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Lieu d’intervention: Région de Kidal
Du 4 au 8 mars et du 15 au 21 avril 2013
Région Kidal
Cercles Kidal, Abeibara, Tessalit, Tin-Essako
Commune Coordonnées GPS Commune Coordonnées GPS
Kidal N: 18°28'28'' E: 1°24'10'' Adjelhoc N: 19°30'8'' E: 0°47'42''
Essouk N: 18°47'47'' E: 1°5'5'' Tinzawatène N: 19°52'20'' E: 2°36'3''
Anefif N: 18°5'12'' E: 0°30'40'' Tessalit N: 20°15'21'' E: 0°59'39''
Tin-Essako N: 18°30'0'' E: 2°20'42'' Boghassa N: 20°3'4'' E: 1°55'22''
Intedjedite N: 18°45'28'' E: 3°17'24'' Timtaghène N: 19°23'17'' E: 0°20'49''
Abeibara N: 19°23'51'' E: 1°43'56''
Sommaire
1. Introduction
2. Synthèse des
observations et
problèmes
rencontrés
3. Contexte de la zone
d’intervention
4. Conclusions du
diagnostic
5. Synthèse des
recommandations
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1. Introduction
1.1 Présentation du diagnostic
Ce diagnostic multisectoriel s’inscrit dans le cadre du projet Eau Hygiène et Assainissement de
Solidarités International à Kidal dont un des objectifs est d’améliorer la connaissance de la région en
termes de couverture EHA, Sécurité Alimentaire et Moyens d’Existence (SAME) des populations.
Il s’agit donc, d’une part, de répondre aux besoins d’amélioration des connaissances de la région et des
mécanismes de fonctionnement des populations ainsi que de comprendre l’impact des crises
(sahélienne et conflit) sur les moyens d’existence des populations de la région de Kidal.
Ce diagnostic a permis de :
- Comprendre dans les 11 chefs lieu de commune la gestion de l’eau et son utilisation, les
conditions sanitaires localement, les pratiques d’hygiène des communautés ainsi que les maladies
hydriques les plus fréquemment rencontrées. L’objectif était de donner des bases pour définir les zones
d’intervention et la méthodologie à mettre en œuvre pour réaliser les activités EHA.
- Comprendre et d’évaluer l’impact des différentes crises pour la population de la région
notamment sur leurs moyens d’existence et d’analyser les stratégies d’adaptation mises en œuvre par la
population pour y faire face.
- Comprendre les marchés en vue d’appréhender les faiblesses en termes de situation
alimentaire de la zone, et de savoir en quelle mesure les actions futures pourraient se reposer ou non
sur ces marchés.
1.2 Localisation
Région de Kidal : Communes d’Abeïbara, Boghassa, Tinzawatène (Cercle d’Abeïbara), de Kidal, Essouk,
Anéfif (Cercle de Kidal), de Tessalit, Adjelhoc, Timtaghene (Cercle de Tessalit), de Tin-Essako et
Intadjedite (Cercle de Tin-Essako).
1.3 Planning de l’enquête
L’enquête, initialement prévue au mois de mars 2013, a été réalisée en deux temps du fait d’une
dégradation du contexte sécuritaire et humanitaire à cette période. En effet, les communes de Kidal et
Tessalit ont été enquêtées par une première équipe de 3 personnes entre le 4 et le 8 mars 2013 avant
que la remontée d’information concernant des mouvements massifs de populations sur le site de
Talhandak (commune de Boghassa) ne mobilise l’ensemble des équipes pour une intervention
d’urgence dans ce site. De manière à couvrir le reste de la région, une deuxième phase de 7 jours (entre
le 15 et le 21 avril 2013) a permis de récolter les mêmes informations générales au niveau des chefs-
lieux des 9 communes restantes.
3 équipes de 4 personnes ont mené le diagnostic selon le planning ci-dessous :
Commune 15-avr 16-avr 17-avr 18-avr 19-avr 20-avr 21-avr
Abeibara
Tinzawatène
Boghassa
Adjelhoc
Timtaghène
Essouk
Tin-Essako
Intedjedite
Anefif
Equipe 1
Equipe 2
Equipe 3
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1.4 Méthodologie d’enquête
La méthodologie utilisée a porté sur :
L’élaboration d’un plan de travail notamment les termes de référence du diagnostic;
La préparation administrative et logistique pour le départ sur le terrain ;
La prise de contact avec les autorités politiques, administratives, les personnes ressources dans
les communes.
L’administration de six questionnaires auprès des populations pour permettre de récolter un
certain nombre de données qualitatives concernant la situation en EHA et en sécurité
alimentaire. Pour chaque chef-lieu de commune, ces six questionnaires ont été administrés
sous forme de focus group, de questionnaires individuels et d’observation plus libre des
enquêteurs. Les questionnaires lors de la deuxième phase ont été à la charge de 3 équipes de 4
personnes constituées d’un chef d’équipe EHA Solidarités International, d’un agent de
diagnostic/monitoring Solidarités International, d’un agent de sensibilisation de l’ONG GARDL
et d’un agent de sensibilisation de l’ONG SOLISA.
Les six questionnaires administrés par ces trois équipes ont été :
Un questionnaire informateurs clés- commune
Un groupe de discussion diagnostic eau, hygiène et assainissement-localité
Un Diagnostic EHA rapide dans les centres de santé
Un groupe de discussion sécurité alimentaire et moyens d’existence
2 questionnaires pour une analyse plus détaillée des marchés (1 questionnaire commerçants
et 1 suivi des marchés)
A noter également que le diagnostic EHA dans les centres de santé fait l’objet d’un rapport indépendant
analysant, centre de santé par centre de santé, les conditions EHA des structures.
1.5 Biais de l’étude
Cette phase de diagnostic multisectoriel s’est limitée aux chefs-lieux de communes. Ainsi, les
observations et conclusions de ce diagnostic doivent être relativisées compte-tenu de la durée et de la
restriction géographique de l’étude. Ainsi, des conclusions ont pu être tirées concernant la situation des
chefs-lieux de communes et extrapolées, ou non, grâce au recoupement des données fournies par les
informateurs-clés de la commune, censés donner aux enquêteurs un aperçu plus général de leur zone.
Ces conclusions restent donc à approfondir lors d’enquêtes plus poussées et détaillées pour chacune
des communes, du chef-lieu jusqu’aux villages secondaires.
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2. Synthèse des observations et problèmes rencontrés
1. Eau, Hygiène et Assainissement
Le diagnostic réalisé a pu mettre en exergue un important problème d’accès à l’eau et notamment en
termes de quantité d’eau disponible. En effet, un contexte hydrogéologique complexe ne permet pas la
réalisation de nombreux puits. La réalisation d’un forage ou puits productif nécessite dans de
nombreuses localités une étude préalable et des moyens importants pour aller capter les nappes très
profondes.
A cela s’ajoute un problème important de conflit d’usage, les ressources étant insuffisantes, les
habitants doivent faire un choix entre l’utilisation pour les besoins domestiques ou pour le bétail et
l’irrigation. Les besoins pour le ménage pour la boisson et l’hygiène corporel peuvent souvent passer au
second plan. Cette pression s’est vue augmentée dans certains villages suite à l’arrivée massive de
déplacés fuyant les combats.
Le diagnostic a pu également montrer que les infrastructures d’assainissement sont peu nombreuses
voire inexistantes dans certaines communes et villages.
Cinq communes apparaissent comme prioritaires : Adjelhoc, Tessalit, Kidal, Tinzawatène et Tin-Essako.
2. Sécurité alimentaire et moyens d’existence
Depuis le début de la crise, les marchés de la région de Kidal ont réussi à conserver un certain
fonctionnement, mais la fermeture des frontières perdurant et le pouvoir d’achat des populations
s’étant fortement réduit, beaucoup de boutiques ont dû fermer en raison du départ des commerçants,
difficultés d’approvisionnement ou manque de clientèle. 48% des commerçants interrogés estiment que
la situation actuelle est pire que d’habitude. Cette situation est d’autant plus importante que près de
30% des ménages de la région citent le commerce comme source de revenu1. De plus les marchés
drainent nombre de travailleurs journaliers pour des activités de manutention (le travail journalier étant
la seconde source de revenu dans la région en concernant plus de 60% des ménages).
La crise et l’insécurité ont entrainé une baisse des revenus habituels des ménages qui ont sur l’ensemble
de la région dû réduire leur consommation alimentaire et utiliser d’autres stratégies d’adaptation
irréversibles comme la vente d’animaux reproducteurs, ou encore la vente des moyens de déplacement
des ménages. Cette baisse de revenu est aussi très liée à la fermeture de la frontière algérienne et à
l’enclavement général de la région par le conflit. En effet, la principale source de revenu de la région
réside dans la vente d’animaux (72% de la population1), or du fait de l’enclavement, les pasteurs ne
peuvent faire sortir les animaux de la région, ainsi une chute drastique de revenu est inévitable.
Quasiment toutes les zones ont connu une pénurie alimentaire le mois précèdent l’enquête. Depuis la
crise de 2012, l’aide alimentaire est devenue une source de nourriture primordiale pour la population.
Les ménages enquêtés sur l’ensemble des communes estiment qu’entre 50 et 60% de la population font
partie de la catégorie des ménages « très pauvres ».
1
Rapport de diagnostic rapide de vulnérabilité à la fermeture de la frontière, région de Kidal de janvier
2013, Sol.Int. à partir d’enquêtes ménage de août 2012
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Concernant les moyens d’existence des populations, les principales difficultés auxquelles font face les
éleveurs semblent être le manque d’eau (en quantité et qualité) et de pâturage en lien avec les
sécheresses récurrentes ainsi que le manque de soins pour le bétail. Les commerçants, eux, font face à
une augmentation des coûts de transport rendant indispensable la contraction de crédits (signalé à Kidal
et à Essouk), à une difficulté d’approvisionnement leur demandant un stockage plus important ou les
obligeant à prendre des risques et à pratiquer une fraude systématique pour continuer à commercer
avec l’Algérie. Enfin, les ménages pratiquant le maraichage ont des difficultés orientées autour de
l’accès à l’eau qui reste insuffisant pour une pratique satisfaisante de leur activité économique.
Principaux problèmes relevés par les enquêtés
Contexte
Insécurité
Risque d'inondations (manque de berges à Tessalit)
Enclavement et isolement de la région
Présence de mines
Infrastructures
Groupes électrogènes en panne ou sans carburant
Infrastructures détruites depuis le dernier conflit en 2006 à Tinzawatène
Education
Ecoles fermées depuis le début du conflit. Les enfants sont dans leur deuxième année sans école
Manque d’enseignants
Sécurité alimentaire
Instabilité des marchés
Manque de certaines denrées sur le marché
Manque de vivres
Disponibilité en termes de céréales faible
Moyens d’existence
Manque d'opportunités d'emplois
Manque de moyens de transport
Manque d'aliment et soins bétail
Accès à l’eau pour l’abreuvement insuffisant
Manque de semences pour le maraichage
Manque de berges pour protéger les clôtures des jardins
Eau, Hygiène et Assainissement
Tarissement et insuffisance des points d'eau pour répondre aux besoins des ménages et liés au bétail
Contamination des points d'eau par les pesticides et par des pollutions de surface due à une absence de
protection
Faible utilisation/existence des latrines et pratiques non adaptées
Environnement insalubre avec une gestion faible voire inexistante des déchets
Manque de carburant pour le fonctionnement des réseaux d’alimentation en eau potable
Pratiques d'hygiène inappropriées
Accès à l'eau potable ou pour l'abreuvement insuffisant
Santé
Taux de malnutrition relativement élevés
Insuffisance de structures sanitaires
Insuffisance de médicaments
Structures de santé insuffisantes (personnel soignant insuffisant)
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3. Contexte de la zone d'intervention
3.1 Informations géographiques et démographiques
La région de Kidal est une vaste zone désertique de près de 260 000 km² soit 21,27% du territoire
National. La région de Kidal est limitée au nord par l'Algérie, à l'est par le Niger, au sud par la région de
Gao et à l'ouest par la région de Tombouctou. Elle est située entre les longitudes 1° 9 ouest et 4°3 est
d'une part et les latitudes 18° et 21° nord d'autre part. Les grandes villes de la région sont Kidal, Tessalit
et Adjelhoc.
La région de Kidal est la moins peuplée du Mali avec une population estimée de 67 638 habitants en
2009 (données RGPH, recensement 2009) pour un taux d'accroissement de 4.3% par an. La taille
moyenne d'un ménage est d'environ 7 personnes. Région d’origine du soulèvement Touareg en 2012, la
région de Kidal a également servi de zone de repli, dans un premier temps de la majorité des groupes
islamistes radicaux (chassés par la suite par l’armée française dans la région des Ifoghas), puis des
groupes Touaregs comme le MNLA ou HCUA. Des milliers de personnes se sont déplacées pour fuir les
combats, en se réfugiant dans d’autres pays pour les ménages en capacité de financer ce long transport,
ou dans d’autres communes ou régions du pays. Chaque retournement de situation a aggravé cette
situation de déplacement de population mais l’a rendu également de plus en plus difficilement lisible.
Les premiers déplacements importants ont eu lieu en début d’année 2012 et ont continué toute l’année
pour fuir les combats et la situation sécuritaire volatile. L’intervention française est venue rebattre les
cartes et a modifié l’équilibre des forces, tout en entrainant de nouveaux déplacements massifs de
population.
Enfin, le premier semestre 2013 a vu les premiers retours des populations déplacées venant renforcer la
complexité des zones d’intervention des acteurs humanitaires. A cela, s’ajoutent également les
mouvements pendulaires et saisonniers des ménages en lien avec la recherche d’emploi ou des
mouvements liés à la transhumance.
La région est divisée en quatre cercles, composés de onze communes :
- Cercle de Kidal : Communes de Kidal, Anefif et Essouk
- Cercle d’Abeïbara : Communes de Abeïbara, Boghassa et Tinzawatène
- Cercle de Tessalit : Communes de Tessalit, Adjelhoc et Timtaghène
- Cercle de Tin Essako : Communes de Tin Essako et Intedjedite.
La région de Kidal est essentiellement désertique, peuplée en majorité de Kel Tamashek, ethnie nomade
d’origine berbère. L’habitat est essentiellement constitué de tentes ou de maisons en banco (pour les
sédentaires). Dans les grandes villes, certaines maisons en dur ou semi-dur sont présentes, mais cela
reste très minoritaire par rapport à l’habitat de base des nomades, la tente.
Tempête de sable au niveau d’une zone
d’abreuvement à proximité du point d’eau
d’Hamboubar (commune de Tessalit )
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* Dans le cadre du diagnostic multisectoriel réalisé dans les 11 communes de la région de Kida, Sol. Int. a interrogé les personnes
ressources au niveau des chefs-lieux de commune (maire, adjoint au maire etc.).
Région Cercle Commune
Population
Homme
Population
Femme
Population.
Enf. -5 ans
Population
totale de la
commune
Sources*
Population
déplacée
(OIM mai
2013)
Kidal
Kidal
Kidal 12 000 8 000 1 450 21 450
Personnes
ressources
2791 (372
ménages)
Anefif 5 000 7 000 2 000 14 000
Personnes
ressources
2118 (463
ménages)
Essouk 1 748 1 506 n.r 3 254 RGPH 2009
2101 (354
ménages)
Abeibara
Abeibara 2200 3600 852 6 652
Personnes
ressources
527 (88
ménages)
Boghassa 1700 1650 160 3 510
Personnes
ressources
6910 (1335
ménages)
Tinzawatene 2 213 2 945 957 6 115
Personnes
ressources
6660 (2475
ménages)
Tessalit
Tessalit 3 500 4 500 800 8 800
Personnes
ressources
3030 (606
ménages)
Adjelhoc n.r n.r n.r 9 489 RGPH 2009
8075 (1485
ménages)
Timtaghene n.r n.r n.r 3 014 RGPH 2009
1803 (228
ménages)
Tinessako
Tin-Essako 2 500 3 500 5 000 11 000
Personnes
ressources
440 (54
ménages)
Intedjedite 3 600 4 800 1 200 9 600
Personnes
ressources
2345 (335
ménages)
Village d’Adjelhoc Zone de Taghlit
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Les personnes interrogées n’ont pas pu estimer la population dans les communes d’Aguelhoc, de
Timtaghène et d’Essouk compte tenu des déplacements de population dans ces zones.
D’après les informateurs clés, la taille moyenne d’un ménage sur l’ensemble de la région est de 7
individus. La taille moyenne des ménages dans les communes de Boghassa et de Tessalit est de 9
individus par ménage et de 5 individus par ménage pour les communes d’Anéfif, d’Aguelhoc et de
Tinzawatène.
Il faut cependant relativiser ces chiffres de populations car, du fait du contexte nomade de la zone, les
interlocuteurs ont généralement une idée que très peu précise de la population de leur zone. Ceci vient
en complément des informations relevées par Sol.Int. dans le cadre d’un programme d’identification des
zones de déplacements mené en partenariat avec OIM.
3.2 L’environnement
Deux zones homogènes de développement se partagent la région : la zone de l’Iforas-Telimsi-Tamesna
qui est une vaste zone pastorale et la zone désertique sans valeur agricole mais à haute valeur minière
et stratégique.
La première est formée de trois unités géomorphologiques distinctes :
les terrains sédimentaires du Tamesna à l’Est ;
le socle granitique et métamorphique au centre de l’Adrar des Iforas ;
les terrains sédimentaires de couverture et du fossé du Tilemsi à l’Ouest.
Ainsi, le massif central de l’Adrar des Iforas, grâce à ces nombreux oueds et bassins versants rendant la
nappe phréatique plus accessible, regroupe la presque totalité des agglomérations et la totalité des
zones de maraîchage.
Quant au Télimsi et au Tamesna de nombreuses coulées d’oueds s’y déversent ce qui favorise
l’existence de pâturages. Ces zones sont donc exploitées par les éleveurs nomades ou semi-nomades.
En dehors des oueds et bassins versants des montagnes, le couvert végétal, très maigre, est surtout
composé d’épineux (comme l’acacia ou le balanites) et de graminées
2
.
2
In Synthèse des Plans communaux de Sécurité Alimentaire de la région de Kidal, 2007-2011 par le CSA
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Le climat est désertique chaud à sécheresse hivernale
3
et la pluviométrie moyenne des années 1950 à
2000 est de 128mm, soit un climat de type sahélien (sécheresse tout au court de l’année, comme visible
sur le diagramme ombrothermique associé). La température moyenne mensuelle (moyenne jour/nuit
sur le mois) varie entre 20° C pendant la saison froide et 35° C pendant la saison chaude.
Figure 1 : Diagramme ombrothermique de Kidal
(à partir de données moyennes des années 1950 à 2000 de météo France).
3.3 Contexte historique de la zone
Le tableau suivant reprend les principales catastrophes et crises des dernières années qu’ont pu
évoquer les informateurs clés interrogés au niveau des chefs-lieux de commune. Le tableau reprend
également les communes dans lesquelles ces crises ont été évoquées et les villages ou secteurs les plus
touchés toujours d’après les informateurs clés interrogés.
Année Type de crise Impacts principaux de la crise
Villages/Secteurs relevés comme étant
particulièrement touchés
2006 Conflits
Déplacement de populations (certaines
ne sont jamais revenues dans leur
habitat d’origine – à Tinzawatène en
particulier).
Fracture du tissu social
Perte d’emploi des fonctionnaires
Limitation des mouvements vers les
pâturages.
Adjelhoc, Inanizille (Commune
d’Adjelhoc), Tinzawatène (Commune de
Tinzawatène), Diarhile,Essouk (Commune
d’Essouk), Inabag,Tazifawen,Tinkare,
Almahmoud (Commune de Timtaghène)
2008 Sécheresse Perte massive de bétail N'tchett (Commune de Boghassa)
2008 Epidémie Epidémie de dracunculose Inakafel (Commune d’Adjelhoc)
2009 Sécheresse
Perte massive de bétail
Manque d’eau – décès, maladies des
N'tchett, Toximen (Commune de
Boghassa), Inabag, Almahmoud, Tinkar,
Achachadjène (Commune de Timtaghène)
3
Le climat désertique chaud à sécheresse hivernale se définit par :
- Précipitations annuelles inférieures à 10 fois la température moyenne annuelle + 140
- 10 fois plus de précipitations au mois d’été le plus arrosé qu’au mois d’hiver le moins arrosé
- La température moyenne annuelle est supérieure à 18°C
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hommes et des animaux
2010 Sécheresse
Perte massive de bétail
Maladies des animaux ; maladies des
enfants
Tin-Essako village, Tinezi (Commune de
Tin-Essako), Tagorast, Abiyou, Achibogho
(Commune d’Intadjédite)
2011
Crise
alimentaire
Maladies diarrhéiques
Perte de bétail
2012 Conflit
Destruction des infrastructures
Déplacement de populations, abandon
des troupeaux
Conflit social et culturel
Fermeture des frontières,
augmentation des prix, insécurité
Fermeture des écoles
Figure 2 : illustration des sécheresses pastorales évoquées précédemment par les anomalies de biomasse
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Les deux principaux risques
identifiés dans la région de Kidal
sont les conflits, le banditisme liés à
la présence de groupe armés
éparpillés dans la zone et les
phénomènes de sécheresse.
Les populations de la région de Kidal ont souffert des conflits en 2006 et 2012 pour le plus récent avec
l’augmentation de l’insécurité due au banditisme dans toute la région, un impact sur l’économie et des
mouvements massifs de population. Ces conflits ont également entraîné une dégradation des
infrastructures sanitaires et des bâtiments publics ainsi que des difficultés pour les commerçants et les
populations pour se déplacer dans la région. Enfin, ces nombreux conflits entre les années 2006 et 2012
ont entraîné une dégradation de la situation en matière de sécurité alimentaire des ménages dans la
région avec des marchés difficilement approvisionnés et un accès compliqué à des denrées alimentaires
de base.
Les sécheresses (2008, 2009, 2010 et 2012) ont entraîné des pertes importantes au niveau des cheptels
avec l’apparition de maladies au sein des troupeaux affaiblis par le manque d’eau. Les enfants ont
également souffert de ces sécheresses avec de nombreuses maladies chez les enfants les plus
vulnérables.
3.4 Contexte socio-économique de la région
Suite au coup d'état de mars 2012, le contexte politique et sécuritaire demeure fragile et complexe dans
tout le Mali. Le pays a subit une déstabilisation du fait de la tentative d'autonomisation de la région de
l'Azawad par le Mouvement National pour la Libération de l'Azawad (MNLA) rapidement suivi par
l’implantation de groupes armés venus de l'étranger transformant un conflit régional en conflit
comportant des enjeux géopolitiques internationaux, scindant littéralement en deux le pays.
Ce contexte sécuritaire volatile et les nombreuses tensions qui existent entre les différents
protagonistes de ce conflit ont provoqué de nombreux déplacements de population. Ces déplacés sont
de deux types : des déplacés internes qui se sont regroupés dans des zones reculées ou à travers tout le
pays et les personnes qui ont quitté le Mali en fuyant vers les pays limitrophes tels que le Niger et
l'Algérie notamment. Un tel phénomène a contribué à dégrader davantage une situation sanitaire déjà
difficile dans la région de Kidal et a rendu ces populations plus vulnérables qu'elles ne l'étaient déjà
avant la crise. En effet, ces populations ont fui les zones de combats à la recherche de lieux plus
sécurisés et sont partis en laissant derrière elles leurs troupeaux ainsi que leurs biens qui ont été perdus
et/ou volés par la suite. Cette déstructuration de l'organisation de la société locale, avec la fuite des
commerçants notamment, a eu un impact fort sur le système économique local avec des mouvements
et des échanges commerciaux renforçant d'autant plus la vulnérabilité de ces populations.
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En amont de cette crise politique, la situation du Mali était particulièrement inquiétante sur les plans
alimentaire et sanitaire. La saison d'hivernage de 2011 s'était avérée très mauvaise, entrainant
directement la baisse de la production agricole. Dans le même temps, le Mali essuie les répercutions
d'un contexte économique international volatile, et voit son marché subir les effets croisés d'une
situation de crise multiforme.
A la faveur de l'intervention militaire française début 2013, les zones du nord ont toutefois pu être
relativement stabilisées, ce qui a créé tout autant un climat plus serein pour certains avec un retour
progressif des populations ayant fui leur zone d'habitation, comme une source de nouveaux
déplacements de populations craignant les représailles. Actuellement, l'activité économique dans la
région reste malgré tout ralentie voire interrompue (marchés/commerces fermés, interruption des
transports de marchandise).
En termes d’infrastructures de santé, 8 CSCOM et 2 CSREF seulement sont fonctionnels dans la région
(Kidal, Tessalit, Adjelhoc, Essouk, Tin-Essako, Anefif et Boghassa). Ces centres sont soutenus par MDM-
Belgique, qui dispose également de cliniques mobiles et d’un centre à Tinzawatène (suite à l’afflux de
populations dans la zone en 2012). Il existe un centre de santé non fonctionnel sur la zone également.
Depuis le début du conflit et de l’occupation en 2012, la plupart des écoles ont fermé et n’ont toujours
pas rouvert.
3.5 Contexte humanitaire de la zone avant l’enquête
Solidarités International a mené un premier diagnostic multisectoriel en mai 2012 et un diagnostic
technique d’ouvrage eau et assainissement en octobre 2012. Ces diagnostics ont permis de souligner
l’impact de la crise sur une situation en termes d’accès à des services de base (santé, éducation, eau et
assainissement) déjà précaire. Ces diagnostics montrent que dans les zones rurales, de nombreux puits
traditionnels sont ensablés et que les populations consomment l’eau des mares lorsqu’aucune autre
ressource d’eau n’est disponible.
64 points d’eau ont été diagnostiqués. De manière générale, les pompes manuelles ou solaires ne sont
plus en état de marche. Ces problèmes sont soient dus à une absence de maintenance antérieure à la
crise soient à du vandalisme durant la crise (vol de panneaux solaires). De plus, les points d’eau étant
rares et dispersés, l’usage n’est pas réservé aux habitants mais également pour l’abreuvage du bétail. Il
est donc primordial dans le design des infrastructures de prendre cet aspect en considération.
Entre 2012 et 2013, 4 organisations internationales étaient présentes dans la région, le PAM et le CICR
pour la distribution de denrées alimentaires, MDM-Belgique pour la santé/nutrition et Sol. Int. avec ses
partenaires locaux GARDL et SOLISA sur les problématiques EHA.
D’après les personnes ressources interrogées, le pourcentage de communes ayant été ciblé par une
intervention dans toute la région est donnée dans le tableau ci-dessous :
0%
50%
100%
type d'intervention
Couverture des communes ayant reçu une aide
- hors activités Sol. Int.
- Source : Diagnostic Sol. Int. mars -avril 2013 -
Dons de vivre
Vaccination
Dons de médicaments
Soins médicaux
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4. Conclusions du diagnostic
EAU
La région de Kidal est une zone saharienne bénéficiant d’un climat désertique avec une faible
pluviométrie, inférieure à 200 mm par an.
Les conditions d’accès à l’eau sont difficiles dans toute la région de Kidal avec de grandes disparités dans
le type de points d’eau utilisés entre la saison sèche et la saison des pluies (cf. tableaux ci-dessous). Ce
diagnostic multisectoriel a permis de montrer qu’il y avait une grande disparité dans les usages de l’eau
et dans la disponibilité selon les saisons.
En saison sèche, les populations utilisent les ressources en eau souterraines avec des points d’eau
améliorés tels que les puits (modernes ou traditionnels), les forages équipés avec différents systèmes
d’exhaure (Pompe à Motricité Humaine (PMH), pompe immergée) et dans certaines communes
équipées de réseaux, des bornes fontaines (communautaires et/ou privées).
Puits moderne dans la commune de Tinzawaten Forage équipé d’une pompe à motricité humaine dans
la commune de Tinzawaten
Aménagement de surface d’un puits traditionnel dans
la commune d’Abeibara
Cuvelage d’un puits traditionnel dans la commune
d’Abeibara
Ces types de point d’eau sont utilisés pour tous les usages de la boisson à l’hygiène personnelle. Toutes
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les personnes interrogées affirment que l’eau, quelle que soit sa provenance (eau souterraine, eau
stagnante) est utilisée pour la consommation et les usages domestiques.
Dans les zones où la pression démographique est plus importante, où la ressource est plus rare, les
populations utilisent plusieurs points d’eau en fonction de la quantité disponible afin de couvrir leur
besoin (la recharge en eau, surtout pendant la saison sèche, des points d’eau à usage collectif partagés
entre les hommes et les animaux n’est pas suffisante et les points d’eau peuvent tarir même pendant la
journée).
Dans toute la région de Kidal, les points d’eau à usage collectif sont partagés entre les hommes et les
animaux pendant la saison sèche. En saison des pluies, dans certaines localités, les hommes vont
privilégier les eaux stagnantes pour leur propre consommation alors qu’ils vont utiliser une eau de
meilleure qualité pour leurs animaux qui représentent leur source de revenu principale.
Comme mentionné précédemment, les comportements changent beaucoup d’une saison à l’autre en
fonction de la disponibilité des points d’eau, de la distance et de la pression démographique au niveau
de ces derniers. En saison des pluies, il y a une prédominance pour les eaux stagnantes (marigots,
mares) qui constituent une source d’approvisionnement facilement accessible et sans coût. Les
populations se tournent donc vers des sources d’approvisionnement non protégées, en particulier dans
les communes d’Anéfif, d’Essouk et de Tinessako où cette source d’approvisionnement devient la source
principale des populations. Les communes de Kidal, d’Aguelhoc, de Tessalit, de Timtaghène et
d’Abeibara semblent moins touchées par ce phénomène compte tenu de la présence de nombreux
points d’eau protégés tels que les forages ou les puits.
Comme mentionné en début de paragraphe, il convient de nuancer ces éléments compte tenu du fait
que ce diagnostic a été réalisé au niveau des chefs-lieux de communes et que ces dernières sont
équipées de réseaux d’adduction d’eau et de nombreux forages privés (Kidal, Abeibara, Aguelhoc,
Tessalit). Cependant, au niveau de ces chefs-lieux de commune, la déliquescence des structures de
gestion de l’eau suite aux évènements de 2012 et le départ de l’administration font que ces réseaux ne
sont plus entretenus et qu’ils ne fonctionnent que très partiellement, obligeant les populations à
trouver des sources d’approvisionnement alternatives (puits et/ou forages privés, eaux stagnantes
pendant la saison des pluies).
Cette tendance à utiliser des sources d’approvisionnement non protégées pendant la saison des pluies
est confirmée par les populations interrogées pendant les focus groups. Ces dernières confirment la
disparité qui existe entre le chef-lieu de la commune et les zones rurales. Dans tous les cas, les
personnes interrogées répondent qu’elles utilisent cette eau qu’ils considèrent de très mauvaise qualité
et/ou non potable car ils n’ont pas d’autres choix. En effet, les personnes interrogées mentionnent des
paramètres organoleptiques tels que les odeurs, la couleur et/ou la présence de matière en suspension
pour désigner la qualité de cette eau. Ils sont conscient que celle-ci est de mauvaise qualité mais qu’ils
n’ont ni les moyens de faire autrement, ni la capacité de traiter l’eau.
Il est constaté que pendant la saison sèche, les populations font appel à des transporteurs privés pour
répondre à leur besoin. Ces derniers vont se fournir généralement dans les villes / villages où l’on trouve
des forages ou des puits privés en grand nombre. La réalité dans les villages plus reculés pourrait être
tout autre avec des populations qui utilisent des points d’eau différents, en particulier les eaux
stagnantes qui sont facilement accessibles pendant la saison des pluies.
Les évènements de 2012 ont beaucoup contribué à la dégradation des conditions d’accès à une eau de
qualité et en quantité suffisante dans toute la région de Kidal. Les comités de gestion des points d’eau,
actifs avant la crise, ne le sont plus aujourd’hui et beaucoup de membres sont partis pour fuir les
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combats. Cette situation a contribué à accélérer le processus de dégradation des points d’eau existants
qui ne sont plus entretenus et plus protégés contre des pollutions extérieures.
Enfin, la rareté de la ressource, la profondeur des nappes et le contexte géologique complexe dans la
zone sont autant de difficultés qui contribuent à rendre la situation difficile. En effet, chaque nouveau
point d’eau demande de gros moyens (campagne géophysique, matériels de terrassement, matériels de
construction…), ce qui n’est pas à la portée des populations de la région.
Dans la majorité des localités, les infrastructures mises en œuvre présentent une grande vulnérabilité
aux contaminations bactériologiques ; celle-ci est due à la nature des points d’eau mais également à
l’usage multiple domestique/abreuvement.
Le tableau ci-dessous présente les villages où l’accès à l’eau est problématique d’après les informateurs
clés interrogés.
Communes
Villages à accès à l’Eau
Problématique
Type de problématique
Timtaghène Pas de villages cités Pas de villages cités
Boghassa Pas de villages cités Pas de villages cités
Essouk
Essouk ; Diarhi ; Déhédj ;
Tinazraf ; Intachdaït.
Tarissement des puits
Kidal Kidal.
Absence de barrage pour
recharger les nappes.
Anefif
Taborack ; Tindersane ;
Tecknewen ; Takoukelt.
Réhabilitation ouvrages
interrompue à cause l’insécurité.
Abeibara Aucun village spécifique cité
Vétusté des pompes des forages,
tarissement des puits en saison
sèche.
Tinzawatène Inazraf ; Zakak ; Eghlalène
Insuffisance des points d’Eau et
faibles débits de ceux existants.
Tessalit Abanco, Saboghak
Nappes profondes, insuffisance
du nombre de points d’Eau.
Aguelhoc Anoumalène ; Taghlit ; Marate.
Insuffisance des ressources en
Eau
Intadjedite
Achibogo ; Intadjedite,
Tindoudou ; Ibalaghane ;
Ifalfalane; Inboulal; Hama;
Inacheri
Nappe profonde
Tin Essako
Tin Essako; Abiyou; Inoufassene;
Tinassalack; Inakarot; Intéfirkit.
Nappes très profondes
RECOMMANDATIONS « ACCES A L’EAU » :
Améliorer les conditions d’accès à l’eau dans les communes les plus vulnérables
Augmentation de la quantité de l’eau disponible (surcreusement, nouveaux forages, réseaux
d’adductions d’eau)
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ASSAINISSEMENT
Il existe une grande disparité entre les villes et les milieux ruraux et entre les populations sédentaires et
les nomades. En effet, dans les chefs-lieux, les gens utilisent des latrines privées et/ou publics (écoles,
centres de santé) alors que les gens vivant dans des zones plus éloignées pratiquent pour la plupart la
défécation à l’air libre ou l’enfouissement. Les populations sédentaires utilisent des latrines privées
quand ils en ont les moyens alors que les populations nomades défèquent dans la nature au grès de
leurs déplacements. Les enfants, dans leur grande majorité, défèquent à l’air libre, dans la rue, sous un
arbre ou dans les champs. Même lorsqu’il existe une latrine, les enfants ont tendance à défèquer à côté
ne sachant pas ou ayant peur de les utiliser les utiliser. En général, Les adultes ne gèrent pas les excrétas
des enfants. Seulement un petit nombre d’entre eux les évacuent dans la rue ou les latrines si elles
existent, voir les enfouissent s’ils défèquent à l’extérieur des zones d’habitations.
Le graphique ci-dessus montre les pratiques de défécations par commune et par ordre d’importance.
Dans les communes de Tinzawaten et d’Intadjedite, la majorité des gens pratiquent la défécation à l’air
libre. Dans les communes d’Essouk et Tessalit, la population pratique la défécation à l’air libre mais un
nombre non négligeable de personnes creusent un trou qu’ils rebouchent après défécation. Il s’agit de
la pratique la plus courante dans les communes de Tessalit, d’Abeibara et de Boghassa.De nombreuses
latrines privées et publiques existent dans la ville de Kidal et sont fonctionnelles et utilisées par les
populations. Une fois de plus, cette situation n’est pas représentative de la situation sur l’ensemble de
Habitudes de défécation par
communes
- Source : diagnostic Sol. Int. mars - avril 2013 -
DAL
Creuse un trou et
rebouche
Latrine du voisin
Latrine publique
Latrine privée
Réhabilitation des points d’eau à usage collectifs pour les protéger des contaminations
extérieures
Améliorer les designs des points d'eau pour tous les usages (consommations humaine et animal)
Réactivation des comités de gestion et soutien / formation de ses membres
Promouvoir les méthodes de traitements de l'eau à domicile
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la commune, y compris en ce qui concerne Kidal ville, puisque les pratiques varient beaucoup d’un
quartier à un autre.
En termes de pratiques de défécation, les communes les plus vulnérables semblent être les communes
d’Anefif, d’Essouk, d’Intadjedite, de Tinessako et de Tinzawaten où la pratique la plus courante est la
défécation à l’air libre. Lorsque les familles possèdent une latrine, celle-ci est généralement de type
traditionnel en banco sans dalle de protection avec une fosse non aménagée. On trouve des latrines
modernes, privées ou publiques, dans les communes de Kidal, Tessalit et Inabag.
Lors des focus groups, les populations rapportent utiliser les latrines pour protéger leur environnement,
pour éviter les odeurs, pour ne pas être exposé aux regards des autres, et une minorité d’entre eux,
pour se protéger des maladies et/ou pour l’hygiène. Pour s’essuyer les personnes, dans leur grande
majorité, utilisent des cailloux ou du bois, et certains affirment utiliser de l’eau si celle-ci est disponible
en quantité suffisante.
Pour les personnes qui possèdent une latrine, lorsque celle-ci est pleine, ils la rebouchent et en creusent
une autre un peu plus loin. il n’existe pas de système de lavage de mains au niveau des ouvrages
sanitaires (ex : latrine). Il est à noter qu’un grand nombre d’individu possède des bouilloires ou
ustensiles qu’ils utilisent pour se laver les mains et les pieds avant de prier. Dans la plupart des cas, ces
items ne sont utilisées que pour les ablutions et pas tout au long de la journée pour se laver les mains
aux moments clés.
En ce qui concerne la gestion des eaux usées, il n’existe aucun système de drainage dans les villes /
villages des 11 communes de la région de Kidal. Il n’y a également aucune gestion au niveau local et
familial. La population ne se préoccupe pas de ces eaux stagnantes par manque d’intérêt et/ou de
connaissance sur leurs roles de vecteurs de transmission de maladies hydriques.
Dans la majorité des cas, il n’y a pas de gestion des déchets au niveau des villages, les gens jettent les
déchets à même le sol, dans la rue le plus souvent.
Une partie des personnes interrogées a cité l’incinération comme méthode de gestion des déchets mais,
même chez les personnes qui le font, cette pratique n’est pas systématique et ils n’utilisent pas
forcément des lieux dédiés à cet effet.
D’autre part, au niveau des chefs-lieux, les populations peuvent utiliser des espaces collectifs où sont
déposées les ordures sans qu’il y ait de gestion particulière à ce niveau-là.
Enfin, quelques personnes ont pour habitude de déposer les ordures dans des champs et/ou des oueds,
c’est-à-dire des zones reculées par rapport aux habitations.
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Situation sanitaire par commun (sur base des discussions en focus group menés au niveau des chefs-lieux de commune)
Commune Accès à des latrines
Pratiques
hommes
Pratiques
femmes
Pratiques
enfants
Pratiques si DAL
Pratiques
si latrine
pleine
Pourquoi utiliser
les latrines
Pourquoi les gens
n’utilisent pas de
latrine
Essouk
Aucune famille ne
possède de latrine
DAL DAL DAL
Les gens font des
trous et les
rebouchent
non
renseigné
- Pour éviter les
regards
- Ce sont les plus
riches qui utilisent
les latrines
A cause du
manque de
moyen
Tin-Essako Aucune famille (0%) DAL DAL DAL non renseigné
non
renseigné
non renseigné Pas de latrine
Timtaghène
Une petite minorité à
accès à des latrines
Latrine si
existantes,
sinon DAL
DAL
DAL
(autour de
la maison)
Les gens utilisent des
cailloux et/ou de
l’eau pour s’essuyer
Boucher
ou évacuer
dans la rue
- pour ne pas nuire
à l’environnement
Pas de latrine
Boghassa
80% des gens du chef-
lieu possèdent des
latrines.
Pas ou peu de latrine en
milieu rural
Latrine
Latrine
(séparation
homme/
femme)
La majorité
défèque à
l’air libre
N’existe pas (chef-
lieu)
Reboucher
et creuser
une
nouvelles
latrine
- Pour l’intimité
- Protéger
l’environnement
- Pour se protéger
des maladies
N’existe pas
(chef-lieu)
Anéfif
70% des familles
utilisent des latrines
(chef-lieu)
Pas de latrine en milieu
rural
Latrine privée
Latrine
privée
DAL (les
adultes les
ramassent
et les
jettent
dans la
latrine)
N’est pas pratiquée
(chef-lieu)
Reboucher
et creuser
une
nouvelles
latrine
- Protéger
l’environnement
- les enfants
pratiquent la DAL
car ne savent pas
utiliser les latrines
Tinzawatène Peu ou pas de latrine
DAL (dans la
brousse) ou
latrines publics
(dans les
villages)
DAL DAL
- les gens s’éloignent
(100m)
- ne creusent pas de
trou
- les adultes utilisent
de l’eau
non
renseigné
non renseigné
- Ne dispose pas
de latrine
- Pas dans les
habitudes
- Une grande
majorité des gens
pratiquent la DAL
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Intedjedite Pas de latrine DAL DAL DAL
- Pas de trou
- Toilette avec de
l’eau si disponible
non
renseigné
non renseigné Pas de latrine
Abeibara
Latrine dans le village
d’Abeibara
Pas ou peu de latrine en
milieu rural
Latrine (chef-
lieu)
Latrine
(chef-lieu)
+
séparation
des
genres)
En milieu
rural la
majorité
des gens
creusent
un trou et
le
rebouchent
Aux champs ou dans
la brousse
Reboucher
et creuser
une autre
- Pour éviter d’être
exposé
- Pour éviter
longue distance
- pour des raisons
d’hygiène
- Ceux qui n’ont
pas de latrine
Adjelhoc
80% des personnes dans
la commune
Latrines privées
Latrines
privées
DAL (rue,
arbre, à
côté des
cailloux)
- Les gens utilisent
des cailloux ou
morceau de bois
- Certains utilisent de
l’eau
Reboucher
et creuser
une autre
- Protéger
l’environnement
- Eviter les
mauvaises odeurs
- Les sédentaires
plus que les ruraux
- Pas de latrine
- Loin des latrines
(si travail dans les
champs
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Le tableau ci-dessous présente les villages où l’accès à l’assainissement est problématique d’après les
informateurs clés interrogés.
Communes
Villages où l’assainissement est
problématique
Type de problématique
Essouk
Tekankante, Diarhi, Essouk,
Tamatailalete, Tinazesafe,,
Chadjane, Terrist
Pas de gestion des déchets +
excrétas animal et humain + pas
de latrine
Tessalit Aucun village cité Aucun village cité
Kidal Kidal (quartier intikoi)
Il n’existe pas ou peu de latrine
dans ce quartier
Anefif Toute la commune DAL, pas de gestion des déchets
Abeibara
Anharc, Tassissat, Abeibara,
Tidinamist
Manque de latrines
Boghassa Boghassa
Pas de structure de gestion de
l’assainissement
Tinzawatène Camp de réfugiés
Absence de gestion des déchets
Besoin d’une couverture
sanitaire
Aguelhoc
Tinanzile, Anoumalane, Inafeke,
Talabite, Oukinik, Tasidjdimte,
Matalmene, Marate, Taghelite
Manque de latrine, problème
sanitaire généralisé
Timtaghène (Inabeg)
Inabag, Tinkar, Tayhoten,
Tazifawen, Almahmoud, Tachrak
Manque de latrines, de
structures sanitaires
Intadjedite Toute la commune
Pas de latrines, défécation à l’air
libre
Tinessako Tinessako
Absence de latrine, absence
d’incinérateur dans les lieux
publics
RECOMMANDATIONS « CONDITIONS SANITAIRES » :
Améliorer les conditions sanitaires
Améliorer l’accès à des infrastructures sanitaires pour limiter les risques de maladies hydriques et
la contamination des points d’eau
Identifier et former des leaders communautaires à la promotion de l'hygiène et insister sur les
messages liés à la gestion des déchets, l'hygiène personnelle et l'importance de la gestion des
excrétas
Organiser des sessions de promotion de l’hygiène dans les écoles
Améliorer les systèmes de gestion des eaux pluviales et en particulier dans les villes et villages où
le risque inondation est importante
Développer des structures de gestion des déchets au niveau communautaire
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HYGIÈNE
Dans 73% des communes diagnostiquées, les personnes interrogées disent se laver les mains. En
général, cette pratique est l’apanage des adultes. Les enfants ne se lavent pas les mains et personne ne
prend cette responsabilité pour eux.
La pratique la plus courante pour se laver les mains est d’utiliser de l’eau sans autre produit (63,6% des
communes). Les gens utilisent de l’eau et du savon seulement si ils ont accès à ce produit et selon leur
moyen (27,3% des communes diagnostiquées). Un grand nombre de famille n’a pas les moyens
d’acheter du savon. Un petit nombre d’entre eux utilise des racines locales, du sable ou se lavent les
mains sans utiliser de produit (moins de 10% des communes).
Enfin, les personnes interrogées soulignent que si les personnes ne se lavent pas les mains, c’est en
général pour économiser l’eau.
Pour 50% environ des personnes interrogées, il est important de se laver les mains pour avoir une
bonne hygiène personnelle. Seulement 9% des personnes interrogées mentionnent les maladies comme
raison pour se laver les mains.
Concernant l’hygiène corporelle, les populations utilisent des latrines pour se doucher quand elles
existent (45,5% des personnes interrogées), sinon, la majorité se lave dans la cour des maisons ou dans
les champs (les femmes s’éloignent pour pouvoir se dérober au regard des autres).
La majorité des gens se lave entre une à deux fois par semaine dans toute la région de Kidal en fonction
de la disponibilité de la ressource. Seulement dans les chefs-lieux où la ressource est plus disponible, les
individus se lavent tous les jours.
Dans la majorité des cas, les personnes se lavent afin d’être propre (45,5% des communes
diagnostiquées) mais également pour la prière (27,3%). Seulement 18,8% des individus interrogées
expliquent que c’est pour éviter les maladies
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
Avant les
repas
Après les
repas
Avant de
cuisiner
Après
avoir
cuisiner
S'occuper
des
enfants
Avant la
prière
Après le
travail
Pour les
tâches
ménagères
Quand se laver les mains ?
- Source : diagnostic Sol. Int. mars - avril 2013 -
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Dans la majorité des cas, les gens considèrent que se laver n’est pas une priorité, ils privilégient l’eau
pour la boisson et la préparation de la nourriture. Pour les personnes interrogées, utiliser de l’eau pour
se laver est considéré comme du « gaspillage » compte tenu de la rareté de la ressource. Comme
mentionné précédemment dans ce rapport, l’eau est utilisée aussi bien pour la consommation humaine
qu’animale et les quantités ne sont pas suffisantes pour pouvoir être également utilisées pour l’hygiène
corporelle.
De plus, les grandes distances qui peuvent séparer les habitations des points d’eau ne permettent pas
aux populations de transporter de grandes quantités, les moyens de transport étant limités, les
personnes se fournissent essentiellement pour la boisson et la cuisine.
SANTE
1. Maladies fréquentes
La corrélation entre les maladies rencontrées dans les communes (relevées par les informateurs clé) et
les données collectées dans les centres de santé est évidente. Les maladies les plus fréquentes dans
toute la région de Kidal sont le paludisme, les infections respiratoires, les dermatoses, la malnutrition
aigüe modérée et les diarrhées simples. Au niveau des communautés, les personnes ressources ont
toutes cité le paludisme et les diarrhées simples (cas rencontrés dans les 11 communes). Les maladies
infectieuses respiratoires et les dermatoses sont également très souvent rencontrées dans la région (8
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
Manque de temps
(hommes)
Eviter de gaspiller
l'eau
Eloignement des
points d'eau
Pas dans les
habitudes
Pourquoi les gens ne se lavent pas ?
- Source : diagnostic Sol. Int. mars - avril 2013 -
RECOMMANDATIONS « HYGIENE » :
Améliorer les connaissances en hygiène des populations cibles
Campagne de promotion de l’hygiène
Accompagnement des collectivités pour avoir des conditions propices à l’application des bonnes
pratiques d’hygiène (quantité d’eau disponible pour l’hygiène corporelle)
Former les enseignants, les personnels de santé des centres de santé actifs de la région et les
leaders communautaires à la promotion de l'hygiène
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communes sur 11 enquêtées).
Au moment du diagnostic, une épidémie de rougeole était relevée par l’ensemble des informateurs clés.
Cependant, du 10 au 17 avril 2013, une campagne de vaccination a été organisée avec le concours de
MDM-Belgique. Après cette intervention, aucun cas de rougeole n’a été signalé dans la région.
Il est important de noter le pourcentage élevé de communes où les personnes clés interrogées ont cité
la MAM (63,6%), la MAS (45,5%) et la malnutrition chronique (36,4%) comme maladies fréquemment
rencontrées sur le terrain. La dernière campagne de dépistage actif de la malnutrition dans la région de
Kidal a été menée par MDM-Be en septembre 2012 auprès de 8821 enfants de 6 à 59 mois. A cette
occasion, des taux de malnutrition relativement élevés ont été constatés, à savoir des taux de
Malnutrition Aigüe Modéré à 10,55%, Malnutrition Aigüe Sévère à 2,50%, et Malnutrion Aigüe Globale à
13,05%. . De plus, les récents évènements ont entraîné la fuite du personnel médical dans les zones
ciblées avec comme conséquence la perte d’information (certains centres de santé n’avaient pas de
registre disponibles et ne pouvaient répondre à nos questions).
Les communes les plus touchées par la malnutrition sont, d’après les données récoltées dans les centres
de santé soutenus par MDM-Belgique : la commune de Kidal, la commune de Tessalit, la commune de
Timtaghène, la commune d’Intadjedite et la commune de Tinzawaten
*Source : données collectées au niveau des centres de santé soutenus par MDM-Belgique. Le pourcentage représente le nombre de
cas d’une maladie donnée sur l’ensemble des hospitalisations enregistrée au niveau des CS (entre le 01 janvier et le 31 mai 2013).
2. Capacités d’accueil, ressources humaines et conditions de travail
Dans la région de Kidal, il existe 19 structures de santé dont 15 de ces structures sont actuellement
soutenues par MDM-Be (cf carte ci-dessous).
Suite à la crise de 2012 de nombreux personnels de santé ont fui la zone, l’approvisionnement en
intrants thérapeutiques a été interrompu et le matériel médical volé. Ces 'éléments ont contribué à la
détérioration du fonctionnement de ces structures. Ces structures, suite à la déliquescence des
directions techniques étatitiques consécutive aux événements de 2012, ont fonctionné sans support
logistique ni financier jusqu'à que MDM-Be reprenne ces activités dans la région.
7,3%
3,7%
25,5%
1,6%
2,3%
16,6%
0,1%
6,1%
23,3%
10,7%
2,6% 0,1%
Maladies les plus fréquemment rencontrées
- Janvier à Mai 2013 -
Diarrhées simple
Diarrhées sanglantes
Paludisme
Bilharziose
Fièvre Typhoïde
Dermatose
Tuberculose
MST
Infection respiratoire
aîgue
MAM
MAS
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Les deux centres de santé de référence sont situés dans les communes de Tessalit et de Kidal. Toutes les
communes ne sont pas logées à la même enseigne en terme de couverture médicale. En effet, la
distance entre les centres de santé de référence et les chefs-lieux de commune est comprise entre 100
km, pour la commune la plus proche (commune Aguelhoc) et 360 km, pour la commune la plus éloignée
(commune de Tinzawatène).
3. Hygiène hospitalière et gestion des déchets
54,5%
45,5%
Centres de santé équipés
d'incinérateur*
*sur 10 CSCOM + 1 CSREF (les PSA ne sont pas pris en
compte)
Oui
Non
31,3%
68,8%
Contrôle des vecteurs dans
les centres de santé
Oui
Non
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L’entretien quotidien des salles à l’aide d’eau de javel ou de solution chlorée n’est pas toujours effectif
dans tous les CSCOM. Le contrôle des vecteurs (mouches, moustiques) n’est effectif que dans 30% des
centres de santé. De même, un tiers des centres de santé seulement est équipé de douches.
Concernant la gestion des déchets, au total, 3 incinérateurs ont besoins d’être réhabilités sur les 6
existants (CSCOM de Tessalit, CSCOM d'Anéfif et CSCOM d'Etambar) et 6 centres de santé ne sont pas
équipés d'incinérateurs (Boghasa, Abeibara, Tinessako, Essouk, Aliou et Kidal)4.
4. Accès à l’eau
4
Pour plus d’information se référer à Sol.Int. et à son diagnostic de chacun des centres de santé de la région de
Kidal
31,25%
68,75%
Centres de santé équipés de douche
Oui
Non
14,3%
28,6%
19,0%
23,8%
14,3%
Type de points d'eau utilisés par
les CS
Forage
Puits moderne
Puits
traditionnel
Réseau
25,0%
75,0%
Traitement de l'eau au niveau des
centres de santé
Oui
Non
43,8%
56,3%
centre de santé avec un
déficit en eau
Non
Oui
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L’accès à l’eau reste problématique dans plus de la moitié des centres de santé. Le traitement de l’eau
n’est lui effectué que dans 25% des centres de santé5.
5. Assainissement
La plupart des centres de santé disposent de latrines mais souvent en quantité insuffisante ou
nécessitant une réhabilitation6.
6. Villages où la santé est problématique (d’après les personnes interrogées)
Commune Villages
Essouk
Intachetayte, Teridje, Tanazroul, Tamatailate,
Djarhile
Timtaghène Inabag, Tinkar
Tinessako Toute la commune
Anéfif Toute la commune
Tessalit Toute la commune
Abeibara Anhar, Tassissat, Tidinamist, Takarkada
5
Pour plus d’information se référer à Sol.Int. et à son diagnostic de chacun des centres de santé de la région de
Kidal
6
Pour plus d’information se référer à Sol.Int. et à son diagnostic de chacun des centres de santé de la région de
Kidal
87,5%
12,5%
Centres de santé équipés de
latrines
Oui
Non 62,5
%
37,5
%
Pourcentage de centres de
santé nécessitant une
réhabilitation des latrines
Oui
Non
RECOMMANDATIONS « SANTE» :
Améliorer les conditions EHA des centres de santé
Assurer l’accès à un paquet EHA minimum dans les structures de santé (accès à l’eau, latrines,
gestion des déchets)
Renforcer le support aux ASACOs dans la gestion des conditions sanitaires des centres de santé
Former le personnel de santé à la bonne gestion des déchets et aux bonnes pratiques d’hygiène
dans le milieu médical.
Poursuivre et renforcer la prise en charge dans les centres de santé
Renforcer l’accès aux médicaments dans les CSCOM
Renforcer la présence et les capacités du personnel de centres de santé
Poursuivre le dépistage actif de la malnutrition et sa prise en charge
Renforcer le support aux ASACOs dans la gestion des centres de santé
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SÉCURITÉ ALIMENTAIRE
1. Marchés
Fonctionnement des marchés
Les marchés de la région de Kidal n’ont pas de jours particuliers d’ouverture. Il s’agit souvent d’un
ensemble de boutiques, dont les commerçants sont propriétaires, sans qu’ils ne soient perçus comme
de véritables foires à l’image d’autres régions du pays.
Depuis le début de la crise, les marchés ont réussi à conserver un certain fonctionnement, mais la
fermeture des frontières perdurant et le pouvoir d’achat des populations s’étant fortement réduit,
beaucoup de boutiques ont dû fermer en raison du départ des commerçants, des difficultés
d’approvisionnement ou du manque de clientèle.
Dans l’ensemble de la région, le marché de Kidal est le seul réellement et suffisamment fourni, même
s’il accuse plusieurs boutiques fermées (10% au grand marché et 50% au marché Aliou) du fait de la
baisse de la demande. C’est le seul à disposer de grossistes qui alimentent le reste des marchés de la
zone. Dans certains autres chefs-lieux comme Essouk, Boghassa ou Achibogo, il est possible de trouver
un certain nombre de boutiques éparses (entre 20 et 40), actuellement en prises à de gros problèmes
d’approvisionnement, et qui font office de marchés pour les populations. Elles reçoivent 5 à 10 clients
par jour et vendent principalement des céréales (riz, semoule et pâtes alimentaires).
Hors Tinzawatène, on constate que les marchés proches de la frontière algérienne (Tessalit, Boghassa,
Tin-Essako, Achibogo) gardent un fonctionnement quasi normal alors que les marchés des communes
intérieures (Essouk, Adjelhoc, Abeibara) font état de forts taux de fermeture de boutiques.
Pour les grands marchés de la région, hors Kidal, (Tinzawatène, Adjelhoc), on constate également un
grand nombre de boutiques fermées en lien avec l’insécurité dans la zone (zones très proches des
combats). Ainsi, le marché de Tinzawatène voit 85% de ses boutiques fermées, et Adjelhoc environ 70%.
A noter que la commune de Timtaghène ne dispose pas de marché. Les habitants de la commune vont
s’approvisionner à Adjelhoc, Kidal ou en Algérie.
La région de Kidal n’est pas régie par un cadre institutionnel et juridique. Aucune taxe gouvernementale
ou patente n’est appliquée, et ce, de façon générale.
Les marchés semblent particulièrement bien connectés avec une majorité de commerçants ayant un
accès aux systèmes de marché tant malien qu’algérien. Les informations sur les prix ou les transports
utilisent des canaux informels du bouche-à-oreille avec nombre de liaison par téléphone permettant
ainsi une intégration rapide au système de marché et une importante réactivité des commerçants.
Situation des commerçants
Les commerçants de la zone sont généralement propriétaires de leurs boutiques. Peu d’entre eux, sauf
quelques importants grossistes, possèdent un compte bancaire. L’argent passe généralement de main
en main. Il est également capitalisé et épargné sous forme de cheptel (petits ruminants pour la
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trésorerie et gros ruminants pour l’épargne). Ces commerçants sont largement autofinancés avec
parfois le recours à de l’emprunt familial.
La fermeture de nombreux magasins est un signe révélateur d’une situation extrêmement compliquée
pour les commerçants qui, pour la plupart (80% des 27 marchands interrogés dans les différents
marchés de la région), font état de gros problèmes d’approvisionnement entre autre du fait de la
fermeture de la frontière algérienne mais aussi de la coupure de l’axe Gao-Kidal, et des nombreux
check-point entre Ménaka et Kidal. En effet, la plupart des commerçants s’approvisionnent en Algérie ;
seules les communes d’Anefif et Kidal ont un accès direct restreint aux marchés de Gao, Niamey ou
Bamako (pour des articles comme le thé, savon et charbon mais aucune céréale ne transite par cet axe).
Voies de transit des marchandises à destination et en
provenance de la région de Kidal
Le graphique ci-contre révèle que 48%
des 27 commerçants interrogés au sein
des marchés de la région de Kidal jugent
la situation actuelle pire que d’habitude,
alors que 15% seulement arrivent à
profiter économiquement de la situation
actuelle (en particulier, quelques
commerçants des marchés frontaliers
Tessalit et Boghassa).
La frontière fermée, couplé à l’enclavement de la région en début de conflit, les coûts de transport à
l’importation depuis l’Algérie ont augmenté fortement.. D’autre part, les échanges avec les marchés du
sud ont fortement diminué. Du fait du conflit, une réduction significative du volume transité était déjà
notable en janvier/février 2013 par peur des frappes aériennes mais aussi à cause des contrôles
renforcés (difficultés des échanges frauduleux approvisionnant habituellement largement les marchés
du nord).
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Une livraison en provenance des marchés de Kidal ou même Gao avoisine les 25000 à 50000
FCFA/tonne de céréales mais les commerçants vont payer entre 40000 et 150000 FCFA/tonne de
céréales pour s’approvisionner (la plupart du temps frauduleusement) en Algérie. Beaucoup de
différences sont notées en fonction des commerçants concernant les coûts de transport en provenance
d’Algérie du fait :
- qu’aucune réglementation n’existe
- que les distances varient pour chaque marché et donc que les coûts de transport évoluent
- que le prix du carburant a fortement augmenté
- que les passages de frontière se font frauduleusement
- que chaque commerçant utilise un moyen et un réseau différent (et donc plus ou moins
couteux) pour s’approvisionner.
Les prix au consommateur étant fixés, pour la plupart des commerçants interrogés (85%), en fonction
des coûts d’approvisionnement ainsi qu’en fonction de la possible spéculation en lien avec la
communication informelle, les populations font ainsi face à une augmentation des prix sur les marchés
(depuis le début du conflit). Cela complique encore davantage leur accès à ces denrées, déjà peu
nombreuses. A noter tout de même, qu’au moment du diagnostic, certains prix revenaient à un niveau
plus normal, comme en particulier les prix du gaz, gazole et essence.
Prix des marchés
en FCFA
Prix au
moment du
diagnostic
(Avril 2013)
Prix post-
événement
(23 janvier
2013)
Prix post-
événement
(16 janvier
2013)
Prix d'avant
l'événement
(6 janvier
2013)
Prix en période
de soudure
(mois d'août
« normal »)
Prix en période de
soudure : août
2012
(sécheresse +
conflit)
Eau (200L) 750 1 000 1 000 750 - -
Riz (50kg) 22500 22 000 20 000 18 000 20 000 22 500
Semoule (25kg) 7500 7 500 7 500 6 000 - -
Mil (50kg) - 15 000 15 000 12 500 17 500 25 000
Lait en poudre
(boite de 500g)
1500 1 400 1 300 1 200 1 250 1 750
Huile (L) 1000 1 000 1 000 1 000 1 000 1 000
Sucre (kg) 600 600 600 500 600 600
Sel (kg) - 300 300 300 - -
Viande (kg) 3000 3 000 3 000 3 500 - -
Savon (boule) 400 300 350 300 - -
Gaz (bouteille) 6000 9 000 8 000 7 000 - -
Gazole (L) 450 550 500 500 - -
Essence (L) 500 700 700 600 - -
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Selon les enquêtes effectuées auprès des commerçants, ils déclarent qu’en moyenne 20% des produits
qu’ils vendent sont achetés à crédit (avec des forts taux notés auprès des commerçants des marchés de
Boghassa ou Tin-Essako par exemple – jusqu’à 50% et 70% d’achats à crédit). Ces crédits sont contractés
auprès des fournisseurs ou des parents.
Environ 25% des produits sont vendus à crédit aux consommateurs. Traditionnellement, et comme
évoqué par certains, pour des raisons religieuses, les taux d’intérêt demandés sont, la plupart du temps,
nuls. Les temps de remboursement demandés semblent aussi flexibles d’après les commerçants,
passant « d’un mois » à « pas de délai » ou « lorsque le client aura de l’argent ».
Le stockage est particulièrement utilisé durant la saison des pluies, car le reste de l’année il n’y a pas de
stock à proprement parler mais juste un écoulement tournant généralement autour d’un mois (temps
entre deux approvisionnements). Ce stockage se fait généralement au niveau de la boutique, seuls les
quelques gros commerçants ont des lieux dédiés au stockage. Enfin, à noter la problématique du
stockage dans la zone, qui, pour les commerçants comme pour les populations, est rendu difficile par la
présence de parasites ou rongeurs. En effet, sur 19 commerçants interrogés pratiquant le stockage pour
minimum 15 jours, 14 font état de problèmes de stockage du fait des nuisibles. D’autres problèmes de
conservation dus à l’humidité et aux dates de péremption sont généralement évoqués. Les couts de
stockage sont un problème évoqués par les plus gros commerçants et le vol semble être une
préoccupation pour nombre de commerçants interrogés.
Clientèle
En temps normal, les marchés des communes de la région restent déjà des marchés d’appoint pour
s’approvisionner en denrées de première nécessité. Les ménages n’hésitent en effet pas à faire
plusieurs jours à dos d’âne ou de chameau pour s’approvisionner à Kidal ou en Algérie. Depuis le début
de la crise, cette tendance s’est accentuée du fait des gros problèmes d’approvisionnement des marchés
locaux et donc de la fermeture de nombreuses boutiques. De plus, des marchés temporaires sont
parfois installés au niveau des points d’eau par des commerçants vendant quelques denrées de
première nécessité à partir de leur camion.
Cependant, la population fait aujourd’hui face à une difficulté de déplacement du fait de l’insécurité et
du manque de moyens de déplacement à coût réduit. Les ménages qui se déplaçaient habituellement
en transport public ont vu ces derniers devenir beaucoup plus chers, en particulier en raison de de la
rareté du carburant dans la région). La population est également confrontée à la fermeture de la
frontière, rendant difficile l’accès aux marchés algériens et nécessitant des passages frauduleux couteux
et dangereux.
Les principaux achats effectués sur les marchés de la région sont les céréales (semoule, riz, pâtes), le
lait, thé, sucre et dans une moindre mesure la viande. Les informateurs clés interrogés dans les chefs-
lieux de commune indiquent également qu’en termes de biens non alimentaires, les ménages essayent
d’acheter en priorité des produits d’hygiène, des médicaments ou des vêtements.
Cependant, d’après les personnes interrogées, il n’y aurait plus de fruits, de légumes (à part sur
Tinzawatène, principale commune de maraichage de la région), de mil ou de maïs dans l’ensemble de la
région, preuve d’une coupure de l’axe d’approvisionnement avec le sud du pays pour la plupart des
denrées (seuls le thé, le savon ou le charbon arrivent à Kidal depuis le Sud).
Le tableau page suivante reprend les prix bas et haut retrouvés sur les différents marchés de la région,
ainsi que l’origine des denrées.
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A noter que les prix élevés des petits ruminants sur certains marchés montrent probablement une faible
présence de ce type de bétail en élevage dans la commune en question.
Enfin la fermeture de la frontière limite considérablement la vente du bétail à l’extérieur (principaux
marchés vers Gao et Algérie) ce qui entraine une baisse de la valeur marchande des animaux et donc un
pouvoir d’achat des ménages en forte diminution actuellement.
2. Consommation alimentaire
Consommation des ménages
Kidal étant une région d’élevage, la viande et le lait restent des piliers de l’alimentation dans la zone.
Cependant, lorsqu’est posée la question des denrées consommées, les principales réponses données
sont la semoule, le riz, les pâtes alimentaires et dans une moindre mesure le thé, le sucre, le lait, le mil
ou les dattes. Seuls les habitants de Tinzawatène ont des consommations particulières pour la zone à
savoir des lentilles, et les habitants d’Anefif de la farine de Maïs.
Ces habitudes de consommation diffèrent peu des préférences de la population selon les habitants
rencontrés en focus group. Cependant, la population préfèrerait consommer plus de riz ou même de
mil ; ce qui parfois n’est pas rendu possible du fait du coût élevé de ces produits ou de leur faible
disponibilité sur les marchés.
Moyenne
quinquenale (Mars
2008-2012)
Prix de
vente bas
Prix de
vente haut
Origine de la denrée
(en FCFA) (en FCFA) (en FCFA) (ville ou marché /pays)
kg 307 300 500
Sac de 25kg 7200 8500
kg 425 400 600
Sac de 50kg 20000 25000
Pâtes
alimentaire
500g 225 500 Algérie
Huile L 900 1000 Algérie
Lait en poudre Paquet 500g 1350 1750 Algérie
Sucre kg 600 700 Algérie
Thé Paquet 100g 400 500 Gao/Kidal/Niger/Algérie
Viande chèvre/ mouton kg 2000 3500 localement
Viande bœuf kg 2000 2000 localement
Viande chameau kg 2000 2500 localement
Mouton Tête 20000 60000
localement (semble très
cher à Abeïbara et
Tinzawatène)
Chèvre Tête 15000 45000
localement (semble très
cher à Abeïbara et
Tinzawatène)
Bœuf Tête 80000 700000
localement (semble très
cher à Essouk)
Chameau Tête 125000 600000
localement (semble très
cher à Essouk)
Savon Boule 150 400 Algérie/Kidal/Gao
Essence L 500 750 Algérie
Gazole L 400 600 Algérie
Charbon Sac de 50kg 2000 10000
2000 à 6000 localement;
10000 origine Gao
Unité
Semoule Algérie
Riz importé Algérie
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Le stockage des aliments au niveau des ménages se fait dans des magasins lorsqu’ils existent ou
directement dans la tente sous des bâches ou des couvertures. Ce mode de stockage rend perturbant
l’effet de l’humidité ou des prédateurs tels que les termites, rongeurs ou autres insectes.
Au moment du diagnostic, la quasi-totalité des personnes interrogées étaient globalement insatisfaites
de la quantité et de la qualité de leur alimentation actuelle.
De plus, la quasi-totalité des personnes interrogées affirmaient que les ménages de la zone avaient été
obligés de réduire leur consommation de nourriture par rapport à d’habitude à la même période. Seuls
les interlocuteurs de la commune d’Anefif et Tinzawatène n’ont pas remonté cette situation. La
principale raison évoquée pour cette diminution est un manque de revenus actuellement qui a
fortement diminué le pouvoir d’achat des ménages coïncidant avec la hausse des prix sur le marché.
D’autre part, l’insécurité, la fermeture de la frontière algérienne, les prix en hausse sur les marchés ou le
manque de disponibilité et d’accès aux marchés ont été évoqués.
En termes d’accès privilégié, ce sont les femmes et les enfants qui sont prioritaires en cas de restriction
nécessaire de la consommation.
Certains interlocuteurs des communes ont réussi à caractériser des zones plus touchées par l’insécurité
alimentaire. Ces informations sont reprises dans le tableau ci-dessous.
Commune Sites plus touchés
Adjelhoc
Secteur Adjelhoc, Taghelite, Inamzile, Inakafelle, Anoumalane,
Matalmene, Telabite
Tinzawatène Tinzawatène village et site de réfugié
Timtaghène Inabag, Tinkare, Tizafawen, Tayhoten, Almahmoud
Toutefois, quasiment toutes les zones ont connu une pénurie alimentaire le mois précèdent l’enquête
(fermeture de la frontière et conflit). Seules les communes à proximité de Kidal, à savoir Essouk et
Adjelhoc, semblent avoir été épargnées.
Sources de nourriture
Habituellement, les principales sources de nourriture sont majoritairement les achats sur les marchés
intérieurs ou algériens pour les communes frontalières. Certains habitants de la commune d’Anefif se
rendent également à Gao pour s’approvisionner.
Concernant la viande et les produits laitiers, les habitudes se partagent entre l’achat sur le marché ou la
consommation de la production personnelle. L’achat de lait sur les marchés se concentre en période
hors lactation. Pour la viande, l’achat sur le marché est en effet privilégié pour les communes vivant
majoritairement de maraîchage (Tinzawatène) mais surtout d’élevage de camelins ou de bovins
(Adjelhoc, Tin-Essako, Intadjedite), plus souvent utilisés comme capital vivant. A contrario, les habitants
des communes vivants principalement d’élevage de petits ruminants consomment plus leur propre
production (Essouk, Anefif, Boghassa). Par ailleurs, les habitants de la région de Kidal ne sont pas de
grands consommateurs de fruits ou de légumes ou seulement de façon très localisée pour les
populations pratiquant le maraichage (principalement à Tinzawatène) et pour lesquels la consommation
de leur production prédomine.
Enfin, depuis la crise de 2012, l’aide alimentaire est devenue une source de nourriture primordiale pour
la population, localisée dans certains cercles : à l’époque de l’étude seule les zones couvertes par
Norvegian Church Aid (NCA), partenaire du PAM, ou par le CICR recevaient de l’aide alimentaire.
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Les achats à crédit de biens alimentaires de base (céréales, huile) ou de confort (sucre, lait, condiments)
semblent bien plus localisés dans quelques communes enclavées (Abaibara, Essouk et en moindre
mesure Anefif).
Principales sources de nourriture en 2013 (en % de communes interrogées en focus group)
3. Moyens d’existence
Activités économiques et sources de revenus
La région de Kidal se trouve principalement dans la zone de moyens d’existence ML02 (Pastoralisme
nomade et transhumant) ; les communes de Timtaghène et Tessalit (les plus étendues de la région)
étant arbitrairement à cheval également sur la zone de moyens d’existence ML01 (nomadisme et
commerce transsaharien).
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Achat Cash Achat à crédit Aide
alimentaire ou
don
Céréales et tubercules
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Achat Cash Achat à crédit propre
production
Produits laitiers
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Achat Cash Achat à crédit
viande
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Achat Cash Achat à crédit Aide
alimentaire ou
don
Huile
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Légumineuses
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Achat Cash propre
production
Ne
consomme
pas / NSPP
Fruits
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Les activités socio-économiques que mènent les populations de la région de Kidal sont principalement
l’élevage (camelins, bovins et/ou petits ruminants) et le commerce. Certaines zones spécifiques
pratiquent le maraîchage (activité principale dans la commune de Tinzawatène mais plus secondaires
dans les communes d’Adjelhoc, Boghassa, Timtaghène, Abeïbara ou Essouk).
Dans 75% des communes, les personnes interrogées en focus group ont déclaré pratiquer plusieurs
activités (généralement 2) afin d’augmenter leurs revenus et ainsi pourvoir plus efficacement aux
besoins de leur famille. A Kidal ville, certains ménages peuvent effectuer jusqu’à trois activités
économiques différentes (en particulier plusieurs petites AGR) car la ville principale de la région offre de
réelles filières et donc plus d’opportunités d’exploiter les différents savoir-faire des ménages.
La répartition des activités principales par commune peut être représentée par la carte et le tableau
suivants.
Communes Activités socio-économiques principales par ordre d’importance
Kidal Elevage petits ruminants / Commerce
Tessalit Elevage petits ruminants / Commerce
Maraîchage
Elevage camelin
Adjelhoc Elevage bovin / Elevage camelin
Petit commerce
Maraîchage / Elevage petits ruminants
Abeïbara Elevage petits ruminants
Petit commerce / Elevage camelin
Maraîchage
Tinzawatène Maraîchage
Elevage petits ruminants / Elevage camelin / Commerce et petit
commerce
Essouk Elevage petits ruminants / Elevage camelin
Petit commerce
Maraîchage
Timtaghène Elevage camelin
Maraîchage / Elevage petits ruminants / petit commerce
Tin-Essako Elevage bovin / Elevage camelin
Commerce et petit commerce
Intadjedite Elevage camelin
Elevage petits ruminants
Petit commerce
Anefif Elevage petits ruminants
Petit commerce / Elevage camelin
Boghassa Elevage petits ruminants / Elevage bovin
Commerce
Maraîchage
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INTADJEDITE
TIN-ESSAKO
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Calendrier saisonnier indicatif
Jan Fev Mar Avri Mai Juin Juil Aout Sep Oct Nov Dec
Pluies
Saison sèche froide
Saison sèche chaude
Risque inondations
Manque d'eau: niveau de puits bas
Période de tarissement des puits
Migration bétail vers les paturages de
saison sêche
Migration bétail en hivernage
Période de soudure animale
Prix vente bétail Haut = ↑ Bas = ↓ ↑ ↑ ↑ ↓ ↓ ↓ ↓ ↓ ↓ ↑ ↑ ↑
Période de vente
Prévalence maladies animales
cure sel / natron
Période de lactation camelin
Période de lactation bovin
Période de lactation caprin X X X X X
Intadjedite, Tin-Essako,
Anefif, Timtaghène
Migration Haut = ↑ Bas = ↓ ↑ ↑ ↑ ↓↑ ↓↑ ↓↑ ↓↑ ↓↑ ↓ ↓ ↑ ↑ ↑ Tinzawatène, Boghassa
Opportunités travail Haut = ↑ Bas = ↓ ↑ ↑ ↓ ↓ ↓↑ ↓↑ ↓↑ ↓↑ ↓ ↓ ↑ ↑ ↑ Boghassa
↑ ↑ ↑ ↑ ↑
↑ ↑ ↑ ↑ ↑ ↑
Période de paludisme ↑ ↑ ↑ ↑
Période de diahrées ↑ ↑ ↑ ↑
Prévalence malnutrition Haut = ↑ Bas = ↓ ↑ ↑ ↑ ↑ ↑
Période de rougeole
Période de thyphoïde
En année normale
Maladies humaines
CALENDRIER SAISONNIER DES ACTIVITES
Lactation
Soudure humaine
Période d’endettement Haut = ↑ Bas = ↓
Période de remboursement Haut = ↑ Bas = ↓
Difficultés saisonnière d’accès physique aux marchés
Temps / saison
Transhumance
Bétail
Travail
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Les pratiques d’élevage
Chaque commune de la région de Kidal pratique l’élevage et la plupart disposent de bovins, caprins,
ovins, camelins, en proportion différentes selon les zones. Seuls les équidés restent plus rares car cités
comme présents dans la zone uniquement au niveau des communes d’Adjelhoc, Tinzawatène et Anefif.
Certains sites de regroupement particuliers d’animaux ont été cités par les informateurs clés interrogés
au niveau des communes ; les voici regroupés dans le tableau suivant :
Présence de
bovins
Présence de
caprins
Présence de
camelins
Présence
d’ovins
Présence
d’asins
Présence
d’équidés
Kidal Edjerer Edjerer
Adjelhoc
Adjelhoc,
Tadjmart
Abeibara
Ouzzene,
Akomass,
Ibadda
Ouzzene,
Akomass
Aghli Aghli
Tinzawatène
Zakake,
Inazaval
Essouk Essouk almahmoud Essouk Essouk
Timtaghène Timtaghène Tinkar
Tinalayan,
Tinkar
Inabag Tinkar
Tinessako Abiyou, Tinezi Tindoudou
Intadjedite Ibalaghane
Inboulal,
Achibogho
Achibogho,
Tagorast
Tinghaydane,
Tindoudou
Anefif Inboguitane Anefif Inboguitane Inboguitane Inboguitane
Inboguitane,
Toulifte
Boghossa Boghassa
En période d’hivernage, les mares et zones d’eau stagnantes sont privilégiées pour l’abreuvement du
bétail. Cependant, en saison sèche, lorsque l’eau stagnante n’est plus présente, l’eau utilisée est celle
des puits traditionnels, modernes, pastoraux ou des forages, de façon indifférenciée, en fonction de la
présence ou non de ces points d’eau. La source d’eau pour le bétail et pour les humains n’est donc pas
différenciée dans la région.
Sur base des discussions en focus group avec quelques éleveurs des communes, il apparait que la vente
du bétail se fait généralement au moment où les prix sont élevés (à la saison froide, environ entre
octobre et février/mars). Ceci montre donc que la situation économique des ménages leur permet
d’adopter des stratégies de revente au moment où ils le désirent et donc au moment où cela reste le
plus profitable. Seuls les habitants de la commune d’Adjelhoc rencontrés semblent dire que la plupart
des ventes de bétail se font entre février et avril, en période où cela est moins avantageux pour eux.
D’autre part, la période de soudure pastorale dans la région de Kidal dure généralement 3 mois et se
situe principalement entre avril et juin. Dans certaines communes (Kidal, Tinzawatène, Boghassa), elle a
été estimée légèrement plus tardive par les habitants interrogés (entre mai et juillet).
Enfin, les discussions ont pu faire ressortir des sites de passage de la transhumance du bétail ; sites
potentiellement plus vulnérables à la pression exercée sur les ressources naturelles en eau pendant les
phases de transhumance. C’est le cas par exemple des sites suivants, sites que SI a réussi à identifier
géographiquement comme des sites de destination du bétail en recherche de pâturage :
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- Edjerrer, dans la commune de Kidal, qui est cité dans les discussions au niveau de trois
communes (Kidal, Essouk et Tin-Essako).
- Acha chidjrene, Tinkar, Taïothène, commune de Timtaghène, cités au niveau de la commune de
Timtaghène
- Tagorast, commune de Timtaghène, cité au niveau de la commune de Tin-Essako
- Tin Chamarene, commune de Kidal, cité au niveau des communes de Tin-Essako et Abeibara
- Taghlit, commune d’Adjelhoc, cité au niveau de la commune de Tessalit
- Tin-Essako, Inoufassane, commune de Tin-Essako, cités au niveau de la commune d’Intedjedite.
- Alkit, commune de Kidal, citée au niveau de la commune de Kidal
- Tadjmart, commune d’Adjelhoc, cité au niveau des communes d’Adjelhoc et Essouk
- Ibdakan, commune d’Anefif, cité au niveau des communes d’Abeibara et d’Essouk
Les pratiques de maraichage
Le maraîchage a progressé à la suite des sécheresses de 1963 et de 1985 du fait de la décimation du
cheptel qui constituait la principale source de revenus des populations. Le maraîchage est alors
présenté, par les ONG de la zone, comme alternative à la principale activité économique qu’est
l’élevage7. Le maraîchage se développe en milieu urbain (Kidal et Tessalit) comme dans certaines
communes rurales de la région (Tinzawatène, Essouk, Adjelhoc, Abeïbara).
D’après les discussions avec des informateurs clés des communes, seuls les habitants de la commune de
Tinzawatène semblent en mesure de pratiquer le maraîchage toute l’année. En effet, d’après les focus
group tenus, même en saison sèche chaude les puits, bien qu’à un niveau d’eau bas, ne semblent pas
tarir entièrement dans toutes les zones. Les autres communes optant pour le maraichage pratiquent
principalement les cultures en saison froide (contre-saison), sauf à Kidal, où, principalement en milieu
urbain, on pratique également du maraichage d’hivernage.
Les discussions avec les informateurs clés des communes orientent vers les pratiques suivantes selon les
communes :
Commune Cultures Irrigation
Tarissement
des puits
Kidal (urbain)
Hivernage et contre-
saison
Traditionnelle par puits dans la
parcelle
Mai-Juin
Tessalit Hivernage
Traditionnelle ou motopompe
avec puits dans la parcelle
Avril-Juin
Adjelhoc Contre-saison
Traditionnelle ou motopompe
avec puits dans la parcelle
Mai-Juin
Abeïbara Contre-saison
Traditionnelle ou motopompe
avec puits dans la parcelle
Mai
Tinzawatène Toute l’année
motopompe avec puits dans la
parcelle
/
Essouk Contre-saison
Traditionnelle ou motopompe
avec puits dans la parcelle
Avril-Mai
7
Etude sur l’économie locale dans la région de Kidal, GARDL (Groupe Action Recherche pour le
Developpement Local), 2009
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Ces données relevées auprès des informateurs clés des communes devront tout de même être
confirmées au niveau des villages et ne peuvent se généraliser à l’ensemble des maraîchers de la zone.
4. Groupes de richesse et perception de la vulnérabilité
Les groupes de richesse
Les éleveurs étant majoritaires dans la région de Kidal, la différenciation des groupes de richesse en
focus group au niveau des chefs-lieux de commune a surtout tourné autour de la possession de bétail,
La possession de bétail a une importance culturelle forte mais constitue également un moyen
d’épargne et de trésorerie pour tous. Ainsi, la taille des troupeaux en fonction du type d’élevage
pratiqué est le principal critère de différentiation (nombre de camelins, bovins, ovins, caprins).
Pour les commerçants, le nombre de boutiques est le critère retenu par les populations dans quatre
communes ; les groupes de très pauvres et pauvres n’ayant pas accès à une boutique en tant que telle.
La possession de camion-citerne a également été retenue dans deux communes comme étant un
critère.
De manière générale, le critère suivant de différenciation des groupes est la possession de voiture. Là
aussi, les groupes de « très pauvres » et « pauvres » ne possèdent pas de véhicule ; et les groupes de
« moyens » rarement.
Enfin, la possession de maisons en dur ou semi-dur a été également retenue dans quatre communes (1
à 3 maisons pour les groupes moyens et nantis).
Perception en focus group des proportions de groupe de richesse
8
8
Les points représentent les valeurs minimales et maximales relevées en focus groups au niveau des différentes communes
Les traits pleins correspondent au premier quartile, médiane, et troisième quartile (un quartile est chacune des 3 trois valeurs qui
divisent les données triées en quatre parts égales)
50
20
6,25
3,25
0 1 0,5
25
13
80
50 50
20
60
38,75
15
6,5
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Très pauvres Pauvres Moyens nantis
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Le graphique précédent représente l’estimation de la répartition de la population entre les groupes,
relevé lors d’un focus group au niveau de chaque chef-lieu de commune. Même si les proportions ne
sont pas homogènes entre les communes car elles nécessiteraient un travail plus en profondeur et
spécifique aux différents groupes de moyens d’existence, on remarque les concentrations de réponses
suivantes pour les différents groupes de richesse :
- Entre 50 et 60% environ de ménages très pauvres
- Entre 20 et 39% de ménages pauvres
- Entre 6 et 15% de ménages moyens
- Entre 3 et 6% de ménages nantis.
On constate donc une perception de pauvreté extrême de la population (entre 70 et 99% de ménages
pauvres et très pauvres).
Seuils de survie et vulnérabilité perçue
Selon nos discussions en focus group, les besoins de base des ménages de la région sont centrés autour
de la nourriture, l’eau et la santé. L’éducation des enfants est également une préoccupation importante
(besoin de réouverture des écoles signifié dans 45% des communes comme un besoin de base), alors
que les enfants sont effectivement dans leur deuxième année sans scolarisation.
La perception par les ménages des dépenses prioritaires pour la survie mais également pour une vie plus
ou moins confortable dans l’ensemble des communes de la région est assez homogène. En effet, dans
toutes les communes, les dépenses prioritaires sont toutes centrées autour des denrées alimentaires.
Un ménage se doit tout d’abord d’acheter de la semoule, de l’huile et du sel pour survivre. Plus ses
moyens lui permettent, plus il pourra diversifier ses achats (toujours principalement alimentaires) pour
se fournir progressivement en thé, sucre, riz, pâtes alimentaires, viande, condiments, puis enfin lait.
Seules les personnes interrogées dans la commune d’Abeïbara voient les tomates et oignons comme
une dépense rapidement prioritaire (denrée essentielle pour la vie – pour tout juste vivre) et les dattes
comme une dépense « de confort ». Les personnes interrogées à Tinzawatène (commune fortement
tournée vers le maraîchage) voient l’achat de légume également comme une dépense de confort, non
essentielle pour leur vie.
Il est intéressant de noter que les denrées non alimentaires sont rarement évoquées et les dépenses
correspondantes ne semblent nécessaires que dans le cas où les ménages ont déjà subvenu aux autres
besoins alimentaires cités ci-dessus. Ainsi, les médicaments et les vêtements n’ont été évoqués
respectivement que dans 4 et 3 communes (les médicaments étant deux fois considérés comme une
dépense nécessaire à la vie mais non prioritaire et deux fois comme une dépense « de confort » ; les
vêtements étant considérés une fois comme une dépense indispensable à la vie et deux fois comme une
dépense « de confort »).
Les montants correspondant aux seuils de dépenses « pour la survie », « indispensables à la vie »,
« nécessaires à la vie » et « pour être à l’aise » déterminés par les personnes interrogées en focus group
sont eux aussi assez homogènes entre les communes. Ainsi lorsque l’on interroge en focus group
certains habitants des chefs-lieux de commune, ils considèrent globalement qu’un ménage doit
dépenser environ entre 55 000 et 100 000 FCFA par mois pour survivre, entre 100 000 et 150 000 FCFA
pour des dépenses indispensables à la vie, entre 175 000 et 250 000 FCFA pour des dépenses
nécessaires. S’ils veulent être « à l’aise », les ménages doivent par contre dépenser entre 300 000 FCFA
et 425 000 FCFA par mois. Ces seuils sont représentés par le graphique « boîte à moustache » ci-
dessous.
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Seuils de survie et vie en montant que doit dépenser un ménage par mois
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5. Difficultés rencontrées et stratégies d’adaptation
Difficultés rencontrées pour les moyens d’existence
D’une manière générale, l’insécurité régnant dans la zone en raison du conflit perturbe l’ensemble des
moyens d’existence des populations du fait de l’augmentation des prix, de la difficulté de déplacement
sur les routes, d’accès aux marchés, de la fermeture de la frontière avec l’Algérie. Les populations vivant
largement du commerce extérieur (tant pour les commerçants que pour les éleveurs, les revenus issus
des moyens d’existence souffrent d’une forte diminution. Certaines spécificités viennent toutefois
compléter les difficultés des habitants de la zone par activités économique.
Elevage
Les principales difficultés auxquelles font face les éleveurs semblent être le manque d’eau (en quantité
et qualité) et de pâturage en lien avec les sécheresses récurrentes ainsi que le manque de soins pour le
bétail (les éleveurs font appel à une médecine traditionnelle moins efficace, faute de soins bétails et de
moyen de les acheter). Est également régulièrement relevé dans les discussions la présence de
9
Les points représentent les valeurs minimales et maximales relevées en focus groups au niveau des différentes communes
Les traits pleins correspondent au premier quartile, médiane, et troisième quartile (un quartile est chacune des 3 trois valeurs qui
divisent les données triées en quatre parts égales)
55000
100000
175000
300000
30000
50000
150000
250000
100000
135000
200000
150000
185000
500000
300000
700000
150000
250000
425000
0
100000
200000
300000
400000
500000
600000
700000
Minumum de survie Minumum pour tout
juste vivre
Pour vivre
correctement
Pour être à l'aise
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prédateurs (information donnée en focus group à Tinzawatène, Intadjedite et Boghassa). Enfin une
mévente sur le marché d’Abeibara oblige apparemment les éleveurs camelins à se déplacer sur d’autres
marchés plus porteurs.
Face aux problèmes de sécheresse, d’eau et de pâturages, les solutions adoptées par les éleveurs sont
limitées. Face à la sécheresse se pratique la décapitalisation (solution relevée à boghassa). Face au
manque de pâturage, l’achat d’aliment bétail semble la seule solution mais n’est pas à la portée de tous.
Les animaux faibles sont souvent vendus pour acheter les aliments bétail (solution relevée à Tin-Essako).
Commerce
Les commerçants, majoritairement en lien avec l’Algérie, sont, depuis la fermeture de la frontière
algérienne, en grande difficulté. Ils font face à une augmentation des coûts de transport rendant
indispensable la contraction de crédits (signalé à Kidal et à Essouk), et à une difficulté
d’approvisionnement leur demandant un stockage plus important ou les obligeant à prendre des risques
et à pratiquer une fraude systématique pour continuer à commercer avec l’Algérie. Enfin, la perte
généralisée de pouvoir d’achat des habitants de la région entraîne une perte de clients pour les
commerçants qui sont obligés, soit de réduire leur activité, de vendre à bas prix, soit, lorsqu’ils le
peuvent, de chercher d’autres marchés, formels ou informels, sur lesquels vendre leurs produits.
Maraichage
Enfin, les maraîchers de la zone, et en particulier ceux de la commune de Tinzawatène, subissent
également les impacts de la sécheresse et du manque d’eau dans la région. Les points d’eau semblent
insuffisants ou insuffisamment sécurisés pour une eau de qualité. D’autre part, le manque de pesticides
ou autres produits de traitement des plantes rend les cultures vulnérables aux maladies et prédateurs.
Enfin, l’impact de la crise de 2012 et de la fermeture des frontières est aussi important pour les
maraichers qui subissent les mêmes difficultés que les commerçants de par leur obligation de
commercer avec l’Algérie pour leur approvisionnement en semences, le manque de semences se faisant
sentir dans la zone. Lors des discussions avec les informateurs clés des communes, il a été relevé
quelques exemples de conflits réguliers concernant l’utilisation des ressources. Cela serait le cas à
Tassisset et Inchollagh (commune d’Abeïbara) entre usagers des ressources en eau et éleveurs pendant
la période de soudure à Abiyou, Inakorat et Tinassalak (commune de Tin-Essako).
Stratégies d'adaptation des populations
Durant le diagnostic, les personnes rencontrées en focus group ont été interrogées sur les stratégies
d’adaptation mises en place suite à la sécheresse 2011, durant l’occupation en 2012 et depuis le conflit
en 2013. La vente de certains animaux, en particulier faibles, est la stratégie d’adaptation la plus
fréquemment remontée par les populations, suivie de la diminution du nombre de repas ou l’appel à la
solidarité des ménages. Ces stratégies ont été utilisées autant pour répondre à la sécheresse 2011 que
pendant l’occupation ou le conflit.
Cependant, la différence tout à fait notable entre la réponse à la sécheresse et la situation actuelle de
conflit (dans un contexte où la fermeture de la frontière avec l’Algérie rend les ménages encore plus
vulnérables) est l’utilisation depuis l’ouverture du conflit 2012 de stratégies d’adaptation irréversibles
comme la vente d’animaux reproducteurs (relevée comme une stratégie employée dans 40% des
communes interrogées), ou encore la vente des moyens de déplacement des ménages (relevée dans
55% des communes). Ces stratégies avaient apparemment eu moins d’ampleur lors de la sécheresse
2011.
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Ce constat est très inquiétant car la crise de 2012 voit donc les ménages utiliser des stratégies beaucoup
plus dangereuses que lors de la sécheresse 2011. Ceci est dû à la crise actuelle mais surtout à
l’accumulation de crises successives qui pousse à des stratégies de plus en plus érosives. Cette situation
rendra d’autant plus difficile le redressement de leurs moyens d’existence et rend leur situation
présente alarmante.
Enfin, le conflit en 2012 a fait apparaitre une nouvelle stratégie : celle d’envoyer des membres de la
famille au sein des groupes armés afin de percevoir un revenu indispensable pour la survie du ménage.
Cette stratégie a en effet été relevée dans trois communes durant le diagnostic.
Le tableau suivant récapitule les stratégies d’adaptation relevées et leur fréquence (en % de communes
enquêtées).
Stratégie d’adaptation employée
% de
communes
Utilisée pendant la
sécheresse 2011
Utilisée depuis
le début du
conflit 2012
Vente des animaux faibles 91% Oui Oui
Diminution du nombre de repas 73% Oui Oui
Faire appel à la solidarité 73% Oui Oui
Diminution de la ration alimentaire
(quantité et/ou qualité)
45% Oui Oui
Favoriser les femmes et les enfants 45% Oui Oui
Migration des actifs 45% Oui Oui
Gestion du stockage 36% Oui Oui
Avoir recours au troc 9% Oui Oui
Contracter un crédit 9% Oui Oui
Vendre les biens personnels (matériel
électronique, bijoux, …)
82% Non Oui
Vendre ses moyens de déplacement 55% Non Oui
Vente des animaux reproducteurs 36% Non Oui
Envoyer un membre de la famille rejoindre
les groupes armés
27% Non Oui
Envoi de certains membres chez un parent 18% Non Oui
RECOMMANDATIONS
Sécurité Alimentaire et Moyens d’Existence
Approvisionnement en vivres en urgence aux ménages
Déstockage économique
Aide à la recapitalisation en bétail
Apport financier aux ménages (en cash ou vouncher selon acceptance locale) pour remise à
niveau et désendettement
Appui aux commerçants pour pallier à la fermeture des frontières et à la baisse générale de
clientèle
Support en semences pour le maraichage
Appui en aliments bétail et soins vétérinaires
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5. Synthèse des recommandations
Recommandations
Eau Hygiène et Assainissement
Augmentation de la quantité de l’eau disponible (surcreusement, nouveaux forages, réseaux d’adductions
d’eau)
Réhabilitation des points d’eau à usage collectifs pour les protéger des contaminations extérieures
Améliorer les designs des points d'eau pour tous les usages (consommations humaine et animal)
Réactivation des comités de gestion et soutien / formation de ses membres
Promouvoir les méthodes de traitements de l'eau à domicile
Améliorer l’accès à des infrastructures sanitaires pour limiter les risques de maladies hydriques et la
contamination des points d’eau
Identifier et former des leaders communautaires à la promotion de l'hygiène et insister sur les messages
liés à la gestion des déchets, l'hygiène personnelle et l'importance de la gestion des excrétas
Organiser des sessions de promotion de l’hygiène dans les écoles
Améliorer les systèmes de gestion des eaux pluviales et en particulier dans les villes et villages où le risque
inondation est importante
Développer des structures de gestion des déchets au niveau communautaire
Campagne de promotion de l’hygiène
Accompagnement des collectivités pour avoir des conditions propices à l’application des bonnes pratiques
d’hygiène (quantité d’eau disponible pour l’hygiène corporelle)
Former les enseignants, les personnels de santé des centres de santé actifs de la région et les leaders
communautaires à la promotion de l'hygiène
Former le personnel de santé à la bonne gestion des déchets et aux bonnes pratiques d’hygiène dans le
milieu médical.
Assurer l’accès à un paquet EHA minimum dans les structures de santé (accès à l’eau, latrines, gestion des
déchets)
Renforcer le support aux ASACOs dans la gestion des centres de santé
Santé
Renforcement de l’accès aux médicaments dans les CSCOM
Renforcement de la présence et des capacités du personnel de centres de santé
Poursuite du dépistage actif de la malnutrition et de la prise en charge
Education
Support à la relance des programmes scolaires
Assurer un paquet minimum EHA dans les écoles
Sécurité alimentaire et moyens d’existence
Sécuriser les berges de l’oued (cercle d’Abeibara)
Approvisionnement en vivres en urgence aux ménages
Aide à la recapitalisation en bétail
Support en semences pour le maraichage
Apport financier aux ménages
Appui aux commerçants pour pallier à la fermeture des frontières
Appui en aliments bétail et soins vétérinaires
Renforcement des capacités des éleveurs à faire face aux sécheresses
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ANNEXE : Tableau de synthèse des principaux problèmes et besoins relevés par commune auprès des populations
Problèmes humanitaires Besoins Stratégies d’adaptation actuelles
Kidal
Education, Malnutrition, santé, insécurité,
manque d’opportunités d’emplois
Augmentation de la capacité de prise en charge
médicale, amélioration de l’accès à l’eau potable
Tessalit
Manque de moyens de transport,
Risques d’inondations (manque de berges)
Tarissement et insuffisance des points d’eau.
Les marchés ne sont pas suffisamment stables
Amélioration de l’accès à l’eau potable et à
l’électricité.
Augmentation de la couverture des distributions
alimentaires
Réouverture des écoles
Amélioration de l’accès à des semences et
engrais pour le maraîchage
Généralisation de la fraude pour
l’approvisionnement
Tin-Essako
Manque de points d’eaux et contamination des
points d’eaux par les pesticides
Points d’eau et traitement des puits contaminés
Se ravitailler au forage d’Intedjedit
à quelques kilomètres de Tin-
Essako.
Intadjédite
Environnement insalubre et manque de structure
sanitaire
Plusieurs cas de rougeole et apparition de
maladies inconnues par les populations
Isolement de la commune du reste de la région
Manque de vivres
Manque d’eau / accès au carburant pour les
groupes électrogène
Structure de santé nécessaire dans la commune
Promotion de l’hygiène
Augmentation de la couverture des distributions
alimentaires
Amélioration et réhabilitation des points d’eau
Se rendre à Kidal ou en Algérie
pour les besoins de santé
Anefif
Environnement très sale et le point d’eau le plus
fréquenté se trouve dans le CSCOM et est proche
des latrines (15m à peu près), l’eau de ce puits
est très turbide
Manque de vivres
Manque de médicaments
Manque d’aliment bétail
réhabilitation du puits du CSCOM,
Promotion de l’hygiène
Augmentation du nombre de bénéficiaires des
distributions alimentaires
Approvisionnement du CSCOM
Distribution d’aliments bétail
Rejet des déchets à quelques
kilomètres de la ville
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Problèmes humanitaires Besoins Stratégies d’adaptation actuelles
Timtaghène
Problème de points d’eau (le seul forage pour
toute la commune est à moitié fonctionnel)
Accès à l’eau pour les hommes comme pour les
animaux
Structure de santé non fonctionnelle
Approvisionnement en denrées de base
Réhabilitation du forage existant et
augmentation de la capacité en eau dans la
commune
Renforcement du CSCOM pour la prise en charge
médicale
Augmentation du nombre de bénéficiaires des
distributions alimentaires
Les populations se sont dispersées
autour des points d’eau pour
équilibrer leur consommation en
eau.
Adielhoc
Problème d’électricité (groupe électrogène en
panne) => accès à l’eau potable difficile malgré
une bonne capacité
Disponibilité limitée en termes de céréales de
première qualité et cherté des aliments de
première nécessité
Structure de santé peu fonctionnelle ; pratiques
d’hygiène faibles
Un groupe électrogène de plus de 150 kVa pour
l’électricité et l’adduction d’eau.
Augmentation du nombre de bénéficiaires des
distributions alimentaires
Renforcement du CSCOM pour la prise en charge
médicale
Le générateur existant est mis en
marche 6 heures de temps pour
pomper l’eau de consommation et
fournir une qualité minium
d’électricité pour les ménages.
Essouk
Manque de points d’eau pérenne ; disponibilité
en eau faible dans la commune
Environnement sanitaire dégradé ; gestion des
déchets pauvre
Manque de vivres
Manque de soins médicaux
Fermeture des écoles
Sécurisation des puits, augmentation du nombre
de forages / points d’eau
Promotion de l’hygiène
Augmentation du nombre de bénéficiaires des
distributions alimentaires
Approvisionnement en médicament
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Problèmes humanitaires Besoins Stratégies d’adaptation actuelles
Abeibara
Structure de santé non fonctionnelle
Manque de vivres
Accès à l’eau potable ou pour l’abreuvement
insuffisant
Renforcement de la structure de santé en place.
Augmentation du nombre de bénéficiaires des
distributions alimentaires
Construction de berges, barrages, abreuvoirs et
sécurisation des puits
Attente des équipes mobiles de
MDM-Be ou déplacement jusqu’au
CSRéf de Kidal ou jusqu’en Algérie
Solidarité entre les ménages
Boghassa
Structure de santé non fonctionnelle
Fermeture des écoles
Manque de vivres
Hygiène et assainissement
Renforcement de la structure de santé en place.
Augmentation du nombre de bénéficiaires des
distributions alimentaires
Attente des équipes mobiles de
MDM-Be ou déplacement jusqu’au
CSRéf de Kidal ou jusqu’en Algérie
Tinzawatène
Manque de semences pour le maraîchage
Manque de vivres
Manque de berges pour protéger les clôtures des
jardins. Les puits ne sont pas sécurisés,
La commune est détruite depuis 2006 et
beaucoup d’infrastructures n’ont pas été
reconstruite depuis lors.
Présence de mines (depuis les précédents
conflits)
Approvisionnement en semences,
Augmentation du nombre de bénéficiaires des
distributions alimentaires
Sécurisation des berges de l’oued
Sécurisation ou réhabilitation des puits
Commande des semences en
Algérie
Solidarité entre ménages
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ANNEXE : Liste des associations recensées pendant le diagnostic dans la région
Commune
Nom du groupement et contact
(nom et numéro)
Type d’activité
Lieu
(nom du
village)
Nombre
de
membres
Groupement
actif
aujourd’hui
Activités actuelles mises en œuvre
Abeibara ASACO Gestion du CSCOM Abeibara 30 Non
Sensibilisation des populations;
Approvisionnement en médicaments
Abeibara Association Charika Commerce Tidinamist 20 Oui
Intadjedite Association des femmes artisanes Artisanat Achibogho 12 Non
Intadjedite Coopérative des éleveurs Élevage Achibogho 15 Non
Adjelhoc ASSEHAR Approvisionnement AGR Adjelhoc 12 Non
Participation aux activités de gestion de
crise.
Adjelhoc ANEMIDIACH AGR Adjelhoc
Adjelhoc AMAZAGH AGR Adjelhoc 15 Non
Adjelhoc ALMOUD Alphabétisation Adjelhoc 11 Non
Adjelhoc TAMIDHALT Elevage Adjelhoc 10 Non
Adjelhoc MOUSNAT Alphabétisation Adjelhoc 7 Non
Adjelhoc TIMDANE Elevage Adjelhoc 7 Non
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Adjelhoc ANEMASTAR Elevage Adjelhoc 10 Non
Anefif Union des coopératives
Embouche, Elevage, Vente
de bétails
Anéfif 12 Oui Vente de l'aliment bétail pour embouche
Anefif Association Tinirdiwa
Assainissement et
embouche
Anefie 10 Non
Anefif Association Tichidjdé
Assainissement de la
commune
Anefif 5 Non
Essouk Coopérative des éleveurs Dehédje
Vente bétail, Vente de
céréales
Dehédje 11 Non
Essouk Coopératives des éleveurs d'Essouk
Commerce des articles
céréales
Essouk 11 Non
Essouk Coopérative Djarhile Commerce céréale Djarhile 8 Non
Essouk Coopérative Tinazerafe Commerce céréale Tinazerafe 9 Non
Essouk Coopérative Intachedaite Commune céréale Intachedaite 9 Non
Essouk Coopérative Tanazeroufe Commerce céréale Tanazerouf 8 Non
Tinessako Coopérative des éleveurs (Tehatelt)
Assistance aux éleveurs,
ravitaillement en aliment
bétail
Tinessako 17 Non Non fonctionnel
Tinessako Association Awara
Séchage de la viande et
commercialisation
Tinessako 15 Non Non fonctionnel
Tinessako Association des femmes (Tichidjdé) Assainissement Tinessako 30 Oui Assainissement du CSCOM
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Tinzawatène Coopératives des maraîchers Maraîchage Tinzawatène Oui Maraîchage
Tinzawatène Association des femmes Petit commerce Tinzawatène Oui Petit commerce
Tinzawatène Coopérative des éleveurs d’Inazaraf. Commerce bétail Inazaraf Oui Embouche camelins et petits ruminants.
Tinzawatène Coopérative des éleveurs de Zakake Commerce de bétail Zakake Oui Embouche camelins et petits ruminants
Tinzawatène Association Oghille Petit commerce Tinzawatène Oui Petit commerce






