RÉPUBLIQUE DU MALI MINISTÈRE DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE LA...

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RÉPUBLIQUE DU MALI


MINISTÈRE DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
ET DE LA POPULATION


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°8


Projet d’Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel
(PAFDDS)-SWEDD-Mali


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GOUVERNANCE ET CROISSANCE ECONOMIQUE AU MALIGOUVERNANCE ET CROISSANCE ECONOMIQUE AU MALI


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Le prix de l’ecacité des institutions


GOUVERNANCE ET CROISSANCE
ECONOMIQUE AU MALI


Des performances erratiques
pour la Qualité des réglementations


Les rangs centiles du Mali pour 1996, 2007 et 2015 sont respectivement de 29,
41 et 30. Ce qui renseigne une amélioration entre 1996 et 2007 et une régression
entre 2007 et 2015. Bien que son rang en 2007 soit signe d’une meilleure
performance que celle de tous les pays et régions benchmarks excepté le Burkina,
le Mali n’a pas pu maintenir le cap en 2015, année à laquelle il est classé derrière
le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie et le Sénégal.


Les indicateurs de gouvernance :
quels effets sur la croissance
économique au Mali ?


Le principe de la bonne gouvernance est devenu depuis une dizaine d’années
le pilier censé soutenir l’ensemble des transformations qui aectent l’exercice du
pouvoir dans les sociétés contemporaines. Il a ainsi été promu au rang de modèle
étatique de référence. Au regard de cette «emblématisation» de la gouvernance,
il paraît essentiel de s’interroger sur les eets réels d’un tel modèle.


Qu’en est-il pour le cas spécique de la République du Mali ? Il convient dans
les éléments de réponse, d’analyser les eets ou «non eets» des mutations qu’a
connues la gouvernance malienne, sur sa croissance économique.


la réalisation du premier et du second dividende démographique. La bonne
gouvernance est primordiale pour la réduction des probabilités de mauvaises
pratiques et pour le réinvestissement des ressources du premier dividende
démographique. Cela permettrait de gagner entre autres une ecacité et de
meilleures orientations de politiques économiques, d’encourager l’investissement
ou encore d’orir un meilleur système de redistribution de la richesse.


Le gouvernement malien a, à cet égard, intérêt à mettre en place des stratégies
en vue de mieux contrôler la Stabilité politique du pays et l’Etat de droit qui
sont devenus des obstacles à la croissance économique. Il est également très
important de continuer à veiller sur l’Ecacité de l’administration et se hisser vers
un rang supérieur dans le but d’accroître le produit intérieur du pays. Dans cette
optique, les recommandations suivantes sont préconisées :



gouvernance politique, sociale et économique.



au service de la paix, de l’équité et du développement socio-économique.



délinquance nancière.



civisme.



des rapports des structures de contrôle et de vérication.


Actions
Court terme


Moyen terme


Long terme


Acemoglu D., S. Johnson, and J. Robinson, 2001. “The Colonial Origins of Comparative Development: An Empirical Investigation”. American Economic Review, 91 (5), p. 1369-1401.


Albassam B. 2012. “The Inuence of the Economic Crisis on the Relationship between Governance and Economic Growth”. Florida Atlantic University, Boca Raton, FL, USA.


Campos N.F. and J.B. Nugent (2000). “Who is Afraid of Political Instability?” Journal of Development Economics, 226, 1-29.


Easterly W., J. Ritzan and M. Woolcock. 2006. “Social cohesion, institutions, and growth”. Working Paper No. 94. Center for Global Development, Washington, D.C., USA.


Kaufmann D. and A. Kraay. 2002. “Growth without Governance”. World Bank Policy Research Working Paper No. 2928, Washington, DC.


Kaufmann D., A. Kraay, and M. Mastruzzi. 2010. “The worldwide governance indicators project: Methodology and analytical issues”. World Bank Policy Research Working Paper 5430, 1-29.


Li H., L.C. Xu, and H. Zou, (2000). “Corruption, Income Distribution and Growth”. Economics and Politics 12(2), 155–185


Mo P.H. (2001). “Corruption and Economic Growth”. Journal of Comparative Economics, 29(1), 66–79


Mueller D.C. (1982). “Redistribution, Growth, and Political Stability”. The American Economic Review, 72 (2) 155-159.


World Bank. 1996. Managing Development – The governance Dimension. Washington.


Autorité de la Loi, la dimension de la gouvernance qui impacte le
plus sur la croissance économique :
l’Autorité de La loi impacte
négativement la croissance économiques malienne. En eet, les résultats
montrent que si cet indicateur augmente de 100% au Mali, la croissance
économique malienne baisse de 18%, toutes choses étant égales par ailleurs.


Ecacité gouvernementale, un impact positif sur la croissance
économique :
pour ce qui est de l’Ecacité gouvernementale, elle impacte
également de manière signicative la croissance économique au Mali.
Toutefois l’eet qu’elle induit est positif. En eet, une hausse de 100% de cet



Mali (toutes choses étant égales).


Qualité des Réglementations, aucun impact sur la croissance : les
analyses montrent que la qualité de la réglementation n’a aucun impact sur
la croissance économique au Mali.


Recommandations
Le lien entre la croissance économique et les indicateurs de gouvernance


Ecacité de l’Administration contribue
positivement et de façon signicative à la croissance économique tandis que
l’Autorité de la Loi y constitue un frein important.


Il s’avère que, malgré les investissements importants en matière de bonne
gouvernance, beaucoup restent encore à faire au Mali d’autant plus qu’elle
participe à la stimulation positive de la croissance économique, mais aussi à


Graphique 7 : Rang centile du Mali et des pays/zones benchmarks pour la dimension
Qualité des Réglementations, 1996-2007-2015


Source : WGI 2016, Calculs du CREG/CREFAT 2016


Encadré 2 : Quelques remarques sur l’analyse
des variables


Les travaux théoriques et empiriques menés pour montrer la relation entre la qualité de la
gouvernance et la croissance économique sont basés sur des théories de croissance de
Solow ou de Romer (Kaufmann et Kraay, 2002 ; Easterly et al. 2006, entre autres). Le modèle
généralement utilisé explique le PIB par tête par deux variables de base (le capital et le travail)
auxquelles on ajoute des variables institutionnelles (les indicateurs de gouvernance) et des
variables de contrôle (le capital humain, notamment).


Pour ce qui est de la gouvernance, les analyses précédentes ont porté sur les six dimensions.
Il faut noter que dans le cadre de la modélisation économétrique mise en œuvre pour capter
l’impact réel des indicateurs de gouvernance sur la croissance économique, seuls trois (03)
indicateurs de gouvernance sont introduits dans le modèle. Il s’agit notamment de l’Autorité
de la Loi, de l’Efficacité gouvernementale et de la Qualité des Réglementations, tous pris
en rang. Cette sélection est le résultat d’une Analyse en Composantes Principales menée
préalablement.


Références Bibliographiques


Equipe de Rédaction


Equipe Nationale
Moussa SIDIBE, Coordinateur National SWEDD
Robert DABOU
Mouhammed KANAMBAYE, INSTAT
Fatimata M’BAYE
Mamedi GAKOU, DFM-SANTE
Fatoumata Hamar TRAORE, INTAT
Sadou DOUMBO


Appui Technique CREG/CREFAT
Latif DRAMANI
Edem AKPO
Mamadou KHARMA
Diama Diop DIA
Abdourahmane Bobo NDIAYE
Mame Coura Ndiaye KAMA


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Contexte et justi cation
Le caractère essentiel de la bonne gouvernance a été durant les dernières


publique des ressources économiques pour le développement » (World Bank,
1996), le concept de gouvernance est de plus en plus présent dans le débat
sur la recherche d’une base solide pour la croissance économique, y compris la
croissance économique à long terme dans les pays en développement. Au regard
de la rareté des sources de nancement et de l’exigence de la compétitivité des
économies dans le cadre de la mondialisation, la nécessité d’améliorer la qualité
de la gouvernance est devenue un impératif pour l’ensemble des Etats et de leurs
partenaires techniques et nanciers.


Dans le cas spécique du Mali, malgré les eorts fournis depuis les années 1980


durable, la croissance demeure globalement morose et la pauvreté endémique.
Cette situation a mené à l’adoption d’une série de plans de développement dont


2012-2017) et, très récemment, le Cadre Stratégique pour la Relance Economique
et le Développement Durable (CREDD 2016-2018). Ces diérents instruments de
politique du Mali ont pour point commun la planication d’actions prioritaires de
bonne gouvernance. Ce qui traduit la pleine conscience du Gouvernement sur le
fait que la bonne gouvernance est indispensable au renforcement de l’ecacité
de l’action gouvernementale, à la stimulation de l’investissement privé, et à
l’accélération de la croissance.


l’appréciation du lien entre la bonne gouvernance et la croissance économique
au Mali. Il s’agit de chercher les relations existantes entre les indicateurs de
la gouvernance et la croissance économique. De façon spécique, il s’agit
d’identier les relations existant entre la croissance économique et les diérentes
dimensions de la gouvernance à savoir :


Stabilité politique ;
Citoyenneté et Responsabilité ;
Contrôle de la Corruption ;


Autorité de la Loi ;
Ecacité gouvernementale ; et


Qualité des Règlementations.


La gouvernance est un facteur important pour assurer le développement


la croissance économique et la gouvernance. La plupart d’entre elles ont montré
une relation positive entre la bonne gouvernance et la croissance économique.


En eet, Campos et Nugent (2000) montrent que l’Autorité de la Loi et la Stabilité
politique sont nécessaires pour assurer des systèmes propres et une assistance


l’un des facteurs clés qui contribuent à la croissance économique. Dans le même
sens, Mueller (1982) soutient que plus l’environnement politique d’un pays est
instable, plus il est susceptible d’aecter négativement les politiques micros et
macroéconomiques. Dans leur analyse, Li et al. (2000) et Mo (2001) concluent
qu’une augmentation du niveau de corruption agit négativement sur la croissance
économique. En plus de ces variables institutionnelles, plusieurs autres études
révèlent un lien positif entre les autres dimensions de la gouvernance d’une part
et la croissance économique d’autre part (Acemoglu et al. 2001 ; Easterly et al.
2006 ; Albassam, 2012 ; en autres).


Evolution des indicateurs
de gouvernance pour le Mali
sur la période 1996-2015


Les données relatives aux six dimensions de la gouvernance utilisées dans


sont considérés comme ayant une grande capacité d’inuer positivement
l’environnement des aaires et de réduire des risques dans le pays (Kauman et
al. 2010). Chacun de ces indicateurs prend des valeurs qui varient de -2,5 à 2,5. Les
valeurs les plus élevées indiquent que le pays fait des eorts en matière de bonne
gouvernance relativement à la dimension en question. En revanche, plus la valeur
de l’indicateur est faible, moins bien est la performance du pays concernant cet
indicateur.


La Banque Mondiale publie les données de WGI tous les deux ans entre 1996
et 2002, mais à partir de 2003 ces données sont disponibles annuellement. Ainsi
notre étude porte sur une période de 17 ans constituée par les années 1996, 1998,
2000 et de 2002 à 2015.


Une maîtrise globalement faible et instable
des dimensions de la gouvernance au Mali


L’évolution des six indicateurs de gouvernance est représentée par le graphique
1. Son analyse montre que sur la période 1996-2015, aucun indice des diérentes
dimensions n’a dépassé la valeur 0,5 au Mali. Ce qui traduit globalement une
faible maîtrise de ces dimensions de la gouvernance au Mali.


Il faut noter de manière spécique que, à partir de 2010, la Stabilité politique
commence à voir son score baisser de manière substantielle pour atteindre, en
2012, le niveau le plus faible sur toute la période de l’étude (-2). Et pourtant, la
Stabilité politique était sur les années antérieures, l’une des dimensions les
mieux notées pour le Mali1. Cette contre-performance est le résultat croisé de
l’instabilité politique, des mouvements de rébellion et de l’établissement des


L’Ecacité gouvernementale :
le point faible de la gouvernance malienne


plus mal classée au Mali et ce sur la période d’étude, excepté en 2012-2015 où la
dimension Stabilité politique enregistrait une baisse considérable en comparaison
des autres indicateurs. Il faut également noter que l’indicateur Citoyenneté et
Responsabilité
est en moyenne bien maîtrisée par rapport aux autres tendances,
avec une amélioration sur les sous-périodes 2004-2011 et 2012-2015.


Ainsi, quatre sous-périodes marquantes de l’évolution des diérents
indicateurs de gouvernance se dessinent pour le Mali :


une sous-période où les indicateurs s’améliorent, notamment
l’Ecacité gouvernementale, la Citoyenneté et Responsabilité et l’Autorité
de la Loi
. Les indicateurs relatifs à la Citoyenneté et Responsabilité et à
l’Autorité de la Loi atteignent leur score maximal en 2003.


les mêmes indicateurs qui avaient connu une hausse sur la
période précédente tels que l’Ecacité gouvernementale, la Citoyenneté
et Responsabilité et l’Autorité de la Loi
connaissent cette fois-ci une tendance
baissière de même que l’indicateur de Stabilité politique à partir de 2006.



la Qualité de la Réglementation et le Contrôle de la Corruption.


cette sous-période quant à elle, ache un début très dicile. En
eet, trois indicateurs à savoir la Stabilité politique, le Contrôle de la
Corruption
et la Citoyenneté et Responsabilité connaissent une forte baisse
avec le niveau le plus bas enregistré sur toute la période d’étude. Cependant,
on observe une amélioration timide des indicateurs à partir de 2013.


Le même constat est plus ou moins fait sur l’Autorité de la Loi et la Qualité
de la Réglementation Ecacité gouvernemental
e,
même si sa variation est faible au-delà de 2012, il reste relativement instable.
Il faut rappeler que sur cette dernière période, le territoire malien est marqué
par des conits et une instabilité politique.


Gouvernance au Mali : le contraste
face a d’autres pays benchmark


Les graphiques 2 à 7 ci-dessous présentent, pour chacune des dimensions, le
rang centile du Mali comparé à celui des pays benchmark et au rang centile2
moyen de la CEDEAO et de l’Afrique subsaharienne.


Une corruption bien contrôlée jusqu’en 2007
et un faible recul de sa maîtrise en 2015


Au Mali, la corruption reste bien contrôlée durant les années 1996 et 2007 où le
pays se classe devant la Gambie, le Niger, l’Algérie et devant le niveau moyen des
pays d’Afrique subsaharienne et de la CEDEAO. On assiste cependant à une baisse
du Contrôle de la Corruption en 2015 par rapport aux années 1996 et 2007. Cette
baisse positionne le Mali au 30ème rang centile, ce qui signie que 70% des pays
classés sont plus performants que le Mali en termes de maîtrise de la corruption.
Ainsi, sur cette période, le Mali reste derrière le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le
Niger, le Sénégal et la CEDEAO.


Le Mali leader sur la dimension Autorité de la Loi jusqu’en 2007


En ce qui concerne la dimension Autorité de la Loi (ou Etat de droit), il est noté
une amélioration du rang centile du Mali qui passe de 33 à 51 entre 1996 et 2007,
soit une hausse de 18 rangs. En 2007, le Mali reste au-dessus de tous les pays


baisse (25% en 2015 contre 50,7% en 2007). Cette situation rétrograde sa position
de leader de 2007 par rapport aux pays et régions benchmarks et le place en
moyenne en dessous des pays de la CEDEAO et de l’Afrique subsaharienne. Le
Mali est également derrière le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Niger et le
Sénégal.


Une bonne amélioration des performances
en matière de Citoyenneté et Responsabilité


Le Mali ache une bonne position en 1996 pour l’indicateur de Citoyenneté
et Responsabilité
. En eet, sur cette même période, seul le Sénégal a des
performances meilleures que celles du Mali. Toutefois, en 2007, le Mali améliore
encore ses performances en matière de Citoyenneté et Responsabilité. Le rang
centile du Mali pour cette dimension est passé de 48,1 à 54,3, dépassant ainsi
celui du Sénégal et distance de loin le rang moyen de l’Afrique subsaharienne
(32) et de la CEDEAO (36).


Comparant cette fois-ci l’année 2007 à l’année 2015, on remarque une baisse
des performances du Mali en ce qui concerne la Citoyenneté et Responsabilité. Le
Mali occupe donc une place moins bonne que celle du Burkina, du Sénégal et
l’ensemble des pays de la CEDEAO en moyenne. Néanmoins, il faudra noter qu’il
devance la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, la Mauritanie, le Niger, l’Algérie et
le niveau moyen de l’Afrique subsaharienne.


Une relative Stabilité politique perturbée
par la crise politico-militaire de 2012


Sur la période 1996-2007, le Mali est classé respectivement au 54ème et 51ème
rang des 100 pays les plus stables politiquement. Sur cette période, lorsqu’on
considère la Stabilité politique et l’absence de violence et/ou d’actes de terrorisme,
le Mali devance le Burkina-Faso (sauf en 2007), la Côte d’Ivoire, la Gambie (sauf en
1996), la Guinée, la Mauritanie (sauf en 1996), le Niger, le Sénégal, l’Algérie et en
moyenne l’ensemble des pays de l’Afrique subsaharienne et de la CEDEAO.


Cette Stabilité politique est perturbée en 2015 comparée aux années 1996 et
2007, et sur 100 pays, 92% sont politiquement plus stables que le Mali. En eet,
le rang centile du Mali est de 8 en 2015. Cette dégradation de l’environnement
politique intervenue en 2015 au Mali est à l’origine de son classement qui le place
derrière tous les pays et régions benchmarks.


GOUVERNANCE ET CROISSANCE ECONOMIQUE
AU MALI


Le prix de l’ecacité des institutions


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GOUVERNANCE ET CROISSANCE ECONOMIQUE AU MALI GOUVERNANCE ET CROISSANCE ECONOMIQUE AU MALI


Encadré 1 : Les dimensions de la gouvernance
selon la Banque Mondiale


La Worldwide Governance Indicators (WGI) est un système d’indicateurs de gouvernance mis
en place Kaufmann, Kraay et l’Institut de la Banque Mondiale. Le projet a commencé dans les
années 1990 et ces auteurs avaient réuni un large ensemble d’indicateurs de gouvernance
reposant sur des évaluations d’experts et qui sont publiés chaque année par des groupes de
réflexion, des groupes de recherches académiques, des organisations non gouvernementales,
des organisations internationales et par des entreprises. Par la suite, ils les ont répartis suivant
six ensembles qui correspondent selon eux aux dimensions de la gouvernance. La construction
de ces dimensions utilise des techniques semblables aux analyses factorielles afin d’extraire
une dimension commune au sein de chaque groupe d’indicateurs. Les six dimensions retenues
sont les suivantes :


Stabilité politique : cette dimension donne une perception de la stabilité de l’environnement
politique et de l’absence de violence. Elle mesure le risque de déstabilisation d’un
gouvernement par des moyens anticonstitutionnels ou violents ;


Citoyenneté et Responsabilité : elle mesure le degré de la participation des citoyens dans
le choix de leur gouvernement, ainsi que le respect de la liberté d’expression, d’association
et de la presse ;


Contrôle de la Corruption : cet indicateur renseigne sur les efforts d’un pays en matière
de lutte contre la corruption. Il mesure le degré d’utilisation des fonctions publiques à des fins
privées, y compris la corruption à grande et à petite échelle, ainsi que la prise en « otage » de
l’Etat par l’élite ou pour des intérêts privés.


Autorité de la Loi : elle mesure le degré de confiance des citoyens vis-à-vis des règles
sociales et de leur conformité avec ces règles et, en particulier, le respect des contrats, les
pouvoirs de la police et des tribunaux, l’indépendance de la justice et la perception de la
criminalité et de la violence. C’est en somme un indicateur mesurant l’Etat de droit.


Efficacité gouvernementale : cet indicateur mesure la qualité de la fonction publique et
son indépendance vis-à-vis des pressions politiques, la qualité de la formulation de la politique
et de sa mise en œuvre, et surtout la crédibilité de l’engagement du gouvernement par rapport
aux politiques envisagées.


Qualité des réglementations : cette dimension renseigne sur la liberté de fonctionnement
des marchés. Elle mesure également la capacité du gouvernement à formuler et mettre
en œuvre des politiques et des réglementations saines qui permettent et promouvoir le
développement du secteur privé.


La mise à jour des indicateurs s’effectue annuellement à travers des enquêtes auprès des
experts, des entreprises du secteur privé, des ONG, des organisations internationales,
des think tanks. Les personnes interrogées sont généralement des hommes d’affaire, des
expatriés, ou des résidents du pays en question. L’avantage majeur de ces données est qu’elles
reflètent l’avis d’un grand nombre d’individus, et que les personnes interrogées connaissent
relativement bien l’objet qu’elles doivent évaluer.


1 Exception faite pour quelques années où, elle a été faiblement dépassée par la dimension « Citoyenneté
et Responsabilité ».
2 Le rang centile indique le pourcentage de pays à travers le monde qui se classent sous le pays de référence.


Graphique 1 : Evolution des dimensions de la gouvernance au Mali, 1996-2015


Source : CREG/CREFAT 2016, Données compilées à partir de WGI


Graphique 2 : Rang centile du Mali et des pays/zones benchmarks pour la dimension
Contrôle de la Corruption, en 1996, 2007 et 2015


Stabilité politique, en 1996, 2007 et 2015


Source : WGI 2016, Calculs de CREG/CREFAT 2016


Source : WGI 2016, Calculs du CREG/CREFAT 2016


Autorité de la Loi, en 1996, 2007 et 2015


Graphique 5 : Rang centile du Mali et des pays/zones benchmarks pour la dimension
Citoyenneté et Responsabilité, en 1996, 2007 et 2015


Graphique 6 : Rang centile du Mali et des pays/zones benchmarks pour la dimension


Source : WGI 2016, Calculs de CREG/CREFAT 2016


Source : WGI 2016, Calculs du CREG/CREFAT 2016


Source : WGI 2016, Calculs de CREG/CREFAT 2016


Ecacité gouvernementale : le Mali en moyenne moins
performant que la CEDEAO et l’Afrique Subsaharienne


En 1996, avec un rang centile de 9, le Mali est, excepté la Guinée et le Niger,
moins performant en termes d’Ecacité gouvernementale (ou de l’Administration)
que tous les pays et régions benchmarks. En 2007, bien que sa performance
ait augmenté et malgré le fait d’être mieux classé que des pays comme la Côte
d’Ivoire, la Guinée, la Mauritanie et le Niger, le Mali est resté moins performant que
la moyenne de la CEDEAO et de l’Afrique subsaharienne. L’année 2015 avec une
régression par rapport à 2007, ne demeure pas plus opportune pour le Mali qui
entre dans le groupe des 30% des pays classés en queue de peloton en matière
de l’Ecacité gouvernementale. Hormis la Guinée et la Mauritanie, le Mali est le
moins bien classé que tous les pays et régions benchmarks sur cette dimension.