RÉPUBLIQUE DU MALI MINISTÈRE DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE LA...

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RÉPUBLIQUE DU MALI


MINISTÈRE DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
ET DE LA POPULATION


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N


°4


Projet d’Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel
(PAFDDS)-SWEDD-Mali


75% du revenu des jeunes provenant du secteur informel
ou 20% de niches scales


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JEUNESSE ET MARCHE DU TRAVAIL
AU MALI


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JEUNESSE ET MARCHE DU TRAVAIL AU MALIJEUNESSE ET MARCHE DU TRAVAIL AU MALI


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Entre 15 et 26 ans, la consommation des jeunes est supérieure à
leur revenu du travail, ce qui traduit une situation de dépendance
économique. C’est à partir de l’âge de 27 ans que le niveau de leur
revenu dépasse celui de leur consommation : ils commencent à
dégager un surplus économique. En eet, un jeune du groupe
d’âge 15-26 ans consomme en moyenne 363.000 FCFA alors que
son revenu de travail est estimé à 187.000 FCFA, d’où un décit
moyen de 176.000 FCFA à combler. Ainsi, les jeunes du groupe
d’âge 15-26 ans ont besoin de transferts pour pouvoir subvenir à
ses besoins de consommation.


A l’opposé, les jeunes de 27 à 35 ans ont un niveau de revenu
supérieur à leur consommation. Toutefois, bien que la hausse
du revenu soit très signicative entre 27 et 35 ans, l’excédent
de revenu dégagé par cette tranche d’âge est en moyenne plus
faible que celui de l’ensemble des tous les individus qui génèrent
un surplus économique. Etant donné que le revenu est souvent
fonction de l’expérience et que la plupart de ces jeunes sont en
début de carrière professionnelle, le revenu qu’ils tirent de leur
travail se révèle encore moins important. En eet, il leur faudra
attendre l’âge 37 ans et 42 ans respectivement dans le secteur
informel et le secteur moderne pour qu’ils atteignent les niveaux
de revenu moyen les plus élevés.


Au niveau national, la consommation agrégée des jeunes de
15-26 ans est estimée à 1431 milliards de FCFA pour un niveau
de revenu agrégé de 692 milliards de FCFA. Ainsi le groupe d’âge
15-26 ans présente, à lui seul, un décit de 737 milliards de FCFA
représentant 11% du PIB de 2015. Il est à noter également que ce
groupe d’âge contribuent pour 27% à la consommation nationale
alors qu’il ne produit 17% du revenu du travail national.


Concernant les jeunes en situation de surplus économique
(26-35 ans), leur consommation agrégée s’élève à 823 milliards
de FCFA et représentant 15% de la consommation nationale.
Le revenu de leur travail est estimé 1271 milliards de FCFA dont
75% provient de l’auto-emploi qui est généralement dominé
par le secteur informel dans les pays africains. Le surplus
économique généré par ce groupe d’âge est 448 milliards de
FCFA, soit 6% du PIB.


Si l’on considère l’ensemble des jeunes de 15-35 ans, il est
observé, d’une part, un niveau de consommation (2254 milliards
de FCFA) qui dépasse celui du revenu du travail (1963 milliards
de FCFA). Leur niveau de décit s’élève à 291 milliards de FCFA.
D’autre part, le secteur informel est le principal pourvoyeur
d’emplois pour la jeunesse. En eet, 75% du revenu du travail
provient de l’auto-emploi, ce qui correspond à près de 20% de
pertes en termes de scalité.


Période de surplus
économique au Mali et dans
d’autres pays benchmark


L’analyse du cycle de vie économique au Mali révèle que les
groupes d’âge 0-26 ans et 63 ans plus, consomment plus que
ce qu’ils gagnent par leur travail. A l’opposé, les individus de la
tranche 27-62 ans génèrent un revenu du travail supérieur à leur
consommation. Ainsi, la période de cumul du surplus économique
au Mali commence à 27 ans et se termine à 62 ans, soit une durée
de 36 ans. Au Sénégal2 et en Mauritanie3, la durée de génération
du surplus économique est de 34 ans et 36 ans respectivement.
Dans ces trois pays, on constate que le surplus est dégagé sur
une durée de plus de 30 ans. En revanche, dans les pays d’Afrique
orientale et australe, le surplus est dégagé sur une période plus
courte. Au Kenya, la population active génère un surplus entre 29
ans et 55 ans en 2004, ce qui représente une durée de 27 ans. En
Afrique du Sud et au Mozambique, la durée de cumul du surplus
est estimée à 30 ans et 26 ans respectivement.


L’analyse du tableau ci-dessus révèle donc que la période du
surplus est plus large au Mali, en Mauritanie et au Sénégal que dans
les autres pays benchmark. Ceci s’explique par la prédominance
du secteur informel dans les économies ouest africaines
contrairement aux pays de l’Afrique orientale (Kenya) et australe
(Afrique du Sud et Mozambique) qui sont des économies plus
formelles. En eet, le secteur informel est souvent caractérisé par
un retrait volontaire et tardif des individus du marché du travail.
C’est ce qu’on observe en particulier dans les pays de l’Afrique de
l’Ouest où la n du surplus économique intervient après l’âge de
60 ans. Par contre, dans les économies dominées par le secteur
moderne, le départ à la retraite est plus contraignant et s’eectue
un peu plus tôt. C’est le cas de l’Afrique du Sud, du Kenya et du
Mozambique où la n du surplus intervient avant l’âge de 60 ans.


Source : CREG / CREFAT 2016, Estimations NTA du prol pays à partir des données de 2015.


Graphique 4 : Prols agrégés de consommation et du revenu
du travail


1 CREFAT (2014), Dépendance économique et demande sociale au Sénégal : Gap de 35% du PIB pour nancer la consommation, Policy Brief N°03
2 CREFAT (2016b), Dépendance économique en Mauritanie : Entre soutien public et privé, Policy Brief de la Mauritanie.


Mozambique (2008)
Kenya (2004)
Afrique du Sud (2005)
Sénégal (2011)
Mali (2015)
Mauritanie (2014)


26
27
30
34
36
38


57
55
59
63
62
68


32
29
30
30
27
30


Pays
Durée de
cumul du


surplus


Age
à la n


du surplus


Age
à la n


du surplus


Tableau : Période du surplus économique dans quelques pays africains


Source : CREFAT(2014), CREFAT (2016b), République du Mali (2016), Nations Unies (2013).


AfDB (2015), Rapport Annuel, 130p.


Bloom D., D. Canning, L. Hu, Y. Liu, A. Mahal et W. Yip (2010). « The contribution of Population Health and Demographic Change to Economic Growth in China and India », Journal of Comparative
Economics, 38:17-33.


CREFAT (2014), « Dépendance économique et demande sociale au Sénégal : Gap de 35% du PIB pour nancer la consommation », Policy Brief N°03


CREFAT (2016a), Manuel de formation sur la méthodologie des Comptes de transfert nationaux.


CREFAT (2016b), « Dépendance économique en Mauritanie : Entre soutien public et privé », Policy Brief - Mauritanie.


INSTAT (2015), « Sante, emploi, sécurité alimentaire et dépenses de Consommation des ménages » Rapport résultats Enquête modulaire et permanente auprès des ménages (EMOP)


République du Mali (2016), Rapport national sur le prol du dividende démographique au Mali en 2015, Version dénitive.


Nations Unies (2015), « Le Développement Economique en Afrique : Libérer le potentiel du commerce des services en Afrique pour la croissance et le développement » ; Rapport 2015, 166p.


OIT (2014), Rapport Annuel, 145p


Population Reference Bureau (2013), Synthèse de rapports; 12p.


Références Bibliographiques


Recommandations
Le chômage des jeunes est une problématique majeure dans


tous les pays du monde et suscite un grand intérêt parce que des
taux de chômage élevé peuvent bloquer le développement à
long terme d’un pays (Bloom et al 2010). Ceci s’explique par le fait
que le chômage des jeunes limite la capacité d’un pays à récolter
les dividendes démographiques.


Au Mali, les jeunes s’activent principalement dans le secteur
informel et sont économiquement dépendants jusqu’à l’âge de 26
ans. Les recommandations suivantes sont suggérées pour réduire
la dépendance des jeunes et optimiser la capture du dividende
démographique :


Veiller à l’adéquation formation-emploi des jeunes
Promouvoir la création d’emplois formels
Renforcer les capacités des structures de collecte et


d’analyse des données sur l’emploi jeunes


Actions
A court terme :


Promouvoir la formation technique et professionnelle de
qualité et de courte durée adaptée aux besoins du marché
de travail ;


Réaliser une analyse des secteurs porteurs et des besoins
de l’économie nationale en ressources humaines ;


Renforcer les initiatives de création des emplois jeunes
(formation, accès aux crédits, foires,)


Mettre en place des lignes de crédits dédiées aux jeunes
au niveau du fonds de garantie du secteur privé avec des
taux d’intérêts préférentiels) ;


Mener une compagne d’information et de sensibilisation
sur les opportunités en matière de nancement et
d’accompagnement des jeunes.


A moyen terme :


Adapter les programmes de formation aux besoins de
l’économie nationale en ressources humaines ;


Mettre en place une plateforme commune de gestion des
données sur l’emploi et la formation professionnelles des
jeunes ;


Mettre en place des initiatives de reconversions des jeunes
diplômés sans emplois, en particulier dans le domaine
agro-sylvo-pastoral.


Conduire des initiatives incitatives à l’entreprenariat des
jeunes.


A long terme :


Encourager les investissements productifs via les systèmes
de nancement adaptés aux besoins du pays.


Consommation agrégée


Age
0 10 20 30 40 50 60 70 80+


M
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s
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160


140


120


100


80


60


40


20


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Revenu du travail agrégé


Equipe de Rédaction


Equipe Nationale
Moussa SIDIBE, Coordinateur National SWEDD
Mohamed KANAMBAYE, INSTAT
Mme Aoua Saran DEMBELE, DGA-ONEF
Robert DABOU, Chargé de Projets -SWEDD
Madou DIALLO, Expert en S&E Projet-SWEDD
Aminata Batogoman SOGOBA, CPS-Education
Sadou DOUMBO, Chargé de Programme P&D/UNFPA


Appui Technique CREG/CREFAT
Latif DRAMANI
Edem AKPO
Yédodé AHOKPOSSI
Diama Diop DIA
Mame Coura Ndiaye Kama
Abdourahmane Bobo Ndiaye


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JEUNESSE ET MARCHE DU TRAVAIL AU MALI JEUNESSE ET MARCHE DU TRAVAIL AU MALI


Le marché du travail au Mali est caractérisé par un secteur informel très important. Ce secteur informel s’organise
autour des petites activités de transformation, de services et de
commerce. Il induit des eets appréciables en termes d’intégration
économique et de régulation sociale.


Bien qu’il subisse de nombreuses contraintes, le secteur informel
malien recèle de nombreux atouts notamment une plus grande
exibilité de création d’emplois. La plus grande part des emplois
en milieu urbain sont des emplois informels dans le commerce de
détail ou dans le secteur des employés de maison. En eet, dans la
capitale Bamako, l’emploi dans le secteur formel (privé et public)
ne représenterait que 23% de l’emploi total.


Dans la population active, la proportion de chômeurs est
élevée du fait des caractéristiques du marché et de la population
comme indiquées plus haut. Le chômage, phénomène qui touche
fortement les jeunes, est plus présent en milieu urbain. Selon
l’Enquête Modulaire et Permanente auprès des Ménages (EMOP
2015), les jeunes 15 à 24 ans représentent plus de 64% de l’eectif
total des chômeurs, les jeunes femmes étant proportionnellement
plus touchées avec 54,5% que les jeunes hommes (45,5%). En
outre, 12,6% des enfants âgés de 6 à 14 ans sont occupés. On
constate dans l’analyse des données d’enquêtes réalisées entre
2004 et 2015, que des inégalités persistent dans l’accès à l’emploi
entre hommes et femmes et entre milieu urbain et milieu rural.


Au niveau national, le taux de chômage en 2015 est de 10,6%
(7,8% chez les hommes contre 13,9% chez les femmes). Les
jeunes de 15 – 24 ans sont les plus aectés par le chômage avec
un taux de 22,5% (de loin supérieur au niveau national). Le taux
de chômage diminue avec l’âge. L’analyse du chômage selon le
niveau d’éducation montre que le chômage augmente avec le
niveau d’éducation. Les individus ayant un niveau de scolarisation
de niveau secondaire ou supérieur connaissent des taux de
chômage plus grand. Il est à noter également que le taux de
chômage des jeunes issus du niveau secondaire est supérieur à
la moyenne nationale, ce qui illustre bien la mauvaise adéquation
entre les qualications acquises dans le système de formation
initial et les besoins des entreprises et autres acteurs économiques
sur le marché du travail.


Place de l’emploi dans le
dividende démographique


Le dividende démographique ne peut être atteint que si les
compétences acquises se traduisent par une activité productive.


Bien que les taux de croissance démographique ralentissent
dans de nombreux pays africains, la taille de la population jeune
en Afrique va continuer de croître. En 2050, plus de 400 millions
d’Africains auront entre 15 et 24 ans, soit plus du double du
nombre actuel1.


En ajoutant à ce chire la population en âge de travailler, les
pays africains seront confrontés au dé de créer susamment de
possibilités d’emplois stables. En cas d’échec, les conséquences
seront graves pour l’économie de ces pays : augmentation du
nombre de jeunes chômeurs ou d’inactifs ; un secteur informel
en pleine croissance avec une faible productivité ; une plus petite
proportion de travailleurs salariés.


Si de nombreux jeunes ne peuvent pas trouver d’emploi et avoir
un revenu satisfaisant, l’explosion démographique des jeunes
pourrait nuire à la croissance économique, la paix et la sécurité.
L’expérience de nombreux pays a montré qu’une population
importante de chômeurs jeunes et frustrés, est potentiellement
une source d’instabilité sociale et politique.


Pourtant, avec les bons investissements, les pays pourront
exploiter l’explosion démographiques des jeunes en faveur
de la croissance économique et améliorer la vie des jeunes
d’aujourd’hui et de demain.


1 Population Référence Bureau, 2013


JEUNESSE ET MARCHE DU TRAVAIL AU MALI
75% du revenu des jeunes provenant du secteur informel


ou 20% de niches scales


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Le secteur informel domine
le marché du travail aussi
bien chez les jeunes que dans
toute la population


Le prol moyen par âge du revenu du travail est calculé en
prenant la moyenne par âge de la rémunération des salariés plus
la moyenne par âge du revenu de l’auto-emploi. Il correspond au
revenu perçu par chaque individu de la population en fonction de
son âge. Ainsi, le revenu du travail se compose de deux parties : le
revenu du travail salarié et le revenu de l’auto-emploi (ou travail
non salarial). Le graphique ci-dessous présente le prol moyen
du revenu du travail avec ses deux composantes. Il indique la
situation en termes de revenu tiré du travail par un individu en
fonction de son âge.


L’analyse du prol moyen du revenu du travail fait ressortir les
points saillants suivants :


le prol du revenu du travail augmente avec l’âge et atteint
son niveau le plus élevé à l’âge de 37 ans avec un montant
de 760 854 FCFA ;


à partir de 6 ans, les enfants commencent à générer un
revenu du travail, signe de l’existence du travail des enfants
souvent compris par les communautés comme un élément
de socialisation ;


quel que soit l’âge, le niveau de revenu de l’auto-emploi est
largement supérieur à celui de l’emploi salarié ;


le maximum du revenu de l’auto-emploi est atteint à l’âge
de 37 ans (près de 568 000 FCFA) alors que celui de l’emploi
salarié n’intervient que 5 années plus tard, i.e. à l’âge de 42
ans, et pour un revenu 3 fois inférieur (environ 195 000 FCFA) ;


les jeunes s’activent beaucoup plus dans le secteur informel :
les jeunes du groupe d’âge 15-35 ans gagnent dans l’auto-
emploi 284 000 FCFA en moyenne, soit 3 fois le revenu qu’ils
touchent dans un travail salarié ;


l’auto emploi qui est dominé par le secteur informel occupe
plus de personnes que le travail salarié. Les personnes ont
tendance à s’installer à leur propre compte, le Mali étant un
pays de « dioula » (commerçants) et le commerce et le
secteur informel étant très développés.


Le graphique 2 ci-dessous présente le prol agrégé de revenu
du travail et de ses composantes. Le prol agrégé étant le prol
moyen multiplié par les eectifs par âge de la population, met
en exergue l’évolution du revenu du travail en fonction à l’échelle
nationale.


Encadré 1 : Notion de dividendes
démographiques
Le premier dividende démographique est lié à la transition
démographique. La transition démographique désigne le passage
d’une économie rurale et agraire, caractérisée démographiquement par
des taux élevés de natalité et de mortalité, à une économie urbaine
et industrialisée, caractérisée par une baisse de ces deux taux. Dans
un premier temps, lorsque les deux taux baissent, avec moins de
naissances, la population active augmente relativement plus vite que
le reste de la population. Autrement dit, le nombre de producteurs
(population active) augmentent relativement plus vite que celui des
consommateurs. Dans ce cas-là, l’économie dispose de plus de
ressources et, toutes choses égales par ailleurs, à productivité, taux de
participation et taux de chômage inchangés, l’augmentation de la part
de la population active augmente mathématiquement la production par
tête. D’où le premier dividende démographique.


Normalement, ce premier dividende démographique peut durer
plusieurs décennies jusqu’à ce que la diminution de la fécondité
réduise le taux de croissance de la population active et que la baisse
de la mortalité des personnes âgées accélère l’augmentation de leur
nombre. Un second dividende démographique est possible.


Ceci dépend de la stratégie dont le pays se dote afin de faire face au
vieillissement, notamment le mode de financement de la retraite. Le
financement de la retraite peut se faire soit par un transfert en instant «
t » (par le soutien familial ou par un système de pension publique dans
le cas du système de répartition), soit par un transfert inter temporel,
c’est-à-dire épargner pour financer le vieillissement futur.


Un second dividende démographique peut apparaître seulement via le
deuxième mode de financement de la retraite. En effet, une population
ayant une part importante de personnes travaillant jusqu’à un âge
relativement avancé et vivant une longue période de retraite anticipe
le vieillissement de la société et est fortement incitée à accumuler des
actifs. En l’absence de transfert familial ou public, la population est plus
incitée à accumuler des actifs afin de faire face aux dépenses futures. Il
y a donc accumulation massive des actifs. Que ces actifs soient investis
dans le pays ou à l’étranger, le revenu national augmente. (Source :
CREFAT, 2016a).


Source : CREG / CREFAT 2016, Estimations NTA du prol pays à partir des données de 2015.


Source : CREG / CREFAT 2016, Estimations NTA du prol pays à partir des données de 2015.


Graphique 1 : Prol moyen du revenu du travail et ses composantes


Graphique 2 : Prol agrégé du revenu du travail et ses composantes


Au niveau national, le prol agrégé du revenu du travail
augmente avec l’âge et atteint un pic de 154 milliards de FCFA
à l’âge de 32 ans. En eet, dans la tranche d’âge 6-32 ans, le
prol agrégé du revenu du travail croit beaucoup plus vite,
contrairement à la tranche d’âge 33 ans et plus où il diminue
de façon signicative. A l’image du prol moyen où le revenu
non salarial domine le revenu salarial, on observe également au
niveau du prol agrégé que le revenu de l’auto-emploi demeure
supérieur au revenu salarial quel que soit l’âge.


Le revenu du travail des jeunes du groupe d’âge 15-34 ans
estimé à 1963 milliards de FCFA, soit 51% du revenu de toute
la population. Ce revenu des jeunes est essentiellement tiré du
travail non salarié qui y contribue à hauteur de 75%. De façon
générale, il est à noter qu’au niveau national, l’auto-emploi génère
plus de revenu que le travail salarié. Le revenu agrégé de l’auto-
emploi s’élève à 2900 milliards de FCFA, représentant 3/4 du
revenu du travail et 43% du PIB de 2015.


Les jeunes économiquement
dépendants jusqu’à l’âge
de 26 ans


Pour analyser le décit du cycle de vie, les prols de
consommation et de revenu du travail sont superposés dans
le même graphique. Les parties du graphique où la courbe
de consommation se situe au-dessus de la courbe de revenu
concernent les individus en situation de décit. Ils sont donc
dits économiquement dépendants. Par contre, les groupes d’âge
pour lesquels la courbe de consommation se situe en dessous
du revenu sont ceux qui dégagent un surplus économique. Les
graphiques 3 et 4 ci-dessous présentent la situation au niveau
moyen et au niveau agrégé respectivement.


Encadré 2 : Notion du déƒcit du cycle de vie
Pour les individus d’un âge a donné, le déficit du cycle de vie, noté
LCD, se définit comme étant la différence entre leur consommation
C(a) et le revenu de leur travail YL(a) :


LCD (a) = C(a)-YL(a)


Il permet d’analyser les besoins de consommation à satisfaire à
chaque âge en respectant le niveau des agrégats de consommation
et de revenu du travail des comptes nationaux.


Le LCD de l’âge a mesure la demande totale de réallocations de
tous les individus d’âge a. Un LCD(a) positif indique un surplus de
consommation (ou un déficit de revenu) nécessitant des réallocations
provenant d’autres groupes d’âge avec un surplus de revenu. A
l’inverse, un LCD(a) négatif désigne un surplus de revenu, ce dernier
pouvant être utilisé pour financier la consommation des groupes
d’âge en situation de déficit.


Source : Adapté de CREFAT (2016a)
Source : CREG / CREFAT 2016, Estimations NTA du prol pays à partir des données de 2015


Graphique 3 : Prols moyens de consommation et du revenu
du travail


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