![]() |
Avec le soutien de MINISTERE DE L’URBANISME, DE L’HABITAT, DES DOMAINES, DE... |
![]() |
1 1 |
▲back to top |
Avec le soutien de
MINISTERE DE L’URBANISME, DE L’HABITAT, DES DOMAINES,
DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE LA POPULATION
DIMENSION 3 DE SUIVI DU DIVIDENDE
DEMOGRAPHIQUE
Dynamiques, Transitions et Cartographie de la Pauvreté
au Mali
Rapport d’analyse
![]() |
2 2 |
▲back to top |
i
Table des matières
Liste des tableaux ..................................................................................................................... ii
Liste des graphiques ................................................................................................................. ii
SIGLES ET ABREVIATIONS .............................................................................................. iii
RESUME ................................................................................................................................... v
INTRODUCTION .................................................................................................................... 1
I. CADRE THEORIQUE ET LIENS AVEC LES OBJECTIFS DE
DEVELOPPEMENT DURABLE ........................................................................................... 2
II. APERCU DE LA DYNAMIQUE DE PAUVRETE AU MALI ................................ 4
2.1. Evolution de la pauvreté .............................................................................................. 4
2.2. Caractéristiques sociodémographiques et pauvreté ..................................................... 5
2.3. Niveau d’instruction et pauvreté .................................................................................. 6
2.4. Pauvreté selon l’activité économique .......................................................................... 7
2.5. Analyse de l’incidence de la pauvreté par région ........................................................ 7
2.6. Les inégalités au Mali .................................................................................................. 8
III. L’INDICE SYNTHETIQUE DE SORTIE DE LA PAUVRETE : APPLICATION
DE LA METHODOLOGIE DANS LE CAS DU MALI (2019) ........................................... 9
3.1. La méthodologie de calcul de l’ISSP .......................................................................... 9
3.2. L’indice synthétique de sortie de pauvreté au Mali ................................................... 10
3.2.1. L’Indice Synthétique global de Sortie de Pauvreté (ISSP) ............................................ 10
3.2.2. Dynamique des sous-composantes de l’ISSP ................................................................ 12
3.2.3. Analyse régionale des capacités de résilience des populations et de l’efficacité des
stratégies de réduction des vulnérabilités ...................................................................................... 15
3.3. Synthèse des trajectoires des dynamiques de pauvreté ............................................. 16
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS .................................................................... 19
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 21
![]() |
3 3 |
▲back to top |
ii
Liste des tableaux
Tableau 1 : Evolution des indices de pauvreté (en %) de 2016 à 2019 .................................................. 5
Liste des graphiques
Graphique 1 : Indices de pauvreté selon le niveau d’instruction du chef du ménage (%) ...................... 6
Graphique 2 : Taux d’alphabétisation des 15 ans et plus et niveau de pauvreté (%) ............................. 6
Graphique 3 : Taux d’alphabétisation des 15 ans et plus par milieu selon le niveau de pauvreté (%) .. 7
Graphique 4 : Indice Synthétique de Sortie Pauvreté (ISSP) au niveau national et par région ........... 11
Graphique 5 : Pauvreté chronique ou pauvreté pure au niveau national et par région(PP) ............... 12
Graphique 6 : Non pauvreté pure au niveau national et par région (NPNP) ....................................... 13
Graphique 7 : Entrées et sorties de pauvreté au niveau national et par région ................................... 14
Graphique 8 : Stabilité, entrées dans la pauvreté et sorties de la pauvreté au niveau national et par
région .................................................................................................................................................... 15
Graphique 9 : Indice Synthétique de Sortie Pauvreté (ISSP) au niveau national et par région ........... 16
![]() |
4 4 |
▲back to top |
iii
SIGLES ET ABREVIATIONS
CREDD : Cadre stratégique pour la Relance économique et le Développement durable
CREFAT : Centre de Recherche en Economie et Finance appliquées de Thiès
CREG : Centre régional pour la Recherche en Economie générationnelle
CT / CSLP : Cellule Technique du Cadre stratégique de Lutte contre la Pauvreté
DNP : Direction nationale de la Population
EHCVM : Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages
ELIM : Enquête Légère Intégrée auprès des Ménages
EMEP : Enquête Malienne d’Evaluation de la Pauvreté
EMOP : Enquête Modulaire et Permanente Auprès de Ménages.
INSTAT : Institut National de la Statistique
IPM : Indice de Pauvreté Multidimensionnelle
ISSP : Indicateur Synthétique de Sortie de la Pauvreté
NPNP : Non Pauvres – Non Pauvres
NPP : Non Pauvres – Pauvres
NTA : National Transfer Accounts
ODD : Objectif de Développement Durable
ONDD : Observatoire national du Dividende démographique
ONG : Organisation Non Gouvernementale
PNP : Pauvres – Non Pauvres :
PP : Pauvreté Pure
RGPH : Recensement Général de la Population et de l'Habitat
![]() |
5 5 |
▲back to top |
iv
La production de ce rapport a été rendue possible grâce au travail conjoint de l’équipe de
l’Observatoire national du Dividende démographique (ONDD) et du groupe d’experts
nationaux sur les comptes nationaux de transfert.
La production de ce rapport sur les transitions de la pauvreté et des rapports des autres
dimensions du dividende démographique (couverture de la dépendance économique, qualité
du cadre de vie, développement humain étendu et réseaux et territoires), s’inscrit dans le cadre
des missions dévolues à l’ONDD, incluant la production périodique et la diffusion des
rapports de suivi du dividende démographique au Mali. La production de ces rapports a
bénéficié des appuis financier et technique du projet régional « Autonomisation des Femmes
et Dividende Démographique au Sahel (SWEDD) » à travers sa composante 3 et du Fonds des
Nations Unies pour la Population (UNFPA). Le Consortium régional de Recherches en
Economie générationnelle (CREG / Sénégal) a apporté un important soutien méthodologique
aux travaux d’analyses de l’ONDD et de l’Equipe nationale NTA.
![]() |
6 6 |
▲back to top |
v
RESUME
Le dividende démographique se définit comme l’accélération de la croissance économique réalisée
sous deux conditions : (i) la transition démographique favorisant une plus forte proportion de
population active et (ii) la réalisation d’investissements massifs dans l’emploi décent, la santé et le
bien-être en faveur des jeunes de plus en plus nombreux et le renforcement de la bonne
gouvernance.
Le présent rapport s’intéresse à la dimension 3 de suivi du dividende démographique : la dynamique
et les transitions de la pauvreté. A partir des données d’enquête sur les conditions de vie, il est calculé
un indice synthétique de sortie de la pauvreté (ISSP). La méthodologie de calcul de l’ISSP est basée sur
celle des pseudo-panels, appliquée simultanément aux données d’enquête pour fournir des résultats
statistiquement significatifs au niveau national et régional. Les résultats fournissent un indice de
56,6% pour 2019, soit une augmentation de 4,1 points de pourcentage par rapport à 2006. Sachant
qu’un ménage peut transiter dans ou en dehors de la pauvreté ou garder son statut de départ, cela
signifie que 56,6% des ménages qui ont transité entre les deux périodes d’analyse sont plutôt sortis de
la pauvreté. Toutefois, les résultats font état de fortes disparités entre les régions.
Plusieurs recommandations sont faites pour accélérer la vitesse de sortie de la pauvreté et réduire par
la même occasion les inégalités de genre. Ces recommandations ont trait au renforcement des
capacités de production des populations en particulier les plus vulnérables, au désenclavement des
zones de production vers les zones de consommation, à la valorisation du potentiel économique des
régions, au renforcement de la gouvernance et des capacités de résilience des populations dans un
environnement sécurisé.
![]() |
7 7 |
▲back to top |
vi
Fiche synoptique : Dynamique de la pauvreté au Mali
DYNAMIQUE DE LA PAUVRETE AU MALI1
Dynamique de la pauvreté au niveau national Probabilité (%)
PP Pauvreté Pure 20,52
PNP Transition de la pauvreté vers la non pauvreté 21,78
NPP Transition de la non pauvreté vers la pauvreté 26,68
NPNP Non pauvreté pure 31,02
Indicateur Synthétique de Sortie de la Pauvreté (ISSP) 56,6
Dynamiques globales de la pauvreté par région (%)
ZONES PP NPNP NPP PNP ISSP RANG
Bamako 0,8 86,5 10,4 2,3 90,1 1
Tombouctou 2,3 63,2 24,1 10,4 82,1 2
Kayes 2,2 48,7 32,9 16,2 80,1 3
Gao 13,3 25,9 34,4 26,4 61,2 4
Mopti 26,6 23,3 37 13,1 58,7 5
Ségou 30,9 18,3 28,1 22,6 43,3 6
Koulikoro 21,6 15,4 22,5 40,5 38,6 7
Sikasso 37,9 0,9 27,2 34 10,3 8
Kidal nd nd nd nd //
Niveau National 20,52 31,02 26,68 21,78 56,6
Nd : non disponible
Source : ONDD – Equipe d’experts NTA Mali, à partir des données de l’EMOP de 2015 et 2019.
1 La région de Kidal n’a pas été prise en compte pour insuffisance de données sur la situation des ménages.
![]() |
8 8 |
▲back to top |
1 | P a g e
INTRODUCTION
La vitesse à laquelle le niveau de pauvreté et les transitions dans et en dehors du cercle
vicieux de la pauvreté évolue, dépend fortement des politiques et stratégies mises en œuvre
dans le but de réduire la pauvreté et les inégalités. Dans le cadre du renforcement de
l’efficacité de toute politique publique visant à réduire la pauvreté et/ou les inégalités, il est
indispensable d’accorder une importance particulière non seulement à l’opinion des
populations concernées sur la manière dont la politique est menée, mais aussi et surtout sur les
stratégies à mettre en œuvre pour améliorer leurs conditions de vie.
Le phénomène de pauvreté est différemment ressenti d’une zone géographique à une autre. En
d’autres termes, il existe des disparités régionales. D’où la nécessité de faire régulièrement la
cartographie de la pauvreté en vue d’optimiser le suivi de l’évolution et le ciblage pour la
réduction significative de la pauvreté et des inégalités.
Le présent rapport a pour objectif d’analyser les dynamiques de pauvreté au Mali et de faire
des recommandations pour la réduction rapide de la pauvreté et des inégalités, condition
principale de réalisation des ODD à l’horizon 2030 et de l’accélération de la capture du
dividende démographique. La dimension « Dynamiques, Transitions et Cartographie de la
Pauvreté » est la troisième dimension prise en compte dans le calcul de l’indicateur
synthétique de suivi du dividende démographique. La méthodologie utilisée ici aboutit à la
détermination d’un indicateur synthétique de sortie de la pauvreté (ISSP). Le suivi régulier de
l’ISSP peut constituer une opportunité pour l’amélioration des processus de ciblage des plus
vulnérables et un renforcement de la qualité des cadres de suivi des stratégies de réduction de
la pauvreté et des inégalités.
![]() |
9 9 |
▲back to top |
2 | P a g e
I. CADRE THEORIQUE ET LIENS AVEC LES OBJECTIFS DE
DEVELOPPEMENT DURABLE
Depuis plusieurs décennies, conscient de la nécessité d’améliorer les conditions de vie de la
population, le Gouvernement du Mali a placé la réduction de la pauvreté et des inégalités au
cœur de sa politique de développement. Cette volonté s’est manifestée à travers la mise en
œuvre des différentes générations de cadre stratégique pour la réduction de la pauvreté. Le
Cadre stratégique pour la Relance Economique et le Développement Durable (CREDD 2019
– 2023), en plus des objectifs de développement, sert aussi d’instrument pour
l’opérationnalisation et de suivi des objectifs de développement durable (ODD).
La pauvreté est un phénomène multidimensionnel pour lequel il n’y a pas de consensus sur
une définition ou un concept unique. Les mesures du phénomène dépendent fortement du
concept adopté. La pauvreté implique un état de privation de bien-être jugé adéquat pour vivre
décemment dans une communauté donnée. La pauvreté se distingue sous trois formes :
- la pauvreté des conditions de vie ou pauvreté de masse : traduit une situation de
manque dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’eau, de l’électricité, de
l’emploi, du logement, etc. ;
- la pauvreté monétaire ou de revenu : qui exprime une insuffisance de ressources
financières engendrant une consommation insuffisante ;
- la pauvreté de potentialité : caractérisée par le manque de capital (accès à la terre, au
crédit, aux équipements, etc.) et d’opportunités.
Plusieurs outils ont été développés par les chercheurs pour faciliter la mesure de la pauvreté.
La mesure de la pauvreté monétaire pose deux équations : (i) d’abord, arriver à identifier les
individus considérés comme pauvres sur la base de critères et de seuils consensuels et
robustes, et (ii) parvenir à effectuer convenablement une agrégation des individus pour
déterminer le niveau global de pauvreté.
La pauvreté non monétaire est, quant à elle, l’incapacité à satisfaire les besoins jugés
primaires dans la communauté tels que se vêtir, se nourrir ou se loger décemment. L'indice de
pauvreté multidimensionnelle (IPM) est un indicateur statistique composite utilisé par les
Nations Unies dans le cadre des analyses de pauvreté et de la comparaison du niveau de
développement humain entre pays. Il résume plusieurs aspects de pauvreté non monétaire à
travers un seul nombre et complète les mesures de pauvreté monétaire et de pauvreté
subjective. Si les dimensions utilisées dans le cadre de la mesure de l’IPM ont été maintenues
longtemps inchangées, l’on assiste de plus en plus à l’intégration d’autres dimensions
(environnement, sécurité, relations sociales, culture…) et à la revue des pondérations et des
seuils utilisés dans le classement des populations et des pays. Une discussion détaillée et
![]() |
10 10 |
▲back to top |
3 | P a g e
pertinente sur le choix des dimensions et des indicateurs se trouve dans le rapport de Alkire et
Santos (2010)2.
Aussi, dans les années 1990, les recherches sur la pauvreté et ses dimensions ont été remises à
l’ordre du jour grâce aux travaux de Amartya Sen en rapport avec l’approche dite des
capabilités (capability approach). Cette approche est directement liée aux caractéristiques
sociodémographiques des personnes cibles, mais aussi de leur environnement et du processus
de conversion des ressources et des opportunités disponibles en bien-être.
L’analyse de la pauvreté dite subjective permet d’avoir un point de vue des populations sur
leur propre bien-être, et d’évaluer les actions qu’elles estiment être importantes pour
améliorer leurs conditions de vie. Cette approche permet de centrer l’analyse de la pauvreté
sur l’appréciation des individus eux-mêmes et d’échapper ainsi au caractère normatif de la
définition du concept de pauvreté.
Les interventions qui seront conduites par le Gouvernement et les autres acteurs dans le cadre
de l’amélioration de l’indicateur synthétique de sortie de pauvreté permettront de réduire
durablement les inégalités de genre et la pauvreté. En effet, les problèmes les plus urgents en
matière de lutte contre la pauvreté restent la réduction des inégalités entre pauvres et riches, et
la promotion du bien-être au profit des plus vulnérables. Les actions dans le cadre de la
réduction des inégalités et de la pauvreté concourront directement à la réalisation de 6 des 17
ODD : ODD 1 (mettre fin à la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde),
ODD 2 (éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir
l’agriculture durable), ODD 3 (permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le
bien-être de tous à tout âge), ODD 4 (assurer l’accès de tous à une éducation de qualité et
promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie), ODD 5 (parvenir à
l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles), et ODD 10 (réduire les
inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre).
Ces actions ont également un effet indirect sur l’ensemble des autres ODD : les hommes et les
femmes sont les artisans et bénéficiaires des actions de développement, et une amélioration
rapide de leurs conditions de vie dans une société inclusive et plus juste est une condition sine
qua none de réalisation de la vision d’éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la
prospérité pour tous.
2 Alkire S. and M. E. Santos (2010): Acute Multidimensional Poverty: A New Index for Developing Countries,
Oxford Poverty and Human Development Initiative (OPHI) working paper no. 38
![]() |
11 11 |
▲back to top |
4 | P a g e
II. APERCU DE LA DYNAMIQUE DE PAUVRETE AU MALI
Ce chapitre propose une analyse de la situation de pauvreté au Mali sur la base des données
d’enquêtes – ménages (EMOP, Enquête – emploi) et des rapports de mise en œuvre du cadre
stratégique pour la relance économique et le développement durable au Mali.
2.1. Evolution de la pauvreté
La pauvreté monétaire est évaluée à travers l’incidence ou le taux de pauvreté. Elle
correspond au pourcentage de la population dont les revenus ou les dépenses de
consommation se situent en dessous du seuil de pauvreté qui était de 263 694 FCFA en 2019
au Mali.
Selon l’EMOP 2019, l’ampleur de la pauvreté est de 42,3% en 2019. Ce taux est en baisse de
4,9 points de pourcentage par rapport à 2015 où elle était évaluée à 47,2%. Antérieurement à
2015, elle avait connu une évolution en dents de scie entre 2011 et 2015 avec les effets de la
crise multidimensionnelle née en 2012 combinée à la contre-performance du secteur primaire,
moteur de la croissance économique du Mali.
Encadré : Notions d’incidence, de profondeur et de sévérité de la pauvreté
o Incidence de la pauvreté monétaire :
Mesure la proportion d'individus / ménages considérés comme pauvres dans une population donnée, celle
dont le revenu ou la consommation se situe en dessous de la ligne de pauvreté ou seuil de pauvreté qui
représente le coût d’un panier de produits correspondant au minimum vital.
o Profondeur de la pauvreté (écart de pauvreté) :
C’est la mesure de l’écart relatif moyen entre le seuil de pauvreté et les dépenses moyennes des ménages
pauvres. Elle indique la distance à laquelle les ménages se trouvent de la ligne de pauvreté. Elle est obtenue
en faisant la somme de tous les déficits des individus en situation de pauvreté (en supposant un déficit de
zéro pour les non pauvres), et en divisant le résultat par le total de la population. En d'autres termes, elle
permet d'évaluer le total des ressources nécessaires pour amener l'ensemble de la population pauvre au
niveau de la ligne de pauvreté.
o Sévérité de la pauvreté (écart de pauvreté au carré) :
Cette mesure tient compte non seulement de la distance séparant les pauvres de la ligne de pauvreté (l'écart
de pauvreté), mais aussi de l'inégalité entre les pauvres. Elle attribue une pondération plus importante aux
ménages situés à plus grande distance de la ligne de pauvreté.
Toutes ces mesures peuvent être calculées par ménage, c'est-à-dire par l'évaluation de la part des ménages
qui se situent en dessous de la ligne de pauvreté. Cependant, il peut s'avérer préférable d'établir les mesures
sur base de la population (en nombre d'individus) afin de prendre en compte le nombre de personnes qui
compose chaque ménage. Les mesures de profondeur et de sévérité sont des compléments importants de
l'incidence de la pauvreté. Dans certains cas, en effet, une forte incidence peut se combiner à un faible écart
de pauvreté (lorsque de nombreux membres de la population se situent juste en dessous de la ligne de
pauvreté). D'autres groupes, en revanche, peuvent présenter une incidence faible mais un écart de pauvreté
élevé.
Le tableau ci-dessous présente l’évolution des indices de pauvreté au Mali entre 2016 et 2019.
On constate qu’en milieu rural, la pauvreté touche un peu plus de la moitié de la population.
![]() |
12 12 |
▲back to top |
5 | P a g e
Tableau 1 : Evolution des indices de pauvreté (en %) de 2016 à 2019
Années Indices de pauvreté Bamako Autres villes Rural Ensemble
2016
Incidence 7,4 36,9 55,2 46,8
Profondeur 1 9,4 15,5 12,9
Sévérité 0,3 3,5 5,9 4,9
2017
Incidence 4,7 32,9 53,6 44,9
Profondeur 0,7 8,5 16,6 13,6
Sévérité 0,2 3,2 6,8 5,6
2018
Incidence 4,1 24,6 54,1 43,8
Profondeur 0,3 6,3 17,6 13,9
Sévérité 0,0 2,3 7,8 6,0
2019
Incidence 3,8 26,4 52,0 42,3
Profondeur 0,7 7,2 16,0 12,8
Sévérité 0,2 2,8 6,7 5,4
Source : EMOP 2016, 2017, 2018 et 2019, INSTAT Mali
L’incidence de la pauvreté en 2019 a été estimée à 3,8% pour Bamako contre respectivement
26,4% et 52% dans les autres villes et en milieu rural. L’incidence de la pauvreté a baissé
entre 2015 et 2019 quelle que soit la localisation des ménages. Cependant, la baisse est
beaucoup plus forte dans les villes qu’en milieu rural. La profondeur tout comme la sévérité
de la pauvreté ont connu une diminution à Bamako et dans les autres villes entre 2016 et 2018
avant de connaitre une légère augmentation en 2019. Cette évolution de la profondeur et de la
sévérité a été inversée en milieu rural où elle a connu des augmentations entre 2016 et 2018,
avant d’enregistrer une baisse en 2019. Il est donc nécessaire d’accroître les investissements à
tous les niveaux afin d’amorcer la réduction de la pauvreté en milieu rural et de l’atténuer
dans les autres villes y compris Bamako. La pauvreté peut être, du fait de cette situation,
perçue comme un phénomène généralisé même si elle est de moindre ampleur dans la capitale
Bamako.
2.2. Caractéristiques sociodémographiques et pauvreté
Les indices de pauvreté se réfèrent aux individus ou aux ménages. Le pourcentage de
ménages pauvres peut donc être différent du pourcentage des individus pauvres dans chaque
zone. La taille du ménage peut contribuer à augmenter d’une part les ressources du ménage et
d’autre part, elle augmente également les besoins de consommation auxquels doit faire face le
ménage. Si les ressources disponibles pour faire face aux besoins essentiels de tous les
membres du ménage ne sont pas suffisantes, alors le risque de basculer dans la pauvreté
s'élève.
Les résultats de l'EMOP 2019 confirment toujours l’existence d’une corrélation positive entre
la taille du ménage et l’incidence de la pauvreté. Selon les résultats de l’enquête, le niveau de
pauvreté est plus élevé dans les ménages de 16 personnes ou plus par rapport aux ménages
dont la taille est comprise entre 1 et 3 personnes. Elle est estimée à 74,8% pour les ménages
de 16 individus ou plus, et 2,6% pour ceux composés de 1 à 3 individus. En outre la pauvreté
est d’une ampleur importante dans les ménages dirigés par un homme (43,7%)
comparativement aux ménages dirigés par une femme (10%). Ces ménages dirigés par les
![]() |
13 13 |
▲back to top |
6 | P a g e
femmes sont généralement de taille plus petite que la taille moyenne et souvent localisés en
milieu urbain. En effet, en milieu rural, en l’absence du chef de ménage – homme, son
ménage est en général dirigé, de fait, par un autre homme de la famille, un frère ou un fils par
exemple.
2.3. Niveau d’instruction et pauvreté
Le niveau d’instruction accroit les opportunités d’accès aux services de base et à un emploi
plus rémunérateur, donnant plus de chance aux individus d’échapper à la pauvreté. L’enquête
EMOP 2019 indique une relation inverse entre le niveau d’instruction du chef de ménage et
l’incidence de la pauvreté. L’incidence de la pauvreté en 2019 est évaluée à 1,3% pour les
ménages dont le niveau d’instruction du chef atteint le supérieur, contre 47,5% pour les
ménages où les chefs sont sans niveau d’instruction. Ce constat est visible tant au niveau de la
profondeur que de la sévérité.
Graphique 1 : Indices de pauvreté selon le niveau d’instruction du chef du ménage (%)
Source : INSTAT, Enquête Modulaire et Permanente auprès des Ménages (EMOP) 2019, passage 4.
Le graphique 2 montre également que les pauvres sont moins alphabétisés dans toutes les
régions par rapport aux moins pauvres, avec des écarts plus ou moins prononcés selon les
régions.
Graphique 2 : Taux d’alphabétisation des 15 ans et plus et niveau de pauvreté (%)
Source : INSTAT, Enquête Modulaire et Permanente auprès des Ménages (EMOP) 2019, passage 4.
47,5
14,3
5,9
31,8
10,5
4,6
9,6
1,7 0,41,3 0,3 0,1
Incidence Profondeur Sévérité
Sans Instruction Primaire Secondaire Supérieur
17,3 18,2
24,0 21,5 19,3
39,6
32,9
41,1
60,3
27,1
32,9
39,5
19,2
30,0
59,5
37,4
60,5
69,8
Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Tombouctou Gao Kidal Bamako
Pauvres Non pauvres
![]() |
14 14 |
▲back to top |
7 | P a g e
Comme on peut s’y attendre, le taux d’alphabétisation est plus élevé dans les villes que dans
les campagnes, et plus bas parmi les pauvres (graphique 3).
Graphique 3 : Taux d’alphabétisation des 15 ans et plus par milieu selon le niveau de pauvreté (%)
Source : INSTAT, Enquête Modulaire et Permanente auprès des Ménages (EMOP) 2019, passage 4.
2.4. Pauvreté selon l’activité économique
L’analyse du marché du travail par groupes socioéconomiques montre que les pauvres
représentent respectivement 49,2% et 48,3% des indépendants agricoles et des apprentis /
aides familiaux. Les groupes socioéconomiques les moins pauvres sont les salariés (du public
ou du privé) et les indépendants non agricoles.
En s’intéressant au secteur institutionnel, le phénomène devient beaucoup plus visible chez les
employés de maison et ceux des entreprises privées informelles avec respectivement 40,2 %
et 42,6 % des pauvres. Les employés du secteur public, des ONG et autres organisations sont
les moins pauvres avec 5,9% et 24,8% respectivement (INSTAT, EMOP 2019).
2.5. Analyse de l’incidence de la pauvreté par région
Au Mali, la population croît à un rythme élevé de 3,6% par an entre 1998 et 2009 (INSTAT,
RGPH 2009). Selon les projections démographiques (DNP, 2019), le Mali compte en 2019,
une population totale de plus de 19 millions d’habitants inégalement répartis sur le territoire
national et dont les trois-quarts vivent en milieu rural. Les régions de Ségou, Koulikoro et
Sikasso comptent à elles seules plus de la moitié (51%) de la population totale. Les régions de
Tombouctou, Gao et Kidal ont une population avoisinant le dixième de la population totale
sur les deux-tiers du territoire.
La répartition spatiale de la population a des implications sur la prise de décision et la
planification d’investissements publics qui doivent tenir compte, en plus de la taille de la
population, des facteurs comme les spécificités régionales, les opportunités de
développement, le niveau de pauvreté et d’inégalités et l’ampleur des besoins sociaux et
économiques.
Selon les résultats de l’EMOP (2019), l’incidence de la pauvreté est en dessous du niveau
national dans les régions de Kidal (0,8%), le district de Bamako (3,8%) et les régions de
Tombouctou (12,7%), de Gao et de Mopti (39,7% respectivement). Par contre, elle est plus
élevée dans les régions de Ségou (53,6%), Koulikoro (62,1%) et Sikasso (71,9%).
60,3
31,5
20,7
69,8
51,4
27,0
Bamako Autres Villes Rural
Pauvre Non pauvre
![]() |
15 15 |
▲back to top |
8 | P a g e
Les régions de Ségou, Mopti et Gao dont les économies dépendent fortement de la
pluviométrie mais aussi du dynamisme du secteur touristique et culturel qui a particulièrement
été affecté par la crise sécuritaire en cours.
2.6. Les inégalités au Mali
L’analyse des inégalités s’appuie sur la structure des dépenses de consommation3 ou des
revenus entre les différentes couches de la population. L’instrument de mesure des inégalités
le plus souvent utilisé est le coefficient de Gini4.
Le rapport annuel de mise en œuvre du CREDD (2020) indique que l’indice des inégalités de
revenus dans l’ensemble est de 0,40 en 2019. L’indice le plus faible est observé à Mopti
(0,27), Koulikoro et Tombouctou (0,28). Une inégalité plus élevé est constaté à Sikasso avec
(0,50) suivi de Kidal (0,48). L'analyse montre que les inégalités de revenus dans les autres
centres urbains qu’en milieu rural (0,36), alors qu’elles sont moins accentuées à Bamako
(0,30).
3 Les dépenses de consommation, en particulier les dépenses alimentaires, sont un bon indicateur du niveau de
vie des ménages. En effet, suivant la loi d’Engels, les dépenses de consommation alimentaire augmente avec le
revenu mais dans une proportion moins grande que l’augmentation du revenu. En d’autres termes, quand le
revenu augmente, la part consacrée à la consommation (alimentation) baisse. Les ménages pour lesquels le poste
« alimentation » atteint 60% du budget sont en général considérés comme pauvres.
4 Le coefficient de Gini retient deux valeurs extrêmes qui sont 0 et 1. La valeur 0 indique une situation d’égalité
parfaite, alors que la valeur 1 correspond à une situation d’inégalité complète ou maximale.
![]() |
16 16 |
▲back to top |
9 | P a g e
III. L’INDICE SYNTHETIQUE DE SORTIE DE LA PAUVRETE :
APPLICATION DE LA METHODOLOGIE DANS LE CAS DU
MALI (2019)
Ce chapitre présente la méthodologie de mesure de l’indice synthétique de sortie de pauvreté
(ISSP) et les résultats obtenus de l’application aux données du Mali.
3.1. La méthodologie de calcul de l’ISSP
L’approche ici détaillée est tirée du Manuel de formation sur les dimensions et indicateurs de
suivi de dividende démographique (CREG – CREFAT, 2017).
En général, les méthodologies de mesure des dynamiques de pauvreté préconisent l’utilisation
de l’approche des périodes, de l’approche par composantes de bien-être ou de l’approche dite
de dominance stochastique. Ces approches utilisent des données de panels qui nécessitent un
suivi constant des ménages et ont, de ce fait, un coût élevé en plus d’autres contraintes
pratiques sur le terrain. Le manuel de formation sur les dimensions et indicateurs de suivi du
dividende démographique propose l’utilisation de pseudo-panels et son application nécessite
de disposer des résultats d’au moins deux enquêtes - ménages. Cette méthodologie s’inspire
des travaux de Dang et Lanjouw (2013), lesquels ont généré des pseudo-panels par âge afin de
pouvoir comparer les ménages aux différentes enquêtes.
Pour comprendre cette méthodologie, supposons que seules deux bases d’enquêtes sont
disponibles pour capter les dynamiques de pauvreté, le revenu constituant l’indicateur de
bien-être retenu. Il s’agit de considérer pour les enquêtes 1 et 2, deux vecteurs 𝑋𝑖1 et 𝑋𝑖2
contenant des caractéristiques invariantes (langue, religion, lieu de naissance, sexe, …). Pour
l’ensemble de la population, deux relations linéaires sont définies, chacune relative à une des
deux enquêtes 1 et 2 :
𝑌𝑖1 = 𝛽1𝑋𝑖1 + 𝜀𝑖1 (Période 1)
𝑌𝑖2 = 𝛽2𝑋𝑖2 + 𝜀𝑖2 (Période 2)
𝑍1 et 𝑍2 étant respectivement les seuils de pauvreté en période 1 et en période 2, l’objectif de
l’application est d’estimer la distribution conjointe de la pauvreté et de la non pauvreté en
période 1 et en période 2. Par exemple, la probabilité d’être pauvre en période 1 et non pauvre
en période 2, s’exprime par la relation : 𝑃(𝑌𝑖1 < 𝑍1𝑒𝑡 𝑌𝑖2 > 𝑍2).
Le calcul de l’Indicateur Synthétique de Sortie de Pauvreté (ISSP) prend en compte, sur la
période concernée, la proportion de ménages qui étaient pauvres et qui sont sortis de la
pauvreté (pauvres – non pauvres ou PNP) et la proportion de ménages qui sont demeurés dans
la non pauvreté sur les deux périodes (non pauvres – non pauvres ou NPNP). Il indique le
niveau de transition des ménages vulnérables de la pauvreté vers la non pauvreté d’une part,
et du degré de stabilité des non pauvres purs par rapport aux ménages qui n’ont pas changé
d’état. L’ISSP est en effet défini comme une moyenne géométrique :
![]() |
17 17 |
▲back to top |
10 | P a g e
o du sous indicateur de transition 𝑇 =
𝑃𝑁𝑃
(𝑁𝑃𝑃+𝑃𝑁𝑃)
o et du sous indicateur de stabilité 𝑆 =
𝑁𝑃𝑁𝑃
(𝑃𝑃+𝑁𝑃𝑁𝑃)
.
En définitive, 𝑰𝑺𝑺𝑷 = √𝑻 ∗ 𝑺
En d’autres termes, l’ISSP mesure le degré de sortie de la pauvreté ou de stabilisation dans
la non pauvreté entre deux périodes. Pour déterminer l’indicateur de sortie de la pauvreté, il
est donc nécessaire de disposer d’informations en rapport avec les sous-dimensions de
pauvreté et de non pauvreté.
Les analyses qui découlent des indicateurs et sous-indicateurs permettent d’établir les
trajectoires de la transition à l’intérieur et à l’extérieur du cercle de pauvreté. Les analyses
peuvent être désagrégées au niveau national et pour chacune des régions lorsque la
disponibilité des données le permet. Les données utilisées pour le calcul des sous-dimensions
et de l’ISSP proviennent de l’EMOP. Le seuil de pauvreté utilisé à l’EMOP 2019 (263 694
FCFA) correspond au seuil national de pauvreté calculé par l’enquête EHCVM.
L’analyse des dynamiques des composantes de l’ISSP tient compte des résultats obtenus
précédemment. Ces résultats précédents ont été obtenus en 2015, avec l’utilisation des
données de l’Enquête Malienne d’Evaluation de la Pauvreté (EMEP) 2001 et de
l’Enquête Légère Intégrée auprès des Ménages (ELIM) 2006. Les dynamiques peuvent
donc être affectées par les méthodologies utilisées pour les différentes opérations
d’enquêtes entre 2001, 2006 et 2019. Les comparaisons sont donc juste à titre
d’illustration. Pour des comparaisons plus pertinentes, il importe que les opérations
d’enquêtes utilisent la même méthodologie. En plus, la période d’analyse dans la
première évaluation est de 6 ans (2001 – 2006) contre 5 ans pour la deuxième (2015 –
2019).
3.2. L’indice synthétique de sortie de pauvreté au Mali
L’analyse des dynamiques de pauvreté a pour objectif de mesurer l’ampleur des entrées et
sorties de la pauvreté, mais aussi d’analyser les facteurs qui influencent ces dynamiques.
L’analyse qui suit a été réalisée pour sept (7) régions administratives en plus du district de
Bamako. L’application de la méthodologie aux données d’enquêtes nationales a donné les
résultats présentés dans les sections ci-après.
Pour la présentation des résultats, un code couleur un adopté :
3.2.1. L’Indice Synthétique global de Sortie de Pauvreté (ISSP)
Comme expliqué plus haut, l’ISSP donne la probabilité pour un ménage de s’extraire de la
pauvreté ou de parvenir à garder son statut de non pauvreté entre deux périodes. Le graphique
ci-dessous fournit l’ISSP pour le niveau national ainsi que pour les régions et le district de
Bamako en 2019.
![]() |
18 18 |
▲back to top |
11 | P a g e
Graphique 4 : Indice Synthétique de Sortie Pauvreté (ISSP) au niveau national et par région
Source : ONDD - Equipe d’experts NTA Mali, à partir des données de l’EMOP 2019
Au niveau national, l’ISSP est de 56,6% en amélioration par rapport à la situation de 2006 où
il affichait un taux de 52,5%. Cela signifie qu’en 2019 au Mali, un ménage a 56,6% de chance
de se retrouver dans une situation de non pauvreté qu’il transite ou pas. C’est dans le district
de Bamako et les régions de Tombouctou et Kayes que l’ISSP est le plus élevé. La situation
de ces trois régions s’est même nettement améliorée par rapport à 2006, avec 90,1% pour
Bamako, 82,1% pour Tombouctou, et 80,1% pour Kayes en 2019, contre respectivement
63,8%, 74,7%, et 65,4% en 2006. A l’inverse, les régions de Sikasso, Koulikoro et Ségou
connaissent des taux d’ISSP plus faibles en dessous du niveau national. On note une
amélioration de la situation pour la région de Mopti (58,7% en 2019 contre 42,3% en 2006) et
une dégradation sensible de l’indice pour les régions de Sikasso (10,3% en 2019 contre 30,5%
en 2006) et de Koulikoro (38,6% en 2019 contre 55,6% en 2006) entre 2006 et 2019. D’autre
part, l’analyse révèle un paradoxe dans la dynamique de pauvreté au niveau régional. En effet,
les quatre régions où l’ISSP est le plus faible (Sikasso, Ségou, Koulikoro, et Mopti) depuis
plusieurs années sont également parmi les régions les plus économiquement dynamiques. Ce
paradoxe pose la question de l’efficacité globale des politiques de lutte contre la pauvreté au
Mali.
10,3
38,6
45,3
56,6
58,7
61,2
80,1
82,1
90,1
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
SIKASSO
KOULIKORO
SEGOU
NATIONAL
MOPTI
GAO
KAYES
TOMBOUCTOU
BAMAKO
![]() |
19 19 |
▲back to top |
12 | P a g e
3.2.2. Dynamique des sous-composantes de l’ISSP
L’analyse de la dynamique des sous-composantes de l’ISSP concerne la pauvreté chronique,
la non pauvreté pure, et les entrées et sorties de pauvreté.
3.2.2.1. Pauvreté chronique (PP)
Le graphique ci-dessous présente la situation récapitulative de la pauvreté chronique aux
niveaux national et régional en 2019 au Mali.
Graphique 5 : Pauvreté chronique ou pauvreté pure au niveau national et par région(PP)
Source : ONDD - Equipe d’experts NTA Mali, à partir des données de l’EMOP 2019
Comme on peut l’observer sur le graphique ci-dessus, le taux de pauvreté chronique est de
20,52% au niveau national en 2019, ce qui représente une baisse significative de près de 11
points de pourcentage par rapport à son niveau de 2006 où il affichait un score de 31,4%. Si
résultat relativement faible met en évidence de possibles effets des efforts des politiques
publiques en matière de réduction de l’extrême pauvreté au Mali.
Par ailleurs, on observe une inégale répartition de la proportion des ménages restant dans la
pauvreté chronique au niveau régional. Tout comme en 2006, ce sont les régions de Sikasso,
Ségou, Mopti, et Koulikoro qui présentent les taux de pauvreté chronique les plus élevés au
Mali (supérieur à celui du niveau national). En outre, ces 4 régions sont également celles
présentant les plus forts taux d’incidence de la pauvreté au Mali en 2019, ce qui met en
évidence le caractère fondamentalement structurel de la pauvreté chronique dans ces régions.
Par ailleurs, le district de Bamako ainsi que les régions de Kayes, Tombouctou et Gao sont les
régions où les taux de pauvreté chronique sont les plus faibles avec respectivement 0,79%,
2,21%, 2,32 % et 13,26 %.
0,79
2,21
2,32
13,26
20,52
21,6
26,61
30,96
37,93
0 10 20 30 40 50 60 70
BAMAKO
KAYES
TOMBOUCTOU
GAO
NATIONAL
KOULIKORO
MOPTI
SEGOU
SIKASSO
![]() |
20 20 |
▲back to top |
13 | P a g e
3.2.2.2. Non pauvreté pure (NPNP)
Le graphique ci-dessous présente la situation récapitulative de la non pauvreté pure aux
niveaux national et régional en 2019 au Mali.
Graphique 6 : Non pauvreté pure au niveau national et par région (NPNP)
Source : ONDD - Equipe d’experts NTA Mali, à partir des données de l’EMOP 2019
Au niveau national, le taux de non pauvreté pure est évalué 31,02% en 2019, alors qu’il était
de 36,9% en 2006. Ce résultat met en évidence une baisse du niveau de stabilité de la
proportion des personnes non pauvres qui restent dans une situation aisée entre les deux
périodes données.
Les 4 régions de Sikasso, Koulikoro, Ségou et Mopti sont également celles où les taux de non
pauvreté pure sont les plus faibles. Il semble donc très difficile aux personnes non pauvres de
demeurer dans une situation de non pauvreté dans ces quatre régions, certainement du fait de
la profondeur de la pauvreté dans ces régions. Par ailleurs, le district de Bamako et les régions
de Tombouctou et Kayes présentent un taux supérieur à celui du niveau national en termes de
non pauvreté pure alors que ces mêmes régions présentent les taux les plus élevés en termes
de pauvreté pure en 2019.
0,93
15,4
18,26
23,32
25,86
31,02
48,71
63,22
86,51
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
SIKASSO
KOULIKORO
SEGOU
MOPTI
GAO
NATIONAL
KAYES
TOMBOUCTOU
BAMAKO
![]() |
21 21 |
▲back to top |
14 | P a g e
3.2.2.3. Les entrées et sorties de la pauvreté (NPP et PNP)
Le graphique ci-dessous présente la situation récapitulative de la transition dans (entrées) et
hors (sorties) de la pauvreté aux niveaux national et régional en 2019 au Mali.
Graphique 7 : Entrées et sorties de pauvreté au niveau national et par région
Source : ONDD - Equipe d’experts NTA Mali, à partir des données de l’EMOP 2019
Au niveau national, on observe que 21,78% des ménages sont passés d’une situation de
pauvreté en 2006 à une situation de non pauvreté en 2019. Par contre, la situation se dégrade
pour le cas des ménages non pauvres qui ont basculé dans la pauvreté. En effet, 26,68% des
ménages en 2019 sont des ménages pauvres mais qui vivaient dans une situation de non
pauvreté en 200-.
Au niveau régional, on observe de manière générale qu’en 2019, les régions de Koulikoro,
Sikasso, Ségou, Gao et Mopti ont à la fois les taux de sorties et d’entrées dans la pauvreté les
plus élevés et supérieurs au niveau national. Koulikoro a le taux de sortie de la pauvreté le
plus élevé (40,5%), tandis que Mopti possède le taux d’entrée le plus élevé (36,99%).
Il ressort de cette analyse, les observations suivantes :
- Les régions de Sikasso, Ségou, Mopti et Koulikoro en plus de la région de Gao, ont
une capacité de résilience et de sortie de la pauvreté très élevée si des politiques
publiques adéquates sont mises en œuvre ;
- Toutefois les 4 régions en plus de Gao présentent peu d’opportunités pour les ménages
de sortir de la pauvreté.
2,29
10,38
13,09
16,19
21,78
22,64
26,44
33,97
40,5
10,41
24,08
36,99
32,89
26,68
28,14
34,44
27,17
22,5
0 10 20 30 40 50 60 70
BAMAKO
TOMBOUCTOU
MOPTI
KAYES
NATIONAL
SEGOU
GAO
SIKASSO
KOULIKORO
Pauvre-Non Pauvre Non Pauvre-Pauvre
![]() |
22 22 |
▲back to top |
15 | P a g e
3.2.3. Analyse régionale des capacités de résilience des populations et de l’efficacité
des stratégies de réduction des vulnérabilités
Le graphique ci-dessous fournit la situation de stabilité (dans ou en dehors de la pauvreté) et
les entrées dans et sorties de la pauvreté par région et au niveau national. Il constitue un
récapitulatif des résultats décrits ci-dessus.
Graphique 8 : Stabilité, entrées dans la pauvreté et sorties de la pauvreté au niveau national et par
région
Source : ONDD - Equipe d’experts NTA Mali, à partir des données de l’EMOP 2019
Tout comme le montrent les données de l’EMOP 2019, le district de Bamako, les régions de
Tombouctou, Kayes, Mopti et Gao sont les zones où l’on rencontre le plus de ménages en
dehors de la pauvreté, soit parce qu’ils ont su se maintenir dans une situation de non pauvreté,
soit parce qu’ils sont sortis de la situation de pauvreté. Au niveau national, l’analyse des
transitions montre que la proportion des ménages entrés dans la pauvreté (26,6% soit plus
d’un ménage sur 4) est plus élevée que celle des ménages qui se sont extraits de la pauvreté
(21,8% soit près d’un ménage sur 4). Se pose alors la question de savoir si les politiques
publiques sont effectivement pro-pauvres. Toutefois, il faut noter que la crise
multidimensionnelle que vit le pays depuis 2012 a certainement eu des effets plus graves sur
la situation des ménages les plus vulnérables en accroissant leur niveau de pauvreté et en
rendant ainsi plus faibles leurs capacités et plus couteuses les efforts des pouvoirs publics de
les extraire de la pauvreté.
Les régions de Sikasso (37,9%), de Ségou (30,9%) et de Mopti (26,6%) sont celles où la
proportion de ménages qui n’arrivent pas à s’extraire de la pauvreté est la plus élevée, à
l’opposé des régions de Tombouctou et Kayes et du district de Bamako où la pauvreté pure
est la moins élevé.
Si la pauvreté pure est relativement élevée dans la région de Sikasso (plus d’un ménage sur 3),
la non pauvreté pure, la proportion de ménage arrivant à garder un statut de non pauvre est
très faible (moins 1 ménage sur 100). Cette situation est le signe probable d’une très faible
résilience des ménages aux chocs dans la région de Sikasso. Il serait intéressant d’étudier les
21,78
27,17
22,5
28,14
34,44
36,99
32,89
24,08
10,41
26,68
33,97
40,5
22,64
26,44
13,09
16,19
10,38
2,29
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
NATIONAL
Sikasso
Koulikoro
Segou
Gao
Mopti
Kayes
Tombouctou
Bamako
PNP
NPNP
PP
NPP
![]() |
23 23 |
▲back to top |
16 | P a g e
dynamiques de pauvreté dans la région de Sikasso afin d’identifier les déterminants de la
vulnérabilité des ménages.
A titre de rappel, les régions de Sikasso, Koulikoro et Ségou sont celles qui présentent des
indices synthétiques de sortie de pauvreté les plus faibles. Ces régions doivent faire l’objet
d’une attention particulière de la part des décideurs dans la priorisation des investissements et
des interventions en matière de réduction de la pauvreté.
L’indice relativement élevé pour les régions de Gao et Tombouctou semblent être du fait de la
mise en œuvre de programmes de résilience, y compris des partenaires humanitaires, en
réponse à la crise survenue en 2012. En effet, ces régions bénéficient de ressources
conséquentes pour renforcer la résilience des populations les plus vulnérables même si en
moyenne, près d’un ménage sur 5 non pauvres initialement, entre dans le cercle vicieux de la
pauvreté, en particulier dans la région de Gao. Toutefois, la transition dans la pauvreté y reste
moins élevée que dans les régions de Sikasso, Koulikoro ou encore au niveau national.
Graphique 9 : Indice Synthétique de Sortie Pauvreté (ISSP) au niveau national et par région
Source : ONDD - Equipe d’experts NTA Mali, à partir des données de l’EMOP 2019
3.3. Synthèse des trajectoires des dynamiques de pauvreté
L’ISSP, dans la région de Kayes, est estimé à 80,1% en 2019, en forte hausse par rapport à
2006 où il était évalué à 65,4%. Seulement 2,21% des ménages sont restés dans un état de
pauvreté entre 2006 et 2019, ce qui constitue une nette amélioration par rapport à 2006 où ce
taux était de 21,8%. Les résultats d’analyse révèlent aussi que 16,19% des ménages aisés ont
basculé dans la pauvreté. Ces résultats mettent en évidence un dynamisme économique de la
région, s’expliquant en partie par le développement des activités extractives, mais aussi par
les transferts de fonds des migrants, la région étant une zone d’émigration par excellence. Il
faut noter que ces transferts de migrants servent en grande partie à combler le déficit de
consommation des ménages dont sont issus les migrants.
Pour la région de Koulikoro, le niveau de l’ISSP est estimé à 38,6% en 2019. Deux évidences
majeures caractérisent la région de Koulikoro : (i) d’une part, la proportion des ménages non
pauvres ayant basculé dans la pauvreté est estimée à 40,5% en 2019, en nette progression par
10,3
38,6
45,3
56,6
58,7
61,2
80,1
82,1
90,1
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
SIKASSO
KOULIKORO
SEGOU
NATIONAL
MOPTI
GAO
KAYES
TOMBOUCTOU
BAMAKO
![]() |
24 24 |
▲back to top |
17 | P a g e
rapport à l’estimation de 2006 (9,4%), (ii) d’autre part, la proportion des ménages aisés étant
restés en situation d’aisance est passée de 30% en 2006 à 15,4% en 2019. Quand bien même,
on observe une relative performance en matière de réduction de la pauvreté chronique (21,6%
en 2019 contre 38,3% en 2006), ces résultats mettent en évidence la vulnérabilité relativement
élevée des ménages de cette région, qui éprouvent plus de difficulté à échapper au cercle
vicieux de la pauvreté. Par conséquent, les stratégies et programmes de réduction de la
pauvreté dans la région devraient être plus orientées vers les plus pauvres.
La région de Sikasso continue de présenter le niveau d’ISSP le plus bas au Mali. Cet indice
est passé de 30,5% en 2006 à 10,3% en 2019. Tout comme pour la région de Koulikoro, les
deux dynamiques les plus inquiétantes de la région sont : (i) la proportion des ménages non
pauvres ayant basculé dans la pauvreté, et (ii) la proportion des ménages aisés étant restés en
situation d’aisance. En effet, la proportion des ménages non pauvres ayant basculé dans la
pauvreté est estimée à près de 34% en 2019. D’autre part, la proportion des ménages aisés
étant restés en situation d’aisance a nettement chuté entre 2006 et 2019. Ces résultats très
insuffisants en matière de sortie de pauvreté à Sikasso pourraient s’expliquer par la
persistance de facteurs socioculturels qui influencent les comportements et habitudes
alimentaires, le sous-emploi et le chômage des jeunes combinés au déficit de disponibilité des
services sociaux de base face à une forte croissance démographique.
Tout comme Sikasso et Koulikoro, l’ISSP de la région de Ségou est l’un des plus faibles au
Mali (45,3% en 2019), malgré un fort potentiel de création de richesse, notamment agricole.
Deux dynamiques principales se dégagent du cas de Ségou : (i) la proportion des ménages
pauvres restés dans la pauvreté (30,96%) et (ii) la proportion des ménages aisés ayant basculé
dans la pauvreté (22,64% pour 2019 contre seulement 10,9% en 2006). Il y aurait donc eu à la
fois une baisse significative de la pauvreté chronique et une hausse de l’entrée en pauvreté.
Avec Sikasso, Koulikoro et Ségou, Mopti est la quatrième région où l’ISSP est le plus faible
au Mali même si on note une performance par rapport à sa situation précédente (58,7% en
2019 contre 42,3% en 2006). Par ailleurs, tous les indicateurs de pauvreté se sont améliorés
par rapport à la situation précédente. Cette performance peut en partie s’expliquer par les
efforts conséquents réalisés en matière de projets et d’aides d’urgence mis en œuvre dans la
région, notamment en raison de la situation socio-sécuritaire. Ces interventions d’urgence,
combinées aux interventions de développement, ont pu contribuer à améliorer la situation de
pauvreté à Mopti.
A l’exception de Bamako, la région de Tombouctou est la région où l’ISSP est le plus élevé
en 2019 (82,1% contre 74,7% pour 2006 soit une hausse de 7 points de pourcent). Deux
dynamiques principales se dégagent de la situation de Tombouctou : (i) la proportion des
ménages riches restés dans l’aisance (63,22% pour 2019 contre 37,28% en 2006) et (ii) la
proportion en très forte baisse des ménages pauvres restés dans la pauvreté (seulement 2,32%
pour 2019 contre 22,38% en 2006). Ces résultats dus notamment aux programmes
d’assistance de l’Etat appuyé par les PTF, informent de capacités de résilience de la région en
matière de sortie de pauvreté chronique ainsi que de stabilité.
![]() |
25 25 |
▲back to top |
18 | P a g e
L’ISSP s’est établi pour la région de Gao à 61,2% en 2019. Il est également supérieur à celui
du niveau national, ainsi qu’à son niveau de 2006 (56,9%). La région de Gao se caractérise à
la fois par sa capacité de résilience mais aussi de paupérisation. En effet, la pauvreté
chronique a baissé de plus de 11 points de pourcentage. Parallèlement, la proportion des
ménages qui étaient non pauvres mais ayant basculé dans la pauvreté a augmenté de près de 8
points de pourcentage.
Le district de Bamako affiche le niveau d’ISSP le plus élevé au Mali en 2019, en amélioration
par rapport à 2006 (90,1% contre 63,8%). Bamako se caractérise principalement par sa très
forte stabilité. En effet, la proportion des ménages aisés et restés dans l’aisance est très élevée
(86,51%) et s’est même améliorée par rapport à 2006 (81,59%). En outre, la proportion des
ménages non pauvres ayant basculé dans la pauvreté a baissé de plus de 8 points de
pourcentage. Toutefois, il apparaît que toutes les régions du pays ont connu des baisses
significatives de la pauvreté chronique sauf Bamako qui voit sa proportion de pauvres restés
pauvres augmenter, même si cette proportion n’est pas significative (0,79% contre 0,59% en
2006).
Il convient de noter que le dynamisme du tissu économique du district de Bamako cache
toutefois un niveau de pauvreté qui diminue lentement car ayant pour sources, entre autres, un
exode rural massif d’individus arrivant à Bamako et n’ayant, le plus souvent, aucun niveau de
formation ou de qualification pour trouver un emploi décent. Cette thèse a été confirmée par
les résultats du troisième passage de l’EMOP (2019).
![]() |
26 26 |
▲back to top |
19 | P a g e
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Au terme de l’analyse des résultats de l’ISSP aux niveaux national et régional, il ressort
globalement les constats suivants :
- L’ISSP reste relativement moyen au Mali même s’il a connu une légère amélioration
par rapport à 2006. En effet, en 2019 au Mali, un ménage a 56,6% de chance de se
retrouver en situation de non pauvreté qu’il transite ou pas.
- Les politiques publiques de réduction de la pauvreté appuyées par les PTFs, se sont
révélées très efficaces dans la réduction de la pauvreté chronique dans la quasi-totalité
des régions du Mali entre 2006 et 2019. Cependant ces politiques restent encore
insuffisantes pour maintenir de manière durable les populations dans une situation de
non pauvreté.
- Il existe un paradoxe dans la dynamique de pauvreté au niveau régional au Mali. En
effet, les quatre régions où l’ISSP est le plus faible (Sikasso, Ségou, Koulikoro, et
Mopti) sont également parmi les régions créant le plus de richesse au Mali.
- La situation des 4 régions (Sikasso, Koulikoro, Ségou et Mopti) est préoccupante dans
la mesure où depuis la dernière évaluation (en 2015 sur la base des données de 2001 et
de 2006), ce sont les mêmes régions qui présentent à la fois des taux de pauvreté
chronique les plus élevés et des taux de non pauvreté pure les plus faibles au Mali.
Paradoxalement, ces régions sont des zones à fortes activités productives notamment
dans le secteur agricole qui représente le secteur moteur de la croissance économique
au Mali. La situation est encore plus critique pour les régions de Sikasso et Koulikoro.
- La situation du district de Bamako et les régions de Tombouctou et Kayes, est
relativement bonne dans la mesure où ce sont les mêmes régions qui présentent à la
fois des taux de pauvreté chronique les plus faibles et des taux de non pauvreté pure
les plus élevés au Mali.
L’analyse fait aussi état d’un certain dynamisme global de l’économie ainsi que de la
présence d’opportunités et de capacités de créativité des populations maliennes qu’il reste
toujours à promouvoir pour une réduction plus forte et plus durable de la pauvreté et des
inégalités au Mali.
Au regard de ces constats, les recommandations ci-dessous s’avèrent ainsi indispensables
pour des politiques publiques plus efficaces. Il s’agit spécifiquement:
➢ d’accélérer la consolidation de la paix et le renforcement de la sécurité sur toute
l’étendue du territoire, condition sine qua non de tout développement économique et
social ;
➢ d’accélérer les efforts de réduction de la pauvreté dans toutes les régions du Mali en
général, mais en concentrant les efforts essentiellement dans les régions de Sikasso,
Koulikoro, Ségou, et Mopti, notamment en développant des projets à impact rapide
![]() |
27 27 |
▲back to top |
20 | P a g e
particulièrement en faveur des femmes et des jeunes de ces régions, tout en
commençant par les plus vulnérables pour ne laisser personne de côté ;
➢ de promouvoir le développement de la micro-finance et des services bancaires
mobiles afin de soutenir l’entreprenariat et les transactions financières notamment en
milieu rural où vivent 3 maliens sur 4 ;
➢ de mener des études approfondies sur le profil des ménages souffrant de pauvreté dans
les régions de Sikasso, Koulikoro, Ségou, et Mopti, afin d’identifier les causes réelles
de la persistance de la pauvreté dans ces régions et les actions nécessaires pour les
lever ;
➢ d’élaborer et de mettre en œuvre des programmes de développement régional et local
sur la base des opportunités spécifiques régionales (agropoles, zones économiques
spéciales…) dans toutes les régions du Mali ;
➢ d’accroitre les investissements en matière d’infrastructures de désenclavement
intérieur pour faciliter l’écoulement des produits des zones de production vers les
zones de consommation, en concentrant les efforts sur les régions de Sikasso, Ségou,
Koulikoro et Mopti.
En outre, il importe d’intégrer dans les outils de collecte des enquêtes permanentes des
requêtes d’informations sur les transitions dans (en dehors) de la pauvreté et de renforcer les
capacités d’analyses (des vulnérabilités) des acteurs du système de planification stratégique et
statistique y compris au niveau décentralisé.
![]() |
28 28 |
▲back to top |
21 | P a g e
BIBLIOGRAPHIE
Mali, Cellule Technique du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté : Cadre pour la Relance
Economique et le Développement Durable 2019 – 2023
CREFAT – CREG (2017) : Manuel de formation sur les rapports de dimension du dividende
démographique
Mali, Institut National de la Statistique : Rapports de passage de l’enquête modulaire auprès des
ménages 2015 – 2019
Mali, Observatoire National du Dividende Démographique : Rapport d’analyse sur les dynamiques,
transitions et cartographie de la pauvreté au Mali en 2015
Banque Mondiale (2018) : Le Mali face au défi démographique, Rapport d’étude n°44459-ML, dirigée
par J. F. May et B. Cissé
Alkire S. and J. Foster (2007): Counting and multidimensional poverty measurement, Journal of
Public Economics 95(7-8) 2011, 476-487.
Alkire S. and M. E. Santos (2010): Acute Multidimensional Poverty: A New Index for Developing
Countries, Oxford Poverty and Human Development Initiative (OPHI) working paper no. 38.