2004, Kuba


& Lentz 2006). Actuellement, dans la commune de Sanso, la population est majoritairement


Bamanan sédentaire. L’activité principale avant l’implantation de la mine était l’agriculture.


Actuellement c’est toujours l’agriculture et le commerce qui prédominent les activités.




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Figure n°2 : Carte de localisation du site minier de Morila dans la commune de


Sanso




Source : B. Coulibaly, 2024


Il est important de traiter dans cette partie, les dynamiques d’occupation des sols dans l’aire


d’étude (figure n°3), les ressentis des populations et les mesures de réhabilitation posées.


2. Dynamique d’occupation des sols de la commune rurale de Sanso entre 1990 et 2020


Les données cartographiques se révèlent précieuses pour notre étude, car elles permettent une


comparaison des fluctuations liées à notre analyse.







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Figure n°3 : Situation d’occupation des sols dans la commune de Sanso de 1990 à 2020






Source : B. Coulibaly, 2024





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Figure n°4 : Tableau de la statistique de la situation d’occupation des sols de Sanso


de 1990 à 2020


N°) Classe


Lulc 1990 Lulc 2000 Lulc 2010 Lulc 2020


Sup


km²
P%


Sup


km²
P% Sup km² P%


Sup


km²
P%


1
Mine d'or de


Morila
0 0.00 0 0.00 12.77 3.26 12.77 3.26


2 Plan d'eau 2.07 0.53 0.84 0.21 0.24 0.06 0.48 0.12


3 Sol nu 3.44 0.88 4.75 1.21 7.43 1.90 5.43 1.39


4 Végétation 335.72 85.75 298.69 76.29 261.51 66.79 241.53 61.69


5
Zone


d'habitation
0.94 0.24 3.51 0.90 5.37 1.37 7.92 2.02


6
Zone de


culture
49.34 12.60 83.73 21.39 104.21 26.62 123.39 31.51


Total 391.52 100.00 391.52 100.00 391.52 100.00 391.52 100.00


Source : Images Landsat 1990 et 2020


L’analyse des données sur la dynamique d’occupation des sols dans la zone de Morila de 1990


à 2020 a montré plusieurs tendances (figure n°3). En effet, la végétation dominait en 1990,


couvrant 335,72 km² ou 85,75% de l’ensemble de la zone. Cependant, au fil des ans, une


diminution progressive de la végétation de la région a été observée, car en 2020, elle couvrait


241,53 km², ce qui signifiait une baisse de 24,06% par rapport au début de la période.


Parallèlement, la zone de culture a augmenté et a représenté 49,34 km² ou 12,60% de la zone


totale en 1990 et 123,39 km² ou 31,51% en 2020. Cette tendance témoigne de la croissance


agricole (figure n°4).


La mine d'or de Morila (figure n°5) a été clairement visible dans les données à partir de 2010,


occupant une superficie de 12,77 km² et maintenue à un niveau constant de 3,26 % jusqu'en


2020. Cela pourrait refléter le développement de l’exploitation minière dans la région à partir


de cette période. On observe également des fluctuations de couverture du sol nu, avec une


augmentation jusqu'en 2010 suivie d'une diminution en 2020. Les plans d’eau ont connu une


diminution constante de la superficie entre 1990 et 2020, passant de 2.07 km² à 0.48 km² soit


de 0.53% à 0.12%.




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On observe une croissance continue des zones résidentielles, qui sont passées de 0,94 km² en


1990 à 7,92 km² en 2020. Ce phénomène est attribuable à l'expansion urbaine et à


l'accroissement démographique. Ces évolutions dans l'exploitation des sols reflètent les


dynamiques socio-économiques et environnementales de la région, notamment l'urbanisation,


l'agriculture et l'exploitation minière, qui influent sur l'écosystème régional et la disponibilité


des ressources naturelles.


Cette analyse met en évidence la transformation de l'usage des sols à Morila qui depuis


l’implantation de la mine a connu un boom économique et démographique, chose qui souligne


la nécessité de mettre en place une planification et une gestion durables afin d'harmoniser le


progrès économique et la préservation de l'environnement.


Les zones touchées par la réhabilitation sont entre 500 et 1 000 hectares, comprenant des fosses


minières, des bassins de résidus et d'autres infrastructures. La revégétalisation est d’environ 300


à 700 hectares.


Figure n°5 : Mine ou carrière d’or de Morila à ciel ouvert






















Source : cliché S. Ilboudo, Août 2022




La mine d'or de Morila s’est engagée par écrit dans la protection de la flore et de la faune à


travers ses politiques. Elle est également certifiée OSHAS 18001 (Santé, hygiène et sécurité au


travail).




3. Les appréciations de la population de Morila


Les populations locales de Morila ont exprimé des opinions diverses sur les actions de


réhabilitation des sols entreprises par la mine. Certaines initiatives, comme la création d'une


zone agricole post-réhabilitation (agripôle) couvrant 3 000 hectares et visant à soutenir 50 000




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habitants, ont été bien accueillies. Ce projet a été mené en partenariat avec le groupe Songhaï


et a pour but de favoriser un développement économique durable après la fermeture de la mine.


Cependant, des critiques persistent sur la manière dont les ressources générées par la mine ont


été utilisées. Certains estiment que les efforts n'ont pas suffisamment répondu aux attentes


communautaires en matière de développement socio-économique


Figure n°6 : Tableau de l’appréhension des locaux sur les effets de l’exploitation


minière sur l’environnement


Environnement OUI NON


Qualité et quantité eau 42 82 ,35% 9 17,65%


Qualité air 37 72,55% 14 27,45%


Qualité sol 46 90,2% 5 9,8%


Quantité végétation 47 92,16% 4 7,84%


Quantité faune 38 74,51% 13 25,49%


Source : M.F Bocoum 2024




Les locaux ont laissé libre court à leur pensés sans langue de bois, en exprimant leurs


inquiétudes face au départ de la mine, mais surtout les dommages que cette dernière aurait


potentiellement causée sur l’écosystème naturel.


La qualité du sol est altérée par la diminution de la fertilité des sols causée par la déforestation


et les résidus miniers pour 90,2% de nos cibles. Pour 92,16% il y’a eu dégradation de la


végétation naturelle et déboisement même si beaucoup de terrains ont été revégétalisés. La


contamination des sols et des eaux souterraines est un problème environnemental majeur (figure


n°6).


4. Les différentes opérations de restauration des sols


Dans le cadre de la réhabilitation des sols, plusieurs phases sont à suivre.


- Reprofilage et stabilisation des sols


Le volume de sols déplacés se situe entre 2 et 5 millions de m³. Le coût est estimé environ à 4


000 USD/ha, soit 1,5 à 3 millions USD pour les zones reprofilées (Firefinch, 2021).









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Figure n°7 : Dépôt de terre végétale sur la halde à terrils nivelée




Source : Cliché N. Diakité, Juin 2017


Les zones critiques stabilisées notamment les pentes représentent environ 30 % de la superficie


affectée.


- Amélioration des sols


Les matières organiques sont préconisées (figure n°7) à savoir le compost/fumier avec une


utilisation d’environ 20 à 30 tonnes/ha pour enrichir les sols. Le total pour 500 hectares est


estimé entre 10 000 et 15 000 tonnes.


Le coût des amendements est de 50 à 100 USD/tonne, soit 500 000 à 1,5 million USD.


Dans le traitement chimique la chaux est appliquée sur 2 à 5 tonnes/ha pour neutraliser


l’acidité, ce qui nous ramène à 1 000 ou 2 500 tonnes au total.


Le coût de traitement du traitement est de 500 000 USD selon la mine.


Figure n°8 : Cellule de colonne contenant les roches de la halde à terril, les rejets du


parc à boue, la terre végétale, etc. pour analyse au laboratoire.






















Source : Cliché S. Ilboudo, Juillet 2022




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Des prélèvements sont effectués pour être situé sur l’état des sols afin de prendre les mesures


idoines (figure n°8).


- La revégétalisation


Après le reprofilage à travers le nivellement, le dépôt de géotextile et de terre végétale ; l’étape


suivante est la mise en terre des plantes (figure n°9).


Figure n°9 : Mise en terre de plants sur les roches recouvertes de terre végétale




Source : Cliché N. Diakité, mine d’or de Morila, Juin 2017


La mine à Morila a fait le choix de certaines plantes pour la regétalisation. Il s’agit surtout de


graminées. Parmi ces plantes on peut retenir entre autres l’Andropogon gayanus, native de la


région, connue pour sa capacité à stabiliser les sols. La deuxième plante est le Cenchrus ciliaris


(Herbe de buffle) résistante à la sécheresse, cette espèce favorise la couverture végétale rapide.


En fin, la troisième plante est le Panicum maximum (Herbe géante). Cette plante est réputée


être idéale pour le pâturage et la restauration des sols dégradés.


Aussi, les arbustes tels qu’Acacia spp. (ex. Acacia senegal ou Acacia nilotica) sont utilisés pour


fixer l'azote et stabiliser les sols. La Leucaena leucocephala fixateur d'azote, bénéfique pour


améliorer la fertilité des sols et la Sesbania sesban qui a une croissance rapide, souvent utilisé


pour les projets de restauration écologique sont priorisés pour la révégétalisation du site.


La densité de plantation est de l’ordre de 5 000 à 10 000 plants/ha pour un total de 1,5 à 5


millions de plantes pour 500 hectares.


Le coût par plante est entre 0,1 à 0,5 USD/plant, soit 150 000 à 2,5 millions USD au total


Les arbres ont une densité de 200 à 500 arbres/ha avec un total de 100 000 à 200 000 arbres


pour un coût total d’environ 500 000 USD avec une résultante de taux de survie après 3 ans


d’environ 70 à 80 % avec les soins adéquats.





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- la Gestion des eaux


Les bassins de rétention ont une capacité totale de 1 à 3 millions de m³ pour gérer le


ruissellement et éviter l’érosion, dont le coût de construction est d’environ 1 million USD.


Les canaux de drainage ont une longueur 20 km avec un coût par kilomètre s’élevant à 30 000


Le coût total est estimé entre 3 et 7 millions USD. Les dépenses réelles concernent la


revégétalisation (1 à 2 millions USD), l’amélioration des sols (0,5 à 1,5 million USD), la


stabilisation et reprofilage (1 à 3 millions USD).


Au terme du processus de restauration des sols, tout laisse à croire que les objectifs ont été


largement atteint. En effet, les paramètres permettant d’évaluer la fertilisation des sols sont


acceptables.


- Taux de matière organique: Augmentation de 1 à 2 % après 3 à 5 ans.


- pH des sols: Plage acceptable de 6,0 à 7,5.


- Couverture végétale:


- Taux de couverture: 70 à 80 % dans les zones re-végétalisées après 5 ans.


- Réduction de l’érosion:


- Pertes de sols: Inférieures à 10 tonnes/ha/an, contre plus de 50 tonnes/ha/an initialement dans


les zones dégradées.


- Evaluation financière de la revégétalisation/restauration


La SOREM, sous capitalisée (100 millions de FCFA environ 160.000$) peine à financer les


projets à long terme sans appui externes. La baisse des revenus miniers -23% (INSTAT, 2024),


litige entre Firefinch et l’État ainsi qu’avec certains sous-traitant limitent les budgets alloués à


la restauration et retardé les projets tout en augmentant les dépenses juridiques.


Cependant le traitement des résidus fait un budget de 5 millions $, l’agropole Songhaï 3 millions


$ sont des activités visibles sur le site.


III. DISCUSSION


Dans le cadre de la réhabilitation post-mines des sols à Morila, les enseignements tirés des


expériences similaires à travers le monde sont essentiels pour orienter les stratégies de


restauration. Cette discussion examine des cas de réussites et d’échecs, en tenant compte des


enjeux écologiques, sociaux et économiques. La réhabilitation des sols dans des contextes


similaires montre que la conversion des terres en zones agricoles ou écosystèmes fonctionnels


est un objectif fréquemment poursuivi. Par exemple, la mine de Geita en Tanzanie a consacré


600 hectares à la revégétalisation, aboutissant à une stabilisation des sols et une augmentation


de la biodiversité locale (Jon Hall, James Dodds, 2004). Cette approche pourrait inspirer la




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répartition prévue à Morila : 300 à 700 hectares pour la revégétalisation et 100 à 300 hectares


pour des usages agricoles. En revanche, Vicente Rodriguez, 2004 présente un cas d’échec à


cause de l’absence d’une planification adaptée au niveau de la mine de Rio Tinto en Espagne


dans les zones où les sols fortement contaminés restent improductifs. Cela met en évidence la


nécessité de choix judicieux des types d’usages et des approches de réhabilitation à Morila. Le


reprofilage et la stabilisation des sols sont essentiels pour limiter l’érosion et préparer les


terrains pour des usages futurs. Dans le cas de la mine de Century en Australie, 30 % de la


superficie affectée a été stabilisée grâce à des techniques de reprofilage combinées à


l’implantation de graminées locales. Le coût, estimé à environ 5 000 USD/ha, a été amorti par


les résultats positifs à long terme (Mine Australia, 2023).


Cependant, l’échec de la mine de Mount Polley au Canada, où une mauvaise gestion des pentes


a provoqué une rupture de digue et une érosion accrue (Mine Australia, 2023), souligne


l’importance d’une conception rigoureuse des ouvrages de stabilisation à Morila, en particulier


pour les zones critiques représentant environ 30 % de la superficie. L’ajout de matières


organiques et de traitements chimiques est une pratique courante pour restaurer la fertilité des


sols miniers. Par exemple, la mine de South Crofty au Royaume-Uni a utilisé de la chaux et des


amendements organiques pour neutraliser l’acidité et améliorer la structure des sols. Les


résultats montrent un pH stabilisé entre 6,5 et 7,0 (Cornwall Wildlife Trust), ce qui est conforme


aux objectifs attendus à Morila (6,0 à 7,5). En revanche, l’expérience de la mine de Berkeley


aux États-Unis met en garde contre l’insuffisance des amendements. Une application


inadéquate a laissé les sols contaminés et inutilisables, soulignant l’importance de quantités


optimales (par exemple, 20 à 30 tonnes/ha de compost) pour atteindre une amélioration durable


(R. Ryals et al, 2014). La revégétalisation constitue un pilier central de la réhabilitation. La


mine de Boddington en Australie a atteint une couverture de 75 % grâce à l’implantation de 5


000 à 10 000 plants/ha, associés à une densité de 300 à 500 arbres/ha. Un taux de survie de 80


% a été observé après 3 ans, notamment grâce à un entretien continu (W. McGrath, R. Bell,


D.A. Jasper, C. Hinz, I. Struthers, J. Eastham et P. McNeil. 2003).


E. Kwaning et E. Atteh (2022) affirme que la mine de Obuasi au Ghana a enregistré un taux


de survie des plantations inférieur à 50 % en raison d’un manque de suivi et d’entretien. Pour


éviter un tel échec, Morila devra s’assurer d’une implication communautaire active et d’un suivi


rigoureux des plantations. Une gestion efficace des eaux est cruciale pour prévenir l’érosion et


limiter la dispersion des contaminants. Selon J. Hall et J Dodds (2004) la mine de Geita a


construit des bassins de rétention d’une capacité de 3 millions de m³ et des canaux de drainage


sur 15 km, réduisant les pertes de sols à moins de 10 tonnes/ha/an. Cette approche a permis de




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contrôler efficacement le ruissellement. En revanche, l’échec de la mine de Ok Tedi en


Papouasie-Nouvelle-Guinée illustre les conséquences d’une gestion inadéquate, avec une


dispersion massive des contaminants dans les écosystèmes aquatiques (J. Hettler, G. Irion et B.


Lehmann, 1997). À Morila, des infrastructures comme des bassins de rétention (1 à 3 millions


de m³) et des canaux (10 à 20 km) seront indispensables.


CONCLUSION


La mine de Morila a indéniablement laissé une empreinte non négligeable dans la localité


notamment en termes d’infrastructure de développement. Des routes, ponts, systèmes


d’approvisionnements en eau potable et l’électricité ont été mis en place pour optimiser


l’exploitation et faire profiter la population locale. Sans oublié les écoles, centres de santé,


logements pour répondre aux besoins des travailleurs de la mine et de leur famille, mais ils ont


également été accessibles aux locaux.


Il est évident que l’activité minière à profondément chamboulé la structure physique et


chimique des sols et une intervention de réhabilitation était nécessaire pour corriger les


dommages causés. Il est indéniable que l’association des locaux dans le processus de


réhabilitation est primordiale, car la réussite de survie des plantes à hauteur de 80% fut


largement garantie par ces acteurs, comme en témoigne les populations.


La cessation de l'exploitation minière de l'or au Mali offre l'opportunité de réexaminer le modèle


de développement minier du pays en faveur d'une approche plus durable et responsable. En


abordant de manière proactive les défis environnementaux et sociaux associés à la cessation des


activités minières, le Mali a la possibilité de réduire les conséquences néfastes et d'optimiser


les perspectives de promouvoir un avenir plus durable et prospère pour ses habitants.


En faisant le choix de prioriser les plantes locales dans le cadre de la restauration des sols, les


compagnies minières ont non seulement réduit le coût de l’opération mais également ont


favorisé une meilleure implication des populations locales. En effet, ces plantes sont mieux


connues par elles et leur entretien devient plus facile.


REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES


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Sciences, 18 (4), pp. 50-57.




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Doctorat. Université Bayero Kano, Nigeria, 169 p.


• Ministère des mines et du pétrole du Mali. (2003). Rapport annuel sur la production


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l’environnement. Rapport du guide Industries. [en ligne], disponible sur https://guide-


industries.com/exploitation/2022/01/quels-sont-les-impacts-de-lexploitation-


miniere-sur-lenvironnement/, consulté le 7 mars 2025 , 4 p.


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• Ouattara, Issa ; Maiga, Fatoumata ; Touré, Abdoulkadri Oumarou ; Diya, Ahamadou


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• Rebecca Ryals ; Kaiser Michael; Torn Margaret S.; Berhé, Asmeret Asefaw et Silver


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Géomatique. FHG/USSGB, Mali, 83 p


• Warren, McGrath; Richard, Bell; David, Jasper; Christoph, Hinz; Iain, Struthers;


Judy, Eastham et Paul. McNeil (2003). Revegetation of gold residues in the eastern


jarrah forest in the south-west of western Australia. Journal of the American Society


of Mining and Reclamation, [en ligne], disponible sur


https://www.researchgate.net/publication/237651132_revegetation_of_gold_residue


s_in_the_eastern_jarrah_forest_in_the_south-west_of_western_australia1 consulté


le 07 mars 2025, pp. 513-531.







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DYNAMIQUE DE LA PRODUCTION AGRICOLE FACE À LA SÉCURITÉ


ALIMENTAIRE À TOUFINKO DANS LE CERCLE DE KITA AU MALI




Kamba Koné, Faculté d’Histoire et de Géographie de l’Université des Sciences Sociales et de


Gestion de Bamako. E-mail : kambakone@yahoo.fr


Tinzanga Sanogo, Aboubacrine Dembélé, Emmanuel Sagara, Oumar Traoré, Ousmane Koita,


Marjorie Le Bars




Résumé


La prédominance des productions céréalières y compris les cultures de rentes dans le système


de production doivent répondre à la demande alimentaire avec une croissance démographique.


Cette recherche vise à analyser la dynamique de la production agricole face à la sécurité


alimentaire à Toufinko dans le cercle de Kita au Mali de 2019 à 2023 à travers des outils SIG.


Les logiciels Word et Excel pour la saisie et le traitement des données statistiques et QGIS.


Pour ce faire, les images de Google Earth Pro et les données agricoles ont été collectées. La


cartographie des cultures a été effectuée par une approche participative auprès des producteurs


locaux à travers l’image de Google Earth Pro. Cette cartographie a été également validée par


une observation de la réalité sur le terrain. Les résultats montrent une répartition inégale des


types de cultures dominées par les cultures de rente dont les 50% de la superficie de la dernière


campagne sont consacrés à la culture du sésame et l’existence d’un déficit céréalier sur la


production dans le terroir de Toufinko. Egalement, une forte demande et une dépense très


importante en matière d’achat pour la consommation soit 93% des chefs d’exploitations font


des dépenses économiques en plus des récoltes pour subvenir aux besoins de nourriture. Les


36% des chefs d’exploitations font une consommation journalière de 10 à 15 kg. Par


conséquent, il sera important d’adopter un mode de production intensif ou durable pour


répondre aux besoins alimentaires et de garantir un écosystème équilibré.


Mots clés : Système agricole, Assolement, Campagne agricole, SIG, Toufinko, Kita.


Abstract


The predominance of cereal production, including cash crops, within the production system


must meet food demand alongside population growth. This research aims to analyze the


dynamics of agricultural production in relation to food security in Toufinko, within the Kita


district of Mali, from 2019 to 2023, using GIS tools. Word and Excel were used for data entry


and statistical processing, while QGIS was employed for spatial analysis. To achieve this,


Google Earth Pro images and agricultural data were collected. Crop mapping was conducted


through a participatory approach with local farmers using Google Earth Pro imagery. This


mapping was further validated through field observations.




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The results reveal an uneven distribution of crop types, with cash crops dominating, as 50% of


the cultivated area in the last agricultural season was dedicated to sesame cultivation, leading


to a cereal production deficit in the toufinko region. Additionally, there is a high demand and


significant food expenditure, with 93% of farm heads incurring additional economic costs


beyond their harvests to meet food needs. About 36% of farm heads consume between 10 and


15 kg of food daily. Consequently, it is crucial to adopt an intensive or sustainable production


model to meet food demands while ensuring a balanced ecosystem.


Keywords: Agricultural system, Crop rotation, Agricultural season, GIS, Toufinko, Kita.





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INTRODUCTION


De nombreuses études ont mentionné l’augmentation de la population mondiale à 9 milliards


d’habitants d’ici 2050. Cette croissance corrobore avec la demande alimentaire mondiale au


moins dans les 40 années qui suivent et la demande alimentaire mondiale augmentera au moins


(Godfray et al., 2010; Lourme-Ruiz et al., 2016; Sharma et al., 2018). Il résulte de ce constat


une insécurité alimentaire accrue dans le monde voire en Afrique. Selon la FAO, (2024), d’ici


2030, 53% de la population mondiale souffrant de la faim sera concentrée en Afrique et 582


millions de personnes seront en situation de sous-alimentation chronique. En plus de ces


problèmes R. A. Fischer et al., (2017), souligne l'incertitude des rendements de cultures dû à la


rareté de la terre et de l’eau tout en mettant en relief la diminution du taux de croissance des


rendements céréaliers et d’une croissance continue de la demande alimentaire. Or, l’agriculture


constitue l’un des facteurs essentiels afin de répondre aux besoins alimentaires mondiaux


(Liaghat & Balasundram, 2010; Saghari et al., 2018) .


Au Mali, la majorité de la population vit des activités agricoles et l’économie du pays repose


sur le secteur primaire notamment l’agriculture (FAO, 2013; Dembele, 2018). Le pays dispose


d’un potentiel de terres cultivables estimée à 43,7 millions ha dont seulement 11% de ces


superficies sont cultivées et un climat favorable à une diversité agricole (FAO, 2013). Le cercle


de Kita, une collectivité territoriale du Mali est une zone à excellence agricole. Cette zone


agricole se caractérise surtout par une dominance des cultures commerciales (arachide, coton,


sésame…) comme le témoignent (Dembele, 2018; Guindo, 2021). Pendant que cette dominance


de cultures commerciales ne se manifeste dans le cercle, la population de son côté ne cesse de


croitre. Suivant les données des différentes opérations du Recensement général de la population


et de l’habitat, le cercle comptait 137 600 hbts en 1976 contre 434 679 hbts en 2009. Avec un


taux d’accroissement de 3.5%, cette population était estimée à 656 830 hbts en 2021


(INSTAT,2009). D’où la nécessité d’une production agricole capable de répondre à la demande


alimentaire.


Le choix de cette localité s’explique par le fait qu’elle présente des caractéristiques à savoir un


grand bas-fond aménagé dans lequel les agriculteurs ne font que du riz (190 ha). C’est


également une zone cotonnière et de bas fond pour la culture du riz. L’évolution des superficies


est fonction des types de cultures dans le terroir. La question est de savoir : quelle est la


dynamique de la production agricole du terroir de Tounfinko face à la sécurité alimentaire ?


Malgré de nombreux indicateurs sur la sécurité alimentaire en Afrique et au Mali en particulier,


très peu d’attention a été accordée au rôle que peut jouer les nouvelles technologies géospatiales


pour évaluer les systèmes de production à l’échelle de terroir. C’est ainsi que la présente étude




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vise à faire une cartographie des assolements du terroir de Toufinko durant les campagnes


agricoles de 2019-2020, 2020-2021, 2021-2022 et 2022-2023 à partir des outils de télédétection


et du SIG dans le cercle de Kita et analyser les besoins de la population en termes de production.


I. METHODOLOGIE


1. Présentations de la zone d’étude


Le terroir de Toufinko est un hameau de la commune rurale de Sirakoro du cercle de Kita


(Figure n°1).


Figure n°1 : Présentation du terroir de Toufinko (site du LMI Dyn_Pathos)






Toute la zone du cercle de Kita est considérée comme la nouvelle zone cotonnière du Mali


(Dembélé, 2018). C’est une zone qui proche de la frontière de la Guinée Conakry. Il est situé


au Sud de la ville de Kita sur une distance de 70km. Avec une superficie de 27km², il est compris


entre les longitudes 9°17’30’’W et 9°21’0’’W et les latitudes 12°30’00’’N et 12°34’0’’N. Le


nom de Toufinko fait allusion à un arbre appelée « Tou » en bambara « Nonfon », des lianes


qui s’étalent au long du fleuve Bakoye d’où le nom Toufin kô. Ce hameau serait un lieu de


chasse dont le fondateur serait les Diallo en 1983. Leur lieu d’origine est le village de Woloman.


Situé dans la zone climatique pré-Guinéenne, avec une pluviométrie moyenne annuelle


supérieure à 1100 mm (Soumaré M, 2004).


Son relief est plus ou moins accidenté avec la dominance de zones de basses altitudes. La


végétation est composée de savane arbustive et de la forêt galerie (avec la présence des


herbacées et de lianes) qui s’étale au long du fleuve Bakoye. Dans le terroir de Toufinko, le sol


Commune
Sirakoro


Cercle
de Kita




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lessivé ferrugineux domine la composition pédologique excepté la zone du basfond qui offre la


possibilité de pratiques culturales. Sa population est de 378 habitants (PDSEC, 2021) avec


comme ethnie majoritaire les peulhs. Au niveau de cette zone, il y a la cohabitation entre les


différentes ethnies.


L’agriculture est l’activité principale des habitants qui porte sur la culture du sésame, du sorgho,


du coton, du maïs de l’arachide, du riz et quelques produits maraichers. L’élevage est la


deuxième activité des habitants dont les principaux animaux sont la volaille, les ovins, les


caprins et les bovins. Pendant une bonne partie de l’année, le fleuve offre la possibilité à la


pratique de la pêche.


Matériels et méthodes


L’approche adoptée pour la réalisation de ce travail est constituée de l’utilisation des techniques


de la télédétection, des SIG pour évaluer la répartition des cultures.


2. Acquisition des données spatiales


La production des cartes d’assolement du terroir a été réalisée à l’’aide du logiciel Google Earth


Pro. Par conséquent, ces images datant de 2020 ont servi à la délimitation des parcelles à travers


une approche participative. Les données vectorielles qui ont été nécessaires pour la réalisation


sont essentiellement les limites administratives du cercle et des communes de la Direction


Nationale des Collectivités Territoriales ; les données sur les limites des terroirs issues des


travaux effectués sur le terrain. Également le questionnaire a été adressé aux chefs exploitations


avec un choix raisonné de 14 chefs exploitations sur 25.


3. Traitement des données


La numérisation des parcelles a été faite selon la méthode de la cartographie participative. Dans


un premier temps, l’image Google Earth Pro est projetée sur un écran qui permet l’identification


des différents objets spatiaux. Ensuite, à travers des repères ou des points d’orientation (routes,


cours d’eau, mosquées, etc.) visibles sur l’image, le chef de l’exploitation suit l’itinéraire qui


débouche sur son champ. En fonction des limites déterminées par les chefs d’exploitation, il a


été procédé à la numérisation des parcelles dans Google Earth Pro en leur attribuant un code


d’identification. Toutes les parcelles ont été digitalisées en fichier KML.


Un questionnaire a été incorporé dans une tablette portant des informations sur le numéro


d’identification de la parcelle qui est similaire au code d’identification sur Google Earth Pro, le


nom et prénom du chef d’exploitation, le type de cultures sur la parcelle durant la campagne


agricole 2019-2020 et celle 2020-2021 et une mise à jour de la campagne 2021-2022/2022-




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2023. La cartographie a été validée par une confrontation des résultats obtenus aux réalités du


terrain. Pour ce faire, dix (10) parcelles ont été sélectionnées par choix raisonné afin de procéder


à la validation. Les points-centroïde de ces parcelles ont été ensuite créés et intégrés dans une


application SIG mobile (QField).


En ce qui concerne l’enquête, elle a consisté à faire des interviews sur la superficie cultivée en


fonction des types de cultures, des productions, de la consommation par jours, la consommation


annuelle, le nombre de personne en charge, les quantités achetées. Une évaluation a été faite


pour le rendement en comparant au niveau national. Les causes principales pour la crise


alimentaire ont évalué.


II. RESULTATS


1. Cartographie des assolements de Toufinko durant les campagnes agricoles 2019-2023


Durant les quatre campagnes agricoles, la carte des assolements montre une inégale répartition


des espèces cultivées sur les différentes parcelles. Pendant la campagne agricole 2019-2020,


nous observons une dominance des parcelles en culture de céréales. Au Sud, les parcelles sont


majoritairement cultivées en sésame. A l’Ouest, les parcelles en arachide sont les plus


représentatives avec du sésame et des céréales (figure n°2).




Figure n°2 : Carte des parcellaires agricoles du terroir de Toufinko de 2019 à 2023




































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La tendance de répartition spatiale des types de cultures durant la campagne agricole 2020-2021


reste similaire à la campagne agricole précédente. Autour des habitations dans le centre du


terroir, reste exploité pour la culture des céréales, au Sud se localisent les parcelles en sésame


et céréale et la même réalité est observée à l’Ouest. A Toufinko, les surfaces cultivées en


céréales (mil, sorgho, maïs et riz) et du sésame sont les plus dominantes surtout les deux


dernières campagnes agricoles avec les plus grandes superficies pendant les deux campagnes


agricoles (figure n°3).


Figure n°3 : Répartition des types de cultures de 2019- 2023


































Source : Kamba Koné, enquêtes de terrain


A travers cette figure, Toufinko est une zone où la plus grande importance est accordée à la


culture des céréales et du sésame par rapport aux autres cultures. La culture céréalière constitue


la principale avec 124 ha en 2019-2020 soit 36%, cette surface cultivable est passée à 128 ha


(38%) en 2020-2021 soit une évolution de 4 ha. Pour le sésame, elle était de 111 ha de la


campagne 2019-2020 avec diminution de 5 ha de la deuxième campagne à 107 ha. L’arachide


vient en troisième position sachant que la superficie a diminué de 16 ha en 2020-2021. Par


contre le coton qui se trouve à la quatrième place, la superficie a chuté de 12 ha à 35 ha durant


la deuxième campagne et également les parcelles misent en jachère sont passées de 10 ha à 15





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ha. La culture maraîchère n’a pas eu de changement soit 1%. Durant la campagne 2021-2022,


37% des superficies étaient consacrées à la culture des céréales et le sésame vient en deuxième


avec 24% et celle du coton a diminué de 1% et 16% de la superficie ont été mise en jachère.


Durant la campagne 2022-2023, la superficie consacré à la culture du sésame a chuté, la moitié


des superficies cultivées du terroir a été consacré à la culture du sésame de 50% au profit de la


diminution des autres cultures notamment les céréales 24%, le coton 2%, arachide 11%. Cette


diminution s’explique par le fait que le prix d’achat du coton est très inférieur à celui du sésame


dont le kg est payé à 750Fcfa. Cette culture ne demande pas assez d’entretien par rapport au


coton.


2. Production agricole face à la sécurité alimentaire


La production des cultures céréalières est directement consommée sans subir des


transformations industrielles. Quant à la culture du coton et du sésame, elles constituent les


principales cultures qui procurent aux producteurs locaux des revenus agricoles. La production


arachidière est importante durant les trois campagnes de 37 900 kg, 44 300kg et 45 300kg (cf.


figure n°4).


Figure n°4 : Tableau de production agricole en kg à Toufinko de trois campagnes


agricoles


Cultures


Production (kg)


en 2020-2021


Production (kg)


en 2021-2022


Production (kg)


en 2022-2023


Arachide 37900 44300 45300


Coton 5000 7710 5020


Maïs 23700 20500 26600


Mil 3200 2000 1200


Riz 16850 9000 6500


Sésame 13390 16350 15923


Sorgho 12300 21700 10200


Total 112340 121560 110743


Source : Kamba Koné, enquêtes de terrain


Toufinko est une zone céréalière (maïs, mil, sorgho et riz). Les principales cultures de rente


restent le sésame et le coton. La production du sésame est supérieur à celle du coton soit


13 390kg contre 5000 kg en 2020-2021 et 16 350 kg contre 7 710 kg en 2021-2022. La dernière


campagne 2022-2023 elle reste supérieure avec une production de 15 923 kg. La production du


riz est en diminution, de 16 850 kg en 2020-2021 à 9000 kg et 6 500kg en 2022-2023. Cela




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s’explique par la faible rétention en eau du barrage dû à la vétusté de l’équipement et également


des variétés cultivées dans les bas-fonds. Quant à la production en arachide, elle est passée de


37 900kg en 2020-2021, 44 300kg en 2021-2022 et 45 300kg en 2022-2023.


2.1. Rendement agricole du terroir de Toufinko


Les rendements des différentes cultures du terroir ont été évalués afin d’apprécier la fertilité


des sols. Ces productions dépendent du rendement (figure n°5) à l’hectare afin de déterminer


le type d’agriculture (intensive ou extensive) pratiquée par les populations.




Figure n°5 : Rendement agricole de trois campagnes dans le terroir de Toufinko de 2020-2023




Source : Kamba Koné, enquêtes de terrain


Les rendements des cultures du terroir évalués en kg/ha dépendent de la quantité de production


et de la superficie cultivée. Le rendement de l’arachide évalué en Kg/ha est largement supérieur


aux autres types de cultures du terroir durant les trois campagnes agricoles de 1075kg/ha en


2020-2021 à 1192 kg/ha en 2022-2023. Également le rendement du maïs est passé de 803 kg/ha


en 2020-2021 à 1064 kg/ha en 2022-2023. Il faut noter que le rendement du coton a beaucoup


baissé de 625 kg/ha en 2020-2021 à 367 kg/ha en 2021-2022 ; de même que pour le riz de 607


kg/ha (2020-2021) à 491 kg/ha (2022-2023). Pour le cas du maïs, du mil, du sorgho, du riz et


du sésame, aucun rendement n’est supérieur à celui de l’arachide. La campagne 2022-2023, le


rendement de l’arachide 1075kg/ha est supérieur de celui du niveau national soit une différence


de 522kg/ha (figure n°6).




0


200


400


600


800


1000


1200


Arachide Coton Maïs Mil Riz Sésame Sorgho


2020-2021 2021-2022 2022-2023




76 76

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Figure n°6 : Rendements du terroir comparés au rendement moyen national




Source : Kamba Koné, enquêtes de terrain


Le rendement de l’arachide évalué en kg/ha au niveau national est largement inférieur au


rendement enregistré à Toufinko avec 1075 kg/ha contre 552 kg/ha. Pour le coton, il existe une


faible disparité entre le rendement local et le niveau national soit 625 kg/ha contre 893kg/ha.


Pour le maïs, importantes différences sont surtout observées avec 803kg/ha contre 3006kg/ha


au niveau national et le riz, 607 kg/ha contre 3352 kg/ha au niveau national. Des écarts


importants existent aussi concernant le mil avec respectivement 533kg/ha contre 888kg/ha au


niveau national. Le rendement du sorgho est de 357 kg/ha contre 995 kg/ha au niveau national.


Les céréales cultivées par les producteurs locaux constituent l’alimentation de base de ces


populations. Ils sont directement destinés à la consommation. Cependant, la quantité de céréales


disponibles pour ces habitants soulève de grandes incertitudes. La quantité de céréales


disponible par personne et par an dans le terroir et comparer à la norme de la FAO (2013),


tandis que la consommation moyenne annuelle d’une personne est de 220 kg de céréales par an


et par personne. Durant la campagne agricole de 2021-2023, Toufinko comptait 378 habitants.


Le besoin alimentaire du terroir est estimé à 83 160 kg par an soit une consommation annuelle


de 83,160 tonnes. La céréale étant la base de la consommation alimentaire, cette production est


en baisse durant les trois dernières campagnes de 56 050kg en 2020-2021 à 53 200 kg en 2021-


2022 et enfin de 44 500 kg en 2022-2023. La campagne 2022-2023 a été marquée par un déficit


production céréalière de 38,66 tonnes. Pour combler ce déficit céréalier, les paysans font autres


activités tels que le maraichage, le commerce, les cultures de rentes etc.


2.2. Dépenses économiques pour combler le déficit céréalier


Selon les paysans, la cause principale du déficit céréalier est due à 86% au changement


climatique et 14% à la pauvreté. Cette pauvreté est marquée par faute de moyen de production.


La quantité céréalière après les récoltes ne couvrant pas la demande alimentaire des populations,


l’achat constitue la deuxième source d’acquisition des produits alimentaires du terroir.


1
0


7
5


6
2


5


8
0


3


5
3


3


6
0


7


3
2


7


3
5


75
5


3 8
9


3


3
0


0
6


8
8


8


3
3


5
2


4
4


5 9
9


5


A R A C H I D E C O T O N M A Ï S M I L R I Z S E S A M E S O R G H O


R
EN


D
EM


EN
T


(K
G


/H
A


)


Toufinko Niveau national




77 77

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Figure n°7 : Tableau de répartition des exploitations selon la quantité de céréales payée


par an


Classes des quantités payées (kg) Pourcentage %


< 1000 29


1000 - 2000 36


2000 - 3000 21


3000 - 4000 2


>= 4000 12


Total 100,0


Source : Kamba Koné, enquêtes de terrain


Sur l’ensemble des exploitations, 93% des chefs d'exploitations effectuent des achats pour


couvrir leurs besoins alimentaires. La quantité de céréales achetée varie selon les chefs


d’exploitations. Certains dépassent les 4000 kg. En termes de quantité achetée, la classe 1000


kg à 2000 kg représente 36% des chefs d’exploitations ayant fait un achat strictement inférieur


à 2000 kg (figure n°7). A Toufinko, c’est la famille élargie, le nombre de personne par famille


varie de 10 à 40 personnes, 57% des familles ont 20-30 personnes et 7% ont jusqu’à 40


personnes. En ce qui concerne la consommation journalière, la quantité consommée est de


l’ordre de 4 à 40kg/jour.




Figure 8 : Quantité de la consommation journalière en céréale à Toufinko (2022-2023)




Source : Kamba Koné, enquêtes de terrain


A travers cette figure n°8, 36% des chefs d’exploitations font une consommation journalière de


10 à 15 kg et 29% ont une consommation autour de 5 à 10 kg. Les familles de 3 à 4 personnes


sont à moins de 5 kg soit 7% des exploitations. Les familles ayant une consommation supérieure


à plus 20 kg sont des familles qui dépassent 35 personnes. Pour couvrir les besoins alimentaires,


0 5 10 15 20 25 30 35 40


< 5 kg


[5 kg-10 kg]


[10 kg-15kg]


[15 kg-20 kg]


>= 20 kg


Pourcentage %


Q
u


an
ti



(


kg
)




78 78

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les familles font recours à d’autres activités telles que le maraichage, le commerce pour des


dépenses économiques en plus des récoltes pour subvenir aux besoins de nourriture.




Figure n°9 : Tableau de répartition des exploitations selon les dépenses


alimentaires par an


Montant (FCFA) Pourcentage %


0- 150 000 9


150 000- 300 000 53


300 000 - 450 000 11


450 000 - 600 000 10


600 000 - 750000 3


750 000-900 000 15


Total 100


Source : Kamba Koné, enquêtes de terrain


En termes de dépenses effectuées pour l’achat des céréales, la somme injectée par les


exploitations se situe entre 150 000CFA et 900 000CFA. Pour l’ensemble des exploitations,


53% ont effectué des dépenses entre 150 000 à 300 000 FCFA. Dans les grandes exploitations,


14% ont eu dépensé entre 750 000 FCFA à 900 000 FCFA (figure n°9). Selon MD, chef


d’exploitation, pour couvrir ses besoins annuels avec 45 personnes en charges, il a eu à


dépenser environ 1 000 000 Fcfa.


III. DISCUSSIONS


L’acquisition d’information agricole sur les types de cultures constitue un grand acquis pour la


réalisation de cette recherche notamment dans un contexte de sécurité alimentaire. En effet, les


cartes des types de cultures des quatre campagnes agricoles ont été établies. Ces cartes ont


permis de comprendre le système de cultures pratiquées à partir des cartes d’assolement des


campagnes agricoles 2019-2020 ; 2020-2021 ; 2021-2022 et 2022-2023. Durant les quatre


campagnes agricoles, les céréales ont connu une évolution en dent scie occupant le premier


rang. La diminution de la superficie du riz de bas-fond est liée au changement climatique se


manifestant par des aléas climatiques. Mais les systèmes qui intègrent coton et céréales


constituent le moteur de toutes les exploitations agricoles, avec plus de 80% de l’assolement.


La production en continu de riz (bas-fond ou pluvial) reste une culture marginale (0,5ha par


exploitation), mais participe à la diversification des cultures (Traoré A et al., 2011). Durant la


campagne agricole 2019-2020, seulement 7% de la superficie était en coton. Pendant cette




79 79

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campagne, la culture du coton a été boycottée par les producteurs locaux suite aux protestations


face au prix d’achat du coton graine. Ce qui aurait un impact négatif sur la superficie allouée


au coton pendant cette campagne. Le système de culture est fortement dominé par les cultures


de rente (coton, arachide et sésame). Le sésame est en croissance avec 50 % de la dernière


campagne. Cette culture du sésame est perçue de nos jours, comme une filière porteuse comme


en atteste quelques études de cas dans différent pays notamment au Sénégal, Burkina, Mali,


Niger (S Sanogo, 2007). Sur le plan de la production, le maïs est utilisé pour l’alimentation


humaine devrait augmenter principalement en Afrique subsaharienne, où la croissance de la


population est forte. Le maïs, en particulier le maïs blanc, reste un aliment de base important,


représentant environ un quart de l’apport calorique total (FAO, 2020). L’alimentation de base


au niveau de Toufinko est surtout marquée par une consommation à base de céréales (mil,


sorgho, maïs et riz), des légumineuses (arachide et le niébé) et des tubercules (patates douces


et le manioc). Les habitudes alimentaires montrent une variabilité saisonnière en période


d’abondance, le mil, le sorgho et le riz sont davantage consommés, tandis qu’en période de


soudure (juillet à septembre) ce sont le maïs, le niébé et le fonio qui prévalent (FAO, 1999).


Dans ces dernières années, de nombreux chercheurs tels que Baro et al., 2014, San Emeterio


& Mering, 2021 ont fait recours aux données de ce logiciel dans le cadre de leurs études.


Vintrou, 2012 confirme que la zone soudano-guinéenne du Mali se caractérise par un système


agricole dominé par le coton qui constitue la première culture de rente de la zone. Cependant,


selon Dembélé, 2018 les systèmes de culture dans la zone cotonnière au Mali se caractérisent


par une très grande diversité des cultures qui permet une répartition des risques économiques


et environnementaux. Les résultats de recherche de Konduri et al., 2020 montrent une


possibilité de cartographie des cultures avec une précision plus ou moins acceptable. Ces


auteurs affirment que les cultures céréalières constituent en grande partie le système de culture


des USA. Dans ces zones le système de culture est la rotation confirmée par S Traoré & M Le


Bars en 2018 que le système de rotation et les techniques agricoles de tel ou tel exploitant


permettent d’augmenter ou de diminuer la fertilité du champ et agit sur la production de l’année


suivante et quatre cultures (coton, sorgho, mil et maïs), nous assistons à la présence des cultures


céréalières et du coton mais aussi de l’arachide, du sésame, et des espaces pour le maraichage.


Selon Denon et al, 2024, trouve que la quantité de production céréalière au niveau national en


2021 était satisfaisante, mais la population n’est pas à l’abri de l’insécurité alimentaire.









80 80

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CONCLUSION


La présente recherche porte sur la dynamique de la production a permis d’appréhender la


capacité des systèmes de production agricole face à la demande alimentaire à Toufinko. Ainsi,


l’approche des techniques de la télédétection, des SIG a abouti à l’analyse des superficies des


différents types de cultures de Toufinko. L’approche participative de la cartographie des


cultures réalisée grâce aux images à très haute résolution spatiale constitue un grand atout de


cette recherche. Cette méthode a surtout permis de tenir compte de la taille réelle des parcelles


mais d’éviter les éventuelles erreurs de confusion du type de culture pratiquée sur les parcelles.


Cependant, en dépit de la subtilité de lecture des images de Google Earth, les producteurs


pourraient se tromper de la succession des cultures sur une parcelle durant les différentes


campagnes agricoles. Ainsi, la dynamique croissante des zones de culture du terroir a été


confirmée et également une répartition inégale des cultures grâce à la cartographie des


assolements sur les quatre campagnes agricoles. Cependant, la principale culture de rente est le


sésame et les céréales occupent la première position dans le système de cultures. En effet, face


au déplacement des habitants, l’État malien à travers l’Agence de Développement Rural de la


Vallées du fleuve Sénégal (ADRS) a procédé à l’aménagement du basfond d’un affluent du


fleuve Bakoye qui permet la pratique de la riziculture. Cependant, une grande partie de ce


basfond reste sous-exploitée aujourd’hui par la population à cause des problèmes de rétention


de l’eau par le barrage pour une longue durée. C’est une zone de production de céréales mais


l’autosuffisance constitue un problème majeur. Pour combler les besoins alimentaires, dans la


plupart des exploitations agricoles font des achats ou des emprunts étant donné que la


production reste insuffisante pour la consommation annuelle.




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CONTRIBUTION DU MARAICHAGE À LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ ET


L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE EN ZONE RURALE : CAS DE LA COMMUNE


RURALE DE KAMBILA


Lansine Kalifa Keita


Faculté d’Histoire et de Géographie (FHG),


Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako (USSGB),


E-mail : lansinekeita353@yahoo.com


Odiouma Doumbia




Résumé


La sécurité alimentaire fait référence à la disponibilité ainsi qu'à l'accès à la nourriture en qualité


et en quantité suffisantes. Le maraîchage est considéré comme une activité de contre saison. Il


participe à l’épanouissement économique des ménages. Face à une pluviométrie déficitaire qui


entraine de mauvaises récoltes des céréales, le maraîchage demeure un espoir pour combler ce


déficit et représente une source de revenus les paysans. L’objectif principal est d’évaluer


l’apport actuel du maraîchage sur la sécurité alimentaire et la pauvreté des ménages dans la


commune rurale de Kambila. La méthodologie de la recherche a consisté à faire une revue


documentaire et à effectuer des enquêtes de terrains. Les données ont été collectées à l’aide


d’un questionnaire auprès d’un échantillon de 70 producteurs choisis de manière raisonnée. Les


données ont été analysées en utilisant la statistique descriptive. Les résultats montrent que le


maraichage demeure de nos jours une source incontournable de revenus pour les paysans. Il


est l'activité principale pratiquée pendant la saison sèche et secondaire pendant l’hivernage. La


majorité de nos enquêtés possède son propre jardin maraîcher. L’oignon, tomate, Choux, salade,


melon et concombre sont les spéculations les plus cultivées dans notre zone d’étude. En plus,


les maraîchers rencontrent énormément de problèmes dans la pratique de cette activité. Ces


problèmes sont liés à la source d’eau, la baisse de débit ou les tarissements et aux techniques


d’irrigation, ce qui impacte négativement sur les rendements.




Mots-clés : Maraichage, Impact socio-économique, Kambila, Analyses descriptives




Summary


Food security refers to the availability as well as access to food of sufficient quality and


quantity. Market gardening is considered an off-season activity. It contributes to the economic


development of households. Faced with a deficit in rainfall which leads to poor cereal harvests,


market gardening remains a hope for filling this deficit and represents a source of Food security




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refers to the availability as well as access to food of sufficient quality and quantity. Market


gardening is considered an off-season activity. It contributes to the economic development of


households. Faced with a deficit in rainfall which leads to poor cereal harvests, market


gardening remains a hope for making up for this deficit and represents a source of income for


farmers. The main objective is to evaluate the current contribution of market gardening to food


security and household poverty in the rural commune of Kambila. The research methodology


consisted of carrying out a documentary review and carrying out field surveys. The data was


collected using a questionnaire from a sample of 70 producers chosen in a purposive manner.


The data were analyzed using descriptive statistics. The results show that market gardening


remains an essential source of income for farmers today. It is the main activity practiced during


the dry season and secondary during the wintering. The majority of our respondents have their


own market garden. Onion, tomato, cabbage, salad, melon and cucumber are the most cultivated


crops in our study area. In addition, market gardeners encounter a lot of problems in carrying


out this activity. These problems are linked to the water source, reduced flow or drying up and


irrigation techniques, which have a negative impact on yields.


Keywords: Market gardening, Socio-economic impact, Kambila, Descriptive analyzes







85 85

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INTRODUCTION


La sécurité alimentaire est de nos jours une préoccupation dans tous les pays du monde. Le


maraîchage est jugé par les communautés comme un levier écologique, social et économique


du fait de sa contribution à la lutte contre la pauvreté et la sauvegarde de l'environnement. Selon


le Ministère de l'Agriculture, le maraîchage occupe une place importante dans l'économie du


Mali. Selon Diallo, un responsable du Réseau des Horticulteurs de Kayes (RHK) en visite à


Baguinéda, pour les acteurs de cette activité, l'importance se mesure autrement, le maraîchage


est l'activité qui permet de faire des réalisations et de lutter contre la pauvreté. Même si en


termes économiques, le gain n'est pas identique pour tous les acteurs de cette activité, elle a au


moins le mérite de répondre à un objectif commun : la survie, tant individuelle que familiale


est assurée (A. Barka, 2014, page 13). Face à cette situation des stratégies sont adoptées par les


États et les ménages. Dans les pays en développement, des plans stratégiques sont


périodiquement mis en place et visent à accroître les disponibilités vivrières et à faciliter leur


accessibilité géographique et économique. Au niveau des ménages en milieu rural, les stratégies


paysannes consistent surtout à accroitre la productivité agricole et à développer une économie


rurale permettant d'assurer une sécurité alimentaire en période de faible production. Aussi,


convient-il d'explorer toutes les filières de production agricole notamment la filière maraîchère.


En effet, les cultures maraîchères ont progressé grâce à l'aménagement des jardins potagers


familiaux. Ces jardins étaient juste destinés à la consommation familiale et produisaient des


légumes qui accompagnaient les aliments de base faits de céréales, de tubercules, etc. Dans les


pays en développement comme en Afrique, les cultures maraîchères ont été introduites par les


missionnaires blancs et les fonctionnaires de l'administration coloniale. Ce qui reste


considérable et un problème majeur dans un pays essentiellement agricole (D Keffing et al,


2008, page 10). Avec la poussée urbaine, le manque d’équipement, constituent une menace


pour le développement de cette activité, voire sa survie à terme. L’urbanisation crée une


situation de concurrence défavorable au maraîchage (réduction sensible ou marginalisation des


terres agricoles). Cette production est généralement assurée par les zones périurbaines et


rurales. C'est pourquoi l’objectif principal de la présente étude vise à évaluer l’apport actuel du


maraîchage sur la sécurité alimentaire et la pauvreté des ménages dans la commune rurale de


Kambila. Cette activité de contre saison qui est adaptée aux changements climatiques en cours,


offre non seulement une gamme de produits variés permettant d'améliorer leur ration


alimentaire.







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I. METHODOLOGIE


1. Présentation de la zone d’étude


1.1. Situation géographique


La Commune de Kambila occupe le Sud et l’Ouest de la Région de Koulikoro et s’étend tout


autour du Cercle de Kati. Kambila est située à 25 km de Bamako et à 75 km de la Région de


Koulikoro, son chef-lieu de Région.


La Commune de Kambila, une des 37 Communes du Cercle de Kati, située à l’alentour de Kati


ville, est connue par sa production maraichère (pomme de terre) depuis des années avec son


barrage dans le village de Sonikégni qui permet de valoriser la culture maraîchère.


La Commune de Kambila est limitée à :


-l’Est par la Commune Rurale de Safo;


-au Nord par les Communes de Kalifabougou et de Yélékébougou;


-à l’Ouest par la Commune Rurale de Diago;


-au Sud par la Commune Rurale de Mandé.


Kambila couvre une superficie de 429 Km2 et se trouve au 12° 47’ 48’’ nord et 08 °06’ 12’’


ouest10 (carte 1).





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Source : Cartographie de la république du Mali, 1995


1.2 Étude physique et humaine


-Relief


Le relief est dominé par des plaines, des plateaux et des collines.


- Climat, sols et végétation


Le climat est de type soudanien. On distingue deux saisons:


▪ une saison des pluies qui dure cinq mois de Juin à Octobre;


▪ une saison sèche de Novembre à Mai.


La pluviométrie oscille entre 750 mm et 1150 mm. Le vent dominant est l’harmattan qui


souffle pendant la saison sèche et la mousson en hivernage.


Les sols sont argileux alluvionnaires dans la zone pré guinéenne, latéritique au Nord de la


Commune d’où le vocable « Bélédougou ». De grandes plaines cultivables connues sous le


vocable « fouga » ou « fala » selon le dialecte sont dispersées. Dans ces zones, le sol est


limono-sabloneux en surface et limono-argileux en profondeur.




88 88

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La végétation est de type savane arborée et arbustive. On note également des galeries forestières


le long des cours d’eau. Les espèces d’arbres rencontrées sont: le Vitellaria paradoxa (karité),


le Parkia biglobosa (néré), Khaya senegalensis (Caïlcedrat), l’Adansonia digitata (baobab), et


le Saba senegalensis (zaban), etc.


La faune se compose encore de quelques espèces. Cette faune paie un lourd tribut aux


braconniers. Les types d’animaux rencontrés sont : les singes, les chacals, les phacochères, les


canards sauvages, les pintades sauvages et de nombreux reptiles.


Sur le plan hydrographique, le fleuve Niger traverse le cercle de Kati du Sud-ouest au Nord-


est, donc, la commune de Kambila se situe à quelques kilomètres du fleuve Niger. Des rivières


et des mares temporaires et à semi permanentes sont rencontrées à Kambila qui sont souvent


des ravins du barrage de Sonikégny dont le prolongement constitue un affluent du fleuve Niger.


Sur le plan économique les activités sont diverses. L’agriculture est la principale activité


économique de la commune. L’élevage est du type sédentaire dans l’ensemble. Il existe un


marché hebdomadaire à Kambila Drale. Dans ce marché, s’effectuent des échanges


commerciaux ainsi que des trocs importants par semaine, on y trouve des animaux de races


exceptionnelles d’ovins (Tchad, Balbale, Soudanaise et haoudine), de bovins (Holandaise et


des Metis), volaille(Barama). La pêche est pratiquée par les bozos et somonos et quelques


amateurs le long du fleuve Niger, dans les mares et rivières. Au mois de Février, dans la


Commune, on enregistre des productions importantes de produits maraichers. L’artisanat


occupe une grande partie de la population comme activité secondaire après l’agriculture.


- Structure de la population : La commune de Kambila compte plus de femmes que d’hommes


(7 766 femmes et de 7 599 hommes). Sur une superficie de 429,25 Km2 et une densité de


35,84hts/km2 (RPGH, 2009), Kambila est composé de 1 176 concessions.


2. Échantillonnage


L’étude a concerné l’ensemble de la commune. La liste des villages affectée de leurs effectifs


de population (RGHP, 2009), constitue la base de sondage. Un tirage à deux degrés est réalisé.


-Tirage au hasard au 1er degré de sept villages, selon un pas de sondage et un point de départ


aléatoire. Les sept villages tirés sont : N'gorongodji, N’piebougou, Bemassa, Kambila,


Fanafiecoro, Makono et sonikegny.


-Tirage au hasard au 2e degré des maraîchers, selon un pas de sondage et un point de départ


aléatoire. Au niveau de l’exploitation agricole, l’unité d’enquête est le chef d’exploitation. Dans


chaque village, sur la base de la liste des maraîchers qui s’élevé à 812 nous avons choisi au


hasard dix maraichers par village. Ainsi, soixante (70) maraichers dans l’ensemble de la zone


d’étude ont été sélectionnés de façon aléatoire.




89 89

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3. Traitements


Les données collectées sur le terrain ont été saisies dans le tableur Excel, SPSS et soumises à


des analyses descriptives.


II. RESULTATS


La contribution de la culture maraîchère au développement rural se situe dans deux domaines :


- Dans le domaine économique, la culture maraîchère est une source de revenu monétaire


susceptible d’être investie dans le secteur agricole et dans d’autres secteurs de la vie


économique en milieu rural. Elle permet d’une part d’améliorer les conditions de vie du paysan


et d’autre part d’obtenir de revenu grâce à l’exportation des légumes.


- Dans le domaine social, elle offre une réponse partielle à la question du chômage saisonnier


et une occasion pour l’organisation des paysans par la mise sur pied de mouvements coopératifs.


Notre questionnaire a été administré à 70 ménages, 100% de l’échantillon sont de sexe masculin


(figure 1).


Figure n°1 : Répartition des maraîchers en fonction de l'âge




Source : Lansine K Keita, enquêtes de terrain, 2024


Il ressort de l’analyse de cette figure que les producteurs âgés de 45 à 59 ans constituent la


classe modale la plus grande dans notre échantillon. On note peu de maraichers âgés de plus de


60 ans. Cette situation se justifie par une plus grande aptitude de cette couche à réaliser certains


durs travaux. Les maraichers âgés de plus de 60 ans cultivent seulement des pépinières de


tomate, de choux, d’aubergine etc. qu'ils vendent aux maraichers ayant un accès difficile aux


semences.


1. Répartition des maraîchers selon le sexe : Les résultats obtenus de notre étude sont


consignés dans la figure n°2 ci-dessous.












0


50


25 à 44 ans 45 à 59 ans 60 ans et plus


27,14


48,57


24,29




90 90

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Figure n°2 : Situation de la population enquêtée par sexe




Source : Lansine K Keita, enquêtes de terrain, 2024




Au regard de cette figure, 87% des enquêtés sont des hommes, les femmes restent minoritaires


dans l’activité de maraîchage 13% seulement. Dans la plupart des sociétés traditionnelles, elles


n’ont pas droit à la propriété foncière et doivent rester sous le couvert de leurs maris et ou leurs


enfants masculins.


2. Répartition des maraîchers selon leurs expériences


Ces résultats représentent la répartition des maraîchers selon leurs expériences (cf. tableau


figure n°3).


Figure 3 : Tableau de répartition des maraîchers selon la durée dans l’activité


Durée de la


pratique du


maraîchage


Effectif %


Moins de10


ans


15 21,42


11-20 ans 18 25,71


21-30 ans 12 17,14


40 ans et plus 25 35,75


Total 70 100


Source : Lansine K Keita, enquêtes de terrain, 2024


Il en ressort que sur les 70 maraîchers recensés dans l’ensemble des sept villages, 35,75%


avaient 40 ans et plus dans le jardinage contre 17,14 qui avaient seulement entre 21 et 30 ans.












0


100


Homme Femme


87


13




91 91

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3. Répartition des maraîchers selon le statut matrimonial


La figure n°4 renseigne sur la répartition matrimoniale des exploitants maraîchers


Figure n°4 : Statut matrimonial des chefs de ménage




Source : Lansine K Keita, enquêtes de terrain, 2024


Au regard de cette figure, on constate que 54,29 % exploitants maraîchers sont mariés


monogames, par contre, 44,29 mariés polygames et 1,43 célibataires.




4. Niveau d'éducation des chefs de ménage


Les maraichers ont le niveau d’étude différent (figure n°5)


Figure n°5 : Niveau d'éducation des chefs de ménage






Source : Lansine K Keita, enquêtes, 2024


De l’analyse des résultats de cette figure, il en ressort que la plupart des maraîchers sont


alphabétisés ou a fréquenté une école coranique, avec 72,86 % de l’échantillon.








0


10


20


30


40


50


60


Marié(e)


monogame


Marié (e) polygame Veuf (ve)


54,29


44,29


1,43


0


20


40


60


80


Aucun Alphabétisé ou


coranique


Secondaire


22,86


72,86


4,29




92 92

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5. Modes d’accès à la terre des maraichers :


Au cours de notre enquête, 95 % des enquêtés se sont déclarés propriétaires de leur terre et 3 %


ont eu leur terre par emprunt. L’accès à la terre n’est pas contraignant pour les autochtones. La


terre dédiée au maraîchage est une propriété collective et non individuelle. Toute société a


besoin d'espace pour habiter, travailler, se nourrir et se mouvoir. «...le statut foncier joue un


rôle capital non seulement dans la définition des rapports du producteur et de la terre mais aussi


dans toute la vie sociale » (P. Pélissier 1966, p215).




6. Superficie exploitées par les maraichers


Dans notre zone d’étude les exploitants n’exploitent pas les mêmes superficies (figure n°6)


Figure n°6 : répartition des terres en fonction de la superficie




Source : Lansine K Keita, enquêtes 2024




Cette figure, nous montre que 32,86 % des enquêtés exploitent 0,50 ha tandis que 28,57 %


exploitent 0,25 ha et 2,86% exploitent 3 ha. Parfois certains de ces exploitants reçoivent l’aide


d’Organisation Non Gouvernementale (ONG) qui les finance pour la clôture de leur parcelle


tout en leur équipant et en leur accordant des fonds de démarrage.


7. Quantités de production de quelques spéculations


Les maraîchers produisent les produits en des différentes quantités. La figure n°7 nous donne


une idée sur les spéculations, les investissements et les quantités produits.














28,57
32,86


27,14


8,57


2,86


0


5


10


15


20


25


30


35


0,25 hectare 0,50 hectare 01 hectare 02 hectares 03 hectares




93 93

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Figure n°7 : Tableau des Quantités de production de quelques spéculations




Spéculations Investissements


(FCFA)


Quantité de


production


(tonnes)


Nombre de mois de la production et de


la commercialisation


Oignons 75 000 90 5 mois


Tomate 75 000 97 6 mois


Concombre 50 000 38 3 mois


Aubergine 65 000 20 6 mois


Choux 60 000 42 3 mois


Melon 70 000 27 3 mois


Source : Lansine K Keita, enquêtes de terrain, 2024


De l’analyse de ce tableau, il ressort que les quantités produites de tomate sont en tête avec 97


tonnes. Cette spéculation est suivie par l’oignon avec 90 tonnes. De même, les investissements


varient d’un maraîcher à l’autre et spéculation. Pour avoir 90 tonnes d’oignon, il faut investir


75 000 FCFA et pour le melon il faut investir 70 000 FCFA pour avoir 27 tonnes. Enfin les


spéculations n’ont pas la même durée de production et de la commercialisation, pour la tomate


et l’aubergine, il faut 6 mois.


8. Revenus annuels des ménages issus de la pratique du maraichage


Les revenus annuels des maraîchers ont été classés (figure n°8), afin d’évaluer la rentabilité


de l’activité.


Figure n°8 : Tableau des revenus annuels des ménages


Revenus annuels (en F CFA) Effectifs Pourcentage


250 à 500 000 37 52,86


500 à 750 000 21 30,00


750 000 à 1 000 000 9 12,86


Plus de 1 000 000 3 4,29


Total 70 100,00


Source : Lansine K Keita, enquêtes de terrain, 2024




94 94

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Au regard de cet tableau, on constate que 52,86% de l’échantillon disposent d’un revenu annuel


compris entre 250 000 à 500 000 FCFA. Seul 9% de ménages disposent d’un revenu moyen


fluctuant entre 750 000 à plus d’un million de Francs CFA.




9. Perception des maraichers sur l’approvisionnement des ménages en produits


alimentaires :


La figure n°9 résume la perception des maraichers sur l’approvisionnement des ménages.




Figure n°9 : Tableau des principales sources d'approvisionnement actuel en produits


alimentaires des ménages


Agriculture, Maraichage,


Élevage Effectifs Pourcentage


Oui 68 97,14


Non 2 2,86


Total 70 100,00


Source : Lansine K Keita, enquêtes de terrain, 2024




L’analyse de ce tableau, nous montre que 97,14% des enquêtés ont évoqué que l’agriculture, le


maraichage et l’élevage sont leurs principales sources d’approvisionnement actuel en produits


alimentaires, contre seulement 2,86%. Il est à noter que les 70 ménages enquêtés soit 100% de


l’échantillon ont souligné que le maraichage leur permet d’avoir des revenus et d’être à l’abri


de manque de nourriture.


La quasi-totalité des enquêtés soit 97,14% disent que la qualité de l’alimentation des ménages


a positivement changé avec le maraichage. Ces enquêtes ont affirmé qu’il contribue à


l’amélioration de l’alimentation des ménages tout en améliorant le revenu.


10. Incidences socio-économiques de l’activité de maraichage


Les revenus des productions maraîchères sont d’une grande diversité. Les incidences de la


culture maraichère dans la commune se font ressentir sur plusieurs aspects (figure n°10), qui


montre la synthèse de la destination des gains de la production.













95 95

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Figure n°10 : Tableau de l’utilisation des revenus tirés du maraichage


Utilisation de gain selon les producteurs Effectifs


concernés


Fréquence en


%


Achat de nourriture (céréales et condiments) 70 100


Équipements agricoles et moyens de déplacement 65 93


Embouche 39 39


Petit commerce 22 22


Scolarisation 29 29


Évènements sociaux (mariage/baptême) 12 12


Santé 69 69


Source : Lansine K Keita, enquêtes de terrain, 2024


La figure 10 fait état de l’utilisation des revenus tirés du maraichage. L’argent généré par la


vente des produits maraîchers permet aux exploitants de faire face aux diverses dépenses. De


l’analyse des données, on constate que les revenus sont diversement utilisés par les maraîchers.


Ainsi 100% des exploitants utilisent leur revenu dans l’achat de nourriture (céréales et


condiments), 99% dans la santé. Cependant, il faut noter que peu de producteurs utilisent leurs


revenus dans l’achat du matériel, des équipements et des intrants agricoles à 93%. Les dépenses


familiales comme évènements sociaux (mariage/baptême) à 17, 14 %.


11. Contraintes rencontrées dans la pratique du maraichage :


Les producteurs rencontrent des problèmes dans le cadre de cette activité tant sur le plan


technique que financier. Le figure n°11 résume les problèmes rencontrés par les producteurs.


Figure n°11 : Tableau relatif aux problèmes rencontrés par les producteurs et leurs fréquences


Les problèmes rencontrés par les producteurs Effectifs


concernés


Fréquence


en %


Attaque de ravageurs 100 100


Insuffisance et ou la mauvaise qualité des intrants agricoles 67 96


Manque d'eau 62 89


Non maitrise des techniques de productions 59 84, 28


Manque de sources de financements 61 87,14


Difficultés à conserver les produits 45 64, 28


Problème d'écoulement de produits 52 74,28


Source : Lansine K Keita, enquêtes de terrain, 2024




96 96

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Au regard de ce qui précède, on peut dire que le maraîchage joue un grand rôle dans l’économie


locale pour les populations vivant dans la commune rurale de Kambila. Malgré l’engouement


qu’elle suscite, la profession reste jalonnée de difficultés comme l’indique le tableau 6. Parmi


les difficultés signalées, on peut retenir certaines qui se posent majoritairement aux maraîchers.


L’attaque des plantes par les ravageurs (selon 100% des maraichers, l’insuffisance et ou la


mauvaise qualité des intrants agricoles à (96%), le manque d’eau à 89 et les difficultés liées à


la conservation les produits s’élèvent à 64, 28%.


III. DISCUSSION


Dans les 7 villages, 70 producteurs maraîchers sans distinction de sexe ou d’âge ont été


interviewés sur la base de leur disponibilité. L’ensemble de nos enquêtes étaient composés de


87% des hommes et 13% des femmes. Ce résultat est en accord avec celui de Nabie Békouanan


(2018, p 23) qui a trouvé que 98% d’hommes et de 2% de femmes pratiquent le maraîchage à


Ouagadougou. Il corrobore avec celui de Wognin A. S. et al. (2013 p 15) qui ont trouvé 99,%


d’hommes 1,% de femme pratiquant le maraîchage à Abidjan. Toutefois, on note qu’à


Ouagadougou, il y a moins de femmes maraichères et plus d’hommes maraîchers. Dans notre


zone d’étude, il ressort de notre étude que les producteurs âgés de 45 à 59 ans constituent la


classe modale la plus grande dans notre échantillon. Ce résultat est conforme à celui de (M.


Kankonde, E. Tollens (2001, p 17) qui a trouvé 45 à 60 ans de maraîchers, il est proche de celui


de A. Barka (2014, p 16), sur l’évaluation des effets socio-économiques des aménagements de


bas-fonds de la plaine de Fienso dans le Cercle de Koutiala. Ce phénomène s’explique par le


fait que ce secteur demande une fraicheur physique et de l’expérience, du fait de la pénibilité


des travaux champêtres.


Dans notre échantillon, 95 % des enquêtés se sont déclarés propriétaires de leur terre


L’ambiguïté selon F. Maïga et al, (2017, p 12) est liée au système de tenure foncière et aux


procédures de mise à disposition de terres pour un usage, qu’il juge complexes (difficile, peu


sûr). L’accès à la terre, aux services péri-urbains et ruraux ; le tout causé par le manque de


gouvernance foncière et la défaillance du secteur foncier.


La culture maraîchère contribue au développement rural par son apport financier et technique


dans le secteur agricole et dans d’autres secteurs de l’économie rurale. 52,86% de l’échantillon


disposent d’un revenu global du ménage compris entre 250 000 à 500 000 FCFA par an. Ces


résultats sont identiques à ceux de P. Toe (2010, p 11) au Burkina Faso qui avait trouvé 300000


à 600000 FCFA. 32,86 % des enquêtés exploitent 0,50 ha tandis que 28,57 % exploitent 0,25


ha et 2,86% exploitent 3 ha. Ces résultats corroborent ceux de O. Djimdé et al (2008, p 14), en




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juin 2020, dans la Commune de Mountougoula/ Cercle de Kati (Mali), B. Thiombiano, (2008,


p 10) et Tapsoba et al, (2016, p 11) trouvent que les revenus tirés du maraîchage favorisaient


une amélioration de la sécurité alimentaire en concourant à l’acquisition de denrées


alimentaires. La totalité des ménages avait affirmé que le maraîchage leur permettait de se


prémunir contre le manque de nourriture et avoir des revenus.


CONCLUSION


La présente étude a porté sur la contribution du maraichage à la lutte contre la pauvreté et


l’insécurité alimentaire dans la commune rurale de Kambila. Elle a été menée auprès d’un


certain nombre de producteurs qui s’adonnent à cette activité. Les résultats de l’enquête réalisée


auprès des producteurs ont permis de constater que c’est une culture maraîchère et avant tout


une culture de rente. Sa vocation commerciale fait d’elle une importante source de revenu


monétaire capable d’améliorer les conditions de vie du paysan. Ce revenu a fait l’objet


d’investissement en terme d’équipement et permettant de faire face aux multiples dépenses


familiales. Sur l’ensemble des 70 maraîchers interviewés, 32,86 % des enquêtés exploitent 0,50


ha et 52,86% disposent d’un revenu global compris entre 250 000 à 500 000 FCFA par an.


Cependant, le secteur de la production et la commercialisation des produits maraichers est


confronté à de nombreux problèmes qui mettent en péril son développement et qui font que sa


participation à l’économie locale est limitée. Ces problèmes sont surtout d’ordres


organisationnel, commercial, technique et financier.




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