Avec le soutien de MINISTERE DE L’URBANISME, DE L’HABITAT, DES DOMAINES, DE...

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Avec le soutien de








MINISTERE DE L’URBANISME, DE L’HABITAT, DES DOMAINES,


DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE LA POPULATION












DIMENSION 4 DE SUIVI DU DIVIDENDE


DEMOGRAPHIQUE


Développement Humain Elargi au Mali








Rapport d’analyse




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i


Contenu
Liste des tableaux ..................................................................................................................... ii


Liste des graphiques ................................................................................................................. ii


SIGLES ET ABREVIATIONS .............................................................................................. iii


RÉSUMÉ ................................................................................................................................... v


INTRODUCTION .................................................................................................................... 2


1. DEVELOPPEMENT HUMAIN, ODD ET CADRE DE DEVELOPPEMENT AU


MALI ......................................................................................................................................... 4


1.1. Liens entre le développement humain et les objectifs de développement durable ...... 4


1.2. Liens entre le développement humain et le CREDD ................................................... 5


2. ANALYSE DE LA SITUATION DE SANTE, D’EDUCATION ET DE REVENU


AU MALI .................................................................................................................................. 6


2.1. Etat de santé des populations ....................................................................................... 6


2.1.1. Espérance de vie et ratio de personnel de santé ................................................... 6


2.1.2. Santé maternelle et infantile ................................................................................. 7


2.1.3. Accès à l’eau et assainissement .......................................................................... 10


2.2. Performances dans le secteur de l’éducation ............................................................. 10


2.2.1. La fréquentation scolaire .................................................................................... 10


2.2.2. Alphabétisation et enseignement supérieur ........................................................ 13


2.3. Le niveau de vie des populations ............................................................................... 13


2.3.1. Pauvreté et inégalités .......................................................................................... 14


2.3.2. Accès au marché de l’emploi ............................................................................. 15


3. METHODOLOGIE DE MESURE DE L’INDICATEUR DE DEVELOPPEMENT


HUMAIN ETENDU (IDHE) ................................................................................................. 16


3.1. Les sous dimensions de l’IDHE ................................................................................ 16


3.1.1. Indice de santé .................................................................................................... 16


3.1.2. Indice de l’éducation .......................................................................................... 17


3.1.3. Indice de niveau de vie ....................................................................................... 19


3.2. Calcul de l’Indice de Développement du capital Humain Etendu (IDHE) ............... 19


3.3. Indice de Développement Humain Elargi (IDHE) au Mali : résultats et analyses .... 20


3.3.1. L’IDHE au niveau national ................................................................................ 20


3.3.2. Analyse régionale de l’IDHE ............................................................................. 21


CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS .................................................................... 24





3 3

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ii


Liste des tableaux


Tableau 1 : Répartition du ratio de personnel de santé par région en 2018 .......................................... 7


Tableau 2 : Indicateurs de santé de la reproduction, maternelle et infantile en 2018 ............................ 9


Tableau 3 : Indices de pauvreté par région (%) ................................................................................... 14


Tableau 4 : Indicateurs de calcul de l’indice de la santé ...................................................................... 16


Tableau 5 : Indicateurs de l’indice de l’éducation................................................................................ 18


Tableau 6 : Indicateur de l’indice du niveau de vie .............................................................................. 19






Liste des graphiques


Graphique 1 : Accouchements assistés par du personnel qualifié ou formé (par région, 2018) ............ 8


Graphique 2 : Tendances de la mortalité des enfants ............................................................................. 9


Graphique 3 : Taux brut de scolarisation au premier cycle fondamental ............................................ 11


Graphique 4 : Taux d'achèvement au premier cycle fondamental ........................................................ 12


Graphique 5 : Taux de chômage par milieu et sexe (%) ....................................................................... 15


Graphique 6 : L’IDHE et ses sous-dimensions ..................................................................................... 20


Graphique 7 : IDHE par région (2019) ................................................................................................ 21


Graphique 8 : Indice de santé par région (2019) .................................................................................. 22


Graphique 9 : Indice de niveau de vie par région (2019) ..................................................................... 22







4 4

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iii


SIGLES ET ABREVIATIONS


AMO : Assurance Maladie Obligatoire


BM : Banque Mondiale


CEDEAO : Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest


CPS : Cellule de Planification et de Statistique


CPS-SE : Cellule de Planification et de Statistique du Secteur de l’Education


CREDD : Cadre stratégique pour la Relance économique et le Développement Durable


CSCom : Centre de Santé Communautaire


EDS : Enquête Démographique et de Santé


EMOP : Enquête Modulaire et Permanente auprès des Ménages


ICONST : Indice de niveau de vie


IDH : Indice du Développement Humain


IE : Indice Education


IEVN : Indice de l’Espérance de Vie à la Naissance


INSTAT : Institut National de la Statistique


IS : Indice de Santé


ISF : Indice Synthétique de Fécondité


ISFN : Indice Synthétique de Fécondité Normalisé


MICS : Enquête par grappes à indicateurs multiples


ODD : Objectifs du Développement Durable


OMS : Organisation Mondiale de la Santé


PIB : Produit Intérieur Brut


PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement


PPA : Parité du Pouvoir d’Achat


RAMED : Régime d’Assistance Médicale


RGPH : Recensement Général de la Population et de l'Habitat


SRMIN : Santé de la Reproduction Maternelle, Infantile et Nutritionnelle


SWEDD : Sahel Women's Empowerment and Demographic Dividend Project / Projet régional


pour l’autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel


TBS : Taux Brut de Scolarisation


TNS : Taux Net de Scolarisation


UEMOA : Union Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest


UNDAF : Plan Cadre des Nations Unies d'Assistance au Développement


UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture


UNFPA : Organisation des Nations Unies pour la Population




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iv


La production de ce rapport a été rendue possible grâce au travail conjoint de l’équipe de


l’Observatoire national du Dividende démographique (ONDD) et du groupe d’experts


nationaux sur les comptes nationaux de transfert.


La production de ce rapport sur le développement humain élargi et des rapports des autres


dimensions du dividende démographique (couverture de la dépendance économique, qualité


du cadre de vie, transitions de la pauvreté, et réseaux et territoires), s’inscrit dans le cadre des


missions dévolues à l’ONDD, incluant la production périodique et la diffusion des rapports de


suivi du dividende démographique au Mali. La production de ces rapports a bénéficié des


appuis financier et technique du projet régional « Autonomisation des Femmes et Dividende


Démographique au Sahel (SWEDD) » à travers sa composante 3 et du Fonds des Nations


Unies pour la Population (UNFPA). Le Consortium régional de Recherches en Economie


générationnelle (CREG / Sénégal) a apporté un important soutien méthodologique aux


travaux d’analyses de l’ONDD et de l’Equipe nationale NTA.





6 6

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v


RÉSUMÉ


Ce rapport traite de la quatrième dimension du suivi du dividende démographique à savoir le


Développement du capital Humain Etendu (IDHE) au Mali en 2019. Sa mesure fait référence à


l’Indicateur du Développement Humain (IDH) du PNUD auquel est intégrée la notion de


fécondité.


L’IDHE fait ressortir le niveau de performance d’un pays en termes de niveau de vie,


d’éducation et de santé tout en prenant en compte le niveau de fécondité. Pour chacune de


ces sous dimensions, un indice est calculé. L’IDHE est donc un indice composite des indices de


santé, éducation, niveau de vie avec une valeur comprise entre 0 et 1 (ou entre 0% et 100%).


Plus sa valeur est élevée, plus le pays est performant en termes de développement humain


élargi.


En 2019, l’IDHE du Mali est de 0,40 ; ce qui indiquant un niveau faible de développement


humain élargi. Son analyse désagrégée a permis de dégager des disparités entre les régions et


d’apprécier les déterminants du niveau des indices de santé, d’éducation et de niveau de vie


par région. Le district de Bamako et la région de Kidal présentent les indices de


développement humain les plus élevés tandis qu’ils sont les plus bas pour les régions de


Mopti, de Sikasso et de Koulikoro.


Pour réduire efficacement la pauvreté et les inégalités, le Mali doit accroître les


investissements dans la santé, l'éducation et la formation professionnelle pour développer les


ressources humaines compétentes qui contribueront à une transformation structurelle


durable de son économie permettront l’atteinte des Objectifs du Développement Durable


(ODD).







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vi


Fiche synoptique : Capital humain élargi au Mali (2019)


CAPITAL HUMAIN ETENDU AU MALI – 2019
Indicateur synthétique de développement du capital humain étendu (IDHE) en (%)


IS (Indice de santé) 44


IE (Indice de l’éducation) 27


ICONST (Indice de consommation par tête) 50


Indice Synthétique du Développement Humain


Elargi (IDHE)
0,39




Indices de développement du capital humain étendu par région (en %)


Indice de santé (en %) Indice du niveau de vie (en %)


Région Indice Santé (%) Région Indice Niveau de vie (%)


Bamako 80 Bamako 74


Kayes 48 Kayes 57


Koulikoro 63 Koulikoro 44


Sikasso 43 Sikasso 46


Ségou 52 Ségou 46


Mopti 37 Mopti 48


Tombouctou 36 Tombouctou 60


Gao 52 Gao 49


Kidal 94 Kidal 100


Indice Education (en %) Indice Développement Humain Elargi (en %)


Région Indice Education (%) Région Indice Education (%)


Bamako 27 Bamako 54


Kayes 27 Kayes 42


Koulikoro 27 Koulikoro 42


Sikasso 27 Sikasso 37


Ségou 27 Ségou 40


Mopti 27 Mopti 36


Tombouctou 27 Tombouctou 38


Gao 27 Gao 41


Kidal 27 Kidal 63


Source : ONDD et Equipe Nationale NTA, à partir des données EMOP 2019 et annuaires statistiques


Note : Les données désagrégées ne sont pas disponibles pour ce qui concerne les composantes


de l’indice « Education » telles que la durée moyenne de scolarisation et la durée attendue de


scolarisation. L’indice d’éducation obtenu pour le niveau national (0,27) a donc été affecté


arbitrairement à chacune des régions.





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2


INTRODUCTION


Le dividende démographique se définit comme le gain de croissance économique induit par


un changement dans la structure par âge de la population. Dans le cadre des travaux


méthodologiques et des réflexions scientifiques organisés par des équipes de pays du Sahel et


du Centre régional de recherches en économie générationnelle (CREG), cinq dimensions ont


été retenues pour suivre la trajectoire du dividende démographique dans un pays. Il s’agit du


« Déficit du cycle de vie », de la « Qualité du cadre de vie », de la « Dynamique de la


pauvreté », du « Développement humain étendu » et des « Réseaux et territoires ». Ces


rapports sont produits par des équipes des observatoires nationaux du dividende


démographique (ONDD) appuyés par les équipes nationales sur les comptes nationaux de


transfert et les experts du CREG. Le présent rapport traite de la quatrième dimension à savoir


le « Développement du capital Humain Etendu » au Mali. Sa mesure fait référence à


l’Indicateur du Développement Humain (IDH) du PNUD auquel est intégrée la notion de


fécondité.


Le capital humain est l’ensemble des capacités productives qu’un individu acquiert. Il


recouvre les connaissances, les qualifications, les compétences et les autres qualités souvent


subjectives qui favorisent le bien être personnel, social et économique. Il permet d’apprécier


le développement humain et dans une large mesure, le développement économique d’un pays.


En effet, les pays à développement humain élevé sont aussi des pays réputés pour la qualité de


leur système de gouvernance. Ces pays offrent des services socio - sanitaires et des


infrastructures éducatives de qualité à leurs citoyens et se caractérisent par une productivité


élevée.


Avec un indice de développement humain (IDH) passant de 0,40 à 0,43 entre 2010 et 2017 à


0,42 en 2018 (PNUD, Rapport sur le développement humain, 2019), le Mali fait partie du


groupe des pays à faible développement humain. Cette valeur de l’IDH attribue au Mali le


184ème rang sur 189 pays classés. Ajusté aux inégalités, l’indice est seulement de 0,27 en


2017, faisant du Mali un pays où le développement humain est faible et les inégalités fortes,


malgré les résultats engrangés, depuis la mise en œuvre des différentes générations de la


stratégie de réduction de la pauvreté.


La structure de la population malienne caractérisée par une couche très jeune et en rapide


croissance implique d’investir dans le capital humain pour capturer le dividende


démographique, dans un contexte où la structure de production, faiblement créatrice


d’opportunités économiques, n’évolue pas significativement. La question démographique


nécessite également de prendre en compte la répartition inégale de la population sur le


territoire ainsi que la question d’une urbanisation insuffisamment encadrée.


En dépit des efforts consentis, le système de santé se caractérise par une faible couverture


sanitaire, un accès inégal aux soins de santé et des indicateurs de santé de la mère et de


l’enfant en bonne progression mais en deçà des objectifs nationaux et internationaux. La


qualité du capital humain est également affectée par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle,


en particulier des enfants.




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3


L’éducation et la formation professionnelle sont des secteurs qui connaissent une insuffisance


dans l’accès et la qualité et en termes d’alignement entre formation et besoins de l’économie


nationale en ressources humaines. Par ailleurs, les filières de formation développées dans les


établissements d’enseignement technique et professionnel présentent une disparité


significative entre formations industrielles et tertiaires. Ces dernières, moins nombreuses,


accueillent davantage d’élèves que les filières industrielles qui offrent plus d’opportunités


d’emplois sur le marché du travail.


Pour réduire efficacement la pauvreté et les inégalités, le Mali doit accroître les


investissements dans la santé, l'éducation et la formation professionnelle pour développer les


ressources humaines compétentes qui contribueront à une transformation structurelle durable


de son économie permettront l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD).


Ce rapport sur le « Développement Humain Etendu » est structuré en cinq parties. La


première partie présente les concepts clés en matière de développement humain. La deuxième


partie fait un état des lieux en matière de santé, d’éducation et de niveau de vie au Mali. La


troisième partie explique la méthodologie de calcul de l’indicateur de développement humain


et les données utilisées. Les résultats obtenus et leur analyse sont présentés en quatrième


partie suivis de quelques recommandations de politiques publiques.





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4


1. DEVELOPPEMENT HUMAIN, ODD ET CADRE DE


DEVELOPPEMENT AU MALI


Le Programme des Nations Unies pour le Développement définit le développement humain


comme « un processus qui conduit à l’élargissement des choix offerts à chacune et à chacun.


Pour qu’il y ait développement humain, les individus doivent influer sur les processus qui


déterminent leur vie. Dans ce contexte, la croissance économique est un facteur important du


développement humain mais elle n’en est pas la finalité. La notion de développement humain


fait référence au développement des individus par la création de capabilités humaines, au


développement par les individus par leur participation active aux processus qui déterminent


leur vie et au développement pour les individus par l’amélioration de leur vie. Elle transcende


les approches traditionnelles du développement, notamment par les ressources humaines, les


besoins essentiels et le bien-être humain. »


Sur le plan de la recherche scientifique, toutes les investigations concluent à une relation


positive entre le niveau d’instruction et de santé et le développement dans un pays. Par


exemple, il est généralement admis que les programmes de vaccination, de santé de la


reproduction et de nutrition améliorent à terme les capacités cognitives et les rendements


économiques des futures populations actives que sont les enfants.


Des économistes comme A. Smith (1776), G. Becker (1964), Schultz (1962) et plusieurs


autres trouvent qu’une grande partie de la croissance économique et du développement a pour


source la qualité du capital humain à travers les effets directs et indirects de l’éducation et de


la santé. Le capital humain devient, dans les récents modèles de croissance endogène (P.


Romer, 1986), une variable explicative de la croissance économique tout comme le capital


physique, le travail, l’innovation et l’action publique.


Plusieurs instruments ont été utilisés pour mesurer le niveau de développement humain dans


les pays. Le plus utilisé, l'indice de développement humain (IDH), est un indice statistique


composite développé par les économistes A. Sen et A. Haq (1990) et utilisé par le PNUD pour


évaluer le niveau de développement humain dans les pays. Son calcul prend en compte trois


dimensions : (i) le produit national brut par habitant qui exprime la capacité à avoir un niveau


de vie décent, (ii) l'espérance de vie à la naissance (qui exprime la capacité à vivre longtemps


et en bonne santé) et (iii) la durée moyenne de scolarisation qui exprime la capacité à acquérir


des connaissances. L’indice sexo-spécifique du développement humain (IDG), dérivé de


l’IDH, prennent en compte les inégalités entre hommes et femmes.


Dans le cadre de cette étude, la mesure de l’indice de développement humain élargi utilise les


mêmes indicateurs que l’IDH auxquels il ajoute l’indice synthétique de fécondité pour tenir


compte du poids et des effets de la structure démographique.


1.1.Liens entre le développement humain et les objectifs de développement durable


L’indicateur de développement humain comme l’indicateur de développement humain étendu


ont des liens directs évidents avec les ODD 1 (élimination de la pauvreté), l’ODD 3


(amélioration de la santé et du bien-être), l’ODD 4 (promotion de l’éducation) et l’ODD 10




11 11

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5


(réduction des inégalités). Mais ces indicateurs ont également un lien avec tous les autres


ODD. En effet, le Développement se fait par et pour les êtres humains. Des populations


disposant de capital humain plus grand contribuent à l’atteinte rapide des ODD.


1.2.Liens entre le développement humain et le CREDD


Le CREDD 2019 – 2023 s’articule autour de cinq axes stratégiques, 19 objectifs globaux et


56 objectifs stratégiques à savoir : (1) Consolidation de la démocratie et amélioration de la


gouvernance, (2) Restauration de la paix, de la sécurité et renforcement du vivre ensemble, (3)


Croissance inclusive et transformation structurelle de l’économie, (4) Protection de


l’environnement et renforcement de la résilience au changement climatique, et (5)


développement du capital humain. Les axes 1, 3 et 5 peuvent trouver des interrelations


directes avec le concept de développement humain et de capital humain et partant avec la


dimension « développement humain élargi » de suivi du dividende démographique.


Une bonne gouvernance doit également tenir compte de la gouvernance dans les secteurs de


l’éducation et de la santé entre autres. Si les systèmes de planification et de gestion de ces


secteurs sont plus performants, avec les produits qui en sont issus contribueront à une


meilleure gouvernance dans tous les autres secteurs. Le niveau de vie des populations peut


également affecter la consolidation de la démocratie. En effet, lorsque les conditions de vie


des populations se dégradent, les Etats connaissent plus de risques de crises et de troubles


sociaux.


Une croissance inclusive peut contribuer à réduire les inégalités sociales dans un pays grâce à


la réduction des écarts entre riches et pauvres. Une meilleure éducation et formation


professionnelle et une meilleure santé, en améliorant le capital humain, favorisent une


accélération de la croissance économique. L’accroissement du taux d’activité peut également


réduire le niveau de fécondité, en particulier chez les femmes, à travers un arbitrage en faveur


du temps de travail rémunéré. Ces changements dans le niveau du capital humain et dans


l’allocation plus grande de temps aux activités génératrices de revenus peuvent favoriser une


transformation structurelle de l’économie.


L’axe 5 du CREDD adresse spécifiquement la question du développement du capital


humain. Cet axe est conçu comme celui qui favorisera l’atteinte rapide des objectifs du


CREDD et des ODD. Les questions d’éducation, de santé et de protection sociale y sont


abordées avec un accent sur la gouvernance et la qualité des services. En effet, selon le


document du CREDD Le CREDD (p. 45 – 46) indique que : « le capital humain est d’une


importance capitale pour le développement du Mali. Les principales questions adressées par


le développement du capital humain portent sur : (i) la maitrise de la dynamique


démographique, (ii) l’accès universel aux services sociaux de base que sont l’éducation, les


soins de qualité, l’eau potable et un cadre de vie sain, (iii) le renforcement des dispositifs de


protection sociale et (iv) la mise à disposition d’une offre diversifiée sur le marché du


travail ». Cet axe ambitionne de transformer l’important potentiel démographique en bonus


économique





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6


2. ANALYSE DE LA SITUATION DE SANTE, D’EDUCATION ET


DE REVENU AU MALI


Cette section fournit des éléments situationnels en rapport avec les composantes du


développement humain : la santé, l’éducation et le niveau de vie. Elle passe en revue les


résultats obtenus dans la mise en œuvre des politiques et des stratégies nationales en matière


de santé, d’éducation et de réduction de la pauvreté et des inégalités au Mali.


2.1.Etat de santé des populations


Les indicateurs de santé constituent des déterminants importants dans l’appréciation du capital


humain. Au Mali, ces indicateurs sont collectés à tous les niveaux de la pyramide sanitaire, au


niveau des ménages et des autres acteurs du secteur de la santé.


La politique nationale de la santé du Mali est mise en œuvre à travers des plans décennaux et


des programmes quinquennaux. Elle vise à assurer une plus grande viabilité et une bonne


performance du système de santé au Mali. L’extension de la couverture sanitaire, le


renforcement des capacités des prestataires, le développement des stratégies tel que l’accès


universel aux soins de santé et la prise en charge totale de certaines prestations en lien avec la


santé de la reproduction (césarienne et consultations) ont permis d’améliorer l’accès des


populations à des services de santé de qualité. Toutefois, la crise politico-sécuritaire de 2012 a


considérablement freiné l’amélioration des indicateurs de santé, en particulier dans certaines


régions du pays où l’on a assisté soit à une destruction des infrastructures, soit à un départ des


populations et / ou du personnel, soit à une forte pression sur les infrastructures du fait de


l’arrivée massive de populations déplacées.


La suite de cette section fournit une analyse succincte des acquis des politiques de santé en


matière de longévité, de santé de la reproduction (maternelle, infantile) et d’hygiène et


assainissement.


2.1.1. Espérance de vie et ratio de personnel de santé


Une période de vie plus longue augmente le temps et la qualité de la contribution économique


des personnes d’une part et, d’autre part, indique une plus grande efficacité des services de


santé, signe d’un niveau de développement plus élevé dans le pays.


La durée de vie moyenne attendue à la naissance au Mali a augmenté de 20% entre 2000 et


2018, passant de 49 ans au début des années 2000 à 58 ans en 2015 (World Bank Indicators)


et 58,9 en 2018 selon le PNUD.


Malgré cette augmentation de l’espérance de vie à la naissance, la couverture sanitaire en


général et la couverture en personnel de santé en particulier restent encore très faibles au


Mali. Le ratio de personnel de santé est de 6,5 personnels qualifiés (médecins, sages-femmes,


infirmiers) pour 10 000 habitants en 2018 contre 5,2 en 2016 (SLIS 2018), ce qui est


largement inférieur à la norme recommandée par l’OMS (23 personnels qualifiés pour 10 000


habitants). En plus, ce personnel insuffisant en nombre est inégalement réparti sur le territoire


national. Le district de Bamako a le meilleur ratio de personnel de santé qualifié soit 23,6




13 13

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7


personnels qualifiés pour 10 000 habitants contre seulement 2,1 à Taoudéni et 3,1 à


Tombouctou. La capitale Bamako regroupe à elle seule 54% des médecins, 54% des


infirmiers et près de 48% des sages-femmes soit au total 45% du personnel de santé qualifié.


Le tableau suivant fournit la situation en termes de disponibilité de personnel de santé qualifié


par région.


Tableau 1 : Répartition du ratio de personnel de santé par région en 2018


Régions


Ratio


personnel


de santé


Médecins
Sage-


femme /IO


Infirmiers


(TS, TSS,


AM)


Personnel


de santé
Populations


Kayes 3,6 221 298 561 1080 2 665 001


Koulikoro 4,5 338 503 784 1625 3 237 000


Sikasso 3,5 222 286 859 1367 3 533 000


Segou 3,6 244 294 605 1143 3 123 723


Mopti 3,3 199 245 472 916 2 721 000


Tombouctou 3,1 60 54 168 282 902 000


Gao 5,0 67 46 209 322 650 246


Kidal 13,3 15 36 70 121 91 086


Taoudéni 2,9 7 10 36 53 181 266


Ménaka 12,1 16 19 56 91 74 965


Bamako 23,6 1646 1627 2448 5721 2 420 001


National 6,5 3035 3418 6268 12721 19 599 288


Source : Cellule de Planification et de Statistique, Secteur santé – développement social et promotion de la


famille, Annuaire SLIS 2018


Le rapport 2019 de mise en œuvre du CREDD fait état une amélioration progressive du taux


d'utilisation des services (nombre de consultation / habitant / an) de 2017 à 2019. Cette


situation pourrait s’expliquer par entre autres, la gratuité des soins pour certaines populations


cibles, la réouverture de CSCom dans les régions du nord, la promotion du financement


alternatif de la santé (assurance maladie, assistance médicale, gratuité), la création de


nouveaux CSCom, … Le taux de couverture géographique en services de santé dans un rayon


de 5 kilomètres est passé 58,1% en 2017 à 58,4% en 2019 avec une amélioration du taux


d’utilisation des services (nouveaux consultants / habitant / an) de 0,39 à 0,45 sur la même


période.


2.1.2. Santé maternelle et infantile


Les résultats des enquêtes démographiques et de santé font état, entre autres, d’une réduction


du taux de mortalité maternelle (325 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2018 contre


368 en 2012 et 464 en 2006), une baisse substantielle du taux de mortalité infantile (54 pour 1


000 en 2018 contre 56 pour 1 000 en 2012 et 96 pour 1 000 en 2006) et infanto juvénile (191


pour 1000 en 2006 et 101 pour 1 000 en 2018). Cette réduction des mortalités maternelle et


infantile est imputable en grande partie aux efforts des différents gouvernements du Mali en


matière de santé de la reproduction, maternelle, infantile et nutritionnelle (SRMIN). En effet,




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8


depuis des décennies le gouvernement du Mali, avec l’appui des partenaires techniques et


financiers, du secteur privé et de la société civile, a pris des engagements en faveur de la santé


de la reproduction, maternelle, infantile et nutritionnelle. Le plan stratégique national de la


santé de la reproduction et la Feuille de route pour l’accélération de la réduction de la


mortalité maternelle et néonatale sont des exemples d’instruments mis en œuvre en faveur de


la santé de la reproduction et de la réduction de la mortalité maternelle et infantile. Le projet


régional pour l’autonomisation des femmes et le dividende démographique au Sahel est


également l’une de ces initiatives.


Selon l’EDSM 2018, environ deux tiers (68%) des naissances ont eu lieu avec l’assistance


d’un prestataire de santé formé, en majorité les infirmières ou sages-femmes (40%), des


matrones (22%) ou des médecins (6%). Dans toutes les régions, à l’exception de la seule


région de Sikasso, l’assistance la plus fréquente vient des sages-femmes, avec un minimum de


15,5% à Kidal et un maximum de 77,2% dans le district de Bamako. La deuxième assistance


la plus fréquente vient des matrones sauf à Kidal et Bamako où le taux d’accouchement


assisté par les médecins dépasse celui des matrones.


Graphique 1 : Accouchements assistés par du personnel qualifié ou formé (par région, 2018)



Source : INSTAT, CPS – SSDSPF et ICF. 2019, Enquête Démographique et de Santé au Mali 2018


En 2018, seulement 16% des femmes utilisaient au moins une méthode contraceptive contre


10% en 2012-2013. Les plus fortes prévalences contraceptives modernes s’observent dans le


District de Bamako (22%) et dans les régions de Ségou (20%), Sikasso et Koulikoro (19%).


Au contraire, la prévalence contraceptive est plus faible à Gao (3%), Kidal (3%) et Kayes


(11%).


Selon l’EDSM 2018, le nombre idéal d’enfants est estimé à 6 pour les femmes, ce qui est


proche du nombre moyen d’enfant (6,3). Il y a lieu de renforcer l’offre de services en matière


de santé infantile et la participation économique des femmes afin de susciter une baisse du


nombre idéal d’enfants désirés. Les activités de communication pour le changement social et


de comportement sont aussi parmi les plus pertinentes pour favoriser l’adoption de méthodes


contraceptives pour la maitrise de la croissance démographique.


5,4 5,6 3,3 4,6 1,5 2,7 3,3
6,3


18,3


31,6


40,4
33 35,8


29,6
24,6


36,5


15,5


77,2


19,9


32,8


34,5


17,5
21,5


4
11,3


3,5 2


0


10


20


30


40


50


60


70


80


90


Médecins Sage-femme Matrone




15 15

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9


Le tableau suivant fournit la situation du Mali en matière de santé maternelle et infantile, à


partir des données de l’EDS – M 2018.


Tableau 2 : Indicateurs de santé de la reproduction, maternelle et infantile en 2018






Fécondité Mortalité maternelle et infantile Contraception


IS
F


(
1


5
-4


9
a


n
s


T
au


x
d


e


co
n


d
it


é
d
es




ad
o


le
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en
te


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M
o


rt
al


it
é


m
at


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/1


0
0


0
0


0


N
ai


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M
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fa


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ac


ep
ti


o
n


%


B
es


o
in


s
n


o
n


s
at


is
fa


it
s


%


Kayes 6,7 49 69 130 11 27,6


Koulikoro 5,8 41 49 108 19 27 ,2


Sikasso 6,9 40 67 134 19 22,8


Ségou 6,4 28 73 111 20 21,9


Mopti 7,2 30 63 130 09 28,5


Tombouctou 7,3 46 79 131 06 11,1


Gao 6,5 38 47 78 03 15,1


Kidal 3,6 22 17 20 03 32,1


Bamako 4,8 24 34 55 22 20,3


National 6,3 36 325 54 101 16 23,9


Source : INSTAT, CPS – SSDSPF et ICF. 2019, Enquête Démographique et de Santé au Mali 2018


Le graphique ci-dessous présente l’évolution de la mortalité infanto-juvénile et de la mortalité


juvénile entre 1987 et 2018 et permet d’apprécier les efforts du pays en matière de survie de


l’enfant.


Graphique 2 : Tendances de la mortalité des enfants



Source : INSTAT, CPS – SSDSPF et ICF. 2019, Enquête Démographique et de Santé au Mali 2018


En 2018, près d’un enfant sur 20 décède avant d’atteindre son premier anniversaire tandis que


parmi les enfants nés entre 2014 et 2018, près d’un décède avant d’atteindre son cinquième


anniversaire.


247 238 229


191


95 101105
122 113


96


56 54


0


50


100


150


200


250


300


(EDSM 1) 1987 (EDSM 2) 1995-
1996


(EDSM 3) 2001 (EDSM 4) 2006 (EDSM 5) 2012-
2013


(EDSM 6) 2018


Décès pour 1 000 naissances vivantes pour la période des 5 dernières


années précedant l'EDS


Mortalité infanto-juvénile Mortalité infantile




16 16

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10


2.1.3. Accès à l’eau et assainissement


L’environnement, l’assainissement et la qualité de l’eau sont des aspects importants de la


qualité vie, de la santé et de la longévité des populations. Il importe donc d’accélérer les


investissements dans ses secteurs dans un pays où la démographie et l’urbanisation


connaissent une croissance rapide. Selon le rapport 2019 de mise en œuvre du CREDD, le


taux d’accès à l’eau est presque stable, de 65,9% en 2018 à 65,8% en 2019 en milieu rural


alors qu’en milieu urbain et semi urbain, il est passé de 76% à 77,7% entre 2018 et 2019, soit


une augmentation de 1,7 point de pourcentage. Au niveau national, le taux d’accès s’améliore


en passant de 68,8% à 69,2% sur la même période, soit une augmentation de 0,4 point de


pourcentage. Cette évolution relativement lente constitue une indication d’un accroissement


des besoins en eau potable (donc de la croissance démographique) plus rapide que le rythme


des investissements dans ce secteur.


2.2.Performances dans le secteur de l’éducation


Dans le but de fournir une éducation de qualité pour renforcer la disponibilité des


compétences pouvant contribuer à son développement, le Mali met en œuvre depuis plusieurs


décennies des actions allant dans le sens d’une amélioration du niveau d’accès, du maintien et


d’achèvement du cycle fondamental. Malgré ces efforts, le système éducatif est confronté à


des nouvelles contraintes causées par la crise multidimensionnelle que vit le pays depuis


2012. Ces contraintes se manifestent à travers la fermeture d’écoles et le déplacement massif


des populations vers les zones les plus sécurisées, principalement dans certains chefs-lieux de


régions.


2.2.1. La fréquentation scolaire


La scolarisation est appréciée à l’aide du taux brut de scolarisation, du taux net de


scolarisation et des indicateurs de maintien à l’école.


Taux brut de scolarisation


Le taux brut de scolarisation (TBS) à un cycle est le rapport entre le nombre d’enfants


scolarisés au cycle et le nombre d’enfants d’âge scolaire du cycle. Selon l’annuaire statistique


2017-2018 de la CPS-secteur éducation, malgré la crise sécuritaire qui sévit au Mali, le TBS


au premier cycle a connu une augmentation en passant de 69,6% en 2016 à 76,5% en 2018 (de


63,4% à 70,4% chez les filles). Toutefois, la même source a montré que les régions de Mopti


et Kidal ont enregistré les niveaux de TBS les plus faibles avec 38% et 37% au premier cycle


du fondamental. Dans l’ensemble, le TBS des filles est inférieur à celui des garçons avec un


écart souvent important. Les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso ainsi que le district de


Bamako enregistrent des TBS supérieurs à celui du niveau national.















17 17

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11


Graphique 3 : Taux brut de scolarisation au premier cycle fondamental



Source : CPS – Secteur Education. 2019, Annuaire statistique 2017-2018


Au second cycle du fondamental, le TBS reste faible (48,6%) avec des fortes disparités entre


filles (44,8%) et garçons (52,5%). L’écart entre les filles et les garçons est très marqué dans


les régions de Ségou et Tombouctou. Cet écart pourrait s’expliquer par un retrait important


des filles du système éducatif du fait entre autres du mariage des enfants, de l’exode rural, de


la pauvreté des parents ou de l’éloignement des infrastructures scolaires qui si elles sont


présentes, ne disposent toujours pas de commodités facilitant le maintien des filles dans le


système. Seuls le district de Bamako et la région de Koulikoro présentent des taux de


scolarisation au second cycle qui atteignent ou dépassent 60% aussi bien pour les garçons que


pour les filles.


Taux net de scolarisation


Le taux net de fréquentation scolaire au premier cycle du fondamental (respectivement au


second cycle du fondamental) correspond au pourcentage d’enfants d’âge scolaire du cycle


correspondant (7 – 12 ans pour le premier cycle et 13 – 15 ans pour le second cycle) qui


fréquentent effectivement ce cycle.


Au niveau national, le taux net de fréquentation au premier cycle était de 57,5% en 2018


(57,9% chez les garçons et 57,5% pour les filles), contre 53% en 2016. Ce taux enregistre des


disparités entre le milieu rural et le milieu urbain avec respectivement 50,9% et 79,7%. Au


niveau régional, la même disparité apparait. Ainsi, la région de Mopti enregistre le plus faible


taux soit 35,3% contre 83,5% pour le district de Bamako. Ce dernier présente, avec les


régions de Gao (66,2%), Kayes (61,2%) et Koulikoro (59,8%), un taux supérieur au niveau


national (57,5%).


Le taux net de scolarisation, comme le taux brut, baisse considérablement entre les deux


cycles. Au second cycle, le taux net de scolarisation n’a atteint que 27,9% en 2018 contre


28%, deux années plus tôt. Ce taux est donc quasi-stationnaire malgré les investissements


massifs pour le maintien des enfants, en particulier des filles à l’école, le recrutement


d’enseignants et la construction de salles de classes. Ce taux se situe à 45,8% en milieu urbain


contre 20,6% en milieu rural. Il est le plus faible à Mopti avec 15%. Par contre, il est le plus


0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%


100%
110%
120%


Garçon


Fille


Ensemble




18 18

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12


élevé dans le district de Bamako avec 50,5%, Gao (35,6%) et Koulikoro (28,2%) où il est


supérieur au niveau national.


Maintien à l’école


Le maintien des filles à l’école reste l’une des plus grandes problématiques du système


éducatif du Mali. Les filles sont le plus touchées par l’abandon scolaire. Elles sont retirées de


l’école pour participer aux travaux domestiques et exclues pour absence de résultats, entre


autres. Elles sont aussi victimes des mariages d’enfants et des grossesses précoces et sont


ainsi contraintes souvent d’abandonner les études pour s’occuper de leur famille.


Selon le graphique ci-dessous, le taux d’achèvement national au premier cycle est de 47,3%


contre 42% en 2016. Les taux d’achèvement les plus faibles sont enregistrés dans les régions


du nord avec seulement 5% à Kidal suivi respectivement de Gao (18,5%), Mopti (24.4%) et


Tombouctou (25%). Les taux les plus élevés ont été enregistrés à Bamako (81,05%),


Koulikoro (58,6%) et Sikasso (52,2%). Si le taux brut de scolarisation dans la région de Gao


est parmi les plus élevés, le taux d’achèvement y est parmi les plus faibles, pour les filles


comme pour les garçons.


Graphique 4 : Taux d'achèvement au premier cycle fondamental



Source : CPS – Secteur Education. 2019, Annuaire statistique 2017-2018


Au second cycle du fondamental, le taux d’achèvement est de 32,3% au niveau national en


2018 contre 23% en 2016. Un enfant qui entre au second cycle du fondamental a donc une


chance sur 3 de terminer ce cycle. Ce taux connait de fortes variations suivant les régions et


entre filles et garçons (34,5% pour les garçons et seulement 29,2% pour les filles).


Le District de Bamako dépasse le niveau national avec 72,6%, tandis que les régions du nord


enregistrent les plus faibles taux avec respectivement 1,5% à Kidal, 9,2% à Gao, 13% à Mopti


et 13,1% à Tombouctou.


L’analyse selon le sexe montre que les garçons (57,2%) aussi bien que les filles (31,2%)


abandonnent volontairement à partir du second cycle. Les mariages / grossesses restent les


causes principales (33,4%) de cet abandon en ce qui concerne les filles (INSTAT, EMOP


2018).


En dépit des investissements massifs dans le secteur de l’éducation, les résultats demeurent en


deçà des objectifs à cause, en grande partie, de la forte croissance démographique de la


0%


20%


40%


60%


80%


100%


Garçon


Fille


Ensemble




19 19

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13


population scolarisable, faisant évoluer les besoins en investissements éducatifs plus


rapidement que les ressources qui y sont effectivement allouées. En effet, la croissance


démographique est forte et le nombre d’enfants à scolariser croit plus vite que les ressources


de l’Etat et les revenus des familles qui font face à des besoins et priorités multiformes. Ces


différentes contraintes risquent de compromettre l’atteinte des ODD et plus spécifiquement


l’ODD4 qui est « d’assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et


promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ».


2.2.2. Alphabétisation et enseignement supérieur


Au Mali, une personne âgée de 15 ans ou plus est considérée comme alphabétisée si elle sait


lire et écrire dans une langue quelconque. Les résultats de l’EMOP 2018 indiquent qu’un peu


plus d’un adulte sur 3 (35,5%) est alphabétisé. Une analyse basée sur le sexe montre que


46,2% des hommes sont alphabétisés contre 25,7% des femmes. Le milieu urbain affiche un


taux assez élevé de l’ordre de 60,6% comparé aux 25,6% en milieu rural.


Parmi les difficultés auxquelles fait face le secteur de l’éducation au Mali, se trouve


l’inadéquation entre les programmes de formation, les opportunités de création de valeurs


ajoutées et le marché de l’emploi. L’enseignement supérieur malgré la réforme entamée en


2008 reste confronté à certaines difficultés telles que la non maîtrise des effectifs d’étudiants


(rendant complexes toute planification allant dans le sens de l’élaboration d’un plan de


développement et de gestion efficace) et l’insuffisance des capacités d’accueil des


infrastructures universitaires.


Une autre difficulté est que les besoins en ressources financières pour le développement des


infrastructures augmentent plus vite, du fait de la rapide croissance des effectifs, que le niveau


des ressources investies dans le secteur de l’éducation ou de l’enseignement supérieur. Le


manque de débouchés suffisants, après de longues études, constitue également un frein à la


poursuite des études et à l’investissement par les parents dans les études secondaires et


supérieures des enfants.


La rapide croissance des effectifs scolarisables et des besoins en infrastructures et personnel


face aux ressources limitées de l’Etat, des collectivités et des partenaires affecte de façon


négative la qualité de l’éducation au Mali et réduit les rendements des investissements


pourtant massifs dans le domaine.


2.3.Le niveau de vie des populations


Le niveau de vie des populations peut se mesurer par le produit intérieur brut réel par habitant.


Au Mali, le PIB réel par tête connait une augmentation depuis 2013. De 386 611 FCFA en


2013, il est passé à 422 613 FCFA en 2015. Pour l’année 2019, il a été estimé à 497 320


FCFA (INSTAT, 2019).


En plus de la croissance du PIB réel par habitant, il y a lieu de savoir si la croissance


économique que connait le pays est équitablement redistribuée, si le gap entre pauvres et


riches se creuse ou se résorbe. La réduction de la pauvreté et des inégalités constitue l’objectif




20 20

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14


central de toutes les politiques de développement au Mali et en particulier du Cadre


stratégique pour la relance économique et le développement durable (CREDD).


La plus grande part des actifs occupés sont employés dans le secteur primaire au niveau des


régions de Kayes (86,2%), Sikasso (80,9%), Ségou (79,8%), Koulikoro (79,7%), Mopti (78,3)


et Gao (50, 5%). Dans le district de Bamako (45,5%) et dans les régions de Kidal (47%) et de


Tombouctou (65,7%), le secteur des services emploie la plus grande part de ces actifs


(EMOP, 2019). Les statistiques montrent également que les groupes socioéconomiques les


moins pauvres sont les salariés et les indépendants non agricoles. L’industrie, pourtant


créatrice de valeur ajoutée, demeure le secteur qui emploie le moins de personnes. Seul


Bamako a atteint 15,4% des emplois dans le secteur industriel. Ce constat signifie que


l’économie repose plus sur le secteur primaire qui crée, comparativement au secteur


industriel, moins d’emplois qualifiés et de valeur ajoutée, sources de croissance économique.


2.3.1. Pauvreté et inégalités


L’analyse de la pauvreté par région montre qu’elle est plus accentuée dans les régions de


Sikasso, Koulikoro et Ségou avec des incidences respectives de 71,9%, 62,1% et 53,6%. En


plus, elle est d’une plus grande sévérité dans ces mêmes régions au regard des inégalités dans


la distribution des dépenses de consommation.


La profondeur de la pauvreté mesurée par le déficit moyen des dépenses par tête des pauvres


par rapport au seuil de pauvreté est estimée à 12,8% pour l’ensemble du pays en 2019. Ce


taux indique une corrélation positive entre l’incidence de la pauvreté et sa profondeur


observée dans les régions.


Tableau 3 : Indices de pauvreté par région (%)


Région Incidence Profondeur Sévérité


Kayes 18,4 2,3 0,5


Koulikoro 62,1 17,5 6,5


Sikasso 71,9 27,4 13,1


Ségou 53,6 19,2 8,5


Mopti 39,7 8,4 2,8


Tombouctou 12,7 1,9 0,4


Gao 39,7 7,6 2,1


Kidal 0,8 0,1 0,0


Bamako 3,8 0,7 0,2


Ensemble 42,3 12,8 5,4


Source : Institut national de la Statistique, 2020. Enquête modulaire permanente auprès des ménages (EMOP –


2019)


La sévérité de la pauvreté qui tient compte non seulement de l’écart séparant les pauvres du


seuil de pauvreté, mais aussi de l’inégalité entre les pauvres, s’élève à 5,4% et est plus


prononcée à Sikasso (13,1%), Koulikoro (6,5%) et Ségou (8,5%).


Si la pauvreté diminue avec l’augmentation du PIB par tête, l’inégalité mesurée par l’indice


de Gini s’est tout de même accrue passant de 0,35 à 0,4 entre 2016 et 2019. Par rapport à




21 21

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15


2016, elle a légèrement baissé dans le milieu urbain en passant de 0,37 à 0,30 en 2019.


Cependant, le milieu rural marque une augmentation des inégalités qui passe 0,29 en 2016 à


0,43 à 2019, la plus faible valeur étant observée à Mopti (0,27), Koulikoro et Tombouctou


avec chacune 0,28. C’est à Sikasso qu'elle est la plus grande (0,50), suivi de Kidal (0,48).


2.3.2. Accès au marché de l’emploi


Le niveau de vie dépend dans une large mesure du revenu des populations, donc de leur


capacité à participer au marché du travail. Le taux de chômage a légèrement baissé par


rapport à 2015. Il est passé de 9,6% à 5,7% de la population active en 2019. Cette baisse du


chômage est visible tant au niveau des hommes que des femmes. Il est estimé respectivement


à 5% et 6,6% pour chaque sexe, contrairement à 2015 où il était plus accentué chez les


femmes avec un taux de 11% contre 8,5% chez les hommes. Le taux de chômage est de 10%


dans le milieu urbain contre 4,2% dans le milieu rural. Le chômage est beaucoup plus élevé


chez les jeunes de 15 – 35 ans (8,2%) et chez les femmes. Au Mali, plus le niveau de


scolarisation est élevé chez un individu, plus grand est le risque d’être au chômage (30% et


41% pour les personnes de niveau primaire et secondaire contre 12% chez ceux avec aucun


niveau d’étude). Il est important de noter que 38% des jeunes de 15 – 24 ans ne sont ni


inscrits à l’école, ni en formation, ni en emploi.


Le graphique ci-dessous donne la situation de chômage par région et par sexe en 2019.


Graphique 5 : Taux de chômage par milieu et sexe (%)



Source : Institut national de la Statistique, 2020. Enquête modulaire permanente auprès des ménages (EMOP –


2019)


Les taux de chômage sont plus élevés que le niveau national dans les régions de Gao, de Kidal


et dans le district de Bamako. Les données montrent également que l’urbanisation alimentent


le chômage au Mali.


Par ailleurs, la mise en œuvre de la Politique Nationale de l’Emploi a permis la création de 36


122 emplois nets en 2019. Ces emplois ont concerné l’ensemble des branches d’activités dont


23,9% pour le secteur des services (CT-CSLP, Rapport 2019 de mise en œuvre du CREDD).




0,6


15,3


2,2
4,2 4,0


0,8


27,7


10,9 10,5 9,9


4,2 5,0
6,6 5,7




22 22

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16


3. METHODOLOGIE DE MESURE DE L’INDICATEUR DE


DEVELOPPEMENT HUMAIN ETENDU (IDHE)


La méthodologie de calcul de l’IDHE s’appuie sur celle utilisée dans le calcul de l’IDH. Elle


fait ressortir le niveau de performance en termes de niveau de vie, d’éducation et de santé,


tout en prenant en compte dans cette dernière sous dimension, le niveau de fécondité. Pour


chacune de ces sous dimensions, un indice est calculé. L’IDHE est un indice composite des


indices de santé, éducation et niveau de vie. Tout comme l’IDH, l’IDHE a une valeur


comprise entre 0 et 1 (ou entre 0% et 100%). Plus sa valeur est élevée, plus le pays est


performant en termes de développement humain élargi.


La méthode de calcul des sous dimensions, la définition et les sources de données sont


fournies ci-dessous.


3.1.Les sous dimensions de l’IDHE


3.1.1. Indice de santé


Le calcul de l’indice de la sous-dimension « santé », appelé indice de santé (IS) s’effectue à


partir de deux indicateurs : l’espérance de vie à la naissance et l’indice synthétique de


fécondité (ISF).


Tableau 4 : Indicateurs de calcul de l’indice de la santé


Indicateur Définition Sources


Espérance de vie à la


naissance


Pour une année n donnée, l'espérance de vie à la naissance est l'âge


moyen au décès d'une génération fictive de personnes soumises à


chaque âge aux risques de décès, par âge observé cette année-là


RGPH


L’indice synthétique


de fécondité (ISF)


L’ISF indique le nombre moyen d’enfants qu’aurait une femme


tout au long de sa vie, dans les conditions de fécondité du moment,


c'est-à-dire si les taux de fécondité observés l’année considérée à


chaque âge demeuraient inchangés


EDSM ou


MICS


Source : CREG/CREFAT, 2017 : Manuel de formation sur les dimensions et indicateurs


Ces deux indicateurs sont normalisés suivant différentes formules afin que leur valeur soit


comprise entre 0 et 1.


- l’indice normalisé de l’espérance de vie à la naissance


Pour ce qui concerne l’espérance de vie à la naissance, sa valeur est normalisée de la façon


suivante :


𝐈𝐄𝐕𝐍 =
𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐮𝐭𝐢𝐥𝐢𝐬é𝐞 − 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞


𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐦𝐚𝐱𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞 − 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞


Valeur utilisée : c’est la valeur fournie par les statistiques de l’INSTAT


Valeur minimale : c’est la valeur minimale 20 définie par le PNUD


Valeur maximale : c’est la valeur maximale 85 définie par le PNUD




23 23

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17


IEVN = Indice de l’espérance de vie à la naissance.


- Indice synthétique de fécondité normalisé


L’indice synthétique de fécondité ou ISF lorsqu’il est très élevé, se présente comme une


contrainte pour l’atteinte du dividende démographique. Mais à des niveaux très bas, il


constitue également un frein au développement économique de par ses effets sur la taille de la


population active par exemple. Prendre en compte le niveau de fécondité dans le calcul de


l’IDHE, permet d’intégrer la taille et la structure attendues de la population dans l’évaluation


de la qualité du capital humain. L’ISF normalisé se calcule comme ci-dessous :


𝑰𝑺𝑭𝑵(𝒙) =
𝒙


𝟑
∗ 𝟏[𝟎;𝟑](𝒙) +


(𝟖 − 𝒙)


(𝟖 − 𝟑)
∗ 𝟏]𝟑;𝟖](𝒙)


Avec x l’ISF d’une région, 1[0;3](𝑥) et 1]3;8](𝑥) des fonctions indicatrices (qui prennent la


valeur 0 ou 1) de x. Elles prennent la valeur 1 lorsque l’ISF est compris entre 0 et 3 et la


valeur 1 lorsque l’ISF est compris entre 3 et 8. Par exemple, si l’ISF d’un pays ou d’une


région est égal à 5,3 enfants par femme, l’ISFN sera de :


    54,01*
5


7,2
3,5*1*


)38(


)3,58(
0*


3


3,5
)3,5(1*


)38(


)3,58(
)3,5(1*


3


3,5
8;33;0 ==





+=





+=ISFN




En général, les femmes et les couples africains ont tendance à désirer un nombre relativement


élevé d’enfants. En particulier dans les pays en Afrique au sud du Sahara, les résultats des


enquêtes démographiques et de santé indiquent que les niveaux de fécondité sont comparables


au nombre d’enfants désirés par les couples. L’indice sera construit de telle sorte que : plus


l’ISF s’éloigne de 3, moins il sera important et vice versa. Nous assumerons une borne


inférieure de 3 enfants par femme, objectif recherché par les politiques et programmes de


population pour la plupart de pays africains. Pour ce qui concerne la borne supérieure, elle est


fixée à 8 enfants par femme, un niveau permettant de couvrir le plus haut niveau d’indice de


fécondité mesuré en Afrique (6 – 7 enfants par femme).


L’indice de Santé (IS), indicateur de la sous dimension « santé », est une mesure synthétique


combinant l’indice normalisé de l’espérance de vie à la naissance (IEVN) et l’indice


synthétique de fécondité normalisé (ISFN). Il est obtenu en faisant la moyenne géométrique


(ici, la racine carrée) des deux indices normalisés.


𝑰𝑺 = √𝑰𝑬𝑽𝑵 ∗ 𝑰𝑺𝑭𝑵


3.1.2. Indice de l’éducation


Le calcul de l’indice de la sous-dimension « éducation », appelé indice éducation (IE), se fait


à partir de deux indicateurs : la durée moyenne de scolarisation et la durée attendue de


scolarisation. Ces deux indicateurs sont en général indisponibles dans les bases de données


nationales. Ils sont souvent fournis par les rapports de l’UNESCO.


Dans le cas du Mali, ces données ne sont pas disponibles par région. Nous assumons donc


d’affecter la valeur nationale à chacune des régions par mesure de simplification.




24 24

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18




Tableau 5 : Indicateurs de l’indice de l’éducation


Indicateur Définition Sources


Durée Moyenne de


Scolarisation (DMS)


Moyenne du nombre d’années d’éducation dispensées à des


adultes de 25 ans ou plus au cours de leur vie, en se fondant


sur les niveaux d’éducation de la population convertis en


années de scolarisation sur la base des durées théoriques de


chaque niveau d’enseignement suivi.


INSTAT,


UNESCO


Durée Attendue de


Scolarisation (DAS)


Nombre total d’années de scolarité qu’un enfant d’un certain


âge peut s’attendre recevoir dans le futur, tout en supposant


que la probabilité d’être inscrit à l'école à un âge donné est


égale au taux de scolarisation actuel pour cet âge (UNESCO)


INSTAT,


UNESCO


Source : CREG/CREFAT, 2017 : Manuel de formation sur les dimensions et indicateurs de suivi du dividende


démographique, adapté de l’UNESCO


Ces deux indices seront normalisés suivant les formules ci-dessous, afin de les ramener à des


grandeurs comprises entre 0 et 1.


- Indice de durée moyenne de scolarisation (IDMS) normalisé


𝐈𝐃𝐌𝐒 =
𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐮𝐭𝐢𝐥𝐢𝐬é𝐞 − 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞


𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐦𝐚𝐱𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞 − 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞


Valeur utilisée : c’est la valeur calculée à partir des données nationales / UNESCO.


Valeur minimale : c’est la valeur minimale 0 an définie par les Nations Unies


Valeur maximale : c’est la valeur maximale 15 ans définie par les Nations Unies


- Indice de durée attendue de scolarisation (IDAS) normalisé


𝐈𝐃𝐀𝐒 =
𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐮𝐭𝐢𝐥𝐢𝐬é𝐞 − 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞


𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐦𝐚𝐱𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞 − 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞


Valeur utilisée : c’est la valeur calculée à partir de l’EMOP 2015.


Valeur minimale : c’est la valeur minimale 0 an définie par les Nations Unies


Valeur maximale : c’est la valeur maximale 18 ans définie par les Nations Unies


Pour finir, l’indice de l’éducation (IE) ou indice combiné de l’éducation se calcule


comme suit :


𝐈𝐄 =
√𝐈𝐃𝐌𝐒 ∗ 𝐈𝐃𝐀𝐒 − 𝟎


𝟎. 𝟗𝟕𝟖 − 𝟎


Cet indice combiné est obtenu en normalisant la moyenne géométrique de l’indice de la durée


moyenne de scolarisation et l’indice de la durée attendue de scolarisation, avec comme valeur


minimale 0 et comme valeur maximale 0,978 correspondant à l’indice « Education » le plus


élevée observé au cours de la période (dans notre cas, celui de la Nouvelle Zélande).




25 25

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19


3.1.3. Indice de niveau de vie


Le niveau de vie fait généralement référence à la quantité et à la qualité des biens et services


qu’une personne peut se procurer. Lors des enquêtes, il reste toutefois difficile d’obtenir des


indications directes sur le revenu des personnes et des ménages. Pour lever cette difficulté, le


revenu est généralement appréhendé, lors des enquêtes auprès des ménages, par la


consommation des individus. En effet, le niveau de revenu d’un individu influence


directement sa consommation. La consommation sera exprimée en termes de parité de


pouvoir d’achat (PPA) en dollars US, puis normalisée pour que sa valeur soit comprise entre 0


et 1.


Tableau 6 : Indicateur de l’indice du niveau de vie


Indicateur Définition Sources


Consommation par tête
Dépense moyenne d’un


individu dans l’année


Enquête auprès des ménages


(EMOP par ex.)
Source : CREG/CREFAT, 2017 : Manuel de formation sur les dimensions et indicateurs de suivi du dividende


démographique


La normalisation de la consommation s’opère comme suit :


𝐈𝐂𝐎𝐍𝐒𝐓 =
𝐥𝐧(𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐮𝐭𝐢𝐥𝐢𝐬é𝐞) − 𝐥𝐧(𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞)


𝐥𝐧(𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐦𝐚𝐱𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞) − 𝐥𝐧(𝐕𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞)


Valeur utilisée : c’est la valeur calculée à partir de l’EMOP 2019.


Valeur minimale : c’est la consommation minimale par individu en dessous de laquelle l’on


ne doit pas descendre. Elle est évaluée à 67 $ PPA. Cette valeur est obtenue en considérant la


part de la consommation dans le revenu disponible. En effet, la consommation représente


67% du revenu disponible dans les pays africains et la valeur minimale déterminée par le


PNUD pour le revenu disponible est de 100 $.


Valeur maximale : c’est la consommation moyenne par tête la plus élevée dans les pays


africains. Cette consommation maximale est de 34 865 $ PPA et est observée en Guinée


Equatoriale.


Pour la consommation, les valeurs minimale et maximale ci-dessus mentionnées sont des


valeurs de référence africaine et interviennent dans le calcul de l’indicateur au niveau


national. Cela permet de pouvoir faire des comparaisons entre les pays d’Afrique.


NB : Toutefois, à l’échelle infranationale (région, district, commune, …), les valeurs


minimale et maximale sont basées sur des données infranationales du pays concerné. Pour


le cas du Mali, la valeur maximale de la consommation par tête au niveau régional


correspondant à celle de la région de Kidal, soit 8 920 $ PPA.


3.2.Calcul de l’Indice de Développement du capital Humain Etendu (IDHE)


L’IDHE représente la moyenne géométrique des trois indices sous-dimensionnels que sont les


indices de santé, d’éducation et de niveau de vie :


𝑰𝑫𝑯𝑬 = √𝑰𝑺 ∗ 𝑰𝑬 ∗ 𝑰𝑪𝑶𝑵𝑺𝑻
𝟑





26 26

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20


L’IDHE permet de regrouper les pays ou les zones en trois catégories. Un pays (ou une zone)


qui possède un IDHE supérieur ou égal à 0,80 a un développement humain élargi élevé, alors


que dans un pays (ou une zone) où l’IDHE compris est entre 0,50 et 0,79, le développement


humain élargi est à un niveau moyen. Les pays (ou les zones) à faible niveau de


développement humain élargi sont ceux pour lesquels l’IDHE est inférieur à 0,50.


3.3.Indice de Développement Humain Elargi (IDHE) au Mali : résultats et analyses


Cette partie est consacrée à la présentation et à l’analyse des résultats obtenus à partir de la


méthodologie expliquée ci-dessus. Un code couleur est adopté pour faciliter une visualisation


des données : la couleur rouge lorsque que l’indice est inférieur à 0,5, la couleur orange ou


jaune lorsque l’indice a une valeur comprise entre 0,5 et 0,8, et la couleur verte lorsque la


valeur de l’indice est supérieure à 0,8.


3.3.1. L’IDHE au niveau national


Le graphique ci-dessous présente la situation récapitulative de l’IDHE et de ses sous-


dimensions au Mali.


Graphique 6 : L’IDHE et ses sous-dimensions



Source : ONDD et Equipe Nationale NTA, 2021. A partir des données nationales (annuaires, EMOP)


On constate que l’IDHE est relativement bas pour l’ensemble du pays avec un score évalué à


0,39 (ou 39%) en 2019. Toutefois, il convient de noter faible amélioration par rapport à la


situation de 2015 où il affichait un score de 0,376. Par ailleurs, trois observations majeures se


dégagent des sous-composantes de l’IDHE.


- Une nette amélioration de l’indice de niveau de vie (ICONST) qui passe de 0,451 en


2015 à 0,50 en 2019, ce qui fait évoluer la position du Mali d’un score faible à un


score presque moyen de niveau de vie. L’indice du niveau de vie constitue d’ailleurs la


seule sous-composante ayant atteint le niveau moyen au Mali. Ce résultat


s’expliquerait notamment par une évolution favorable du PIB réel par tête sur la


période 2015-2019. La relative performance du score de niveau de vie est le facteur


déterminant de l’amélioration globale de l’IDHE en 2019 au Mali.


- Une baisse préoccupante de l’indice de santé (IS) qui est de 0,44 (44%) en 2019 alors


qu’il était de 0,46 (45,6%), 5 ans plutôt en 2015. Cette baisse de l’indice de santé est le


résultat d’une augmentation de l’espérance de vie conjuguée à une baisse de l’indice


de fécondité normalisé (qui passe de 0,38 en 2015 à 0,34 en 2019) suite à la hausse


0,39


0,44


0,27


0,5


0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1


IDHE


IS


IE


ICONST




27 27

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21


relative de l’ISF, de 6 enfants à 6,3 enfants par femme entre 2012 et 2018. Cette


tendance de l’ISF est imputable au faible accès des populations aux services de santé


de la reproduction, au personnel de santé et aux méthodes de contraception modernes,


les besoins non satisfaits en planning familial ayant atteint 23,9% en 2018 (EDSM).


- Tout comme en 2015, l’indice de l’éducation (IE) est la sous-dimension qui tire le plus


vers le bas l’IDHE du Mali même si on observe une légère amélioration en 2019


(0,27) par rapport à 2015 (0,25). Ce résultat pourrait s’expliquer par la faible capacité


du système éducatif à retenir longtemps (au-delà du premier cycle) les élèves et


particulièrement les filles en raison de nombreux facteurs socioculturels qui se


manifestent par les mariages d’enfants et les grossesses précoces.


3.3.2. Analyse régionale de l’IDHE


Contrairement à 2015, la présente analyse prend en compte la région de Kidal en plus des


régions déjà analysées en 2015. Cependant, les régions ayant fait l’objet d’opérationnalisation


récente (Taoudéni, Ménaka…) ne sont pas incluses dans cette analyse. Le graphique suivant


présente l’IDHE en fonction des différentes régions analysées.


Graphique 7 : IDHE par région (2019)



Source : ONDD et Equipe Nationale NTA, 2021. A partir des données nationales (annuaires, EMOP)


L’analyse de l’IDHE met en évidence la faiblesse du développement humain dans l’ensemble


des régions du Mali car aucune région n’a un IDHE élevé (supérieur ou égal 80%). A part le


District de Bamako et la région de Kidal, l’IDHE se situe entre 0,36 et 0,42 dans les autres


régions. La Région de Kidal est la région ayant l’IDHE le plus élevé (0,63) nettement devant


Bamako avec 0,54, même si Bamako a connu une amélioration de son IDHE par rapport à son


niveau de 2015 (0,50). Ce sont les 2 seules régions administratives où l’IDHE dépasse 50%.


Les régions de Tombouctou, Mopti et Sikasso présente un IDHE inférieur à celui du niveau


national. Comme en 2015, c’est la région de Mopti qui détient le score de l’IDHE le plus


faible avec 0,36, même s’il y a une amélioration par rapport à 2015 où il se situait à 0,32.


Nous constatons que les régions du Nord à savoir Gao et Tombouctou ont en général connu


0,42


0,42


0,37


0,4


0,36


0,38


0,41


0,63


0,54


0,39


0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1


Kayes


Koulikoro


Sikasso


Ségou


Mopti


Tombouctou


Gao


Kidal


Bamako


MALI




28 28

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22


une baisse considérable de leur IDHE entre 2015 et 2019. En effet, l’IDHE est passé de 0,52


en 2015 à 0,41 en 2019 à Gao et de 0,49 en 2015 à 0,38 en 2019 à Tombouctou.


L’approvisionnement des régions du nord en produits de consommation à partir de certains


pays du Maghreb, sans réelle barrière douanière pourrait être un facteur de relèvement du


niveau de consommation. Des aspects méthodologiques d’enquête devraient aussi être


intégrés dans l’explication de la meilleure performance de Kidal en matière d’IDHE. En effet,


contrairement aux autres régions où la collecte des données EMOP a lieu aussi bien en milieu


urbain qu’en milieu rural, dans la région de Kidal, les enquêtes ont lieu seulement en milieu


urbain. Il pourrait en résulter une surestimation du niveau de la consommation dans la région


de Kidal.


Quant au District de Bamako, son niveau peut aisément s’expliquer par le statut de Bamako


qui est une zone d’accumulation des activités socioéconomiques, c’est aussi le plus grand


centre administratif du pays. Pour toutes ses raisons, le niveau comparativement élevé de son


indice de bien-être se comprend aisément.


Le faible niveau de développement à Mopti (0,36), comme dans les régions de Gao et de


Tombouctou, serait lié à la crise multidimensionnelle qui sévit dans le centre et les régions du


nord, contraignant les mouvements des populations avec des effets sur la scolarisation et


l’offre de services de santé. En plus, l’ISF (7,2) dans la région est supérieur au niveau


national.


La région de Sikasso quant à elle, accuse un retard par rapport aux autres avec un indice de


0,37. Ce résultat vient d’une combinaison de taux de fécondité élevé et d’un niveau de


consommation estimé faible. Ce faible indice de niveau de vie s’expliquerait à son tour par


des facteurs socio-culturels avec une tendance à l’autoconsommation.


Les graphiques ci-dessous donnent la situation des sous dimensions de l’IDHE par région. A


titre de rappel, l’indice d’éducation calculé au niveau national a été affecté à chacune des


régions du fait de l’absence de données désagrégées sur la durée moyenne et la durée attendue


de scolarisation par région.


Graphique 8 : Indice de santé par région (2019)




Graphique 9 : Indice de niveau de vie par région (2019)




La forte contribution des adolescentes de 15 – 19 ans a également un effet considérable sur le


niveau global de fécondité au Mali. Les mortalités maternelle et infantile sont à des niveaux


0,36


0,37


0,43


0,48


0,52


0,52


0,44


0,63


0,80


0,94


0% 20% 40% 60% 80% 100%


Tombouctou


Mopti


Sikasso


Kayes


Ségou


Gao


MALI


Koulikoro


Bamako


Kidal


0,44


0,46


0,46


0,48


0,49


0,55


0,57


0,60


0,74


1,00


0% 20% 40% 60% 80% 100% 120%


Koulikoro


Ségou


Sikasso


Mopti


Gao


MALI


Kayes


Tombouctou


Bamako


Kidal




29 29

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23


encore élevés et le déficit d’accès équitable aux services de santé peuvent également


contribuer à expliquer ce niveau bas de l’indice de santé. Contrairement à l’ISF normalisé,


l’indice d’espérance de vie (0,548) tire l’indice de santé vers le haut. Le niveau moyen de


l’indice d’espérance de vie à la naissance peut s’expliquer en grande partie par la baisse des


niveaux de mortalités maternelle et infantile au Mali. La prise en charge de la santé de la


reproduction, maternelle, infantile et nutritionnelle est un facteur déterminant de


l’accroissement de l’espérance de vie à la naissance. La mortalité des enfants de moins de 5


ans au Mali est passée de 254 pour mille en 1990 à 127 pour mille naissances vivantes en


2012 et 101 pour mille en 2018 (en deçà de l’objectif de réduire son niveau de 2/3). Même si


elle baisse rapidement, la mortalité infanto-juvénile reste encore élevée.


La capitale Bamako enregistre le taux de fécondité le plus faible (4,8 enfants selon l’EDSM


2018) après la région de Kidal (3,6 enfants). Aussi, les plus grandes opportunités en termes


d’accès aux infrastructures de base, en particulier sanitaires mais aussi d’informations sur


cette disponibilité, se trouvent-elles dans le district de Bamako et dans une moindre mesure


dans les centres urbains. La disponibilité de services de santé et de personnel qualifié en


nombre, comparativement aux autres régions, place Bamako parmi les régions avec les


indices de santé les plus élevés.


Les indices de santé les plus elévés sont enregistrés dans la région de kidal (0,94), Bamako


(0,80) et Koulikoro (0,63). L’indice de santé tourne autour de la moyenne dans les régions de


Gao et Ségou (0,52). Les plus faibles indices sont observés à Tombouctou et Mopti.


Les inégalités, le niveau de pauvreté au Mali (47,2% en 2015 et 42,3% en 2019) et la faiblesse


du niveau de capital humain contribuent à expliquer les faibles performances en matière


d’indice de niveau de vie. En plus, au Mali, du fait de la structure de l’économie et de la forte


proportion de population rurale, l’autoconsommation (des productions) est très répandue, en


particulier dans la région de Sikassso, rendant difficile l’estimation monétaire des dépenses.


Pour comparer le niveau de vie par région, la référence régionale est Kidal, qui présente le


niveau de consommation par tête le plus élevé (EMOP 2019). Dans la région de Kayes,


l’apport des migrants dans l’élévation relative du niveau de vie pourrait être très considérable.


La consommation des ménages y est soutenue par les transferts monétaires effectués par les


ressortissants vivant à l’étranger.


La forte croissance démographique, la composition des dépenses publiques, les fortes


inégalités et la persistance des conflits constituent, les principales contraintes à l’amélioration


des indicateurs en matière de santé et d’éducation. La faible contribution des femmes (qui


consomment dans les mêmes proportions que les hommes mais ne produisent qu’environ 23%


du revenu du travail), le chômage qui affecte plus sevèrement les jeunes, les faibles


performances économiques et en matière de gouvernance réduisent les effets des


investissements nationaux pour l’amélioration du bien-être et des niveaux de vie des


populations, en particulier les plus vulnérables.





30 30

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24


CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS


Au terme de l’analyse des résultats de l’IDHE aux niveaux national et régional, il ressort


globalement les constats suivants :


- L’IDHE est relativement bas au Mali avec un score évalué à 0,39 (ou 39%) en 2019.


Toutefois, il convient de noter une amélioration par rapport à la situation de 2015 où il


affichait quasiment le même score (0,38).


- L’indice de niveau de vie (ICONST) s’est nettement amélioré passant de 0,451 en


2015 à 0,50 en 2019, ce qui fait évoluer la position du Mali d’un score faible à un


score moyen de niveau de vie. L’indice du niveau de vie constitue d’ailleurs la seule


sous-composante ayant atteint le niveau moyen au Mali. Ce résultat s’expliquerait


notamment par une évolution favorable du PIB réel par tête sur la période 2015-2019.


La relative performance du score de niveau de vie est le facteur déterminant de


l’amélioration globale de l’IDHE en 2019 au Mali.


- Une baisse préoccupante de l’indice de santé (IS) qui est de 0,44 en 2019 alors qu’il


était de 0,456 en 2015. Cette baisse de l’indice de santé est le résultat d’une


augmentation de l’espérance de vie et d’une baisse concomitante de l’indice de


fécondité normalisé (qui passe de 0,38 en 2015 à 0,34 en 2019) qui a son tour est


causée par une augmentation de l’ISF. En effet, l’ISF passe de 6 enfants à 6,3 enfants


par femme entre 2012 et 2018. Cette tendance de l’ISF est imputable au faible accès


des populations aux services de santé de la reproduction et à l’utilisation faible des


méthodes de contraception modernes ainsi que les besoins non satisfaits en planning


familial qui étaient de 23,9% en 2018.


- Tout comme en 2015, l’indice de l’éducation (IE) est la sous-dimension qui tire le plus


vers le bas l’IDHE du Mali même si on observe une légère amélioration en 2019


(0,27) par rapport à 2015 (0,25). Ce résultat pourrait s’expliquer par la faible capacité


du système éducatif à retenir longtemps (au-delà du premier cycle) les élèves et


particulièrement les filles en raison de nombreux facteurs socioculturels qui se


manifestent par les mariages d’enfants et les grossesses précoces.


- Au niveau régional, on observe deux tendances parmi les régions où l’IDHE est le plus


faible au Mali. D’une part, les régions de Tombouctou, Sikasso et Mopti ont un IDHE


très faible, expliqué en grande partie, par la forte fécondité et le faible niveau


d’éducation.


En termes de recommandations, il importe, entre autres, de :


- renforcer les activités de communication pour le changement social et de


comportement pour augmenter le taux d’utilisation des méthodes modernes de


contraception en vue d’une certaine maitrise du rythme de la croissance


démographique, facteur déterminant des performances dans l’éducation et la santé ;


- renforcer l’autonomisation des femmes et des jeunes afin d’améliorer le pouvoir


d’achat des ménages et de réduire les inégalités ;




31 31

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25


- mettre l’accent sur la satisfaction des besoins des populations les plus vulnérables afin


de les rapprocher d’un état de non pauvreté ;


- renforcer le système statistique, en particulier au niveau régional et local, afin de


disposer d’évidences fiables et désagrégées pour une planification stratégiques et


opérationnelle efficace.




32 32

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26


Références bibliographiques


Cellule de Planification et de Statistique du Secteur de l’Education : synthèse des données provisoires


2019 des statistiques scolaires de l'enseignement fondamental


Cellule de Planification et de Statistique du Secteur Santé, Développement Social et Promotion de la


Famille : Comptes Nationaux de Santé 2019


Cellule Technique – Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté : Rapports annuels de suivi du


Cadre pour la Relance Economique et le Développement Durable


Centre de régional de recherches en économie générationnelle, 2017 : Manuel de formation sur les


rapports de dimension du dividende démographique


Fonds des Nations Unies pour la population, 2010, Les raisons d’investir sur les jeunes dans le cadre


de la stratégie nationale de réduction de la pauvreté, Etude commanditée par l’UNFPA, New York


Institut National de la Statistique, Cellule de Planification et de Statistique du Secteur Santé,


Développement Social et Promotion de la Famille et ICF, 2019 : Enquête Démographique et de Santé


au Mali 2018


Institut National de la Statistique : Rapport de l’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS)


2015


Institut National de la Statistique : Rapports de passage de l’enquête modulaire auprès des ménages


2015 – 2019


Institut National de la Statistique : Recensement Général de la Population et de l’Habitat 2009


Ministère de l’Education, 2017 : Diagnostic du système éducatif national


Ministère de l’Aménagement du Territoire et de la Population, 2017 : Feuille de route nationale


« Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant massivement dans la jeunesse »,


juin 2017


Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique : Rapports nationaux de mise en œuvre du PRODESS


et autres rapports sur la situation socio-sanitaire


Projet SWEDD : Rapport national 2015 sur le profil du dividende démographique au Mali, Mai 2017