Avec le soutien de MINISTERE DE L’URBANISME, DE L’HABITAT, DES DOMAINES, DE...

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Avec le soutien de









MINISTERE DE L’URBANISME, DE L’HABITAT, DES DOMAINES,


DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE LA POPULATION












Rapport d’arrimage du DDMI au Budget fonctionnel et Analyse de la


Sensibilité Budgétaire entre 2001 et 2021 au Mali














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TABLE DES MATIERES




SIGLES ET ACRONYMES ........................................................................................................................... 3


LISTE DES FIGURES .................................................................................................................................. 4


Introduction : Background sur le processus de la Budgétisation sensible au Dividende


Démographique (BSDD) .................................................................................. Erreur ! Signet non défini.


Chapitre 1 : Analyse technique des séries de DDMI rétropolées et du budget .................................... 6


Section 1 : Tables de passage DDMI et fonctions budgétaires ......................................................... 6


Section 2 : Analyse des séries des fonctions DDMI (graphique des fonctions de DDMI et


présentation des contributions moyennes quinquennaux) .............................................................. 7


Section 3 : Analyse des séries du budget fonctionnel (graphique des structures des fonctions du


Budget) ................................................................................................................................................ 8


Chapitre 2 : Estimation des élasticités budgétaires et test de Robustesse ........................................ 17


Section 1 : Spécification du modèle ................................................................................................. 17


Section 2 : Estimation des élasticités budgétaires .......................................................................... 19


Section 3 : Test de robustesse des modèles .............................................. Erreur ! Signet non défini.


Chapitre 3 : Prédictions du modèle et analyses ............................................ Erreur ! Signet non défini.


Section 1 : Prédictions du DDMI en fonction du Budget ........................... Erreur ! Signet non défini.


Section 2 : Analyse des élasticités budgétaires par fonction .................... Erreur ! Signet non défini.


Section 3 : Synthèse des résultats .............................................................. Erreur ! Signet non défini.


Chapitre 4 : Observations et Recommandations ........................................... Erreur ! Signet non défini.


Conclusion ....................................................................................................... Erreur ! Signet non défini.


Références bibliographiques .......................................................................... Erreur ! Signet non défini.


Annexes ........................................................................................................... Erreur ! Signet non défini.







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SIGLES ET ACRONYMES




BSDD Budgétisation Sensible au Dividende Démographique


BTP Bâtiment et Travaux Publics


CREG Consortium Régional pour la Recherche en Economie Générationnelle


CREDD Cadre stratégique pour la Relance Economique et le Développement Durable


CSCRP Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté


DDMI Demographic Dividend Monitoring Index


EDS Enquêtes Démographiques et de Santé


IDH Indice de Développement Humain


ISF Indice Synthétique de Fécondité


LOPM Loi d’Orientation et de la Programmation Militaire


ONDD Observatoire National du Dividende Démographique


PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement


RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat


RSD Rapport sur la situation démographique


SWEDD Sahel Women Empowerment and Demographic Dividend




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LISTE DES FIGURES




Figure 1 : Evolution de DDMI sur la période 2001-2021 ................................................................................. 8


Figure 2 : Structure des fonctions budgétaires sur la période 2001-2021 ........................................................ 9


Figure 3 : Evolution des structures des fonctions budgétaires (moyennes quinquennales) ............................ 10


Figure 4 : Evolution de la structure de la composante "Structure de l'économie" sur la période 2001-2021 .. 11


Figure 5 : Evolution de la structure de la composante "Capital Humain" sur la période 2001-2021 .............. 12


Figure 6 : Evolution de la structure de la composante "Réseaux social et professionnel" sur la période 2001-


2021 ................................................................................................................................................................. 13


Figure 7 : Evolution de la structure de la composante "Gouvernance" sur la période 2001-2021 ................ 14


Figure 8 : Structures par nature budgétaire ................................................................................................... 15


Figure 9 : Structures par fonction et nature budgétaire ................................................................................... 16









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Introduction


La République du Mali est un pays sahélien, enclavé, avec une superficie de 1 241 238 km² qui


partage ses frontières avec la Mauritanie, l’Algérie, le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la


Guinée et le Sénégal. Il fait face à une croissance démographique rapide. De 3,5 millions d’habitants


en 1960 (Enquête Démographique de 1960), à 9,8 millions d’habitants (RGPH 1998) pour s’établir à


22,39 millions en 2022 (RGPH 2022) avec un taux d’accroissement intercensitaire de 3,3% sur la


période 2009-2022.


L’analyse de la répartition de la population malienne à travers sa pyramide révèle un pays à population


relativement jeune avec une pyramide à base très large. En 2022, la population âgée de moins de 15


ans représente 47,2% (RGPH 2022) de la population totale contre 46.1% en 1998 (RGPH 1998).


La composition de la population a connu un renversement de tendance entre 1998 et 2022. Si les


femmes (50.5 %) étaient plus nombreuses que les hommes (49.5%) en 1998, telle n’est plus le cas en


2022 car elles sont à 49,7% contre 50,3%. L’économie s’est montrée résiliente en 2022 avec une


croissance positive du PIB en s’établissant à 3,7% contre 3,1% en 2021. Le niveau de pauvreté au


Mali a connu une baisse de 12 points de pourcentage entre 2001 et 2010 passant de 55,6% à 43,6%


(CSCRP/revue annuelle 2012-2017) pour connaitre une légère augmentation de 45,5% en 2022


(Rapport RSD 2022).


L’Indicateur de Développement Humain (IDH) est passé de 0,31 en 2000 à 0,41 en 2022. (Rapport


PNUD 2022). L’espérance de vie à la naissance a connu une augmentation passant de 54,9 en 2005


à 59,4 en 2022 (Rapport PNUD 2022). L’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) a connu une baisse


entre 2001 et 2022 passant de 6,8 à 6 enfants par femme (EDSIII 2001 et EDSVII) 2023.


Le secteur de l’éducation est caractérisé, au niveau de l’éducation préscolaire, par une fréquentation


très faible, 6,92% des enfants de 3 à 6 ans en 2021-2022. Au niveau de l’enseignement fondamental,


le taux brut de scolarisation au fondamental I a évolué entre 2001 et 2022 de 45,1% à 74, 4% et au


fondamental II il est passé de 20.1% à 58,3 % sur la même période (CPS éducation).


Selon le rapport CREDD 2022, les crises successives que traverse le Mali trouvent leurs sources dans


le déficit de gouvernance que connaît le pays. Pour améliorer ce déficit, le gouvernement de la


transition a opéré des changements notoires dans la gouvernance du pays en réussissant (i) le dialogue


national inclusif (14 décembre 2021), la révision de la Constitution à travers un référendum (18 juin


2023), le dialogue inter-Malien pour la paix et la réconciliation (06 au 10 mai 2024).


La Budgétisation sensible au dividende démographique (BSDD) est un processus d’évaluation de la


prise en compte du dividende démographique dans les allocations budgétaires (Pr Latif DRAMANI).


Suite à la mission d’enquête du CREG, une délégation du Mali a participé à la formation sur la


budgétisation sensible au DD, organisée par le CREG en Janvier 2020 au Sénégal.


La BSDD revêt une importance capitale dans l’évaluation de la structure budgétaire et l’orientation


des dépenses publiques. Lancée officiellement en novembre 2021 dans le cadre de la composante 3


du Projet SWEDD, la BSDD a été conçue de manière progressive et concertée avec l’implication


effective des experts des différents pays membres du projet SWEDD, notamment les Observatoires


nationaux du dividende démographique (ONDD) et les ministères sectoriels (santé, éducation, et


budget). Le processus a été harmonisé et validé au niveau régional.




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Le processus de la BSDD inclut l’arrimage des budgets des pays aux différents indicateurs de suivi


du dividende démographique (DDMI). Cet exercice permet à termes d’une part d’identifier le poids


du budget alloué à la capture du dividende démographique. D’autre part il permet de déterminer des


élasticités budgétaires qui vont permettre d’apprécier le comportement des indicateurs de suivi du


dividende démographique suite à une variation du budget. La BSDD est véritable outil d'aide à la


décision qui permet une allocation plus efficace et efficiente du budget afin de capturer le dividende


démographique


Chapitre 1 : Analyse technique des séries de DDMI


Le dividende démographique désigne l'accélération de la croissance économique qui peut résulter


d'une baisse rapide de la fécondité d'un pays et l'évolution ultérieure de la structure par âge de la


population. En d'autres termes, c'est un phénomène économique qui se produit lorsque la proportion


de personnes en âge de travailler (généralement entre 15 et 64 ans) augmente par rapport à celle des


personnes dépendantes (enfants et personnes âgées). Ce chapitre traite le lien entre les sous


dimensions du DDMI et les fonctions budgétaires ; l’analyse des séries des fonctions DDMI et


l’analyse des séries du budget fonctionnel


Section 1 : Tables de passage DDMI et fonctions budgétaires


Les axes stratégiques de développement économique et social des Etats des pays d’études sont


résumés en 04 dimensions à savoir le (i) Capital Humain, (ii) la Gouvernance, (iii) les réseaux


professionnels et sociaux et enfin (iv) la structure de l’économie.


Chaque dimension est composée de deux sous composantes comme l’indique la représentation ci-


après :




L’indicateur de suivi du dividende démographique ou Demographic Dividend Monitoring Index


(DDMI) reprend les aspects de la vie économique et sociale qui entrent dans la capture du dividende


démographique. L’arrimage consiste à affecter les sous dimensions du DDMI aux huit (08) fonctions


budgétaires définies dans le budget fonctionnel.




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La composante Capital Humain regroupe l’ensemble des dépenses de fonctionnement et


d’investissement en santé et en éducation effectuées par l’Etat (tous ministères confondus). Ces


fonctions budgétaires sont arrimées aux sous dimensions santé et éducation du DDMI. Ce sont alors


des fonctions non composites.


La fonction budgétaire Institutions est une fonction non composite de la composante Gouvernance


qui est arrimé à l’indicateur du DDMI, engagement civique. La deuxième fonction budgétaire de cette


composante est liée à la sécurité. Cette fonction considère la sécurité au sens large du terme et est


arrimée au DDMI à travers la combinaison des sous-indicateurs IQCVet sécurité.


La composante Réseaux professionnels et social est composée de la fonction budgétaire réseau social


et réseau professionnel. La première fonction budgétaire est non composite et arrimée au DDMI par


la sous-dimension réseau social. En ce qui concerne la fonction réseau professionnel qui est une


fonction composite, elle est reliée au DDMI par les sous dimensions équilibre travail vie privée et


bien-être subjectif.


La composante structure de l’économie regroupe la fonction budgétaire BTP-Energie auxquelles sont


arrimées les sous-dimensions urbanisation, infrastructure et logement d’une part, et la fonction


économie arrimée au DDMI par la combinaison des sous-dimensions ICDE, ISSP, Niveau de vie,


urbanisation, infrastructure et environnement.


Tableau : Table de passage DDMI et fonctions budgétaires


Composantes du


développement


Fonctions


budgétaires


Sous-Dimensions du DDMI Caractéristiques


Capital Humain
Education Education Non composite


Santé Santé Non composite




Gouvernance


Institutions Engagement civique Non Composite


Sécurité IQCV Composite


Réseaux


Professionnel et


Social


Réseau social Réseau social Non composite


Réseau professionnel


Equilibre travail vie privée +


bien être subjectif (revue de la


littérature)


Composite




Structure de


l’économie


BTP – Energie
Urbanisation + infrastructures +


logement
Composite


Economie


ICDE + ISSP + Niveau de vie +


urbanisation + Infrastructures +


environnement


Composite


Source : CREG, 2024


Section 2 : Analyse des séries des fonctions DDMI


Le dividende démographique désigne l’augmentation du ratio de soutien ainsi que les retombées


économiques qui s’ensuivent.


L’analyse du graphique ci-dessous montre que, le Mali exploite faiblement son potentiel du dividende


démographique dans la mesure où l’indice de suivi du dividende démographique reste inférieur à la


moyenne 50% sur la période 2001-2022 et ce malgré l’ouverture de la fenêtre d’opportunité depuis


1998 et qui devait rester ouverte jusqu’en 2035. Dans un premier temps, on constate une amélioration


du DDMI sur la période allant de 2001 à 2008. A partir de cette date, il évolue en dent de scie jusqu’en


2019. La baisse est beaucoup plus constatée entre 2019 à 2020 avec un écart de 0,071.




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Cette situation du Mali pourrait s’expliquer par une faible qualité du capital humain notamment


l’éducation, la structure de l’économie dans une moindre mesure, la santé jusqu’en 2011et le réseau


social jusqu’en 2008. On constate que sur toute la période que le DDMI est tiré vers le haut par le


réseau professionnel, la sécurité et le réseau social à partir de 2009 avec des baisses par endroit. La


crise multidimensionnelle qu’a connue le Mali a eu des effets négatifs sur le niveau du DDMI et son


évolution.


Les résultats indiquent une nécessité d’investir plus dans les domaines de l’autonomisation (en


particulier des femmes et des jeunes) pour améliorer la couverture de la dépendance économique,


dans le développement économique et enfin, dans les domaines de l’éducation et de la santé pour


renforcer le capital humain. Ces investissements seront toutefois plus rentables si le niveau de


dépendance, donc le rythme de croissance des besoins sociaux est réduit à travers une baisse de la


fécondité des femmes. En effet, le rythme de croissance démographique élevé (3,3%) réduit les


chances du pays de faire du budget un véritable instrument de développement.


Figure 1 : Evolution de DDMI sur la période 2001-2021




Source : CREG : ONDD-Equipe NTA 2024


Section 3 : Analyse des séries du budget fonctionnel


Pour les besoins d’analyse de l’évolution des parts des différentes fonctions budgétaires, il faut noter


que faute de données annuelles fiables entre 2001et 2012 et entre 2013 et 2014, la moyenne annuelle


sur chacune de ces 2 périodes est utilisée.


L’analyse de la structure du budget par fonction entre 2001 et 2021 montre que la part du budget


alloué pour le développement des secteurs de l’économie, de la sécurité et de l’éducation représente


en moyenne 65,86% de l’ensemble du budget national. La part des allocations pour les secteurs de


l’énergie, les bâtiments et travaux publics, aux réseaux sociaux et à la santé est de 20,6% de


l’ensemble du budget national. En ce qui concerne les institutions, les allocations budgétaires en


faveur de ce secteur représentent 12,59%. Cependant, les ressources destinées aux réseaux


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2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022


DDMI_EDUCATION DDMI_ENER/BTP DDMI_ECONOMIE


DDMI_RESOPROF DDMI_SECURITE DDMi_INSTITUTION


DDMI_SANTE DDMI_SOCIAL DDMI_GLOBAL




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professionnels, ne représentent que moins de 1% (0,88%) au cours de la même période. Une


comparaison entre les structures budgétaires des périodes 2001-2021 et 2014-2021, montre que la


structure des budgets n’a pas connu une grande modification. Autrement dit les allocations


budgétaires ont gardé une stabilité durant la période pour les différentes fonctions. Toutefois, les


allocations budgétaires liées à la fonction sécurité et les réseaux sociaux, ont connu une légère hausse


au cours de la 2014-2021 comparées à celle de 2021. En effet, cette augmentation pourrait s’expliquer


en grande partie, par la prise en charge des dépenses publique engagées dans le cadre des mesures de


prévention, de protection de résilience pendant la période de COVID-19. A cela, s’ajoute les dépenses


de sécurité dans le cadre de la réforme de la sécurité.


Figure 2 : Structure des fonctions budgétaires sur la période 2001-2021




Source : CREG : ONDD-Equipe NTA 2024


L’analyse quinquennale de l’évolution de la structure des fonctions budgétaires montre globalement


une évolution presque dans tous les secteurs au cours de la période 2001-2021, excepté la part du


budget alloué réseau social, qui a connu une diminution pour le quinquennat 2016-2019.


En outre nous pouvons constater une importance des efforts en termes d’allocations budgétaires


prioritairement pour les secteurs de l’économie, les énergies bâtiments et travaux publics, la sécurité


et l’éducation. La part des budgets alloués à ces secteurs au cours des périodes considérée (économie,


énergies, bâtiments et travaux publics, sécurité et ’éducation) à varié entre 79 et 80% de l’ensemble


du budget nationale, excepté le quinquennat 2011-2015 où elle a été de 77%. La baisse des allocations


budgétaires observée au cours de ce quinquennat s’expliquerait par la crise multidimensionnelle que


le pays a connue (Instabilité politique et l’invasion du territoire par les groupes armés terroristes). Au


cours de la même période, période les efforts budgétaires pour le secteur de la sécurité ont connu une


diminution en passant de 3,25% au cours du quinquennat 2006-2010 à 2,93% pour le quinquennat


2011-2015. Cependant on peut observer une augmentation des dépenses de sécurité à partir du


quinquennat 2016-2020. Cette importance des allocations budgétaires, en faveur de la sécurité à partir


de 2016 peut être une résultante de la mise en œuvre de la loi d’orientation et de la programmation


militaire (LOPM) 2015-2019. La LOPM envisageait une réforme profonde des armées à travers une


dotation des forces armées et de sécurité en ressources humaines en nombre et en qualité.


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Economie Education Energie, BTP
Institutions Réseau professionnel Réseau social
Santé Sécurité




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Après ces secteurs viennent les secteurs de la santé, le réseau professionnel et les institutions dont les


allocations budgétaires varient entre 20% et 22% par quinquennat observés entre 2001 et 2019 et 19%


pour la seule période 2020-2021.


Quant à la fonction réseau social, elle reste le secteur dont les efforts en termes d’allocations


budgétaire sont marginaux. Par ailleurs nous pouvons constater une évolution en dents de scie suivant


les quinquennats avec des légères variations entre deux périodes. En effet, les allocations budgétaires


laissent observer des légères augmentations des moyennes quinquennales entre 2001 et 2015 en


passant de 0,09% à 0,14% puis à 0,25% respectivement pour 2001-2005 ; 2006-2010 et 2011-2015,


avant de chuter à 0,16% entre 2016-2019. Entre 2020 et 2021 elle change légèrement de trajectoire


pour atteindre 0,19%.


Figure 3 : Evolution des structures des fonctions budgétaires (moyennes quinquennales)




Source : CREG : ONDD-Equipe NTA 2024


Les fonctions Energie/BTP et économie constituent la composante structure de l’économie. De 2001


à 2021, la part des ressources de la fonction économie a connu une baisse avec une croissance annuelle


moyenne de 0,7%. La plus grande part pour l’économie a été constatée en 2015, soit 35,6% et la plus


faible part en 2017 (22,7%). L’analyse de l’évolution du taux de croissance de la part de ressources


de l’économie montre une alternance de hausses entre 2014 et 2015 et 2017 à 2018 avec


respectivement 27,4% et 37,7%. Ensuite des baisses sont constatées pour les autres années surtout en


2017 avec plus de 25%.


Durant la période 2001-2021, la plus faible part du budget alloué à l’énergie/BTP est de 5,6% en 2021


et la plus grande part 14,2% est enregistré en 2014. Et avec une moyenne de 8,7% entre 2001 et 2012.


Cette part a baissé à un rythme annuel moyen de 2,2% entre 2001 et 2021. Entre 2001-2012 et 2013-


2014, la part de l’énergie/BTP dans le budget total du pays a connu une hausse de 62,8%, passant de


8,7% pour la première période à 14,2% pour la seconde période. De même, on constate une


augmentation de 2015 à 2017, passant de 8,2% en 2015, 10,9% en 2016 à 13,1% en 2017 et


inversement, on observe une baisse à partir de 2018 jusqu’à 2021.


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Economie Energie, BTP Santé
Education Réseau social Réseau professionnel
Institutions Sécurité




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Quelle que soit l’année, la part du budget consacré à l’économie est nettement supérieure à celle de


l’Energie/BTP avec un écart moyen de 20,2 points de pourcentage.


Figure 4 : Evolution de la structure de la composante "Structure de l'économie" sur la période


2001-2021




Source : CREG : ONDD-Equipe NTA 2024


Le capital humain est constitué de deux fonctions budgétaires à savoir la santé et l’éducation. Parlant


de la santé, l’analyse du graphique montre que malgré un contexte difficile marqué par les effets de


la crise politique et institutionnelle, d’une part, et de la pandémie de la COVID-19, d’autre part, sur


la période 2001-2021, le Mali a réservé une part de son budget qui varie entre 4,5% en 2018 et 5,9%


en 2017 avec une moyenne de 5,4% entre 2001 et 2012. On constate ainsi une faible variation de la


part de la santé dans le budget même si la tendance globale de cette part est à une légère baisse avec


une décroissance annuelle moyenne de 0,01%. Les baisses sont observées en 2016, 2018 et 2021 avec


respectivement une décroissance de 11,2% ; 24,2% et 5,7%.


Concernant la deuxième composante du capital humain qui est l’éducation, on constate que la part


dans le budget du Mali varie entre 16,2%, sa plus petite valeur observée en 2016, et 19,7% sa plus


grande valeur observée en 2017 et une moyenne annuelle de 18,1% entre 2001 et 2012. La tendance


globale de cette part est à la hausse avec une croissance annuelle moyenne de 0,4% même si on relève


une période de décroissance continue entre 2017 et 2020 dont l’effet est ensuite atténué par


l’accroissement substantiel entre 2020 à 2021 passant de 16,7% en 2020 à 19,5% en 2021. Ailleurs,


nous constatons des baisses allant de 13,6% en 2016 à 1% en 2001.


Quelle que soit l’année, nous constatons que la part du budget accordée à l’éducation est au moins


trois fois supérieure à celle de la santé. Que ce soit la santé ou l’éducation, on note une certaine


constance dans l’intérêt pour le capital humain au regard des allocation des ressources budgétaires de


ces deux secteurs sur la période 2001-2021. Cette situation pourrait s’expliquer par la volonté des


autorités à mettre les secteurs de la santé et de l’éducation au cœur des préoccupations nationales.




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2001-2012 2013-2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021


Economie Energie, BTP




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Figure 5 : Evolution de la structure de la composante "Capital Humain" sur la période 2001-


2021




Source : CREG : ONDD-Equipe NTA 2024


Toute chose étant égale par ailleurs, l’analyse de l’évolution de la structure de la composante


« réseaux social et professionnel » révèle une faible allocation des dépenses de l’Etat aux affaires


sociales et professionnelles durant la période 2001-2021. Cette situation est encore plus vérifiée pour


le réseau professionnel dont la part de budget n’a guère excédé 2% durant la période considérée. La


part du réseau social est plus importante mais se situe la plupart du temps entre 4,6% et 7,4% à


l’exception de l’année 2020 (11%) qui est la seule année où elle franchit la barre des 10%.


Si les parts de ces deux composantes ont toutes une tendance baissière dans le temps, cela est plus


prononcé pour le Réseau professionnel avec une décroissance annuelle moyenne de 2,2% alors la part


du Réseau social ne baisse qu’à un rythme de 0,9% par an en moyenne.


D’ordre spécifique, l’analyse du réseau social montre une situation d’allocation budgétaire à la baisse,


représentant 16,5% en 2015 (passant de 5,5% en 2014 à 4,6% en 2015) et de 7,5% en 2018 (passant


de 5,6% en 2017 à 5,2% en 2018). De même, entre 2020 et 2021, la proportion du budget allouée au


réseau social a diminué de plus de la moitié (52,2%), passant de 11% en 2020 à 5,3% en 2021. La


hausse de la part du budget allouée au réseau social est constatée ailleurs.


Quant au réseau professionnel, la plus forte proportion d’allocation budgétaire est observée en 2013-


2014, après cette période on observe un choc avec des situations parfois stationnaires par endroit.


Exceptée pour les années 2014 et 2015, le budget alloué est moins de 1% quelle que soit l’année. On


constate une légère hausse en 2017, 2018 et 2020.


Quelle que soit l’année, la part du budget alloué au réseau professionnel est nettement inférieur à celle


du réseau social avec un écart moyen de 5,3 points de pourcentage.




0,00%


5,00%


10,00%


15,00%


20,00%


25,00%


2001-2012 2013-2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021


Education Santé




13 13

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13


Figure 6 : Evolution de la structure de la composante "Réseaux social et professionnel" sur la


période 2001-2021




Source : CREG : ONDD-Equipe NTA 2024


La composante gouvernance est représentée par deux fonctions budgétaires à savoir les institutions


et la sécurité. De 2001 à 2021, le taux de croissance annuel moyen de la part du budget alloué à la


fonction institution a une tendance globale à la baisse à un rythme annuel moyen de -0,2%. Au


contraire, la part budgétaire de la sécurité à tendance à augmenter avec un taux de croissance annuel


moyen de 1,7 %. Autrement dit l’Etat a tendance à allouer proportionnellement de plus en plus de


ressources budgétaires à la sécurité et de moins en moins de ressources budgétaires aux institutions


même si le rythme de cette décroissance est moins soutenu que celui de la croissance des ressources


allouées à la sécurité.


Dans l’évolution de la part de budget consacrée à la sécurité, on peut distinguer 4 phases à savoir


entre 2001-2012 et 2013-2014, entre 2014 et 2019, entre 2019 et 2020 et entre 2020 et 2021. La


première phase est caractérisée par une chute importante de la part de budget allouée à la sécurité, de


18,8% à 13,3%. La deuxième phase qui suit a été celle d’une croissance continue d’année en année


pour atteindre 19,3% en 2019. Cette phase de croissance annuelle continue a été interrompue par une


phase de légère baisse à 18,7% en 2020. La quatrième et dernière phase (2020-2021) a vu la part


budgétaire de la sécurité s’accroitre très fortement pour atteindre 26,2% en 2021. Durant la longue


période 2001-2021, la part de budget de la sécurité se serait ainsi située entre 13,3%, sa plus faible


valeur observée en 2013-2014, et 26,2%, sa plus forte valeur observée en 2021.


Concernant la part de budget allouée aux institutions, elle est restée inférieure à celle de la sécurité


sur toute la période à la seule exception de 2013-2014, avec des écarts allant de 0,26 points de


pourcentage en 2016 à 14,18 points de pourcentage en 2021. Elle a varié entre 10,4%, sa plus faible


valeur observée en 2015, et 15,6%, sa plus grande valeur observée en 2016. Jusqu’en 2016, la part de


budget des institutions alterne des hausses et des baisses et à partir 2016 elle entre dans une phase


relativement longue de baisses annuelles continues pour se situer à 10,8% en 2020. Finalement, elle


s’accroit quelque peu entre 2020 et 2021 pour atteindre 12% en 2021.


0,00%


2,00%


4,00%


6,00%


8,00%


10,00%


12,00%


2001-2012 2013-2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021


Réseau professionnel Réseau social




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Figure 7 : Evolution de la structure de la composante "Gouvernance" sur la période 2001-2021




Source : CREG : ONDD-Equipe NTA 2024




La figure ci-dessous révèle la situation des dépenses budgétaires par nature et par groupe d’année.


Cependant, sur l’ensemble des dépenses budgétaires, plus de la moitié (53,5%) est consacrée au


fonctionnement, un peu plus du quart (28,8%) aux investissements et le reste (17,6%) aux transferts.


De 2001 à 2010, la part du budget consacrée au fonctionnement, à l’investissement et aux transferts


sont restés les mêmes, soit respectivement 54,3%, 28,2% et 17,5% mais le fonctionnement représente


plus de la moitié du budget durant cette période.


Cependant, de 2011 à 2015, le budget alloué au fonctionnement a connu une chute passant de 54,3%


(2006-2010) à 46,2% (2011-2015). En revanche, les parts allouées aux transferts et aux


investissements ont augmenté passant de 28,2% à 34,9% pour l’investissement et 17,5% à 18,5%


pour les transferts. Cette baisse de la part allouée au fonctionnement pourrait s’expliquer par la crise


sécuritaire que le Mali a connue et qui a conduit à une absence des administrations dans les régions


du Nord.


De 2016-2019, on constate une augmentation de la part du budget allouée au fonctionnement (49,4%)


et une baisse de celles allouées aux investissements (33,8%) et aux transferts (16,8%). Cette hausse


de la part consacrée au fonctionnement peut être expliquée par la mise en œuvre de la Loi


d’Orientation et de la Programmation Militaire (LOPM) 2015-2019. La LOPM envisageait une


réforme profonde des armées à travers une dotation des forces armées et de sécurité en ressources


humaines en nombre et en qualité.


Cette croissance de la part du budget consacrée au fonctionnement a continué jusqu’à 2021. Pour la


période 2020-2021, environ trois quart (70,3%) des dépenses sont allouées au fonctionnement,


seulement 12,7% aux investissements et 16,9% aux transferts. Cette première proportion est


largement supérieure au poids d’ensemble (53,5%).


0,00%


5,00%


10,00%


15,00%


20,00%


25,00%


30,00%


2001-2012 2013-2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021


Institutions Sécurité




15 15

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15


Par nature des dépenses, on constate une augmentation exponentielle de la proportion du budget


alloué au fonctionnement à partir de 2016. Le phénomène inverse est constaté au niveau des


investissements. En ce qui concerne les transferts, l’écart n’est pas très important entre les tranches


d’années. C’est seulement pour la période 2020-2021 que la part des transferts est supérieure à celle


des investissements.


Figure 8 : Structures par nature budgétaire




Source : CREG : ONDD-Equipe NTA 2024


L’analyse par nature montre que, sur les 56,4% des dépenses du fonctionnement, 14,5% sont destinés


à l’économie, 13,8% à l’éducation, 11,6% à la sécurité et 8% aux institutions. Le réseau social


représente 2,2% tandis que le réseau professionnel ne représente que 0,1% du budget total. Les


dépenses allouées aux investissements (26,2%) sont principalement destinées à l’économie (8,4%) et


à la sécurité (7,6%), en énergie/BTP (4%) et aux institutions (2,7%). Les autres fonctions de dépenses


se répartissent moins de 4% de l’ensemble des dépenses. Sur les 17,4% des dépenses allouées aux


transferts, la plus grande part (6,3%) est destinée à l’économie. Elle est suivie du réseau social (3,7%)


et de l’éducation (2,4%). Les autres fonctions ne représentent que 5% du budget total alloué aux


transferts.


L’analyse par composante, montre que, la structure de l’économie met en évidence les efforts


budgétaires réalisés entre 2001 et 2021. La part du budget allouée à la structure de l’économie


représente 37,5% des dépenses totales avec 29,1% pour la fonction économie et 8,3% pour la fonction


énergie/BTP.


Dans cette composante, le fonctionnement domine avec 17,5%, suivi de l’investissement avec 12,4%


de l’ensemble du budget. Les transferts représentent 7,5% du budget total.


La composante, capital humain permet d’appréhender les secteurs de la santé et de l’éducation. Entre


2001 et 2021, la part du budget national affectée à cette deuxième composante est de 23,5%, dont


5,4% pour la santé et 18,1% pour l’éducation. En revanche, la part des investissements pour les


secteurs de la santé et de l’éducation est moins de 3% et celle des transferts est de 4%. Les allocations


pour le fonctionnement de l’éducation et la santé sont hissées à 16,8% du budget de l’Etat. Cette


5
4


,3
%


5
4


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%


4
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,2
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2
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2 0 0 1 - 2 0 0 5 2 0 0 6 - 2 0 1 0 2 0 1 1 - 2 0 1 5 2 0 1 6 - 2 0 1 9 2 0 2 0 - 2 0 2 1


FON INV TRF




16 16

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16


allocation des ressources montre une marginalisation des investissements et des transferts au profit


du fonctionnement.


A l’opposé du capital humain, le composant réseau social et professionnel montre une importance


des allocations aux transferts. Pour une allocation d’environ 7,4% du budget de l’Etat, les transferts


représentent près de 4,1%, dont 3,7% pour le réseau social et 0,4% pour le réseau professionnel. Les


investissements pour cette composante sont seulement 0,9% dont 0,6% pour le réseau social et 0,3%


pour le réseau professionnel. Les allocations pour les fonctionnements sont plus importantes pour le


réseau social (2,3%) que pour le réseau professionnel (0,1%).


La composante gouvernance couvrant les secteurs institutions et sécurité, est celle qui bénéficie de la


plus grosse part des allocations budgétaires (31,7%). La part de la sécurité est de 19,3% et 12,4%


pour les dépenses des institutions. La part des transferts pour le secteur de la sécurité ne représente


que 0,1% contre 1,7% pour les institutions. Cependant, 11,6% du budget de l’Etat est affecté au


fonctionnement du secteur de la sécurité et 7,6% pour celle des institutions. Quant aux


investissements de la composante gouvernance, ils représentent 10,3%, avec 2,7% et 7,6%


respectivement pour les institutions et la sécurité.


A travers cette à analyse, il ressort une prédominance des affectations budgétaires prioritairement


pour les composantes structure de l’économie (37,5%) et gouvernance (31,7%). La composante


capitale humain est moins priorisée (23,5%) par rapport aux deux premiers précédemment cités. Ces


résultats militent en faveur d’un plaidoyer en faveur de l’investissement en Capital humain au Mali.


Plus particulièrement, il s’agira de la mise en œuvre de politiques de maintien des Garçons, et plus


encore des jeunes filles à l’école, le renforcement du système de santé via le développement des


capacités locales en matière de promotion de la santé de la reproduction, maternelle, infantile et


nutritionnelle pour une meilleure capture du dividende démographique.


Les réseaux social et professionnel est la composante bénéficiant de la plus petite dotation (7,4%) de


l’ensemble du budget de l’Etat, dont plus de la moitié est orienté vers les transferts (4,1%).


Figure 9 : Structures par fonction et nature budgétaire




Source : CREG : ONDD-Equipe NTA 2024


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0
,0


5
%


E C O N O M I E E N E R G I E , B T P S A N T É E D U C A T I O N R É S E A U S O C I A L R É S E A U
P R O F E S S I O N N E L


I N S T I T U T I O N S S É C U R I T É


S T R U C T U R E D E L ' É C O N O M I E C A P I T A L H U M A I N R É S E A U S O C I A L E T
P R O F E S S I O N N E L


G O U V E R N A N C E


FON INV TRF




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17




Chapitre 2 : Estimation des élasticités budgétaires et test de Robustesse


Pour analyser les effets des natures des dépenses budgétaires sur les composantes du DDMI,


dans ce chapitre nous présentons le modèle d’estimation des élasticités budgétaires, l’analyse


des résultats économétriques du modèle et il se termine par des tests de robustesses.


Section 1 : Spécification du modèle


Soit Y, l’Indice synthétique de suivi du dividende démographique ou demographic dividend


monitoring index (DDMI). Nous supposons que la production des biens et services publics prends la


forme d’une fonction de Cobb Douglas. Ainsi :


𝑌 = 𝐴𝐾𝛼𝐿𝛽 (1)


Encadré : La fonction de production Cobb Douglass


En général, une fonction de production est une spécification de la façon dont la quantité de production


se comporte en fonction des intrants utilisés dans la production. Ce concept peut être appliqué au


niveau des entreprises individuelles, des industries ou des économies entières.


En économie, la forme fonctionnelle Cobb-Douglas des fonctions de production est largement utilisée


pour représenter la relation entre une production et des intrants. Elle a été proposée par Knut Wicksell


(1851 - 1926) et testée sur la base de données statistique par Charles Cobb et Paul Douglas en 1928.


La fonction utilisée par les auteurs pour modéliser la production se présente comme suit :


𝑃(𝐿, 𝐾) = 𝐴𝐿𝛼𝐾𝛽


où :


- P = production totale (la valeur monétaire de tous les biens produits au cours d'une année)


- L = facteur travail (le nombre total d'heures-personnes travaillées au cours d'une année)


- K = apport en capital (la valeur monétaire de toutes les machines, de tous les équipements et de tous


les bâtiments)


- A la productivité totale des facteurs


- 𝛼 𝑒𝑡 𝛽 sont les élasticités de production du travail et du capital, respectivement. Ces valeurs sont
des constantes déterminées par la technologie disponible.


L'élasticité de la production mesure la réactivité de la production à un changement des niveaux de


travail ou de capital utilisés dans la production, toutes choses égales par ailleurs.


Du capital utilisé dans la production, toutes choses égales par ailleurs. Par exemple, si α = 0,15, une


augmentation de 1 % du travail entraînera une augmentation d'environ 0,15 % de la production.


De plus, si :


𝛼 + 𝛽 = 1 , la fonction de production a des rendements d'échelle constants. En d'autres termes, si L
et K augmentent chacun de 20 %, P augmente de 20 %.




18 18

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18


Les rendements d'échelle : La réaction de la production à un accroissement simultané de tous les facteurs


de production (K et L) dans une même proportion.
Les rendements à l’échelle peuvent être : Constants ; Croissants et Décroissants


Les rendements à l’échelle constants


La production s’accroît proportionnellement à l’augmentation des facteurs de production


Si on modifie l’échelle de tous les facteurs de production d’un certain facteur t, la quantité produite est


multipliée par t.


Les rendements à l’échelle croissants


La production s’accroît plus que proportionnellement à l’augmentation des facteurs de production, Si on


modifie l’échelle de tous les facteurs de production d’un certain facteur t, la quantité produite est


multipliée par plus que t


Les rendements à l’échelle décroissants


La production s’accroît moins que proportionnellement à l’augmentation des facteurs de production Si on


modifie l’échelle de tous les facteurs de production d’un certain facteur t, la quantité produite est


multipliée par moins que t.


Ou soit une fonction homogène de degré m


- Le rendement d’échelle est croissant si m > 1


- Le rendement d’échelle est décroissant si m < 1


- Le rendement d’échelle est constant si m = 1




Nous considérons les fonctions économiques et budgétaires retenues dans la transformation


budgétaire. En remplaçant la variable dépendante par le DDMI, et les variables indépendantes par les


budgets fonctionnels des secteurs et en supposant qu’il n’y a pas de report de dépense, nous avons :


log 𝐷𝐷𝑀𝐼𝑗 = 𝛽𝑗 log 𝐷𝐸𝑃𝑗 (2)




log 𝐷𝐷𝑀𝐼𝑗 = 𝛼1 log I𝐹𝑜𝑛𝑐𝐽 + 𝛼2 log I𝐼𝑛𝑣𝐽 + 𝛼3 log I𝑇𝑟𝑓𝐽 (3)




I(𝐹𝑜𝑛𝐽) =
𝐹𝑜𝑛𝑐𝐽


𝐷𝐸𝑃𝐽
(4)




I(𝐼𝑛𝑣𝐽) =
𝐼𝑛𝑣𝐽


𝐷𝐸𝑃𝐽
(5)




I(Trf𝐽) =
𝑇𝑟𝑓𝐽


𝐷𝐸𝑃𝑗
(6)




𝐷𝐸𝑃𝑗 = 𝐹𝑜𝑛𝑐𝑗 + 𝐼𝑛𝑣𝑗 + 𝑇𝑟𝑓𝑗 (7)




19 19

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Avec j = fonctions budgétaires au nombre de 08 : Santé, Education, Institutions, sécurité, Réseaux


social, réseaux professionnel, BTP-Energie et Economie.


𝐹𝑜𝑛𝑐𝑗 : Budget Fonctionnement j


𝐼𝑛𝑣𝑗 : Budget d’Investissement j


𝑇𝑟𝑓𝑗 : Budget de Transfert j


𝐹𝑜𝑛𝑐𝑗 , 𝐼𝑛𝑣𝑗 𝑒𝑡 𝑇𝑟𝑓𝑗 , constituent les 03 natures du budget pour chaque fonction j.




Comme nous avons 08 fonctions, et que chaque fonction nécessite 06 équations, nous aurons au total


6x8 soit au total 48 équations.


Par ailleurs, pour chaque année, on doit avoir les identités de convergence suivantes :


∑ 𝐷𝐸𝑃𝑗
8
𝐽=1 = 𝐵𝑢𝑑𝑔𝑒𝑡 𝑒𝑥é𝑐𝑢𝑡é (8)


L’estimation est faite via le modèle à équations simultanées ou via le module modèle de Eviews.


𝑙𝑜𝑔 𝐷𝐷𝑀𝐼𝐽 = 𝛽𝑗 𝑙𝑜𝑔 𝐷𝐸𝑃𝑗 (9)


𝐷𝐸𝑃𝑗 = 𝐹𝑜𝑛𝑐𝑗 + 𝐼𝑛𝑣𝑗 + 𝑇𝑟𝑓𝑗 (10)


𝐹𝑜𝑛𝑐𝑗
′ =


𝐹𝑜𝑛𝑐𝑗


𝐷𝐸𝑃𝑗
(11) ; 𝐼𝑛𝑣𝑗


′ =
𝐼𝑛𝑣𝑗


𝐷𝐸𝑃𝑗
(12) ; 𝑇𝑟𝑓𝑗


′ =
𝑇𝑟𝑓𝑗


𝐷𝐸𝑃𝑗
(13)


Ou choisir une année de référence


𝐷𝐷𝑀𝐼𝑗 = 𝐷𝐷𝑀𝐼 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑓𝑜𝑛𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑗; (14)


𝐴𝑣𝑒𝑐 𝑗 = 1 à 8


𝐷𝐸𝑃𝑗 = 𝐵𝑢𝑑𝑔𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑓𝑜𝑛𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑗 (15)


Par définition on a :


𝐷𝐸𝑃𝑗 = 𝐹𝑜𝑛𝑐𝑗 + 𝐼𝑛𝑣𝑗 + 𝑇𝑟𝑓𝑗 , à chaque instant t. (16)


Section 2 : Estimation des élasticités budgétaires


Les élasticités budgétaires mesurent l’impact relatif d’une variation des dépenses publiques (par


fonction et nature) sur le niveau du DDMI. Une élasticité de 1 signifie qu’une augmentation de 1 %


du budget entraîne une augmentation de 1 % du DDMI.


Le tableau suivant synthétise les élasticités estimées :


Fonction budgétaire Fonctionnement (FON) Investissement (INV) Transferts (TRF)


Éducation 2,16 0,21 0,21


Santé 0,51 0,14 0,25


Économie 0,26 0,17 0,36


BTP-Énergie 0,36 0,27 0,15


Réseau professionnel 0,07 0,14 0,15


Réseau social 0,17 0,02 0,90


Institutions 0,15 0,24 0,21


Sécurité 0,31 0,30 0,19




Source : CREG : ONDD-Equipe NTA 2024





20 20

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20


L’élasticité du fonctionnement (2,16) dans la fonction éducation est la plus élevée de toutes. Cela


signifie qu’une augmentation de 1 % du budget de fonctionnement en éducation entraîne une


augmentation de 2,16 % du DDMI. Le secteur de l’éducation apparaît donc stratégiquement


prioritaire pour la capture du dividende démographique. Les investissements (0,21) et les transferts


(0,21) ont un effet positif mais marginal.


Le fonctionnement (0,51) dans la fonction santé est sensibilité modérée, mais positive.


Transferts (0,25) supérieur aux investissements (0,14) traduit que la logique sociale ou préventive de


la santé a plus d’effet sur le DDMI que les infrastructures pures.


Cette analyse montre que les politiques de fonctionnement (enseignants, personnel, fonctionnement


courant) ont un effet très supérieur aux infrastructures (constructions d’écoles ou hôpitaux), traduisant


une primauté de l’efficacité opérationnelle.


2. Structure de l'économie (Économie et BTP-Énergie)


On observe une faible élasticité du fonctionnement (0,26), par rapport aux investissements (0,17).


Cependant, on note une forte élasticité des transferts avec 0,36. Cela révèle que les redistributions


économiques ciblées (ex : aides aux entreprises, subventions sociales) ont un effet indirect plus


marqué sur le développement démographique.


Au niveau de BTP Energie, les élasticités sont modérées pour le fonctionnement (0,36),


investissement (0,27) et les transferts (0,15). Ce secteur a un effet stabilisateur, sans être moteur


direct. Il s'agit d’un levier de soutien structurel.


Cette situation révèle que la structure de l’économie est importante mais ne génère pas une


transformation rapide du DDMI. Il faut la combiner à des politiques plus ciblées sur le capital humain.


Le réseau social présente une très forte élasticité des transferts : 0,90. C’est la deuxième composante


plus forte après l’éducation. Cela indique qu’un accroissement des programmes sociaux (allocations,


aides communautaires, actions sociales) est hautement efficace pour réduire la dépendance


économique.


Quant au réseau professionnel il marque des élasticités très faibles pour le fonctionnement (0,07),


l’investissement (0,14) et les transferts (0,15). Ce secteur semble sous-investi, et probablement sous-


performant dans le contexte actuel du Mali.


Nous constatons que le réseau social est hautement sensible aux politiques de transferts, tandis que le


réseau professionnel est négligé, alors qu’il pourrait être vecteur de croissance inclusive (emploi des


jeunes, femmes, entrepreneuriat).


La fonction Institutions montre des élasticités modérées et équilibrées : fonctionnement (0,15),


investissement (0,24), transferts (0,21). Cela montre que la gouvernance a un effet diffus mais positif.


Ce qui suggère une meilleure performance de l’administration qui se répercute indirectement sur le


DDMI.


Pour la fonction Sécurité, le fonctionnement (0,31) ; l’investissement (0,30) et les transferts : 0,19.


Ces élasticités significatives, surtout pour les investissements, peut être probablement du fait des


programmes de la LOPM (modernisation des forces). Ce résultat montre que la stabilité sécuritaire


influence le climat socioéconomique favorable à la capture du dividende démographique. La sécurité




21 21

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21


et les institutions soutiennent ainsi le DDMI à travers un effet de fond sur la stabilité et la


gouvernance. Ce sont des préconditions au développement plus que des leviers immédiats.


Conclusion Générale


L’analyse de l’arrimage du Demographic Dividend Monitoring Index (DDMI) au budget fonctionnel


du Mali révèle une dynamique budgétaire encore peu optimale pour capter pleinement le dividende


démographique. Malgré l'ouverture de la fenêtre d’opportunité depuis 1998, le DDMI du Mali reste


en moyenne inférieur à 50 %, traduisant une faible exploitation du potentiel démographique.


La répartition fonctionnelle du budget sur la période 2001-2021 montre une nette priorité accordée à


la structure de l’économie (37,5 %) et à la gouvernance (31,7 %), au détriment du capital humain


(23,5 %) et des réseaux social et professionnel (7,4 %). Or, les analyses d’élasticité démontrent que


c’est l’éducation, suivie des programmes sociaux (réseau social) et de la santé, qui génèrent les effets


les plus significatifs sur l’évolution du DDMI.


Les dépenses de fonctionnement, en particulier dans l’éducation (élasticité de 2,16), s’avèrent


beaucoup plus efficaces que les investissements ou les transferts. Cela souligne la nécessité de


renforcer les capacités humaines (enseignants, personnel de santé, etc.) plutôt que de se limiter aux


infrastructures.De même, les transferts sociaux dans les réseaux communautaires affichent une


élasticité très élevée (0,90), ce qui plaide pour des politiques sociales ciblées comme leviers puissants


pour réduire la dépendance économique.


À l’inverse, certaines fonctions comme le réseau professionnel affichent une très faible sensibilité


budgétaire, indiquant soit un manque d’investissement, soit une inefficience des ressources


allouées.En somme, la transformation fonctionnelle du budget devrait s’orienter davantage vers


l’investissement humain, avec une attention particulière aux politiques de formation, autonomisation


des jeunes et des femmes, accès équitable à la santé et à l’éducation, et un appui accru aux filets


sociaux.


La sécurité et la gouvernance, bien que nécessaires, doivent s’articuler comme des préconditions à la


captation du dividende démographique, mais ne peuvent, à elles seules, garantir une croissance


inclusive.


Ces résultats ont conduit à quelques recommandations stratégiques :


- Prioriser durablement l’éducation, notamment les dépenses de fonctionnement (recrutement,


formation, motivation des enseignants), qui affichent une forte élasticité (2,16).


- Renforcer la santé préventive et communautaire, en optimisant les transferts sociaux de santé


(élasticité 0,25) et en améliorant l’accès aux soins de base.


- Favoriser la scolarisation des filles et la santé reproductive, leviers essentiels pour réduire la


dépendance démographique.


- Développer des programmes de filets sociaux (aides aux familles, transferts monétaires


conditionnels), surtout en lien avec les réseaux sociaux communautaires (élasticité des transferts :


0,90).


- Mettre en place des mécanismes de soutien aux populations vulnérables dans les zones rurales et


périurbaines.




22 22

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22


- Investir dans l’employabilité des jeunes et des femmes à travers des formations techniques et


professionnelles.


- Soutenir l’entrepreneuriat et les TPE comme leviers d’inclusion économique.


- Repenser les allocations budgétaires à ce secteur (faible élasticité actuelle), en le considérant comme


un futur moteur de croissance.


- Instituer un cadre de budgétisation sensible au dividende démographique dans la planification


pluriannuelle du budget d’État.


5. Améliorer la gouvernance des dépenses publiques


- Renforcer l’efficacité et la transparence dans l’exécution budgétaire, notamment dans les fonctions


éducation, santé et transferts sociaux.


- Promouvoir une culture de performance dans les administrations, avec des indicateurs de suivi du


DDMI intégrés aux outils de pilotage budgétaire.


- Former les cadres nationaux à la budgétisation sensible au dividende démographique (BSDD).


- Instituer un dispositif d’analyse des élasticités budgétaires de façon régulière pour orienter les


décisions de politique économique.







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Bibliographie


CREG (2024). Rapport provisoire d’arrimage du DDMI au Budget fonctionnel et analyse de la


sensibilité budgétaire entre 2001 et 2021 au Mali.


CSCRP. (2012-2017). Revue annuelle du Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la


Pauvreté.


DRAMANI, L. (2024). Budgétisation sensible au dividende démographique. CREG.


EDS III (2001) & EDS VII (2023). Enquêtes Démographiques et de Santé. République du Mali.


PNUD (2022). Rapport sur le développement humain au Mali. Programme des Nations Unies pour le


Développement.


RGPH (1998, 2022). Recensement Général de la Population et de l’Habitat. République du Mali.


RSD (2022). Rapport sur la Situation Démographique. Observatoire National du Dividende


Démographique (ONDD).


CPS Éducation (2022). Rapport sur les indicateurs éducatifs. Cellule de Planification et de Statistique,


Ministère de l’Éducation Nationale.